Dans les articles archivés


Et la lune là-haut Et la lune, là-haut - Muriel Zürcher - Thierry Magnier jeunesse, 2019

Thèmes : humour – autisme – rêve

 

Résumé:

Alistair est un génie. Derrière son écran, il a appris les mathématiques, la planétologie et même à décrypter les émotions des gens. Mais à 21 ans, il n'est jamais sorti de l'appartement où il vit seul avec sa mère. Trop dangereux pour quelqu’un de différent comme toi dit-elle.  Pourtant, il a un rêve : aller sur la Lune et il est bien décidé à le réaliser. Et sa mère l'a promis : le jour où elle mourra, il pourra faire ce qu'il voudra…

Un roman sidérant, imprévisible, généreux, cocasse, profondément humain et optimiste. L’histoire est racontée par Alistair, un jeune homme, décalé, touchant et désarmant d’entrain et d’ingénuité, ce qui donne le ton. Les personnages qui petit à petit l’entoureront, Yaro, Sidonie..., vont gravir avec lui la voie de l’amitié, du dépassement de soi, des rêves les plus fous et même si la réalité peut rattraper de manière brutale, le grain de folie et la bonne humeur persistent et signent !

 

Muriel ZurcherBiographie:

Muriel Zürcher est née en 1971. Elle a suivi de très sérieuses études avant d’exercer de passionnants métiers, comme psychomotricienne ou DRH dans des centres hospitaliers. 

Pendant ce temps, des histoires s’invitaient dans sa tête, y prospéraient, s’y bousculaient. Un jour, elles provoquèrent une telle pagaille que Muriel n’eut d’autre choix que de les sortir de là ! Depuis, elle écrit des histoires pour tous les âges. Lorsque ses neurones la chatouillent, elle s’attelle à des documentaires. Même ses doigts ne sont pas épargnés ! Alors, elle concocte des livres d’activité pour les plus jeunes. Le tout sans scrupule ! Et avec brio !

 

 

Pour en savoir plus et emprunter le document

Une formation sous un nouveau format pour clôturer le 1er semestre 2019 !

Les 12 nouveaux romans sélectionnés pour le prix "Hautes-Pyrénées, tout en auteurs" ont été officiellement dévoilés mardi 10 septembre 2019.

schoolok

Le service formation de la Médiathèque départementale propose, aux bibliothécaires, les dernières journées de stage de l'année 2017.

 

Jeudi 14 septembre les bibliothécaires feront leur rentrée formation en douceur, avec une journée de visite à la Maison Intercommunale des Cultures et des Sciences "Le MI[X]" de Mourenx.

 

Ensuite place aux grandes thématiques bibliothéconomiques, avec au programme :

 

      - Organiser une manifestation culturelle en bibliothèque

      - Hapybiblio : le portail et les ressources numériques de la MD65

      - Les éditions Sarbacane

      - Le cinéma asiatique

      - Quelles stratégies pour attirer de nouveaux publics ?

 

Pour les bibliothécaires qui souhaitent s’inscrire sur cette fin d'année, l'accès en ligne est toujours possible.

formation 2016

Venez découvrir les formations qui vous seront proposées pour cette fin d’année.

 

Après la pause estivale, la Médiathèque vous propose les dernières formations de l’année 2016. Il est toujours possible de s’inscrire en ligne…

  • jeudi 15 septembre : visite de médiathèques
  • mardi 20 septembre : proposer des lectures "faciles" en bibliothèque
  • jeudi 6 octobre : les malles jeux de la Médiathèque départementale
  • lundi-mardi 17-18 octobre : offrir des collections équilibrées en bibliothèque (places encore disponibles)
  • lundi-mardi 14-15 novembre : frisson et tension, le polar en médiathèque (places encore disponibles)
  • mardi 6 décembre : les séries TV en bibliothèque

 

L'ensemble du programme est consultable sur l'espace profesionnel, formation.

formation musique en bibliothèque

Pourquoi et comment proposer de la musique en bibliothèque à l'heure d'Internet ?

 

Une industrie musicale en perpétuelle évolution, des pratiques qui évoluent...

Et les bibliothèques dans tout ça ?

Si cette problèmatique vous intéresse, sachez que le 6 juin aura lieu à la Médiathèque départementale une formation dédiée à ce sujet.

 

Yanick Gourville du Cabinet Fabienne Aumont nous fera un état des lieux des pratiques d'écoute et de diffusion, il apportera également une réponse au positionnement des bibliothèques face à la diversification des supports et des pratiques et nous guidera sur l'organisation de la rencontre entre le public et l'oeuvre.

 

Si cette formation vous intéresse que vous soyez professionnel, ou bénévole des bibliothèques du réseau de la Médiathèque départementale, les inscriptions en ligne sont encore ouvertes.

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Cartable, trousse, cahier, tout est prêt…

 

Fini le farniente au soleil, welcome bonnes vieilles habitudes ! La formation c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas.

Dès le 17 septembre, on reprend en douceur, avec une visite des médiathèques de Pau : André Labarrère et Trait d’Union et on bulle l’espace d’un instant le jeudi 24 septembre avec Loïc Clément et sa formation sur la BD jeunesse contemporaine.

 

Bonne rentrée !

DESHERBAGE

Bouquet final avant la pause estivale, le programme de formation a clôturé son permier semestre 2015 avec deux jours consacrés à la créativité, aux travaux manuels et à l'imagination !

 

La formation " Les livres désherbés : une mine d'or pour animer des ateliers" avait pour but de donner une nouvelle vie aux livres régulièrement retirés des collections.

 

Deux jours de travaux pratiques et d’investissement orchestrés par le cabinet Fabienne Aumont pour créer des sacs, des hérissons, des fleurs, des portes cartes, des enveloppes, ... le tout dans une bonne ambiance.

 

Collègues du réseau, si suite à cette action, vous aussi vous avez envie de plier, de créer, da'nimer des atelier, ... la Médiathèque départementale peut mettre à votre disposition les livres de son désherbage. N’hésitez pas à nous contacter.

 

Bel été à vous et rendez-vous à la rentrée avec la visite des médiathèques André Labarrère et Trait d’Union de Pau, le jeudi 17 septembre.

 

equipe formation de base

Comme chaque année, les journées de formation de base fédèrent les nouveaux arrivants du réseau de lecture publique. 

 

Les stagiaires étaient nombreuses en ce début de mois, pour acquérir durant quatre jours les connaissances de base nécessaires à la gestion d’une bibliothèque, comprendre l’importance du travail en réseau et découvir l’équipe de la Médiathèque départementale.

Les mauvaises conditions météorologiques ne nous ont pas permis de dispenser le quatrième jour de formation. Une nouvelle date sera prochainement fixée pour combler ce manque et satisfaire les attentes de chacun.

 

Déjà, le groupe très motivé et participatif nous a fait part de retours positifs sur ces premiers jours de formation.

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Le nouveau programme de formations est arrivé !

Chères et chers collègues, si vous n'avez pas encore reçu notre programme de formations dans vos boîtes aux lettres, sachez qu'il est consultable et imprimable dans la rubrique "espace professionnel", on y retrouve également les modalités ainsi que le bulletin d'inscription.

 

Cette année, treize nouvelles formations en littérature, musique, bibliothéconomie et animation vous sont proposées, sans oublier bien sûr, la visite annuelle en médiathèques.

 

Pensez à vous inscrire dès à présent, le nombre de participants à chaque formation est limité.

Les bulletins complétés pourront être transmis par mél. : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., par courrier : Médiathèque départementale 18, boulevard Claude Debussy 65000 TARBES, ou par fax : 05 62 56 75 66.

 

CogitoCogito - Victor Dixen - Robert Laffont, 2019

Thèmes : anticipation - thriller - intelligence artificielle

 

Résumé:

Roxanne a 18 ans, un pied dans la délinquance et peu de chance de décrocher le Brevet d’Accès aux Corporations. Il faut dire que sa vie est compliquée entre une mère décédée et un père alcoolique et sans emploi depuis que les robots développées par Noosynth remplacent les humains dans de multiples fonctions.

Et puis coup de chance, elle obtient une bourse pour participer au stage de cyber bachotage «Science -Infuse ». Une semaine aux îles Fortunées, archipel dédié à la technologie et aux intelligences artificielles, au cours de laquelle son cerveau comme celui des 20 autres étudiants sélectionnés, sera programmé pour recevoir tout le programme de terminale. Mais cette méthode reste expérimentale… Alors, aubaine ou pacte avec le diable ?

Un sujet classique mais que Victor Dixen réussit à façonner de manière habile et raffinée, alternant les points de vue, ouvrant la conscience sur la place et le rôle que l'on doit donner à toutes ces innovations technologiques. L’intrigue est prenante : on sait qu’il va forcément se passer quelque chose mais quoi, mais quand, on retient son souffle et quand ça bascule c’est haletant. Ce roman, émaillé de références cinématographiques, est extrêmement bien documenté, vulgarisant avec clarté des concepts philosophiques et des connaissances scientifiques poussés.

 

Victor DixenBiographie:

Victor Dixen est né en 1979, d’un père danois et d’une mère française, avec lesquels il a parcouru l’Europe durant sa jeunesse. Enfant, il connaît une expérience extrême au Tivoli, le parc d'attractions de Copenhague : s’embarquant subrepticement sur les montagnes russes, il effectue le tour complet à quatorze reprises. Sujet à d’étranges insomnies depuis, ses nuits sont désormais le temps de l’imaginaire et de l’écriture. Depuis 2009, il écrit des livres destinés aux adolescents et aux adultes et rencontre à chaque fois le succès.

Globe-trotter, il a vécu plusieurs années dans le Colorado, puis à Dublin, et à Singapour dans une vieille maison chinoise. Il habite à présent à New York.

 

 

Pour en savoir plus et emprunter le document

Ils ne marchèrent pas longtemps.

Le temps n’avait plus d’importance.

En avait-il jamais eu ?...

La musique et la voix les guidaient à travers un sentier bordé de grandes fleurs multicolores. Au loin, ils auraient pu distinguer une vaste clairière où un banquet les attendait, mais comme ils avançaient les yeux fermés, ils ne virent rien de cela.

Comme ils ne virent pas le joueur de flûte qui croisa leur route puis s’enfonça sous les taillis suivi par une horde de rats, ni la citrouille posée sur d’immenses roues qui, tirée par quatre chevaux blancs, les dépassa à toute allure ; ni, sur leur droite, une maison de pain d’épice où deux enfants, sur le pas de la porte, s’empiffraient de chocolats et de bonbons ; ni le capuchon rouge oublié sur une souche, un pot de miel et une galette posés à côté ; ni le capuchon noir porté par un grand personnage, casqué de noir également et qui, avec lassitude, répétait à un jeune chevalier à l’air abruti : « Mais Luke, puisque je te dis que je ne suis pas ton père !.. » ; ni les sept petits garçons qui s’échappaient en courant. Le dernier, le plus petit,  jetait des miettes de pain derrière lui, des oiseaux picoraient ces miettes…

Cette forêt était décidément très habitée, mais de tout ça, ils ne virent absolument rien.

Ils arrivèrent enfin dans la clairière.

Ils sortirent de leur torpeur.

Ils saluèrent un barde qui, muselé et ficelé à un grand chêne, ne leur rendit pas leur salut.

La musique provenait d’un kiosque, un peu à l’écart, près d’un champ de fraises où quatre garçons, dans le vent, jouaient en sourdine. Le chef d’orchestre s’appelait le Sergent Poivre, mais, évidemment, ils n’en surent rien.

Une immense table recouverte d’une très longue nappe blanche était dressée. Des dizaines de plats remplis de fruits et de victuailles débordaient de partout, les verres et les carafes en cristal étincelaient de mille feux.

Sur un lit de braise, un sanglier rôtissait doucement.

Très loin, au bout de la table, ils distinguèrent quelques silhouettes, déjà attablées, qui leur faisaient signe d’approcher.

La silhouette du bout, celle qui semblait présider, sauta soudain sur la table et battit de ses toutes petites ailes. Elle avait un gros corps recouvert de plumes bleues, jaunes et roses, de courtes pattes palmées, un très gros bec crochu et dodelinait du croupion.

« Enfin vous voilà, s’écria joyeusement le drôle d’oiseau, il était temps ! Soyez les bienvenus ! Soyez les bienvenus, parmi vous ... »

L’étrange volatile sautillait sans égard pour la vaisselle qui valsait de droite et de gauche.

« Asseyez-vous, continua-t-il, prenez place les amis ! Et permettez-moi d’abord de vous présenter…mais suis-je bête…Inutile de vous présenter qui que ce soit !  Vous connaissez déjà tout le monde…»

Le pangolin, une serviette autour du cou, fit un clin d’œil à Tchang-Lu.

Il s’empiffrait d’un plat de fourmis posé devant lui.

Les places étant libres à côté, Tchang-Lu s’y assit, Gulliver aussi…

Le pingouin lent, trop occupé à engloutir des harengs, ne fit pas de clin d’œil à Tulurgglurkuk. Les places à côté de lui étaient libres, Tulurgglurkuk et Tanarak s’y assirent. Peter, Tigresse Lily, et les deux chiens aussi…

Le kangourou doux croquait des feuilles de bambous.

Billiwong Billidong lui aurait bien assené un coup de didgeridoo sur le crâne, mais n’en fit rien. Il s’assit à côté de lui, le koala et Lulu la tortue aussi…

Le Quetzalcoatl se passa la langue sur les babines. Il venait de dévorer trois lézards bien dodus. Acocoyotl s’assit discrètement près de lui. Don Quijote et Don Diego de la Vega firent de même, mais moins discrètement.

Sang-chaud s’assit aussi, Les deux aras et le colibri se posèrent sur ses épaules.

Les Masques n’ont jamais faim et donc ne mangeaient rien. Mais, en masques bien élevés, ils étaient attablés bien sagement.

Moussa Moussa, en féticheur bien élevé, s’assit près d’eux.

A côté de lui, trônait une soupière pleine d’épinards à la crème. Popeye le marin s’assit devant et l’engouffra d’une traite.

King-Kong s’assit sur les quatre chaises suivantes.

Le Sphinx étudiait un menu et se posait des questions sur ce qu’il pouvait manger, ou pas.

Giuletta s’assit à ses côtés et décida pour lui.

Roméo s’assit devant une assiette de gorgonzola.

Le petit blond hésita devant un ragoût de mouton.

Le lapin passa courageusement devant une salade de carottes et ne s’arrêta pas. Il galopa jusqu’au bout de la table où l’attendait une petite fille avec un nœud dans les cheveux. Elle était visiblement très courroucée.

« Tu es toujours, toujours en retard ! trépigna-t-elle, la prochaine fois tu peux aller chercher du travail ailleurs ! Je connais une douzaine de lièvres qui ne demanderaient pas mieux que de prendre ta place…Et ne me dis pas que ce sont les transports en commun !... »

Le lapin baissa la tête.

 « Vous reprendrez bien une tasse de thé, dit, pour détendre l’atmosphère, un autre personnage affublé d’un immense et triple chapeau haut-de-forme.

« J’ai horrrreur du thé ! Combien de fois faudra-t-il vous le dire ! hurla la petite fille. Elle reporta son regard vers un petit objet lumineux qu’elle tenait dans sa main.

« Ah ! Et puis rien ne va plus aujourd’hui…mes ex-ex-ex-amies viennent de m’apprendre que j’ai trois fois moins de « Like » qu’une nouvelle venue se prénommant Hermione !!! Hermione…pffff…quel prénom stupide…pourquoi pas Fuschia pendant qu’on y est ?... »

« Tssss…tsssss…fit le gros oiseau sur la table, voyons chère Alice, quelle triste image vous allez donner à nos invités…Allez donc voir de l’autre côté du miroir si j’y suis…. »

La petite fille partit en bougonnant.

« C’est terrible, continua l’oiseau, il faut toujours qu’elle fasse sa star…enfin, ça lui passera à elle aussi, comme ça nous est passé à tous…bon, où en étions-nous ? Ah oui ! Au début… »

Il fit un signe à un autre personnage vêtu à l’ancienne, silencieux, grave et chauve, qui se leva avec difficulté. L’oiseau ajouta :

« C’est à vous, Professor Plitzenplotz ! »

Le Professor chaussa ses bésicles, se racla la gorge, et déclara :

« Le Dronte de Maurice, ou Raphus Cucullatus, apparenté au Dronte de Rodriguez mais aussi au Solitaire de Bourbon, est une espèce d’oiseau de l’ordre des Columbiformes, endémique de l’île Maurice.

Il aurait disparu à la fin du XVIème, voire au tout début du XVIIème.

L’homme serait à l’origine de sa disparition.

Soit parce qu’il en aurait fait ses choux gras. En le mangeant, avec ou sans chou. Soit, en introduisant sur l’île chiens, chats, rats, porcs et autres prédateurs qui, eux, auraient mangé l’oiseau, ou encore, en amenant avec eux, les bougres d’imbéciles, des macaques crabiers, très friands d’œufs de ce malheureux volatile. Et donc : plus d’œufs, plus de poules, plus de drontes…

Pour cette funeste raison, le Dronte est emblématique de l’extinction des espèces imputable à l’homme et, bien qu’il ait disparu, il continue néanmoins à exister dans l’imaginaire collectif sous son nom vernaculaire : le Dodo ! »

Epuisé par son discours, le Professor Plitzenplotz s’effondra sur sa chaise et s’endormit aussitôt.

Sur la table, le Dodo, car c’était lui, sautait en l’air et gesticulait de plus belle.

 « Merci Professor ! gloussa l’oiseau, rien de tel qu’un petit rappel scientifique pour réveiller…euh je veux dire, pour endormir l’assistance … »

Car autour de la table nul n’avait écouté le moindre mot.

Tout le monde somnolait.

On entendait juste la petite voix de Don Diego qui, la tête enfouie dans les bras, chantonnait doucement : 

« On oublie touuuut…Zous le Zoleil de Megzicooooo….

   On oublie touuuut…Au zon des rythmes tropicaux….. »

« Bon, tout ça c’est très bien, fit le lapin en reprenant ses esprits, vraiment très bien mais…Il regarda sa montre gousset, je suis absolument désolé de vous interrompre mon cher, mais je crois que ça va être  l’heure…

« Oh…j’ai l’habitude d’être interrompu, fit le Dodo, et puis ça n’a aucune importance, puisque c’est pour la bonne cause… »

Il se tut, s’installa au milieu de la table, gonfla son jabot, replia ses ailes, mit une patte légèrement en arrière, pointa son bec en l’air, se positionna de profil et se figea.

« C’est parfait, fit le lapin, on ne bouge plus…. »

Il jeta un dernier regard attendri à l’oiseau immobile.

« Au revoir, chère vieille fripouille…et, ce n’est pas pour être irrespectueux mais cette fois…

C’est vraiment l’heure de faire dodo… »

Et il claqua dans ses petites mains poilues.

Vos bibliothécaires se forment!

Le nouveau programme de formation dédié à vos bibliothécaires est en ligne !

Depuis 11 ans, le Prix Ados "Hautes-Pyrénées, tout en auteurs" est décerné par des adolescents à des romans sélectionnés par des professionnels du livre du département.

 Mois du film documentaire

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450x500 mois du doc 2017

En avant-première, retrouvez les films séléctionnés pour l'édition 2017

Après moultes tergiversations, beaucoup de visionnages et de recherche de films, le groupe de bibliothécaires du département qui travaille autour du mois du film documentaire à rendu sa programmation

optimistes

Dans le cadre du Mois du film documentaire, la bibliothèque d'Esparros projettera le film "Les optimistes" samedi 5 novembre 2016 à 14h30 à la salle des fêtes de Laborde. 

Les Optimistes est le nom d’une équipe de volleyeuses norvégiennes hors du commun : elles ont entre 66 et 98 ans.

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Mois du film documentaire : voici venu le temps de préparer la programmation 2015 !

 

Lors de la réunion bilan qui s'est tenu à la Médiathèque départementale le 24 mars en présence des bibliothèques partenaires, nous avons dégagé une thématique assez large et qui semble rassembler les participants : La Liberté. 

C'est un thème qui peut en aborder beaucoup d'autres : la liberté d'expression mais pas que, la liberté dans l'art, dans l'opinion politique, dans sa vie privée, dans ses croyances religieuses...

 

Plusieurs films ont été présenté et la programmation est en cours de sélection. Voici un tableau récapitulatif.

 

Parallèlement, Images en bibliothèque, l'association coordinatrice de l'évènement, a organisé les ateliers du mois du film documentaire à Paris du 08 au 10 avril 2015.

 

Il en est ressorti 8 thèmes :

 

  • Une BD du réel ?

De nombreux auteurs et dessinateurs se tournent  vers le monde réel, créant des documentaires et des fictions qui sont autant de regards d’artistes sur des pays, des peuples, des luttes, des situations qu’ils nous font découvrir et ressentir. Il y avait le «cinéma du réel», voici qu’apparaît de plus en plus une «BD du réel»... Bande dessinée et cinéma documentaire se côtoient, s’intéressent l’un à l’autre, flirtent et trouvent des points de rencontre. Ce projet est l’occasion d’un hommage à René Vautier à travers son film Afrique 50et la BD de Kris et Etienne Davodeau Un homme est mort(éd. Futuropolis).

 

  • Génocides : le documentaire à l’épreuve de la représentation

Les génocides ébranlent nos possibilités de représentation. Comment parler de l’horreur et comment la représenter ? Génocide des Arméniens, Shoah, génocide des Tutsi au Rwanda : les voiesquimènent à la compréhension de ces crimes ne sont pas qu’historiques ou politiques, elles sont humaines. Le documentaire explore les différentes facettes de ces événements hors norme, les mécanismes idéologiques, politiques et humains de leur genèse et de leur mise en œuvre, donne la parole aux « bourreaux » et à leurs victimes, dénonce leur négation. Il interroge et participe à leur mémoire, une mémoire non pas figée mais vivante, à la fois collective et personnelle, intime et politique.(Partenariat avec le Mémorial de la Shoah)

 

  • Nicolás Rincón Gille

Né à Bogata en 1973, Nicolás Rincón Gille a accompagné, enfant, son père professeur qui rendait visite aux paysans de la campagne colombienne avec ses étudiants d’anthropologie. Après ses études de cinéma en Belgique, il réalise 3 films sur ce sujet qui le poursuivait depuis qu’il était enfant : la richesse de la tradition orale colombienne et sa confrontation à la violence. Avec Noche herida (2015), présenté au dernier festival Cinéma du réel, il achève la trilogie Campo hablado, commencée en 2007 avec En lo escondido et poursuivie avec Los Abrazos del rio en 2011.

(Partenariat avec la revue Images documentaires)

 

  • Les sentiers de l’architecture

Architecture et cinéma sont tous deux des arts de la lumière et de l’espace. Ce sont peut-être ces affinités qui font des films de passionnants points d’entrée dans l’univers des architectes. Par le prisme de l’architecture, ces films nous invitent à regarder autrement l’espace, notamment urbain, où se joue notre quotidien.

(Avec le soutien de la Direction générale des patrimoines du ministère de la Culture et de la communication)

 

  • Vivant !

Cette sélection élaborée avec Vincent Boujon (réalisateur du film Vivant !) est une véritable ode à la vie, un parcours cinéphile qui propose de porter un regard sur la vie, mais aussi la mort, pour l’interroger et se sentir vivant.

 

  • L’homme face au climat

La France accueillera fin 2015 la 21ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques. Cet événement politique crucial est l’occasion de s’intéresser à notre planète et d’initier un débat avec le public autour de l’intervention de l’homme sur son environnement et de ses conséquences.

(Partenariat avec le Festival international du Film d’environnement et le Festival international Jean Rouch)

 

  • Des étoiles et des hommes, pour tous les âges !

Le documentaire animé Of stars and men de J. Hubley, est le point de départ d’un corpus de films de toutes les époques et de tous les styles, accessibles à différents âges, qui permettront de découvrir l’univers de manière scientifique ou de s’interroger de façon plus philosophique sur la fascination qu’exercent sur nous l’espace et les étoiles.

 

  • Mois du doc & Fête du cinéma d’animation

Pour la 2ème année consécutive, le documentaire animé est mis à l’honneur avec une sélection de longs métrages rares, voire inédits. Les films circuleront pendant les deux manifestations.

La Fête du cinéma d’animation a pour vocation de sensibiliser les publics au cinéma « image par image » en montrant la richesse du film d’animation sous toutes ses formes. Créé parallèlement à la Journée mondiale du film d’animation célébrée le 28 octobre, elle compte chaque année plus de 500 événements dans divers lieux culturels et éducatifs en France et à l’étranger. En 2015, la Fête se déroulera tout le mois d’octobre. L’AFCA qui coordonne l’événement, vous propose de découvrir les programmes « clé en main » concoctés en partenariat avec Images en Bibliothèques (autour du documentaire animé) et l’Agence du court métrage (avec des films de Corée du Sud), les invités pressentis, les propositions d’ateliers et les événements qui feront du mois d’octobre le mois de l’animation.

 

La liste des films de chacune de ces thématiques sera proposée début Mai sur le site http://www.moisdudoc.com/ dans l'espace pro.

 

A suivre....

 

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Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale de France.

 

Proposée par la BnF, Gallica est une plate forme d'accès en ligne de documents numériques patrimoniaux et contemporains. Livres, presse, images, enregistrements sonores... Au total, plusieurs millions de documents en lignes, pour certains téléchargeables.

 

Cette ressource numérique est gratuite et libre pour tous.

>Cliquez sur l'image ci-dessous pour y accéder :

logo gallica mobile

 

Image-moisdudoc2014-SD

Zoom arrière sur le Mois du film documentaire 2014 dans notre département...

Le Mois du film documentaire a été une belle réussite l'année passée : 8 projections-débats ont eu lieu du 06 au 28 novembre 2014 en partenariat avec plusieurs médiathèques du département : Arras-en-Lavedan, Cauterets, Luz-Saint-Sauveur, Maubourguet, Saint-Laurent-de-Neste et Vic-en-Bigorre.

Ces séances couvraient des thèmes assez variés : la musique symphonique au Vénézuela, le mouvement punk, la guerre de 14-18... Elles étaient toutes suivies d'un débat : avec la réalisatrice Sonia Paramo pour le film "Nos jeunes vies symphoniques", avec Pierre Domengès pour le thème de la musique punk, avec José Cubéro pour la thématique de la guerre de 14-18.

Vous pouvez retrouver des articles et des photos sur la page consacrée au mois du film documentaire.

L'année des pierresL'année des pierres - Rachel Corenblit - Casterman, 2019

Thèmes : juif - conflit israélo-palestinien - famille

 

Résumé:

Dix jeunes Français, catalogués difficiles ou paumés, sont volontaires ou envoyés de force par leurs parents au lycée français de Jérusalem. Plus ou moins d’origine ou de religion juive, ils ignorent tout de ce pays, jusqu’à sa langue. Lors d’un voyage de découverte à Jéricho, leur bus est pris d’attaque par de jeunes Palestiniens qui leur lancent des pierres. Pris au piège entre l’armée israélienne et les Palestiniens, ces adolescents vont assister à des événements qui vont les marquer à jamais. Nous sommes en 1987 en Israël et c’est le début de la première intifada.

C’est un texte superbe qui, sans faire un cours d’histoire sur le conflit israélo-palestinien ni prendre parti, met en  lumière toute l’absurdité et l’horreur de la guerre et de la violence. Avec l’attaque en élément central, la narration, exigeante, alterne présent et passé, pour mieux cerner la complexité et la richesse des vies de ces ados, magnifiquement brossés. Ce roman prend le temps pour faire sens, et chamboule définitivement.

 

Rachel CorenblitBiographie:

Rachel Corenblit est née à Chicoutimi, au Québec. Elle a vécu à Jérusalem, Nice, Paris, Albi, Marseille, Toulouse… Enfant, elle voulait être maîtresse-écrivain-chanteuse. Sa tendance à chanter (avec du cœur cependant) relativement faux ne l’a pas menée sur scène… Mais c’est bien face à des élèves qu’elle trouve sa voie, après des études de philosophie.

Son premier roman, "Shalom Salam maintenant", est paru aux Editions du Rouergue en 2007. Dans ses romans, albums, pièces de théâtre, elle aborde notamment la question de l'acceptation de soi, de la différence, de la résilience…  De son enfance nomade, elle garde le goût de la surprise et l’envie de surprendre.

 

 

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« Maurice ?...J’en ai jamais entendu parler!.. gloussa le virevoltant Peter.

« Est-ce un enfant perdu ? Non ! Alors ça ne m’intéresse pas ! Un adulte perdu ? Ca m’intéresse encore moins ! Mais où est-il votre Maurice ? Nulle part ? Impossible ! Car s’il était nulle part, c’est qu’il serait ici, et s’il était ici,

j’le saurais !...Mais s’il n’est pas nulle part, c’est donc qu’il est ailleurs, et ailleurs, c’n’est pas mon domaine…alors qu’est-ce que j’peux y faire ? ».

Il partit d’un grand éclat de rire, exécuta un nouveau looping et se reposa au sol en saluant sous les applaudissements émerveillés de la jeune indienne.

Quel crâneur, pensa Tulurgglurkuk qui commençait sérieusement à se lasser des façons désinvoltes avec lesquelles le turbulent jeune homme répondait à ses questions. Ce Peter ne tenait pas en place et ne semblait s’intéresser à rien d’autre qu’à lui-même. Sans parler des œillades appuyées que le garçon lançait à « Tigresse-attentive-aux-Lys… » et à Tanarak.

La louve blanche de Tanarak suivait aussi d’un très mauvais œil les manières du garçon. Elle se promettait, s’il passait un peu trop près de sa maîtresse, d’y planter ses crocs, histoire de voir s’il ferait toujours le bellâtre avec un mollet en moins.

Chien-qui-pète, quant à lui, était ravi du spectacle et, comme à chaque fois qu’il était ravi, pétait d’aise sans aucune gêne.

« …Et un pingouin, demanda encore Tulurgglurkuk, ça ne vous dit rien non plus évidemment ? »

Le garçon s’arrêta net de faire le pitre.

« Un pingouin dites-vous ?...un pingouin, ça c’est bizarre…figurez-vous qu’j’viens d’avoir justement une p’tite altercation au sujet d’un pingouin avec un vieux manchot d’mes amis, et ce pas plus tard que c’matin…

« Comment-ça ?

« Bah, c’est sûrement sans importance…mais y’s’trouve que c’vieux pirate me soutenait avoir vu un pingouin filer en mer après avoir dérobé, ne m’demandez pas comment, le réveil qu’était dans l’ventre du crocodile !...

« Le réveil qui était dans le ventre du crocodile ?....

« Ouais, ben…ce s’rait trop long à vous expliquer…Bref, du coup j’l’ai’ traité d’adulte handicapé d’la vie, lui m’a traité d’enfant attardé, de fil en aiguille et d’aiguille en sabre d’abordage, on en est v’nu aux mains, le crocodile s’en est mêlé et mon pirate s’est fait bouffer sa deuxième main !... 

« Pas de chance, en convint Tulurgglurkuk.

« Ouais pas d’chance ! Surtout pour moi, fit Peter d’un air triste, avec qui j’vais bien pouvoir m’escrimer maintenant ? A moins que…peut-être qu’avec une bonne opération…une main d’perdue, comme on dit ici, dix crochets d’retrouvés…

« Et mon pingouin ? revint à la charge Tulurgglurkuk.

« On dirait qu’vous y ‘t’nez à vot pingouin, l’ami ! Vous n’perdez pas l’nord hein ! Mais ça tombe bien parce que, d’après le futur Capitaine-Deux-Crochets, c’est la direction du nord qu’il aurait prise, vot’oiseau... »

Peter changea alors d’attitude, il mit ses mains sur les hanches et ajouta, d’un air fier :

« Et du coup c’est vot’jour de chance. Vu qu’le capitaine pirate peut plus t’nir la barre de son navire, le « Jolly Roger », moi j’dis qu’si ça vous chante, cette barre et c’bateau sont à vous, et aussi à moi, enfin à nous quoi… »

Comme par enchantement nos amis se retrouvèrent donc sur le pont du vaisseau pirate. Peter avait embarqué avec eux, prétextant la nécessité de sa présence du fait de la dangerosité des récifs alentours.

« Pour vaincre les courants imaginaires, avait-il dit en se touchant la tempe, il faut un peu d’imagination, et c’est pas ça qui m’manque…et pis…maintenant qu’j’y pense... »

Un sourire malicieux à faire fondre Tanarak et la jeune indienne éclaira soudain son visage.

« Maintenant qu’j’y pense…vot’ Maurice là… ce s’rait’y pas plutôt le nom d’une île ?...

« Une île ? fit Tulurgglurkuk.

« Oui, une île !...parce que si c’est le nom d’une île, continua-t-il en se tournant vers la proue du bateau et en dardant son épée vers l’horizon…

Bah…l’île Maurice, les amis…elle est juste là…droit devant vous… »

En 12 ans d’existence, le Prix ados est devenu un rendez-vous incontournable de la rentrée.

Interview de Dominique, stagiaire 2018

La formation de base, organisée annuellement par la Médiathèque départementale pour les nouveaux bibliothécaires du département est souvent pour eux le premier contact avec cet incontournable partenaire institutionnel. 

C’est parti pour la nouvelle édition du Prix Ados "Hautes-Pyrénées, tout en auteurs" !

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Le Mois du film documentaire 2018 se prépare dans la bonne humeur...

 

Le jeudi 25 janvier a eu lieu la réunion de bilan du mois du film documentaire 2017 et de perspectives pour 2018. 12 bibliothèques du réseau départemental de lecture publique des Hautes-Pyrénées étaient présentes et ont pu échanger leurs expériences passées et parler de cinéma et de leurs envies pour 2018.

 

Les thématiques qui se dégagent sont : Les femmes, l'agriculture (bergers, néo-ruraux, fromagers...), l'arbre, l'occitanie, les migrants, le maroc, la russie...

 

Le film "La vallée des loups" de Jean-Michel Bertrand a été projeté, chaque bibliothécaire est reparti avec des documentaires à visionner et pourront en discuter lors des prochaines réunions de visionnage prévues les vendredi 16 mars et 25 mai.

 

 La vallee des loups

 

La sélection définitive aura lieu au mois de juin 2018 pour une projection au mois de novembre.

 

Pour plus d'informations, rendez-vous sur la page "Mois du film documentaire" et sur le site http://www.moisdudoc.com/

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Retrouvez ici le programme définitif du Mois du film documentaire 2017 !

 

Le mois du film documentaire dans les Hautes-Pyrénées c'est une sélection de 9 films et 16 projections dans 14 bibliothèques !

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Le mois de novembre approche à grands pas et avec lui, le Mois du film documentaire !

Pour l'année 2017, 5 films, projetés du 05 au 26 novembre 2016 dans 13 lieux du département, ont été sélectionnés par les bibliothèques du réseau de lecture publique des Hautes-Pyrénées.

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Le programme départemental 2015 est arrivé ! Et quel programme !....

 

Cette année, du 4 au 21 novembre, 9 bibliothèques du réseau départemental organisent 11 projections, toutes suivies de débats avec les réalisateurs ou d'autres intervenants plus passionants les uns que les autres...

 

Si vous aimez la danse contemporaine, si vous voulez savoir qui vous surveille sur le net et pourquoi , si vous aimez les histoires de famille et l'humour, ce programme est fait pour vous !

 

Nous vous attendons nombreux !!

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Quatre films, deux thématiques, neuf projections suivies de conférences-débat dont une en présence de la réalisatrice, à travers tout le département. Venez découvrir cette riche programmation !

Sans foi ni loi - Marion Brunet - Pocket Jeunesse, 2019Sans foi ni loi - Marion Brunet - Pocket Jeunesse, 2019

Thèmes : western - Etats-Unis – liberté - situation des femmes

 

Résumé:

Ouest américain, années 1920. Lorsqu'une hors-la-loi débarque chez lui et le kidnappe à l’issue d’une fusillade, Garett, fils d’un pasteur rigide et violent, est terrifié. Avec un joli butin de billets de banque, ils cavalent direction le Wyoming. Sa ravisseuse, Ab Stenson est une femme indomptable, dérangeante, et très vite, elle le fascine. Dans son sillage, il rencontrera les plaisirs et contraintes du monde adulte, l’amitié, les premiers amours, la vengeance, la liberté…  et les secrets qu’elle dissimule sous sa carapace.

Saloons, colts, chevauchées, duels, tout y est. Sauf que le cow-boy est une lonesome girl. Sans que le récit ne vire au féminisme exacerbé, Marion Brunet met en avant la situation des femmes à cette époque et donne ainsi toute la force à son héroïne magnifique qui a fait le choix de la liberté, quel qu’en soit le prix. Le ton est juste, âpre, sensible, le style nerveux et percutant, la tension permanente. Magistral !

 

Marion BrunetBiographie:

Née en 1976, Marion Brunet grandit dans le Vaucluse. Très rapidement accro aux bouquins et aux BD, elle se met à écrire. Après des études de Lettres et quelques envies d’ailleurs (Madagascar, Budapest) elle décide d’être éducatrice spécialisée et travaille actuellement en psychiatrie, dans un hôpital de jour pour adolescents. Elle anime en parallèle des ateliers d’écriture au sein d’une compagnie théâtrale, pour les comédiens et divers groupes d’écoliers et de collégiens. En 2013, elle publie son premier roman, "Frangine" et depuis ose tout, essaie tous les styles, avec talent.

 

 

 

Pour en savoir plus et emprunter le document

Après quelques frottements malencontreux contre deux cumulo-nimbus particulièrement abrasifs  le tapis volant de Tchang-Lu s’effilochait de façon dramatique et perdait de l’altitude.

Il allait falloir se poser en catastrophe. Mais où ?

Tchang-Lu scruta la mer avec angoisse.

Il y avait bien ce petit îlot, tout là-bas…

« Mayday ! Mayday ! grésilla la voix du commandant…perte de soie sur tout le fuselage…je répète : perte de soie sur tout le fuselage...tapis à tour de contrôle…demandons attapissage d’urgence…Je répète…»

Il n’y avait évidemment aucune tour de contrôle dans les parages et personne ne répondit à l’appel de détresse. Puis tout se passa très vite. Le tapis plongea vers le sol. Tchang-Lu se mit en boule et attendit l’impact…

Lorsqu’au bout d’un temps indéfini il se réveilla, il crut d’abord, comme il éprouvait beaucoup de mal à bouger, que son corps avait été effroyablement brisé. Heureusement il n’en était rien, il reposait en fait sur un monticule de petits fragments qu’il avait pris d’abord pour ses propres os éclatés en mille morceaux. Puis il comprit qu’il se trouvait en fait sur une montagne de minuscules débris de coquilles d’œufs qui avait probablement, et miraculeusement, amorti sa chute.

S’il ne pouvait pas bouger, c’était parce qu’il était tout simplement ligoté, ficelé comme un saucisson, par un réseau de cordes et de ficelles qui le maintenaient étroitement lié à une multitude de petits poteaux solidement plantés dans le sol tout autour de lui.

« A votre avis cher collègue…gros-boutiste ou petit-boutiste ?...demanda une toute petite voix anxieuse près de son oreille droite.

« Ma foi, répondit une autre toute petite voix près de son oreille gauche, je n’en sais fichtre rien cher collègue ! Tout cela est bien fâcheux, vous en conviendrez ! Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire de ces deux mastodontes ?... »

Tchang-Lu ne pouvait pas non plus tourner la tête mais il put, du coin des yeux, voir à qui appartenait ces petites voix sentencieuses. Il s’agissait de minuscules personnages attifés à l’ancienne mode européenne et coiffés de perruques poudrées.

Ces individus n’étaient pas seuls. Toute une foule de tous petits êtres l’entourait et le dévisageait comme s’il était un phénomène de foire, ce qui apparemment était le cas. Certains riaient en le montrant du doigt, d’autres encore plus petits, des enfants sûrement, se cachaient le visage de peur, d’autres encore lui jetaient ce qui lui semblait être des poussières de cacahuètes. En première ligne, tout contre lui, une escouade de gardes solidement armés repoussait les plus téméraires qui tentaient de  lui grimper dessus.

 Les voix sentencieuses reprirent.

« Et si nous lui posions la question, cher confrère ?

« Tout à fait, tout à fait, cher confrère, la question doit lui être posée !

L’un des deux personnages saisit alors un porte-voix, mais avant qu’il ait pu prononcer sa fameuse question, une autre voix, beaucoup plus grave, et pour tout dire d’une tonalité normale, s’éleva derrière Tchang-Lu.

« Bien le bonjour camarade ! C’est gentil de me rendre visite…je commençais à me sentir un peu seul sur cette île…enfin, seul, vous m’avez compris…parfois il vaut mieux être grandement seul que mal et petitement accompagné… »

Un grognement de réprobation s’éleva de la foule et toute sorte de projectiles fut lancée sur l’homme qui parlait ainsi et qui était, de la même façon que Tchang-Lu, solidement attaché au sol.

«Plus on est petit, moins on aime être contrarié, il faudra vous y faire. Tout est question d’habitude n’est-ce pas, continua l’homme, et de relativité, et de trigonométrie si on a, comme moi, l’esprit scientifique…mais…veuillez me pardonner, je manque à tous mes devoirs d’hôte, même d’hôte entravé, je ne vous ai pas encore fait les honneurs du propriétaire, et bien que les vrais propriétaires du lieu ne mesurent pas plus de six pouces, il est bon que vous sachiez à qui vous avez affaire. D’ailleurs moi-même je ne me suis pas encore présenté...

« C’est vrai, réussit à dire Tchang-Lu, qui êtes-vous  et où sommes-nous ?

« Où sommes-nous ? Mais nous nous trouvons sur la très fameuse et très hospitalière île de Lilliput !...Quant à moi, j’étais chirurgien à bord d’un vaisseau de sa gracieuse majesté le Roi d’ Angleterre et je m’appelle Lemuel…

Lemuel Gulliver, pour vous servir…

Enfin, continua l’homme en regardant ses liens, quand je pourrai vous servir, évidemment… »

Jean-Luc Marcastel a rencontré les enfants de l'école d'Esparros pour discuter avec eux de son roman "L'auberge entre les mondes" en lice dans le Prix ados 2019.

Cette année, le Prix ados "Hautes-Pyrénées, tout en auteurs" t'offre 2 fois plus de possibilité de voter !

La formation de base, c'est maintenant!

C’est ce matin à la Médiathèque départementale que débute la session 2019 "Formation de base".

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Ça y est, le programme 2018 est prêt ! Découvrez les films que vous pourrez voir dans vos médiathèques preférées au mois de novembre...

 

Voici les 6 films qui on été sélectionnés pour être projetés lors du mois du film documentaire 2018 :

 

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  • A l'Abbaye de l'Escaladieu le dimanche 4 novembre à 15h suivie d'une dégustation de jus de légumes artisanaux.
  • A la maison du savoir de Saint Laurent de Neste le vendredi 09 novembre à 20h30 précédée d'une auberge espagnole à 19h. Un débat sera animé par la Maison de la nature de Puydarrieux.
  • A la salle des fêtes d'Arras en lavedan le vendredi 16 novembre à 18h30 suivie d'un pot de l'amitié. Un débat sera animé par la Maison de la nature de Puydarrieux.
  • A la médiathèque de Castelnau-Magnoac le vendredi 23 novembre à 18h30 suivie d'une auberge espagnole. Un débat sera animé par Marguerite de Larrard, maraîchère en permaculture.

 


 

 

 

Là où poussent les coquelicots de Vincent Marie

 

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  • A la Maison de la Vallée de Luz Saint Sauveur le mardi 06 novembre à 21h. Séance à tarif unique 4€.
  • A la Médiathèque de Vic en Bigorre le mercredi 07 novembre à 19h. Un débat sera animé par M Mirambeau, auteur.
  • Au Foyer Municipal de Montgaillard le dimanche 11 novembre à 16h. La pojection sera suivie d'un débat animé par M Mirambeau, auteur, et d'une auberge espagnole avec dégustation de la "soupe du poilu".

Séances scolaires en présence du réalisateur Vincent Marie :

  • Au Lycée d'Argeles-Gazost le jeudi 29 novembre à 10h
  • Au Cinéma de Bagnères de Bigorre le jeudi 29 novembre à 14h
  • Au Cinéma de Vic en Bigorre le Vendredi 30 novembre à 10h
  • Au CAC de Maubourguet le vendredi 30 novembre à 14h

 


 

La Terre et le lait, série documentaire de Jeanne Bourgon

 

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  • A la bibliothèque de Pouyastruc "Anawim" et "Belloc" le samedi 03 novembre à 18h, à l'école, en présence de Jeanne Bourgon la réalisatrice. Un apéritif dinatoire sera offert en fin de projection.
  • A la salle des fêtes d'Omex "Anawim" et "Miren" le vendredi 30 novembre à 18h, en présence de la réalisatrice Jeanne Bourgon. Le projection sera suivie d'un repas partagé avec dégustation de fromages et animé par des chants basques.

 


 

 

Un Paese di Calabria de Shu Aiello et Catherine Catella

 

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  • A la Maison de la vallée de Luz St Sauveur le jeudi 8 novembre à 20h en présence de Catherine Catella, réalisatrice.

 


 

Prosper et la jeunesse pétillante de Laurence Kirsch

 

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  • A la salle des fêtes d'Esparros le samedi 10 novembre à 18h, suivie d'une auberge espagnole.

 

 


 

 

En équilibre d'Antarès Bassis et Pascal Auffray

 

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  • A la médiathèque de Cauterets le vendredi 02 novembre à 17h30 suivie d'une collation.

 


 

Toutes les séances sont libres et gratuites !

Venez nombreux !

 

Plus d'informations sur le site du Mois du film documentaire

 

 

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Pour cette nouvelle édition du Mois du film documentaire, la bibliothèque d'Esparros vous invite à une projection autour d'une auberge espagnole.

 

 

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Au programme cette semaine :

 

 Les optimistes - Gunhild Westhagen Magnor

          

            samedi 5 – 14 h 30 - Projection à la salle des fêtes de Laborde, organisée par la bibliothèque d'Esparros en partenariat avec le foyer des ainés des Baronnies.

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Pina Bausch et la danse contemporaine à l'honneur pour le mois du film documentaire 2015 !

Au programme :

Projection du film Pina de Wim Wenders, France télévisions, 2011, 1 h 43 min, VF

Un film porté par l'Ensemble du Tanztheater Wuppertal sur l'art singulier de la chorégraphe Pina Bausch disparue à l'été 2009. Ses images nous convient à un voyage au coeur d'une nouvelle dimension, d'abord sur la scène de ce légendaire Ensemble, puis

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Interview de Pierre Domengès lors du mois du film documentaire 2014 à propos du film "Joe Strummer, the future is unwritten"

 

Petit rappel du résumé :

Un film réalisé par Julian Temple

Production : Surreal film

Grande-Bretagne, 2007
123 minutes

Joe Strummer, né de son vrai nom John Graham Mellor le 21 août 1952 à Ankara et mort le 22 décembre 2002, est un musicien britannique connu pour avoir été le leader du groupe The Clash, l'un des groupes les plus emblématiques du courant punk.

En tant que leader du groupe punk Clash à partir de 1977, Joe Strummer a profondément influé sur l'existence de ses contemporains, et cette influence perdure aujourd'hui encore à travers le monde entier. Dans The Future is Unwritten, Joe Strummer est décrit non seulement en tant que musicien et légende, mais aussi comme un véritable témoin de notre temps. S'inspirant à la fois d'un passé punk commun et d'une profonde amitié développée au cours des dernières années de la vie de Joe, le réalisateur Julien Temple rend hommage à Joe Strummer, avant, pendant et après The Clash.

 

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Ecoutez l'interview reccueillie par nos soins lors de la projection qui a eu lieu à Cauterets le 14 novembre 2014 :

 

 

 

 

 

Engrenages et sortilèges - Adrien TomasEngrenages et sortilèges - Adrien Tomas - Rageot Editeur, 2019

Thèmes : steampunk - magie – technologie - manipulation

 

Résumé:

Grise et Cyrus sont deux élèves brillants de la prestigieuse Académie des Sciences Occultes et Mécaniques de Celumbre. Et au-delà de leurs orientations divergentes, ils se détestent farouchement. Une nuit, l’apprentie mécanicienne et le jeune mage échappent de justesse à un enlèvement. Ils se retrouvent à devoir s’enfuir ensemble et chercher refuge dans les Rets, un sinistre quartier aux mains des voleurs et des assassins. S’ils veulent survivre, les deux adolescents n’ont pas d’autre choix que de collaborer et mettre de côté leurs différences … ou du moins, essayer.

Un monde où deux puissances se côtoient avec inimitié, d’un côté une magie prestigieuse mais désuète et de l’autre une technologie avancée. Un roman efficace, drôle, plein d’enthousiasme, sombre aussi, doté d’une intrigue qui surprend et de personnages qu’on aime voir évoluer. Et comme souvent dans les récits de l’imaginaire, une réflexion nécessaire et opportune sur les pouvoirs politiques, les oppressions, les manipulations, les extrémismes…

 

Biographie:

Tomas AdrienAdrien Tomas est né en 1986 à Soissons. A sa grande déception, quand il est devenu grand, les Dragons avaient disparu et les donjons lugubres étaient remplis d’écriteaux déprimants, du genre « ne pas toucher ».

Faute de vivre l’aventure en vrai, il se plonge dans la fantasy, dévorant Tolkien, Gemmell, Scott Card ou Eddings, et une chose en entraînant une autre, il sombre définitivement dans le geekisme (qui à l’époque n’était pas encore une qualité).

Il exerce ensuite des activités aussi diverses que libraire, éleveur d’anémones ou cuisinier dans un restaurant de flammekueche. Un soir, en plein hiver, pour lutter contre l’ennui il s’attelle à  son premier roman : "La Geste du sixième royaume", récompensé du Prix Imaginales en 2012.

 

 

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Le petit macaque allait passer un sale quart d’heure si personne n’intervenait avant.

« Il n’y a plus qu’une chose à faire…murmura la vieille dame à l’oreille de Moussa Moussa qui s’inquiétait pour son petit singe.

Il se demandait bien comment il allait pouvoir le sauver, les terribles dos argentés approchaient dangereusement du centre de l’arène en bavant de rage et le public déchaîné, le roi Zanzibabar 1er  en tête, les encourageait en hurlant.

« Il nous reste…les épinards…ajouta-t-elle,

« Quels épinards ? demanda Moussa Moussa perplexe,

« Ceux-là ! grogna une voix grincheuse derrière lui.

« Il était temps mon ami, fit la vieille dame en se retournant, où étais-tu encore passé ? On n’attendait plus que toi…

« Je suis c’que j’suis et c’est tout c’que j’suis ! fit le curieux marin, car il s’agissait bien d’un marin, qui, pipe au bec et casquette penchée sur la tête, tenait dans chacune de ses grosses mains deux boîtes de conserve cabossées.

L’air furieux, il dévisagea le pauvre Moussa Moussa que la vieille dame venait de lui présenter, et marmonna :

« Moussa Moussa, c’est pas vraiment un nom d’mat’lot ! J’vas plutôt t’app’ler Moussaillon Moussaillon ! Ca m’semble plus correc’…Et maintenant, Moussaillon Moussaillon, mate un peu c’qui va s’passer !... »

Ce qui se passa fut très bref…

D’une habile pichenette le colérique marin décapsula les deux boîtes de conserve, en engloutit une d’un coup et, d’un monumental lancer, envoya l’autre boîte directement sur la tête du petit macaque qui, ouvrant bien large son gosier, avala le contenu de la boîte, sous l’œil éberlué des dix gorilles qui, eux, restèrent bouche bée.

Mais pas longtemps…

Car le petit macaque n’était déjà plus un petit macaque.

Une incroyable transformation venait de s’opérer : ses muscles s’étaient gonflés en un clin d’œil au point de faire exploser ses chaînes, sa taille était devenue, en trois secondes, trois fois plus haute que celle du plus grand des gorilles, ses minuscules quenottes s’étaient transformées en énormes crocs et lorsqu’il voulut simplement bredouiller : «  Qu’est-ce qui m’arrive ? », un effroyable rugissement fit trembler tous les gradins…

La panique s’empara de la foule qui hurlait de terreur et fuyait en tous sens.

Les dos argentés gémissaient et grattaient la terre pour s’y enfouir.

Mais pas longtemps…

Car le marin avait sauté au milieu de l’arène et envoyait valser les singes terrorisés dans les décors.

« Qu’est-ce qu’on rigole ! grimaça-t-il.

« Grrrrhh ! grogna l’ex-petit-macaque maintenant gigantesque gorille qui se tambourinait le torse en cadence.

« Et Bing !...scandait le marin en continuant à boxer les gorilles, et Bing et Bong, et Ding et Dong…au fait, comment qu’c’est ton p’tit nom à toi mon gars ?

« Grrrrrhhhhhh ! essaya de dire l’autre.

« Ah ouais….Je vois…Bon, j’vas t’appeler King… »   Il martelait en rythme la tête d’un pauvre singe. « Et j’vas aussi t’appeler Kong !... »

« Grrrrrrrrrhhhhhhh ! répondit joyeusement King Kong…

L’arène s’était vidée d’un coup.

Moussa Moussa fit signe au marin et à l’énorme gorille de venir le rejoindre sur les gradins désormais déserts. Ce qu’ils firent d’un bond. Le gorille le prit dans ses bras monstrueux pour lui faire un câlin. Le marin versa une larme et éternua bruyamment.

« Ch’uis trop sensible…les retrouvailles entr’amis, ça m’fait toujours c’t’effet… »

La vieille dame sortit un mouchoir de sa poche et le tendit au marin. Elle se pencha vers lui et lui murmura quelques mots.

« Ah oui…c’est vrai, fit-il en se mouchant…Nom d’une pip’en maïs, j’avais oublié c’foutu Maurice…Allez les marsouins, finies les effusions, faut pas traîner…Brutus est sûr’ment à nos trousses…King-Kong, prends Moussaillon Moussaillon sur ton dos  et on file vers les quais ! Mon vieux rafiot, le « Spinach of the Sea » nous y attend…J’espère qu’t’as pas trop l’mal des mers Moussaillon Moussaillon ? Parc’que pour s’couer, ça va sal’ment s’couer !...»

Ils prirent la route du port.

I’m Popeye the sailor man,

I’m Popeye the sailor man,

The moron I miss  it’s that stupid Maurice,

I’m Popeye the sailor man…

Le Prix Ados, ou plutôt LES Prix Ados 2019 ont été dévoilés hier soir lors de la Remise des prix officielle. 

Le prix ados « Hautes-Pyrénées, tout en auteurs », c’est donner toute sa place à la lecture plaisir !

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A l'occasion du centenaire de la grande guerre, la commune de Montgaillard propose une projection d'un film documentaire et une exposition

 

Retrouvez ci-dessous le programme et les détails du film :

 

programme

 

La projection est organisée dans le cadre du mois du film documentaire. Vous pouvez retrouver toute la programmation départementale ici.

 

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La Médiathèque de Vic-en-Bigorre vous invite jeudi 9 novembre à 21h pour la projection du film "Ça tourne à Villapaz" de Maria Isabel Ospina De Los Rios.

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Au programme cette semaine :

           Mardi 8 – 15 h - Bibliothèque municipale de Cauterets, projection en présence de Damien Costa, professeur en éducation physique adaptée sénior et d'un médecin gériatre, en partenariat avec le CLIC (Centre local d'information et de coordination gérontologique) Pays des Gaves. Une petite collation sera proposée à l'issue de la projection.

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Existe-t-il encore un espace dans nos vies citoyennes qui échappe à la surveillance ? 

Au programme

Projection du film "Un oeil sur vous : citoyens sous surveillance !" d'Alexandre Valenti - Arte 2013 - 1h28mn

Aujourd’hui, 70 % de nos appels téléphoniques sont enregistrés et Google garde en mémoire durant cinq ans nos recherches effectuées sur Internet. Au fil des années, la surveillance ciblée s’est transformée en contrôle de masse à l’échelle planétaire.

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Vendredi 7 novembre 2014, les bibliothèques de Cauterets et Arras en Lavedan ont accueilli la réalisatrice onia Paramo lors de la projection du film « Nos Jeunes Vies Symphoniques »  programmé dans le cadre du Mois du film documentaire.

 

Cet évènement a attiré environ 70 personnes qui ont pu assister à la projection du film suivi d’un débat riche en anecdotes, en rire et en émotion. Sonia Paramo, réalisatrice et Patrick Lauze, monteur du film ont su captiver l’attention du public par leur simplicité et leur aptitude à répondre avec passion aux questions.

 

Une forte mobilisation et un investissement des bibliothèques a permis la réussite de ces rencontres.

 

Voici quelques photos pour revivre cette soirée :

 

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Réalisation : Orcades; 2004

Descriptif : 12 panneaux; 60 x 80 cm.; affiche pelliculée souple nue. 

 

A travers l'exemple du riz, cette exposition propose une réflexion sur

les questions alimentaires mondiales.

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Avant d'être associée à l'écriture, la lettre est un premier pas vers l'imaginaire. C'est pourquoi, les abécédaires gardent une grande force symbolique et un fort impact auprès des enfants. Voici plusieurs interprétations de l’alphabet par des auteurs aux sensibilités différentes.

Laissez place à votre imagination...

 

...

Nos mains en l'air - Coline PiérréNos mains en l'air - Coline Pierré - Le Rouergue, 2019

Thèmes : surdité - fugue - conflits familiaux - amitié

 

Résumé:

Victor et Yazel n’auraient jamais dû se rencontrer… Car il n’y a rien en commun entre un apprenti braqueur malhabile, irrémédiablement honnête, et une orpheline sourde recueillie par une richissime et glaciale tante. Sauf que l’un comme l’autre refusent de coller à un destin tracé pour eux. Lors d’un cambriolage raté de Victor chez Yazel, l’étincelle fuse, la futée fraternise avec le gentil et les voilà s’embarquant dans une cavalcade rocambolesque pour échapper à leurs familles déglinguées.

Un roman empreint de grâce, aussi aérien que la couverture le suggère. Victor et Yazel se sont choisis, s’inventent une langue commune (on apprend beaucoup sur la langue des signes), se découvrent et s’affirment à travers le regard et l’écoute profonde de l’autre.

Ce road trip initiatique est touchant, juste, drôle, les dialogues sont ciselés tout autant que l’intrigue qui va crescendo. Juste grisant !

 

Biographie:

Coline PierréColine Pierré est née en 1987. Elle passe son enfance en Alsace, où, adolescente, elle commence à écrire des histoires et des chansons. En 2013, elle publie son premier roman pour la jeunesse, Apprendre à ronronner.

Comme elle aime faire tout un tas de choses différentes, elle écrit des histoires pour les enfants et pour les adultes, elle créée des lectures musicales ou dessinées avec d’autres artistes, elle apprend à danser les claquettes, elle joue des instruments de musique bizarres : du theremin, du qchord, de la lame sonore, du stylophone…  Avec son complice Martin Page, elle a créé Monstrograph, une maison de microédition qui publie des livres dessinés à la main, de petits essais iconoclastes, etc... 

 

 

 

Pour en savoir plus et emprunter le document

 

Chapitre 21

Le Turbo-morse commençait à donner des signes de faiblesse.

Il faut dire que Tulurgglurkuk ne l’avait pas ménagé. Depuis trois jours et trois nuits qu’ils filaient à toute allure, monture et équipage n’avaient pris ni repos, ni repas. La steppe glacée avait succédé à la banquise, la toundra avait succédé à la steppe. Ils venaient de pénétrer dans la Grande Forêt sans qu’ils trouvent de quoi manger. Le morse zigzaguait entre les hauts mélèzes mais on sentait bien que ses forces s’épuisaient, le turbo toussotait salement, Chien-qui-pète aussi…

Soudain, alors que rien ne le laissait présager, la forêt s’éclaircit.

Ils débouchèrent à leur grand étonnement sur une clairière remplie de véhicules tous plus invraisemblables les uns que les autres. Au centre de la clairière, une immense cabane en bois toute en longueur resplendissait de mille néons scintillants, sur le toit du bâtiment une réclame annonçait fièrement : Au Royal Nunavut Burger ! Le Meilleur Fast-Phoque du Nord !

Ils étaient sauvés ….

Ils accrochèrent le turbo-morse à une barrière, entre un imposant yack à propulsion hydraulique et un petit caribou à roulettes, puis pénétrèrent dans l’improbable bar. Après des jours et des nuits passés dans le silence et la solitude, les bousculades pour arriver jusqu’au comptoir, le brouillard suffocant provenant des cuisines et le boucan infernal prirent Tulurgglurkuk à la gorge et il chancela. Une serveuse à l’identité douteuse, mi-ourse mi-on-ne-sait-pas-quoi le rattrapa par la taille et gloussa : «  Pour consommer c’est droit devant bel étranger, en tout cas c’est pas par terre que ça se passe ! allez ouste, c’est par là !... » Chien-qui-pète quant à lui était au bord de l’extase. Ne pouvant se retenir de donner libre court à son désordre intestinal favori il lâcha un pet si retentissant et si nauséabond que la foule s’écarta instantanément.

Deux places se libérèrent au comptoir, nos deux amis s’y assirent.

Une serveuse chaussée de patins à glace se planta tout sourire devant eux et leur balança deux menus dans les mains  :

«  C’est pour manger sur place ou c’est pour emporter ? »

« Les deux ! brailla Chien-qui-pète en inondant le zinc de sa salive.

« Y f’rait mieux d’étudier la carte le clébard ! L’igloo ne fait pas crédit ! » fit la serveuse, puis elle repartit servir deux gros grizzlis qui commençaient à s’impatienter un peu plus loin.

«  Voyons cette carte, dit Tulurgglurkuk, en jetant des regards inquiets autour de lui, commandons, mangeons un morceau et allons-nous en. Cet endroit ne me dit rien qui vaille.

« Allons, relax, fit Kaalakkakakakuk ( qui veut dire maintenant Chien-qui-pète-et-qui-bave), relax…Faut savoir prendre du bon temps. Alors qu’est-ce qu’il y a de bon sur ce menu ? Wouaaahhhhhh ! Un Royal Cheese Burger de phoque braisé avec des cornichons des mers et des chips de crabes à la chantilly ! J’en ai toujours rêvé ! On prend ça, on prend ça dis ?....Ohhhh ett puis non on va plutôt prendre un Spécial Triple Tacos de Narval avec brochettes de harengs fumés à la sauce aigre-douce et ses potatoes infernales ! Trop bien ! Ahhhhhh j’hésite…. Et si je prenais plutôt un Double Carpaccio de bave de pieuvre avec un Croque-Monsieur à la graisse de baleine frite et au jus de boudin de morse avec supplément bacon et sa garniture de chips de morue en enchilada…

«  Tu ne crois pas que…

« Et puis en dessert je veux bien un sorbet de racines de mélèze hyper glacé et son iceberg de coulis de jus d’otarie au miel des trois saisons….

«  Je ne pense pas que…

«  Patron c’est ma tournée ! » se mit à hurler Kaalaaklikklikkliklikklik, ( qui veut dire Chien-qui-pète-et-qui-bave-et-qui-perd-la-boule), qui donc comme son nom l’indiquait venait de péter un boulon. Et même plusieurs…

«  Tournée de nuggets pour tout le monde ! continuait-t-il à beugler en plein délire. Et qu’ça saute…. »

Un silence de morse se fit dans la salle. L’un des deux grizzlis assis au comptoir descendit de son tabouret et s’avança lentement en roulant la mécanique de ses épaules musclées. La foule s’écarta. Il planta ses yeux noirs dans ceux de Tulurgglurkuk, mit une de ses grosses pattes sur la tête de Tulurgglurkuk, et dit :

«  Et que ça saute ?... C’est bien ça qu’il a dit ton copain ? Et qu’ça saute ?…. »

Chapitre 22

La tortue n’avait jamais vu d’être humain de toute sa vie.

Elle en avait entendu parler bien sûr, comme tout le monde sous l’eau, mais elle n’en avait jamais vu d’aussi près. Les poissons, les crustacés, les mammifères et les reptiles de mer comme elle en parlaient beaucoup entre eux, c’était même un de leur sujet de conversation favori. Les humains, pensez-donc, depuis la nuit des temps marins tout le monde savait qu’il fallait s’en méfier…

Et voilà qu’elle en avait un juste sous le nez, enfin sous le bec. Cet humain-là n’avait pas l’air bien méchant, pas très beau c’est vrai, avec ces quatre grandes brindilles marron de chaque côté du corps qui devaient être ses nageoires,  cette grosse touffe de poils emmêlés sur le crâne qui ressemblait à une vieille méduse, ces branchies évasées au milieu du visage, cette bouche pleine de dents qui bredouillait des sons incohérents et ces deux gros yeux ronds qui la fixaient.

Qu’est-ce qu’il pouvait bien faire là, la tête enfouie dans le sable ? Est-ce que les humains mangeaient du sable ? Est-ce qu’il venait pondre ses œufs sur la plage lui aussi ? Sa plage à elle qui plus est... Elle n’avait jamais entendu dire que les humains pondaient des œufs mais elle ne savait pas tout. Elle n’était qu’une bien jeune tortue luth de 110 ans après tout…

Elle s’approcha plus près, le renifla, il ne sentait vraiment pas bon. Elle sortit sa très longue langue et lui lécha le bout du nez. Beurk….Aucune odeur d’écume, de vase ou d’eau salée. Cet humain-là n’avait sûrement jamais mis une ouïe dans la Grande Eau.

Cet humain-là, Billiwong Billidong, éternua violemment. L’œil curieux et en amande de la tortue essaya de sonder l’œil rond et étonné de Billiwong Billidong qui bondit en arrière sur ses fesses.

Je ne savais pas que les humains étaient aussi froussards, se dit la tortue.

«  Je ne suis pas froussard, dit Billiwong Billidong,  je rêvais et j’écoutais les conseils de mon animal-esprit le koala, c’est tout.  Je suis Billiwong Billidong le grand chasseur. Je viens de la terre des déserts de terre rouge et je cherche un kangourou doux. Il se pourrait qu’il soit parti sur les eaux. Et toi qui es-tu, animal à grosse coquille et au nez crochu ?

«  Eh bien, gloussa la tortue, bonjour grand chasseur qui n’est pas très beau non plus et qui n’a peur de presque rien. Moi je viens des profondeurs bleutées du vieux Pacifique, l’océan est mon royaume car je suis un tortue luth et je suis ici pour donner naissance à cent cinquante petites tortues qui vont bientôt sortir de leur œuf et aller vers la mer…Si les crabes ne les mangent pas avant.

Biliwong Bilidong saisit son didgeeridoo et commença à en jouer doucement.

« Tortue luth du Vieux Pacifique, dit-il, si je réussis à amadouer les crabes en jouant de mon instrument, pourras-tu m’aider à surfer sur les vagues pour retrouver mon kangourou ?

«  Tope là, répondit la tortue luth en tendant sa nageoire, tape m’en une Bingbongbingbong ou quel que soit ton nom bizarre. Mon nom à moi c’est Toholuhuluholoholuhuluhuluhuluholuhulu, mais tu peux m’appeler Lulu !...

«  Lulu, dit Biliwong Bilidong, je crois que ceci est le début d’une longue amitié…. »

Chapitre 23

« Tu m’apprendras à jouer du Luth ? demanda Biliwong Bilidong à sa nouvelle amie.

« Bien sûr, répondit sa nouvelle amie, et toi tu m’apprendras à jouer du bâton creux ?

« Didjeeridoo, rectifia le nouvel ami tout en allumant un gigantesque feu de branches sur la grève. On pourrait jouer ensemble. Le Duo Lulu et Bili, je suis sûr qu’on ferait un tabac dans le bush ….

« Je croyais que tu voulais d’abord retrouver ton kangoudou ?…

« Kangourou doux, rectifia le nouvel ami toujours en alimentant le feu, bien sûr bien sûr, mais on peut penser à l’avenir…

« En parlant d’avenir, dit la nouvelle amie en regardant le sable onduler autour d’eux, il va falloir être rapide et efficace… »

En effet la plage semblait bouillonner. D’un seul coup les petites tortues, qui venaient de casser leur coquille, sortaient leur tête hors du sable. Dans le même temps des centaines de crabes rouges jaillissaient de l’eau et se précipitaient sur les nouveaux nés. Biliwong Bilidong  empoigna fermement son didjeeridoo et commença à souffler. Les crabes s’arrêtèrent net, puis, comme hypnotisés suivirent à la queue-leu-leu et en se dandinant le musicien qui s’avança vers le brasier. Il y pénétra et traversa le feu sans que cela ne lui fasse aucun mal. La plante de ses pieds était aussi dure que le plus dur rocher du désert. Et, alors que les petites tortues se dirigeaient vers la mer, les crabes grillèrent tous, l’un après l’autre et sans même s’en rendre compte….

«  Et en plus, le dîner est cuit !.... » s’exclama Biliwong Bilidong ravi.

« Bravo, dit Lulu la tortue luth ! tu as rempli ton contrat Bongbongbong !

Et merci, cent cinquante fois merci pour ma progéniture ! Mais je ne vais pas t’enseigner le luth en fait…J’ai beaucoup mieux que ça à t’apprendre…

Elle se dirigea vers l’eau.

«  Monte sur mon dos et tiens-toi bien droit…

Elle plongea dans les rouleaux.

«  Maintenant Je vais t’apprendre à surfer !.... »

Chapitre 24

Avant d’assister aux premiers cours de maintien sur dos de tortue luth donnés à Biliwong Bilidong peut-être serait-il utile de faire le point sur les connaissances de l’époque relatives au Kangourou doux.

Petit rappel scientifique établi en 1540 par Herr Professor Plitzenplotz de l’Académie Royale de Plitzenplotz ( à Plitzenplotz ).

L’existence du Kangourou doux a pour la première fois été attestée dans le compte-rendu du voyage dans les mers australes lu par l’éminent navigateur Spaghettino Spaghettini devant l’Archiduc Gaston-Herman IV en 1528 ( à Plitzenplotz ).

Spaghettino Spaghettini affirme avoir aperçu une première fois le Kangourou doux sur l’île de Santa-Cruz-della-Constipacion. Accroupi derrière un palmier et en proie à de sévères tourments gastriques Spaghettino Spaghettini affirme que l’animal lui serait apparu et lui aurait dit ( en latin approximatif ) : « Voilà ce que c’est quand on mange trop de féculents ! »

Lors de cet épisode il aurait noté la longueur démesurée des cuisses de l’animal ainsi que sa grande vélocité.

Le dit animal serait apparu une seconde fois à Spaghettino Spaghettini alors qu’avec le botaniste du bord, un certain Jojo-la-Racaille, ils étudiaient le degré d’alcool trouvé dans certains fruits fermentés toujours sur  l’île de Santa-Maria-della-Constipacion. L’animal était à cet instant accompagné de plusieurs autres de ses congénères. Ils auraient bondi sur la table de travail et auraient entonné le chant du régiment des hallebardiers du Grand Duché.

Les Kangourous doux auraient ensuite été capturés, tués, cuisinés promptement et servis avec de l’ail et des épices locales. Les convives auraient beaucoup apprécié. ( Mis à part quelques officiers britanniques présents à ce moment et qui apparemment n’auraient pas raffolé de ce genre de mets ).

Après vérifications il semble probable qu’il y ait eu confusion au sujet des cuisses. Après vérifications il semble probable que Spaghettino Spaghettini ait fait une grave confusion quant au Kangourou doux.

Ce qu’il a vu n’aurait été qu’une espèce de grenouille à longue cuisse.

Spaghettino Spaghettini a depuis été renvoyé.

L’ail et les épices n’auraient fait l’objet d’aucun débat.

Pas de Kangourou doux attesté, donc, en 1528 ( à Plitzenplotz ).

Et c’est tout ce qu’on sait.

Chapitre 25

Acocoyotl Polichtitli n’en revenait pas.

La pièce où il se trouvait était certainement un des endroits les plus secrets de Tenochtitlan. Nul, à part lui et l’Empereur, ne connaissait le moyen d’y pénétrer. Et donc d’en sortir.

Pour y accéder il fallait parcourir un labyrinthe de couloirs gardé à chaque angle droit par un garde armé jusqu’aux dents. Elle ne comportait pour seule ouverture qu’une lourde porte en bronze bardée d’un système de serrures compliquées dont il était le seul à posséder la clef. Chacun des quatre murs était fait d’une seule énorme pierre taillée dont les joints étaient scellés avec un mortier spécial à base de lave broyée provenant du volcan Popocatepelt.

Cette pièce impénétrable faisait partie d’un ensemble de bâtiments situés à l’intérieur du Palais et constituait le cœur de la mémoire, autant profane que sacrée, de l’Empire. On la surnommait : La Chambre des Codex !

Sous la surveillance acérée de Polichtitli, seuls les scribes les plus zélés et les meilleurs artistes du pays avaient le droit et l’honneur d’y pénétrer. Ils avaient pour tâche de retranscrire et de peindre sur d’immenses rouleaux en feuille d’amate ou de ficus, tel un journal au jour le jour, les faits et les gestes les plus significatifs de leur seigneur et maître : Moctézuma II, Empereur de tous les Aztèques.

La dernière touche avait été posée ou plutôt enluminée hier soir par Polichtitli et aujourd’hui Moctézuma lui-même devait venir contempler le chef-d’œuvre.

L’ultime dessin devait représenter un des évènements les plus importants du règne de l’Empereur :  l’apparition en rêve du Dieu Serpent-à-Plume le jour de son couronnement.

La finition des écailles avait été tout spécialement soignée, le soyeux des plumes également et Polichtitli avait été particulièrement fier du résultat. On pouvait presque croire que le Serpent était réel. C’était assurément une de ses plus belles réalisations, le point d’orgue de toute une carrière. De toute une vie. Mais fier, ce matin, Polichtitli ne l’était plus.

Car au centre de la page XXVIII du codex, en lieu et place du Serpent-à-Plume, il n’y avait plus qu’un grand vide.

Il fallait admettre l’évidence :

Le Quetzalcoatl s’était fait la malle…

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Vous saurez tout sur le mois du film documentaire 2018 en lisant le programme en image !

 

 

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A noter qu'à Montgaillard le 11/11, M Mirambeau interviendra à l'issue de la projection et dédicacera son livre (comme à Vic en bigorre).

 

Egalement, la séance prévue au cinéma de Bagnères de bigorre aura lieu finalement au Lycée Victor Duruy.

 

 

 

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Information de dernière minute : pour les projections en soirée à Luz, les gorges seront fermées à partir de 22h30. Egalement, la réalisatrice Catherine Catella ne sera finalement pas présente pour la projection du 08/11.

 

Retrouvez le programme téléchargeable ici et également sur le site du mois du film documentaire.

 

Bonnes séances !

 

 

cueilleurs de sens

Dans le cadre du mois du film documentaire organisé sous l'égide de la Médiathèque Départementale, l'équipe de la Bibliothèque de Montgaillard est heureuse de vous inviter à la projection de"Cueilleurs de sens",

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Au programme cette semaine :

           Jeudi 17 – 13 h 45 - à la salle de la terrasse d'Argelès-Gazost, projection organisée par la Bibliothèque municipale, en présence de Jérémy Blanco, médecin gériatre et Damien Costa,

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Non, ce film ne parle pas de viande ! Enfin un peu quand même...

El Grill de Cesar de Dario Aguirre, 2013, FIlmtank, 1h 28mn. Film diffusé en Version originale sous-titrée en français.

Darío, le réalisateur, est le fils de César, propriétaire du restaurant qui donne son nom au film. Darío habite en Allemagne. Un beau jour, il reçoit un appel de son père (qui ne lui avait jamais téléphoné d’Équateur) pour lui demander une aide financière car son restaurant, "Los pinchos de César", est en faillite.

An 2025Réalisation : Orcades; 2004

Descriptif : 12 panneaux; 60 x 80 cm.; affiche pelliculée souple nue. 

 

L'auteur nous propose une analyse de la situation démographique actuelle et quelques alternatives pour un développement durable. Les textes fournissent des données précises autour de 4 thèmes : la santé, l'alimentation, le commerce, l'environnement.

Mercredi 7 octobre, la médiathèque de Vic reprend son heure du conte mensuelle. 

La reine sous la neige - François PlaceLa reine sous la neige - François Place - Gallimard Jeunesse, 2019

Thèmes : Grande-Bretagne – enquête – deuil – surnaturel - amour

 

Résumé:

Samantha, dite « Sam », doit rejoindre son père à Amsterdam depuis l'Afrique du Sud où vit sa mère, afin de fêter l'anniversaire de son demi-frère. Pris dans une tempête de neige, son avion est détourné vers Londres. La timide jeune fille se retrouve coincée dans la capitale anglaise.  Sam veut en profiter pour rencontrer Maddie, une vieille dame avec qui elle correspond par lettres. Mais elle se fait voler son téléphone portable et est défendue par deux Londoniens, Eliot et Fergus. Au même moment, Elisabeth II décède et le pays est en proie à l’affliction. Ce jour-là également un tigre s’échappe d’un zoo…

Ce roman est un tourbillon, tant au niveau de la palette de personnages, tous très soignés, que dans l’enchaînement virevoltant des évènements. Sam et sa psychologie fragile et délicate est ce qui rassemble tout cela, ainsi que la Reine, omniprésente. Un roman envoûtant et fou, avec des flocons d’humour british, des cristaux d’anticipation et du surnaturel en poudreuse. A secouer pour mieux savourer.

 

Biographie:

François PlaceFrançois Place est né en 1957 dans le Val-d’Oise. Il fait des études de communication visuelle à l’école Estienne et travaille pendant quelques années comme illustrateur indépendant pour des studios de graphisme et de publicité.

En 1985, il est remarqué par Pierre Marchand, éditeur de Gallimard Jeunesse. Il écrit et illustre alors une série de livres documentaires et de guides sur le thème des voyages et de la découverte du monde. Il illustre également des albums et des romans, notamment ceux de Michael Morpurgo et de Timothée de Fombelle et est couronné de prestigieux prix.

Et puis il se lance avec tout autant de talent dans cet autre voyage qu’est l’écriture et publie en 2010, son premier roman jeunesse La Douane volante.

 

 

Pour en savoir plus et emprunter le document

Chapitre 16

Tchang-Lu pénétra dans la jungle. Quelle différence de température avec la montagne ! La chaleur y était suffocante et moite. La touffeur dégoulinait littéralement des arbres. Les cobras aussi. Tchang-Lu les entendait se glisser en sifflant sournoisement le long des lianes et réussissait à les éviter. Mais il y avait pire que les cobras. Et plus petit. Malgré le danger Tchang-Lu était émerveillé par la luxuriance qui l’entourait. Des fleurs multicolores et de toutes tailles plus stupéfiantes les unes que les autres, des feuilles en corolles grandes comme des maisons, des mousses exubérantes, des spirales de lianes en cascades. L’envie de peindre étant plus forte que la peur, il s’était assis sur une souche de banian et venait de sortir son encrier. Il allait y tremper son pinceau lorsqu’il sentit un léger bruissement sur son épaule, il tourna lentement la tête. « Bonjour mon Prince, un baiser, rien qu’un baiser et tous vos vœux seront exaucés… » lui murmura une toute petite grenouille phosphorescente. Pas le temps de reculer, la grenouille, qui était très venimeuse, venait de l’embrasser ! «  Ahhhh…pas de chance, dit la grenouille, je me suis trompé, ce sont mes vœux qui seront exaucés, pas les vôtres je le crains… » La grenouille se transforma aussitôt en crapaud-buffle et disparut sous les fougères. Tchang-Lu se mit à délirer. Le venin du perfide batracien avait pour effet de faire proférer à sa victime des poèmes incohérents. Ce qui pouvait devenir très grave. Le résultat fut immédiat et terrible :

«  Alexandrie…Alexandraaaa …Pango sur le Nil…Hiiiiii…Pango sur les bras…Haaaaa…. » hurlait le pauvre fou. Il allait succomber dans un accès de démence poétique lorsqu’un colibri suceur de poison se positionna devant son nez et, enfournant son bec dans sa narine droite, se mit à aspirer le venin. Tchang-Lu était sauvé, mais à quel prix. « Faudrait tout de même faire attention où vous posez vos lèvres hein, dit le colibri en continuant de battre des ailes, on ne pourra pas vous surveiller vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Heureusement qu’aucun humain ne vous a entendu, ça aurait terni votre réputation de lettré… Alexxxxandrie…Alexxxxandraaaa….N’importe quoi ! » Tchang-Lu se remit debout. « Bon alors, reprenons, fit le colibri, pour votre quête du pangolin, vous devez suivre le sentier sous les branches du palétuvier, au troisième perroquet tournez à droite, puis vous filez tout droit à travers le champ de fleurs carnivores, vous bifurquez au quatrième tulipier, ensuite deuxième guépard à gauche, vous grimpez en haut de la canopée, vous évitez les grenouilles, vous repérez la forêt d’épicéas géants, vous y plongez direction le fleuve, et là vous demandez votre route… »

« Ah bon mais à qui ? » demanda Tchang-Lu. « Bah….Mais aux tigres évidemment… »

Chapitre 17

Ils étaient là. Silencieux, invisibles sous les hautes herbes, toutes griffes dehors, poils hérissés, yeux plissés, prêts à bondir…

Tchang-Lu, qui les avait repérés depuis un moment, avait compté quatre tigres du Bengale, les plus féroces. Mais il n’était pas plus inquiet que ça, les fauves, il connaissait bien. Combien de fois avait-il fait poser le Grand Dragon de Jade dans son atelier ? Un gros chat très moustachu et qui crachait du feu, rien de plus. Quant à la Salamandre Géante des Trois Royaumes Interdits, une pichenette sur le museau et elle devenait douce comme une petite peluche.

Il venait de sortir sa théière et se servait, nonchalamment, une tasse de thé.

« Mhhhhhh….. » grogna avec une inquiétante douceur un magnifique tigre blanc qui vint s’assoir juste en face de lui. « Du thé….Mais quelle bonne idée, juste au moment du goûter, mhhhhhh…C’est un Darjeeling j’espère ?...

J’adooooore le Darjeeling…

«  Hélas non, répondit Tchang-Lu, c’est un mélange du Yunnan, le meilleur à mon goût. Vous devriez l’essayer.

« Tous les thés se valent du moment qu’ils sont bons, ajouta un second félin en se léchant les babines, l’important ce sont les biscuits qui vont avec….

«  On peut toujours remplacer les biscuits par des mollets de chinois, dit un troisième en se couchant aux pieds de Tchang-Lu.

« Les enfants, les enfants…Que diriez vous du chinois tout entier ? gronda une énorme tigresse qui s’avança en se dandinant, c’est tentant vous ne trouvez pas ?... » Les trois tigres hochèrent la tête et allaient sortir leurs gigantesques griffes quand leur mère ajouta : « Mais nous manquons de la plus extrême politesse. On ne dévore pas quelqu’un sans s’être d’abord présenté. Allez les garçons, donnez vos noms je vous prie… 

« Bon, d’accord…dit le premier, moi c’est Shere Khan. Ah ça me dit quelque chose fit Tchang-Lu. On me l’a déjà dit grommela le tigre….

« Moi c’est Sarbah Kahn, dit le second.

« Et moi c’est Yesswoui Khan dit le troisième en ouvrant grand sa gueule.

«  Eh bien enchanté, vraiment c’est un honneur, dit Tchang-Lu, moi c’est Tchang-Lu et je suis…

«  Tchang-Lu ! Vous êtes Tchang-Lu, s’exclama la tigresse, mais vous ne pouviez pas le dire plutôt !...Stop les garçons, pas de goûter pour vous aujourd’hui ! Et dire qu’on a failli vous croquer ! Il était moins une ! Alors c’est vous qui recherchez cet imbécile de pangolin ? Bien sûr qu’on va vous aider. Nous avons une dent, et même plusieurs, contre cette sale bête vous savez…

Je vais tout vous expliquer à son sujet.

Alors dites-moi, Tchang-Lu, ce thé du Yunnan, il vous en reste un peu ?... »

Chapitre 18

Laissons la tigresse donner à Tchang-Lu les informations utiles à la poursuite de son voyage et penchons-nous un instant sur les quelques maigres mais nécessaires connaissances relatives au pangolin nacré.

Qu’en savait-on exactement à cette époque ? Pas grand-chose en réalité.

Petit rappel scientifique établi en 1538 par le Professeur Herr Plitzenplotz de l’Université Royale de Plitzenplotz ( à Plitzenplotz )

1°) Le Pangolin nacré, de la sous-famille des Pangolinus pourritus, est souvent confondu avec le Pantalon nacré, vêtement qui est porté par les gouverneurs de district de premier rang lors de la fête de la bière.

2°) Il n’y a jamais eu de fête de la bière dans l’Empire du Milieu et les gouverneurs de district de premier rang portent des caleçons de soie irisée et non des pantalons nacrés ! Le fait que cette communication provienne des carnets du botaniste controversé Jojo-la-Racaille peut prêter à confusion mais libre au lecteur de se faire une opinion en toute conscience.

3°) Le botaniste Jojo-la-Racaille n’est jamais allé dans l’Empire du Milieu, en revanche on lui doit plusieurs études approfondies des fêtes de la bière.

4°) De plus, il très difficile d’enfiler un pangolin nacré par les jambes.

Voire impossible. Essayez pour voir…

5°) Le Pangolin nacré est mauvais joueur. Lorsqu’il perd au jeu de go il pique une crise, se roule par terre et c’est une véritable honte que de le voir se mettre dans des états pareils. De plus il a fort mauvaise haleine et profère beaucoup d’injures au sujet de sa belle-mère. En cela il a un point commun avec un autre animal extravagant : le pingouin lent ( bien qu’il n’ait avec lui aucun lien de parenté et en soit très éloigné, scientifiquement parlant, le fait est notable. )

6°) Le Pangolin nacré n’est vraiment pas un compagnon fréquentable.

Jojo-la-Racaille non plus. ( Néanmoins il n’a pas encore été prouvé qu’il n’y ait aucun lien de parenté entre le Pangolin nacré et certains botanistes en voie de disparition. L’ Académie des sciences de Plitzenplotz y travaille actuellement. )

7°) Le Botaniste nacré n’est pas une espèce encore très étudiée mais ça pourrait bien arriver un jour. Après les fêtes de la bière.

8°) C’est tout ce qu’on sait, à ce jour, à propos du Pangolin nacré.

 

Il faut espérer que la tigresse en savait un peu plus sur la question…

Chapitre 19

Tulurgglurkuk contemplait les étoiles, il était frigorifié. Pelotonné contre lui, Chien-qui-pète qui n’avait jamais si bien porté son nom, lâchait allègrement des gaz qui réchauffaient sensiblement l’atmosphère. Tulurgglurkuk pour une fois lui en était reconnaissant.

«  Regarde-moi cette Voie Lactée, dit Chien-qui-pète à demi endormi, dommage qu’il n’y ait pas une Constellation du Robinet au milieu. On pourrait l’ouvrir… Imagine un peu ces torrents de lait qui  nous descendraient en cascade dans le gosier…Mhhhhh…Du lait bien chaud avec des tartines fumantes qui viendraient directement de la Constellation des Tartines Fumantes… 

« Et la Constellation du Chien-qui-pète-et-qui-délire-grave-et-qui-ferait-mieux-de-se-taire, tu connais ? Allez, laisse-moi dormir. Un proverbe de chez nous dit : « Qui ronfle baffre ! Alors tais-toi et ronfle ! » Ils finirent par sombrer dans un sommeil profond, bercé pour l’un par des flots de crème épaisse et odorante et pour l’autre par des courses sans fin sur la glace.

Le dernier rêve de Tulurgglurkuk fut particulièrement agité.

Harpon levé, il était en train de pêcher au bord d’un trou, attendant qu’apparaisse le museau moustachu d’un phoque. La scène n’avait rien d’extraordinaire si ce n’était que la glace avait une curieuse texture, elle était de couleur ocre orangée et n’était ni lisse, ni froide. Au contraire elle était granuleuse, rien à voir avec la poudreuse habituelle et surtout elle était brûlante. Il constata alors qu’il était entièrement nu, avec seulement un petit bout de tissu accroché autour de la ceinture. Son harpon s’était transformé en curieux bout de bois plat, légèrement incurvé à angle droit. Sans savoir comment, il l’avait lancé avec une adresse insoupçonnée. Le bout de bois était parti dans les airs et était revenu juste dans sa main après avoir décrit un grand cercle dans le ciel. A cet instant un animal étrange avait jailli hors du trou. Il avait un petit museau de lièvre, une longue queue de rat, une grosse poche sur le ventre et surtout d’immenses pattes arrière qui, tels des ressorts, lui permettaient de faire d’immenses bonds tout autour de Tulurgglurkuk. L’animal venait de se mettre en position de combat face à lui et allait le boxer avec rage lorsque la gueule de Nannuq-le-grassouillet, qui venait lui aussi d’apparaître, l’engloutit en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « gloups ».

«  Eh bien, eh bien, il s’en passe de belles ici quand j’ai le dos tourné ! » Il se gratta la tête avec ses longues griffes noires. « On dirait qu’il y a de drôles d’interférences dans le monde des rêves ces jours-ci, faudrait que j’étudie ça de plus près. Bref, c’est jamais très bon d’avoir des visions nocturnes quand on a faim. Heureusement que j’ai pu vous dégotter dans la poche de ce…de ce…enfin de ce phoque austral, une poignée de saumons bien gras, ça vous tente ?... »

Tulurgglurkuk et Chien-qui-pète, bien que dormant profondément, s’assirent sur leurs fesses et, yeux fermés mais bouche et gueule grandes ouvertes, gobèrent sans la mâcher la pêche miraculeuse que Nannuk-le-grassouillet leur envoyait à la volée. Le dernier poisson englouti, ils rotèrent un bon coup et se recouchèrent lourdement.

« C’est ça, bon appétit messieurs et surtout ne me remerciez pas, ricana l’ours blanc, c’était avec plaisir…Ahhh l’ingratitude humaine et canine me surprendra toujours, enfin…Est-ce que je les réveille pour les prévenir que demain il vaudrait mieux être en forme ? » Il avala lui aussi un saumon bien gras qu’il s’était mis de côté. « Oh puis non, hein, c’est bien assez pour aujourd’hui… » Il recracha l’arête, se cura les crocs, regarda les deux compères dormir, sourit, si tant est qu’un ours blanc puisse sourire, bailla et disparut dans les airs.

Chapitre 20

Ils avaient repris la route.

« Il faut qu’on trouve un moyen d’aller plus vite… » pensa Tulurgglurkuk en accélérant la foulée. « Il faut qu’on trouve un moyen d’aller plus vite…mais sans se fatiguer ! » pensa Chien-qui-pète en tirant la langue.

Leurs vœux allaient être bizarrement exaucés après qu’ils aient franchi, exténués et abasourdis, un nouveau pic vertigineux. Un bruit ahurissant, mélange de grognements et de coups de marteaux avait précédé leur approche depuis un moment sans que nos deux compères comprennent la cause de tout ce brouhaha. Ils débouchèrent au beau milieu d’une troupe hétéroclite de morses, de phoques et d’otaries très affairés qui ne leur prêtèrent guère d’attention au début. Le gros de la troupe était rassemblé autour du plus énorme morse que Tulurgglurkuk ait jamais vu. Sa taille était gigantesque, ses deux canines démesurées, ses moustaches et ses sourcils s’ébrouaient en tous sens et ce mastodonte s’activait sur un morse plus petit avec des outils visiblement faits en ivoire de baleine et en os taillés.

«  La clef de douze, Gustaffson, pas la clef de treize, la clef de douze ! hurla-t-il à l’intention d’une otarie coiffée d’un bandana qui tournait, affolée, autour de lui. Nom d’un hareng de la Baltique, c’est pas compliqué tout de même, Gustaffson !... »

« Oui Patron, voilà Patron !...Euh Patron…On a des visiteurs….. » fit le dénommé Gustaffson en désignant Tulurgglurkuk et son chien.

« Quoi, qu’est-ce que c’est encore ? Gronda le gros morse en se relevant péniblement et en toisant les intrus. Je déteste être dérangé quand je serre les boulons d’une bécane !...Des autochtones en plus, nous voilà bien ! Les gars, va y avoir de la viande fraîche sur la banquise, pas question de les laisser nous tailler en filets mignons… ».

Alors que les phoques se rapprochaient dangereusement l’ambiance aurait pu rapidement dégénérer au désavantage de nos amis si le petit Gustaffson n’avait soufflé timidement : « Dites Patron, ne serait-ce pas le fameux Tulurgglurkuk, dont les Esprits de la Divine Graisse nous ont parlé l’autre nuit, celui qui recherche ce foutu pingouin boréal en fuite ?.... ».

« Si c’est bien lui, gémit Chien-qui-pue, c’est lui et son fidèle chien qui pue…».

« Ah…Bon…D’accord….J’avais pas vu, bougonna le morse, désolé j’ai pas les idées très claires quand je fais de la mécanique…Alors qu’est-ce qu’y veut le cannibale ? Y veut de l’aide peut-être ? »  Tulurgglurkuk hocha la tête. « Bon d’accord, gloussa l’autre, ça tombe bien j’étais justement en train de régler un turbo-morse à réaction, ça vous ira comme moyen de transport ? Faut juste maîtriser la bête, pas trop pousser sur les injecteurs mais une fois bien en main c’est de la bonne camelote. Ah oui j’oubliais,  le carburant, c’est du maquereau gazeux, un par jour pas plus, le gaz produit une compression dans l’estomac et c’est ça qui provoque l’explosion....Allez, montez là-dessus tous les deux, tenez-vous bien aux canines et roule ma poule ! »

Tulurgglurkuk enfourcha le turbo-phoque, Chien-qui-pue s’assit derrière lui, pas trop rassuré. Le morse jeta un hareng dans la gueule du turbo-morse.

« Merci infiniment pour votre aide », dit Tulurgglurkuk.

« Ohhhh tu peux remercier toute mon équipe, venez saluer mes gaillards …. » Les éléphants de mer et les phoques s’avancèrent en dodelinant.

« Vous connaissez déjà Gustaffson, voici Ericson, puis Olafson, puis Carkasson, et enfin Klaxson, tous de braves petits gars …

«  Et vous ? demanda Tulurgglurkuk.

Le Morse éclata de rire,  essuya ses nageoires pleines de graisse et dit :

« Ici tout le monde me connaît. Quand on a un problème de panne de phoque, une vidange d’otarie, un carburateur de narval à changer, Il n’y a qu’un seul nom, un seul…

«  Et c’est ?...

Le turbo-morse démarra en trombe.

«  C’est Davidson, mon vieux….HarleyDavidson ! »

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Samedi 9 novembre, venez assister à la projection du film "Prosper et la jeunesse pétillante à Esparros

 

 

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Cette projection fait partie de la programmation du mois du film documentaire, vous pouvez retrouver le programme départemental ici.

 

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Pour la quatrième année consécutive, la bibliotèque d'Arras-en-Lavedan, en coopération avec la Médiathèque départementale participe au Mois du film documentaire.

La projection du film "Le chemin de la liberté" de Joël Montagu aura lieu à la salle des fêtes le vendredi 17 novembre à 18h30.

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Au programme cette semaine : 

 

 

           mardi 22 – 18 h 30  - à La Médiathèque de la Communauté de Communes du Pays de Lourdes, projection suivie d'un débat avec Alain Guyard, écrivain-conteur et protagoniste du film.

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Suivons Jacques Brianti, artiste pyrénéen, dans ses pérégrinations au cours de voyages ou chez lui, sans son atelier... 

"Brianti voyage sans son atelier" de Jacky Tujague, Argane prod., 2013, 1 h 26 min

Pour peindre, Jacques Brianti voyage… au fond de son jardin et de temps en temps au bout du monde, attentif à toutes les vibrations, pour nous livrer ensuite un regard singulier sur notre univers complexe et insaisissable.

Tapis lecture Lisette Carpette

C'est une carpette ronde comme le monde. Elle est d'abord fermée, au fur et à mesure que l'on lit les histoires, elle s'ouvre, comme une fleur. Sous chaque pétale, une tête, pas contente, la tête ! On ouvre un livre, et elle sourit.

Les émotions des petits (et des grands) sont visitées. On part d'un sentiment négatif pour arriver au positif . La lecture terminée, on peut jouer avec les têtes, changer les yeux, les cheveux...

...

Les secrets de Tharanis, tome 1 : L'île sans nom - David Moitet - Didier Jeunesse, 2019 Les secrets de Tharanis, tome 1 : L'île sans nom - David Moitet - Didier Jeunesse, 2019

Thèmes : fantasy - aventure

 

Résumé:

Ambre est la fille du général Armand de Volontas. Lorsqu’il est arrêté par les gardes de l’Empereur, la jeune femme voit sa vie basculer et doit prendre la fuite. Le danger est partout, d'autant qu'une épidémie de folie meurtrière sévit dans le royaume de Tharanis. Le fidèle sire Rodrigue et son écuyer Selim la guident alors vers un lieu aussi mystérieux que menaçant : l’île Sans Nom. Ambre, au caractère déjà bien trempé, va devoir acérer son tempérament, apprivoiser ses différences et mettre au jour des secrets enfouis pour aller à la rencontre d’un destin prophétisé, pour le moins singulier.

Tous les ingrédients d’un bon récit de fantasy sont réunis. L’écriture est fluide et vive, l’alternance de la narration renforce encore le rythme de l’action. On évolue avec les personnages, on se laisse prendre par les rebondissements, avec un éclat d’aventure au coin de l’œil et on voudrait ne pas quitter cet univers qui révèle bien des surprises… et wouah, certains souhaits sont exaucés : il y a un second tome !

 

Biographie:

David MoitetDavid Moitet est né en 1977 au Mans. Professeur d’EPS, il découvre sa vocation d’écrivain en 1999, encore étudiant, à l’occasion d’un exercice de création demandé par un professeur de français. Après ce déclic, l’écriture apporte dans son quotidien un vent de liberté et de magie.

Son aventure littéraire débute par la parution de quatre romans policiers récompensés à plusieurs reprises. Très vite, il se trouve à l’étroit sur Terre et décide de publier ses premiers romans jeunesse afin  d’explorer d’autres mondes…

 

 

 

 

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Chapitre 6

 

Si c’était un coup du chaman, il fallait prendre le caribou par les cornes, se dit Tulurgglurkuk, s’armer de courage et surtout faire appel aux esprits protecteurs. Il tira profondément sur sa pipe, s’allongea sur le sol et s’endormit en moins de temps qu’il n’en faut à une baleine pour avaler mille saumons.

Les visions fulgurantes apparurent aussitôt. Une mer déchaînée venait d’envahir l’igloo, Tulurgglurkuk tenta de s’accrocher à des morceaux de banquise brisée ; il allait couler lorsqu’une grosse patte griffue l’agrippa et le tira hors des flots.

« Décidément, la brasse papillon c’est pas ton fort ! » gronda une voix caverneuse.

Tulurgglurkuk connaissait bien cette voix narquoise. C’était celle Nanuuq-le-grassoulllet, son ours blanc totem !

L’ours était assis face à lui et fixait Tulurgglurkuk droit dans les yeux. «  Et ne va pas cligner des yeux deux fois, hein, c’est pas le moment…L’heure est grave mon ami, il va falloir te mettre en chasse rapidement. Ta route va être longue, semée d’embûches, mais faut c’qui faut, retrouver le pingouin lent est ta priorité… » L’ours s’ébroua. «  T’aurais pas un petit poisson à croquer dis-donc y ‘ fait faim par ici ?.... » Tulurgglurkuk ne disait rien, à vrai dire il dormait profondément. «  Ah oui tu roupilles, c’est vrai ! Bon, quand tu te réveilleras tu partiras tout de suite vers le sud, ne t’inquiète pas, moi et les copains on t’aura saupoudré de quelques petits sortilèges qui devraient faciliter ton voyage. Quels sortilèges ? Ah mais c’est une surprise, tu les découvriras bien assez tôt… »

Sur ce Nanuuq-le-grassouillet se mit à rire grassement et disparut tout aussi grassement.

Tulurgglurkuk se réveilla lentement. Il se leva et fit rapidement un paquetage de chasse. Il savait, sans avoir à réfléchir, quels objets, vêtements et armes prendre ; ses gestes étaient précis, méthodiques.

«  Allez, on y va ! » dit-il à Kaalak…son chien

«  C’est pas trop tôt ! » répondit le chien.

Tulurgglurkuk s’arrêta net.

«  Tu as parlé ? » dit-il à son chien.

«  Tu as compris ? » répondit le chien…

 

Chapitre 7

 

Il partirait donc cette nuit.

Tchang-Lu mit sa besace sur son épaule, ajusta son chapeau de paille, prit son bâton et donna un dernier tour de clef à la lourde porte de son atelier. Il traversa le petit jardin et contempla une dernière fois ses orchidées, ses pivoines, ses chers bonzaïs ; il savait qu’il ne reviendrait pas avant longtemps et c’était pour lui un crève-cœur de ne pouvoir assister à l’éclatement floral du printemps. Il s’accroupit devant son ginkgo biloba favori.

«  Adieu vieil ami, lui murmura-t-il, puisse le grand Bouddha veiller sur toi et tes frères pendant mon absence. Que sa sagesse divine guide tes jeunes feuilles vers la lumière, et que… »

«  Tiens, voilà du Bouddha ! Voilà du Bouddha !.... » gloussa une petite voix provenant de la futaie d’arbres miniatures qui se trouvait à ses pieds.

Tchang-Lu se redressa vivement.

«  Qui a parlé ? bredouilla-t-il, qui est là ? 

«  Mais c’est l’arbre qui cache la forêt voyons ! ricana le gingko biloba

«  A moins que ce ne soit toute la forêt qui cache la forêt… » soupira un érable du Japon. 

Tchang-Lu était stupéfait. Ses petits arbres parlaient. Et il les comprenait.

Comment était-ce possible ? Avec la disparition du pangolin du tableau cela faisait beaucoup de mystères en si peu de temps.

« Mystères surtout pour vous pauvres humains qui ne comprenez rien à rien. Mais pour nous il n’y a vraiment rien d’extraordinaire, minauda une pivoine rouge carmin, de plus comme vous voyez nous pouvons lire dans vos pensées…et maintenant, trêve de simagrées, Tchang-Lu, cher maître et ami, puisque vous devez partir à la recherche de ce satané galopin nacré…. 

« Pangolin nacré, rectifia Tchang-Lu.

« Pangolin, galopin, c’est Bouddha blanc et blanc Bouddha, bougonna la pivoine, ne m’interrompez pas je vous prie. Donc, si vous voulez bien jeter un coup d’œil par terre vous constaterez qu’il y a comme des traces dans le sable de petite bestiole qui mènent, qui mènent…

«  Vers le Nord , s’écria Tchang-Lu !

«  Bravo ! Quelle perspicacité, il a trouvé ça tout seul, s’esclaffa un théier nain, quelqu’un pourrait lui dire qu’il lui faudra tout de même franchir la Grande Marmaille de Chine.

« Muraille ! Pas marmaille, ronchonna un petit érable.»

« Marmaille, muraille...C’est boudin blanc et blanc boudin...Et…Ah…Mais saperlipopette où est-il passé ? »

Tchang-Lu venait de partir vers le Nord…

 

Chapitre 8

 

Perdu continuellement dans ses pensées, Tchang-Lu marchait depuis trois semaines le long de la Grande Muraille. Rien ne l’arrêtait, ni les pluies torrentielles, ni les tempêtes de sable, ni les orages de grêle. Il ne s’octroyait que peu de temps de repos, à peine pour dormir, à peine pour se nourrir. A vrai dire il ne se préoccupait guère de manger, quelques grains de riz et une tasse de thé faisaient l’affaire. Mais il avait une autre façon de s’alimenter. Lorsqu’au détour du chemin il apercevait un rossignol posé délicatement sur une branche de cerisier, il s’arrêtait net, sortait son encrier, ses pinceaux et son rouleau de papier ; il s’asseyait et, prenant le temps nécessaire, il dessinait la scène.

Pareil quand il passait sous une somptueuse cascade ruisselante, ou encore devant un champ de jonquilles. Tchang-Lu était peintre avant tout, ses yeux et ses doigts nourrissaient autant son âme que son ventre.

Il ne parlait à personne, évitant les contacts des hommes. Sa disparition devait avoir fait grand bruit à la capitale et il préférait que sa quête du pangolin reste secrète.

Secrète ? Pas tout à fait en vérité. Car s’il n’avait aucun échange avec les humains il n’en était pas de même avec les arbres et les fleurs.

Dés le premier jour en effet un grand chêne contre lequel il s’était assis lui avait gentiment suggéré : «  Quand tu te lèveras vieux feignant il te faudra faire trois cents li à droite et deux cents chi à gauche, sinon c’est le ravin, j’dis ça j’dis rien… ».

Ensuite, à chaque hésitation sur la direction à suivre, il se trouvait toujours une fleur, une feuille , une herbe pour le remettre sur le bon chemin.

Il avait fini par s’habituer à cet accompagnement particulier.

Et puis un jour, il finit par arriver aux pieds de la mère de toutes les montagnes. L’Himalaya ! La fatigue commençait à se faire sentir. Le doute s’insinuait peu à peu. Le froid arrivait, la neige commençait à tomber à gros flocons. Etait-il vraiment sur la bonne route ? Pour l’instant aucune trace de l’animal disparu. C’est un minuscule myosotis qui lui redonna l’espoir. Petit espoir à vrai dire mais espoir tout de même qui se résuma à une phrase mystérieuse murmurée au ras du sol et que Tchang-Lu inscrivit aussitôt sur son carnet. La phrase était celle-ci :

« Lorsque tu atteindras le sommet de la montagne blanche, pour avoir des nouvelles du pangolin, il te faudra trouver l’abdominal homme qui déneige... »

L’abdominal homme qui déneige ?...

Qu’est-ce que ça pouvait bien vouloir dire ?...

 

Chapitre 9

 

Tchang-Lu était épuisé. Freiné par le blizzard, il grimpait péniblement vers le Pic de Khilikhili réputé inatteignable. Enfoncé dans la neige gelée jusqu’aux cuisses il allait abandonner lorsqu’une énorme masse de poils blancs surgit devant lui en rugissant. Pris de panique Tchang-Lu tomba à la renverse et il aurait été englouti si la chose hirsute n’avait brandi une pelle et ne l’avait extirpé de sa prison de glace. Il s’évanouit… La grotte dans laquelle il se réveilla quelques heures plus tard, couché sous un édredon, lui parut plutôt douillette pour une grotte située à 8000 mètres d’altitude. Un tapis, un fauteuil, des chandeliers et même des tableaux accrochés aux murs de glace ne le surprirent pas plus que ça. Ce qui l’étonna en revanche c’est la grosse chose poilue assise dans le fauteuil en face de lui et qui l’observait avec bienveillance.

« Bonjour cher monsieur…ou chère madame ? Enfin, chère quelque chose, bredouilla-t-il, je m’appelle Tchang-Lu et je suis à la recherche d’un pangolin qui… »

La chose l’interrompit en grinçant des dents et un sourd grondement sortit du fond de son ventre. La chose parlait avec le ventre. Elle était ventriloque ! Et phénomène encore plus extraordinaire, Tchang-Lu comprenait parfaitement ce qu’elle disait.

« Booooonjouuuurrrr Tchang-Lu, dit la chose, je t’attendais. N’aie pas peurrrrrrrr, je ne suis qu’un pauvrrrrre bougrrrrre un peu poilu, avec une pelle et qui parle du ventrrrrrre…Dans le monde d’en bas, dans l’Empirrrre d’où tu viens, ils me nomment : L’abdominal homme qui déneige ! Ou encore le Yéti ! Quels idiots ! Mon vrai nom c’est Rrrraoul ! J’ai un cousin qui n’est pas trrrrès copain avec l’Empire lui non plus et qui a fait parler de lui récemment, il s’appelle Choubakka, tu vois qui c’est ? Non ? Tant pis ! Alors comme ça tu cherrrrches ce satané Pangolin... »Tchang-Lu hocha la tête.

«  Oui…Bon…Il est bien passé par ici la semaine derrrrrnièrrrre…Mais il est rrreparti…Tu sais, un pangolin, ça va ça vient...Et puis il ne comprrrrenait rrrien à mon bidon...Alorrrrrs, moi, faut pas m’énerrrrver… »

La chose, enfin Raoul, se leva et fracassa la table d’un coup sec devant Tchang-Lu qui resta pétrifié« Ah non faut pas m’énerrrrver...mais ne trrrremble pas petit homme, toi t’es mon copain ! » Il souleva Tchang-Lu dans ses bras, le berça comme une poupée  et le reposa doucement.

«  Brrref, Il est redescendu de l’autre côté de la montagne, il te faut donc rrrreparrrtirrr, tu verrrras, là-bas il y a plein de petites bêtes sympas qui te donnnerrrront sûrrrrement un bon coup de main…ou un bon coup de pattes…

«  Ah oui, lesquelles ?

« Les tigrrrrrres !... »

 

Chapitre 10

 

La banquise craquait de tous côtés.

Tulurgglurkuk et son chien sautaient de blocs de glace en blocs de glace sans hésiter, sans frémir, sans se retourner. Leur course vers le sud les entraînait toujours plus loin vers l’inconnu mais la peur ne faisait pas partie du programme. La faim en revanche, si…

Un lièvre des neiges  leur avait bien servi de dîner un soir mais cela remontait à quelques lunes. Les lichens qui apparaissaient çà et là n’étaient juste bons qu’à être mâchouillés et n’apportaient aucun réconfort au husky qui tirait de plus en plus la langue. Un matin, Tulurgglurkuk ralentit le rythme. Il s’arrêta et d’une voix solennelle, à son chien Kaallakrkkalklaklaklakklaklakklakklak.

(qui veut dire maintenant en langue Inuit : «  Chien-qui-tire-la-langue-parce-que-le-lichen-ça-le fait-péter »), il s’adressa en ces termes :

«  Chien-qui-pète (c’était un diminutif affectueux) l’heure est grave, il faut trouver de quoi nous nourrir sinon jamais nous ne retrouverons le pingouin lent boréal qui, bien que lent, est déjà loin… »

«  C’est sûr, répondit Chien-qui-pète en baillant, mais je me demande si tu ne deviens pas un peu bigleux à force de ne plus cligner des yeux deux fois ?…Et inutile de me frapper !…Donc, si tu regardes vers l’ouest ne vois-tu pas un campement sympathique avec un feu de camp chaleureux et une troupe de rennes qui m’a l’air tout ce qu’il y a de plus accueillante ? »

« Bien sûr que je l’ai vu, répondit Tulurgglurkuk vexé, c’était pour voir si tu étais attentif. Allons-y brave Chien-qui-pète-et-qui-va-en-prendre-une-s’il-continue-à-me-casser-les-pieds ! »

Ils arrivèrent donc soulagés près du campement en question où un énorme feu répandait sur la glace une lumière féerique. Huit rennes bien gras mangeaient placidement dans des seaux remplis de grains. Un gros bonhomme aux joues aussi rouges que son habit de laine était assis à califourchon sur un étrange traîneau rempli de paquets. Il  leur tendit des assiettes remplies non pas de bonne soupe mais de bonbons et de chocolats qu’ils engloutirent malgré tout.

« How how how ! fit le gros bonhomme, eh bien dites-donc vous aviez faim mes petits amis ! On dirait que ça creuse de courir après les pingouins !...

«  Comment savez-vous ça ? demanda Tulurgglurkuk, la bouche dégoulinante de chocolat, et qui êtes-vous ?

«  Mais je le sais parce que je sais tout voyons !...Je suis le Père Noknok ! »

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Vendredi 30 novembre à 18 h, venez assister à la soirée du Mois du film documentaire proposée par la Médiathèque de l'Etoile Sportive de Batsurguère. 

 

Deux films seront projetés, en présence de la réalisatrice, à la salle des fêtes d'Omex : 

 

Anawim et Miren, 2 derniers volets  de la série documentaire "La terre et le lait".

 

 

Cette projection clôture la programmation du Mois du film documentaire qui a eu lieu sur tout le département en novembre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Retour sur "Les Eaux Blanches" à Omex avec la Bibliothèque d'Aspin en lavedan 

Dans le cadre de l'événement national "Le Mois du Film Documentaire" , la Médiathèque de Batsurguère (en partenariat avec la Médiathèque Départementale 65)

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Super ambiance au ciné goûter, un public conquis par le film "Les Optimistes", amusant et émouvant, beaucoup de rire grâce au Yoga du Rire des Happyrénées.

Ce samedi 05 novembre, la projection du film "Les Optimistes" a été un grand succès. Un grand merci à tous !

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C'est fini pour cette année, on en redemande pour l'année prochaine !

Le mois du film documentaire 2015 c'etait:

 

  • 11 projections en partenariat avec 9 bibliothèques du réseau départemental. Les projections ont eu lieu dans des bibliothèques, des salles des fêtes, des cinémas, des établissement scolaires.
  • La venue de 2 réalisateurs : Dario Aguirre réalisateur équatorien, qui a animé 5 rencontres tout public et scolaires ; Jacky Tujague, réalisateur haut-pyrénéen, qui a animé 2 débats avec le public.
  • L'intervention de 3 professionnels sur des thèmes liés aux films projetés (danse contemporaine, cyber surveillance).

BD EN FRANCE TODAYRéalisation : adpf.

Descriptif : 24 panneaux ; 66 x 96 cm ; affiche pelliculée souple.

 

Aujourd'hui, la France peut s'enorgueillir du rôle moteur qu'elle a joué dans la reconnaissance de la bande dessinée, elle a multiplié les initiatives pour devenir une des références internationales dans ce domaine. Cette exposition dresse un état des lieux des différentes tendances de la bande dessinée contemporaine : écoles, héros, genres...

...

Ce mois-ci à la bibliothèque d'Arreau, on part faire un tour à bicyclette, on vous emmène dans nos histoires ?

Le Gang des vieux schnocks - Florence ThinardLe gang des vieux schnocks - Florence Thinard - Gallimard Jeunesse (collection Scripto), 2019

Thèmes : relations intergénérationnelles - humour

 

Résumé:

Alors que Rose-Aimée marchait dans la rue, un « jeune à capuche » lui arrache son sac à main. Papi Ferraille a tout vu ! Gisèle, une ex-coiffeuse au look improbable, et Victor, le vieux contestataire qui détourne les affiches publicitaires également. Ce fait divers leur permet de faire connaissance, de partager leurs idées bien arrêtées  et d’unir leurs solitudes pour montrer à ce gamin qui devrait être en cours, et à tout le quartier tant qu’à y être, de quel bois ils se chauffent ! Et ça va sévir car à leur âge, ils n’ont plus rien à perdre !

Florence Thinard est dans l’esprit de la série BD « Les vieux fourneaux » et nous livre une comédie ravageuse, entre humour et cynisme, dénonciation et révolte. Un récit intergénérationnel tant par les personnages que dans l’écriture. Une lecture tendre, anticonformiste, grinçante, décalée, ensoleillée, à consommer sans modération.

 

Biographie:

Florence ThinardFlorence Thinard, née en 1962 à Royan, obtient avec enthousiasme des diplômes d’histoire, de sciences politiques et de relations internationales. Après quelques années passées à découvrir le monde à travers des livres, elle accompagne des groupes de vacanciers, des États-Unis à la Turquie, de l’Égypte à la Thaïlande. De retour, elle devient journaliste de presse écrite, se spécialise en presse jeunesse et dans le décryptage de sujets d’actualité.

Depuis une dizaine d’années, elle assouvit sa curiosité intense pour la marche du monde en écrivant des documentaires sur l’histoire et sur la botanique, ainsi que des romans pour la jeunesse.

 

 

 

Pour en savoir plus et emprunter le document

Le mois du film documentaire à Maubourguet

Projection du documentaire "Là où poussent les coquelicots" à la Médiathèque de Maubourguet

 

Dans le cadre du mois du film documentaire, la Médiathèque de Maubourguet vous donne rendez vous le Vendredi 30 Novembre 2018 à 14 h au CAC Jean Glavany pour la projection gratuite du documentaire "là où poussent les coquelicots".

 

La projection sera suivie d'un débat avec le réalisateur Vincent Marie.

 

L'exposition "Cicatrice(s) de Guerre" sera également présentée à la Médiathèque.

 

Pour plus de renseignements:

Médiathèque de Maubourguet 05 62 96 49 08 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 montgaillardmoisdufilm

Le film documentaire victime de son succès au village de Montgaillard !

L’équipe des bibliothécaires bénévoles de Montgaillard et l'équipe de la Médiathèque départementale avaient choisi, pour cette première participation

 Les optimistes

La Bibliothèque de Cauterets participe à la manifestation nationale le « Mois du Film Documentaire », qui met à l’honneur chaque année au mois de novembre des films documentaires originaux et éclectiques pour les faire découvrir au public.

Rendez-vous Mardi 08 novembre à 15h à la bibliothèque pour découvrir le film « Les Optimistes », de Gunhild Westhagen Magnor (Norvège).

Violette Hurlevent et le jardin sauvage - Paul MartinViolette Hurlevent et le Jardin Sauvage - Paul Martin et Jean-Baptiste Bourgois - Sarbacane, 2019

Thèmes : aventure - fantastique - conte merveilleux

 

Résumé:

Violette, son frère et sa mère ont déménagé dans l'ancienne demeure de son grand père, Stanislas. La maison est sinistre, le jardin à l’abandon et la vie semble s’être figée. Un jour où Violette fuit une dispute, elle enfourche Pavel, son chien transformé en fidèle destrier pour l’occasion. Et il se met à parler, la vie bruisse, les plantes marmonnent et le Jardin Sauvage s’éveille. Violette découvre alors la magie d’un monde parallèle, des êtres aux coutumes étranges, une fillette au masque de lapin, des pierres trolls, un temps suspendu… Mais derrière la beauté se cache l’angoisse et la menace. Violette a un rôle à jouer, un défi majeur à relever.

Il y a du Tobie Lolness, du Alice au pays des merveilles, du Max et les maximonstres et nombre de références et doubles sens dans ce récit fascinant et intensément créatif, délicieusement décalé et tout aussi délicieusement inquiétant. Un conte initiatique que l’on explore avec une âme d’enfant, dont la cohérence se construit au fil des explorations, qui parle de peurs à surmonter, de préjugés à combattre et d’équilibre à trouver.

Et des illustrations aériennes et ondulantes, à la plume, qui sont à l’origine de l’œuvre et lui donnent toute sa splendeur.

 

Biographies:

Paul MartinPaul Martin est né en 1968. Après des études de commerce et de communication, il a travaillé comme rédacteur pour le journal « Astrapi » pendant plus de vingt ans et écrit des "Livres dont vous êtes le héros".

Il vit aujourd’hui à Lille. Il continue à collaborer avec Bayard Presse, notamment comme scénariste de BD, concepteur de jeux et d’énigmes. Il a écrit de très nombreuses histoires pour J’aime Lire et publié plus de 70 albums, romans, séries (comme la très connue « Maudit manoir »), avec une prédilection pour le genre fantastique.

 

 

 

 

jean baptiste bourgoisJean-Baptiste Bourgois est né à Calais en 1987. Il a la particularité d’être auteur et dessinateur. Diplômé des Beaux-Arts de Cambrai, où il est élève de Gilles Bachelet, il démarre une brillante carrière d’illustrateur en 2013 avec "Le chien à plumes", paru chez Hélium.

Non content d’avoir créé les magnifiques illustrations de "Violette Hurlevent et le Jardin Sauvage", il est l’initiateur de ce projet que Paul Martin a ensuite écrit.

Il vit près de Lille avec son cacatoès Georgie.

 

 

 

Pour en savoir plus et emprunter le document

« Si tu ne vas pas à la lecture, la lecture viendra à toi » : pour les adolescents haut-pyrénéens, cette maxime ressemble à une évidence.

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Découvrez la sélection officielle des films pour cette nouvelle édition du mois du film documentaire...

 

Après plusieurs séances de visionnages de films, de discussions enflammées et de multiples tergiversations, l'équipe du pôle musique et cinéma ainsi que les bibliothécaires participants au Mois du film documentaire ont enfin procédé au choix cornélien

Le 11e Salon du livre pyrénéen présente un visage exceptionnel en cette année atypique. 

Les mots d'Hélio - Nancy Guilbert et Yaël HassanLes mots d’Hélio - Nancy Guilbert et Yaël Hassan - Magnard jeunesse, 2019

Thèmes : accident - handicap - secret

 

Résumé:

Suite à une chute en montagne, Hélio, 15 ans, orphelin de père, se retrouve incapable de marcher et ne réussit presque plus à communiquer. Sa capacité de réflexion demeure intacte, mais les mots butent et se mélangent. Sa mère étant elle-même en état de choc depuis l’accident, Hélio est confié après sa rééducation à une famille d’accueil, les Dainville, qu’elle avait désignée en cas de problème. Hélio reste enfermé dans sa pudeur et n’accepte pas cet environnement imposé. Stéphane et Marion, les parents, rivalisent de maladresse, Mila et Ruben, les enfants, l’accueillent chacun à leur manière, hostile ou curieuse, et pour Bianca, l’employée de maison, l’arrivée de ce garçon fait ressurgir de douloureux souvenirs.

Chaque personnage, à tour de rôle, se livre peu à peu jusqu’à libérer les vérités enfouies…

Une histoire touchante et soignée, où les âmes s’entrelacent et se révèlent tout autant que les secrets. Si les fils conducteurs sont la résilience et la famille, plusieurs thématiques sous-tendent le récit comme les Folles de mai en Argentine, la botanique, le harcèlement etc. La narration alternée offre une dimension très forte et les illustrations  sont un vrai régal.

Un roman positif, qui réchauffe et fait grandir à tout âge.

 

Biographies:

Nancy GuilbertNancy Guilbert a enseigné dix ans en maternelle et en primaire, dans des quartiers ZEP, avant de se consacrer à plein temps à l'écriture jeunesse.

Depuis 2011, elle a publié plus d’une cinquantaine de livres chez différents éditeurs : albums, BD et romans… poétiques, tendres, loufoques ou malicieux, pour parler de la vie, tout simplement.
Elle anime également des ateliers d’écriture avec les enfants (création de carnets de voyage, de cartes, de poèmes, d’histoires…) et aime aller à la rencontre des petits et grands lecteurs lors de salons du livre.

 

 

 

Yaël HassanYaël Hassan naît à Paris en 1952, passe son enfance en Belgique puis part s'installer en Israël. En 1984, elle retourne en France avec sa famille. Elle poursuit une carrière dans le tourisme jusqu'à ce qu’un grave accident de voiture la contraigne à arrêter toute activité ; elle profite alors de ces mois d’immobilisation pour réaliser un de ses rêves : l'écriture.

Un grand-père tombé du ciel, publié en 1997, est son premier roman : il obtiendra de nombreuses récompenses. Depuis, elle écrit avec ardeur des romans jeunesse qui abordent des thèmes forts et chers à son cœur comme le racisme, la Seconde Guerre Mondiale et ses conséquences, le conflit israélo-palestinien, les relations grands-parents/enfant, l’intégration…

 

 

 

Pour en savoir plus et emprunter le document

Bannie res mois du doc 2016 450x500

Faites votre choix dans le programme 2016 du Mois du film documentaire dans les Hautes-Pyrénées !

 

Cette année, la Médiathèque départementale s’associe à de nombreux partenaires pour proposer sur tout le territoire une programmation riche en projections et rencontres.

Les 19 et 20 septembre ce sont les Journées Européennes du Patrimoine.

Au nom de l'ours - Catherine Dabadie

Au nom de l'ours - Catherine Dabadie - Actes Sud Junior, 2019

Thèmes : Pyrénées - ours - écologie

 

Résumé :

Lucrèce, 13 ans, vit dans une gare désaffectée avec ses parents bohèmes et militants écolos et n'est jamais allée à l'école. Souffrant de cette marginalité, Lucrèce désire, tout autant qu’elle redoute, une « normalité ». Affublée d’un sarouel orange et d’un sac en laine de mouton, elle fait sa première rentrée au collège sous les quolibets. Heureusement, elle trouve du réconfort auprès d’un autre nouveau, Simon, Parisien déraciné et pense enfin pouvoir avancer selon ses propres choix.

Mais le projet de construction d'un tunnel vient bouleverser l'équilibre de la vallée et menacer l’habitat du dernier ours de la montagne. La guerre est ouverte entre élus, promoteurs et opposants et la discorde s’étend même au sein des familles.

Un roman qui marque un attachement profond à la montagne, qui parle avec simplicité et habileté de déchirement, de conflit de loyauté, de choix à faire et d’erreurs à commettre pour s’émanciper et s’affirmer.

 

Biographie:

Catherine DabadieCatherine Dabadie a grandi à Capbreton mais avec des attaches familiales à Oloron-Sainte-Marie.
Elle a exercé le métier de journaliste pendant une vingtaine d’années, entre l’Argentine, l’Italie et la France et a collaboré quelque temps à la série télévisée “Plus belle la vie” en qualité de scénariste.
Au nom de l’ours” est son premier roman. Et comme les premiers romans puisent souvent dans la biographie de leurs auteurs, Catherine Dabadie n’échappe pas totalement à la règle, toute inspirée de ses séjours en Vallée d’Aspe…

 

 

 

 

Pour en savoir plus et emprunter le document

mallArbresOKArbres remarquables ou arbres centenaires, arbres décoratifs ou arbres utilitaires, arbres solitaires ou vergers exubérants, arbres botaniques ou arbres symboliques... les arbres nous invitent dans un univers prodigieusement riche.
Une malle thématique pour satisfaire toutes les curiosités et pour découvrir les différentes espèces qui peuplent les forêts des hémisphères.

(actualisée en 2012)

MalleCantemOKLa malle « Cantem e parlem » réunit une variété d'ouvrages adulte et enfant qui permet de découvrir la langue occitane.

Un grand nombre de livres (album, BD, roman, théâtre) écrits en occitan, sont accompagnés de documentaires sur l'histoire de l'Occitanie et sur la langue.

A cela, se rajoutent des contes pour grands et petits, des ouvrages sur les chansons occitanes, des CD, et pour ceux qui souhaitent s'initier à cette langue, des méthodes d'apprentissage ainsi qu'une boîte de jeux offrant des activités pour une initiation.

La deuxième édition du salon du livre organisée par l'association "Au'Tour du livre" aura lieu à Vic le samedi 19 septembre de 10 h à 18 h.

Lauréats 2019-2020

PrixAdo 12eEdition

Série 1

Mentir aux étoiles - Alexandre Chardin, Ed. Castermann

Série 2

Celle qui marche la nuit - Delphine Bertholon, Ed. Albin Michel

Série 3

Ceux des limbes - Camille Brissot, Ed. Syros

 

 

Lauréats 2018-2019

PrixAdo 11eEdition

Série 1

Miss Daschwood nurse certifiée : de si charmants bambins ! - Gwenaëlle Barussaud Ed. Fleurus

Série 2

1749 Miles - Fabienne Blanchut Ed. de Plaines en Vallée

Série 3

Stabat Murder - Sylvie Allouche Ed. Syros

 

 

Lauréats 2017-2018

PrixAdo 10eEdition

Catégorie 11-13 ans

14-14 - Paul Beorn et Silène Edgar Ed. Castelmore

Catégorie 13-15 ans

Les pluies - Vincent Villeminot Ed. Fleurus

 

 

 

 

 

Lauréats 2016-2017

PrixAdo 9eEdition

Catégorie 11-13 ans

La croix du sud - Claude Carré Ed. Auzou ( Virage)

Catégorie 13-15 ans

Nous sommes ceux du refuge - Delphine Laurent Ed. Oskar jeunesse

 

 

 

 

 

Lauréats 2015-2016

PrixAdo 8eEdition

Catégorie 11-13 ans

Dix minutes à perdre - Jean-Christophe Tixier Ed. Syros Jeunesse

Catégorie 13-15 ans

Le noir est ma couleur : le pari (tome1) - Olivier Gay Ed. Rageot

 

 

 

 

 

Lauréats 2014-2015

PrixAdo 7eEdition

Catégorie 11-13 ans

L’homme à la voiture bleue - Sébastien Gendron Ed. Syros ( Rat noir)

Catégorie 13-15 ans

Le suivant sur la liste - Manon Fargetton Ed. Rageot éditeur

 

 

 

 

 

Lauréats 2013-2014

PrixAdo 6eEdition

Catégorie 11-13 ans

Le cœur en braille - Pascal Ruter Ed. Didier Jeunesse

Catégorie 13-15 ans

La prophétie de Venise - Moka Ed. Play Bac

 

 

 

 

 

Lauréats 2012-2013

PrixAdo 5eEdition

Catégorie 11-13 ans

Premier chagrin - Eva Kavian Ed. Mijade

Catégorie 13-15 ans

Instinct 1. - Vincent Villeminot Ed. Nathan

 

 

 

 

 

Lauréats 2011-2012

PrixAdo 4eEdition

Catégorie 11-13 ans

Le crime de la pierre levée - Catherine Cuenca Ed. Flammarion

Catégorie 13-15 ans

La ballade de Trash - Jeanne A. Desbats Ed. Syros

 

 

 

 

 

Lauréats 2010-2011

PrixAdo 3eEditionCatégorie 11-13 ans

Pour tout l’or du monde - Jean-Marie Defossez Ed. Bayard

 

Catégorie 13-15 ans

16 ans et des poussières - Mireille Disdero Ed. Seuil

 

 

 

 

Lauréats 2009-2010

PrixAdo 2eEditionCatégorie 11-13 ans

Noé - Claire Clément Ed. Bayard

 

Catégorie 13-15 ans

L’âge d’ange - Anne Percin Ed. Ecole des Loisirs

 

 

 

 

Lauréats 2008-2009

PrixAdo 1erEditionCatégorie 11-13 ans

La soupe de poissons rouges - Jean-Philippe Arrou Vignod Ed. Gallimard

 

Catégorie 13-15 ans

Mary Tempête - Alain Surget Ed. Flammarion

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L'opéra de Sydney,le MuCEM de Marseille, les métros parisiens,... tant d'œuvres dont nous savons si peu.

Partez à la découverte d'œuvres architecturales de grande renommée, puis découvrez son concepteur ou comment l'œuvre s'est inscrite dans son parcours professionnel.

 

Pour vous amusez et vous baladez d'œuvres en œuvres, un jeu de Memory accompagne la sélection de documents : "Saurez-vous rendre ces œuvres à leurs auteurs légitimes ?"

 

(Créée en 2015)

Séance bébés lecteurs à la salle des fêtes d'Omex, jeudi 8 octobre à 10 h 15.

Le prix ados a été comme nous, confiné. Alors que le jeudi 14 mai aurait dû se tenir la remise des prix, nous avons posé la question à des ados participants pour savoir quelle serait leur remise des prix idéale.

 

et voici l'intégralité des interviews:

 

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L’eau est au cœur du développement durable. Les ressources en eau, ainsi que la gamme de services qu’elles peuvent rendre, contribuent à la réduction de la pauvreté, à la croissance économique et à la sauvegarde de l’environnement. De la nourriture et la sécurité énergétique à la santé humaine et environnementale, l’eau contribue à l’amélioration du bien-être social et à une croissance équitable, affectant les moyens de subsistance de milliards d’individus (ONU).

 

La Journée Mondiale de l’Eau, qui a lieu le 22 mars chaque année, a pour objectif de faire prendre conscience au plus grand nombre de la nécessité de préserver cette ressource.

La Médiathèque, Harmonie Eau, le service culturel, le Cinéma, le Parc National des Pyrénées, les guides culturels, les Bains du Rocher et les thermes de Cauterets vous ont concocté un programme en lien avec la thématique sur cette deuxième quinzaine du mois de mars.

 

 

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La Médiathèque accueille l'exposition de photographies "Mémoire de l'eau", de Myriam Duquenne, photographe audoise, à découvrir jusqu'au 30 mars.

 

 

 

- Mardi 19 mars à 14h30 (Départ Office de Tourisme) : « L’eau, un riche vecteur de développement de la cité autour de la santé, la nature et les loisirs ». Visite de ville proposée par les guides culturels pyrénéens. 5€ (gratuit moins de 15 ans). Inscriptions à l’Office de Tourisme.

 

- Jeudi 21 mars à 14h (Maison du Curiste) : Conférence sur l’eau thermale proposée par Bernard Lavedan. L’eau de Cauterets n’aura bientôt plus de secret pour vous ! Gratuit.

 

- Vendredi 22 mars :

           o A 10h15 (Médiathèque) : Séance de bébés lecteurs à destination des 0-3 ans. Des canards envahissent la médiathèque de Cauterets ! Pour apprendre à toucher, regarder, entendre, écouter, chanter... avec des livres, Sabine attend les bébés-lecteurs autour de son tapis à histoires et comptines "Dans ma mare". Venez-vous installer confortablement et voyager avec votre enfant au fil des pages. Manifestation organisée dans le cadre de l’opération nationale « Premières Pages ». Gratuit.

           o De 14h à 16h (Bains du Rocher) : Ateliers « A la rencontre de l’eau ». Sessions de détente aquatique de 20 minutes, proposées par Harmonie Eau et les Bains du Rocher. Inclus dans le pass d’accès aux Bains du Rocher.

 

- Samedi 23 mars à 16h30 (Médiathèque) : Conférence vernissage de Myriam Duquenne : "Mémoire de l'eau : comment l'art rejoint la science". Echange avec la photographe autour d'un moment de convivialité. Gratuit.

 

- Mardi 26 mars à 9h (Maison du Parc National des Pyrénées) : Sortie terrain à la rencontre des amphibiens organisée par le Parc National des Pyrénées. Cette manifestation s’inscrit dans le cadre de l’opération nationale Fréquence Grenouille. Gratuit, sur inscription à l’Office de Tourisme.

 

- Mercredi 27 mars à 14h (Médiathèque) : « Les éclaboussures avec Hokusaï ». Atelier d’arts plastiques Adulte proposé par Béatrice de Barros. Gratuit, sur inscription à la Médiathèque.

 

- Samedi 30 mars :

         o A 12h (Place de la Mairie) : Jeux d’eau – Performance dansée. Par la Cie Oiseau Tonnerre. Flûte et danse contemporaine. Gratuit.

         o A 17h30 (Esplanade des Œufs) : Jeux d’eau – Performance dansée. Par la Cie Oiseau Tonnerre. Flûte et danse contemporaine. Gratuit.

         o A 20h30 (Cinéma) : Projection du film documentaire « Les chants de l’eau » de Guillaume et Perrine Broust.

La perception de l’eau change selon la culture, l’histoire, les croyances et les enjeux de chacun. Dans un voyage à la rencontre des populations locales, nous partons à la découverte de la relation à l’eau à travers le monde. La perception de l’eau, son utilisation, sa richesse ou ses souffrances, les légendes, son histoire, ses risques et ses espoirs... Ces thèmes sont abordés lors d’interviews avec les populations locales, à l’aide de traducteurs indépendants.

Tarif unique : 6€. La projection sera suivie d’une discussion.

 

 

mallecoleOKL'école d'autrefois : son histoire, les jeux de cour de récréation,  les objets d'écriture, les cartes de géographie, les images d'enfance... Il ne vous reste plus qu'à dénicher dans vos greniers vieux cahiers, photos de classe, plumes, encriers, buvards, tabliers d'écoliers, pupitres... pour faire vivre cette malle qui sent bon la cire et la craie.

Mercredi 9 septembre à partir de 17 h, dans le jardin de la Médiathèque d'Argelès-Gazost.

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Venez découvrir la 12e édition du Prix ados...

 

Série 1

Mentir aux étoiles - Alexandre Chardin  J'embrasse pas! - Richard CouailletLoukoum mayonnaise - Olivier Kama vie de monstre - Anne Pouget

 

 

 

 

 

 

 

Série 2

celle qui marche la nuit - Delphine BertholonDroneboy - Hervé Jubertdirect du coeur - Florence Medinahappa no ko : le peuple des feuilles - Karin Serres

 

 

 

 

 

 

 

 

Série 3

tous les bruits du monde - Sigrid BaffertSauvages - Nathalie Bernard ceux des limbes - Camille BrissotL'archipel, tome 1: Latitude - Bertrand Puard

Depuis le début de l'année, des élèves des collèges de Pierrefitte Nestalas et d'Arreau travaillent à distance avec Hervé Jubert autour d'ateliers d'écriture.

La liste des douze livres sélectionnés pour le 13e prix Ados "Hautes-Pyrénées, tout en auteurs"  sera prochainement dévoilée.

 

Serres, Karin. Happa No Ko : le peuple des feuilles. Le Rouergue, 2018. Épik.

Thèmes : SF – culture japonaise – écologie

Résumé :

La planète est désormais couverte par une seule ville, aux tours immenses, d’où toute nature a disparu. Tout étant robotisé, les humains n’ont plus qu’une seule activité : jouer. Tout le monde semble s'accommoder de cette vie d'amusements, de ces bracelets connectés, sans stress ni mal-être apparent.

Un matin, Madeleine, une ado vivant dans le quartier France 45-67, découvre que ses doigts sont devenus verts... Panique! Est-elle malade? Allergique? Quand Kenjirô, un lycéen du secteur japonais survient comme par magie à ses côtés avec les mêmes mains vertes, leur rencontre marque le début de troublantes découvertes.

Une couverture très évocatrice pour ce roman futuro-fantastique, inspiré par la culture japonaise, qui rejoint intelligemment les problématiques actuelles sur l'écologie et la place des robots dans notre société. Sans être militant, ce récit poétique et philosophique donne matière à réflexion et offre également de beaux portraits avec les deux adolescents et les « enfants du feuillage » en voie de disparition.

Biographie :

Née en 1967, Karin Serres est multiple : scénographe, auteur de théâtre, de pièces radiophoniques, de chansons, illustratrice, traductrice, metteuse en scène.... Elle a écrit près de 80 textes de théâtre, dont la moitié destinée au jeune public. Elle a également publié des romans et albums pour enfants, adolescents et adultes. Le roman Happa No Ko est né à sa source, au Japon où elle a été en résidence grâce à une bourse Hors les Murs de l’Institut Français.

Pour emprunter le livre

 

expodesertfddesyeuxRéalisation : Pages et images; 2002

Descriptif : 16 panneaux; 59 x 80 cm.; affiche pelliculée souple avec oeillets. 

 

Trente quatre ans de parcours en tout sens dans les plus grands déserts du monde ont convaincu Alain Sèbe de la force et de la pérennité de l'appel des sables. Il nous offre des photographies superbes.

 

 

Séance bébés lecteurs à Cauterets, chat alors ! mardi 15 septembre à 10 h 15.

 Le lancement de l'édition 2015-2016 :

 

 Le lancement de l'édition 2014-2015 :

 

 

 Les remerciements de Sébastien Gendron, lauréat de l'édition 2014-2015 :

 

 

 Le lancement de l'édition 2013-2014 :

 

 

 L'invitation à la remise des prix de l'édition 2013-2014 :

 

 

 Les remerciements de Pascal Ruter, lauréat de l'édition 2013-2014 :

 

Venez participer à "Toute la France dessine" à la Médiathèque d'Argelès-Gazost les 25 et 26 août.

Jeudi 20 août, un "atelier découverte théâtre" est proposé à la médiathèque d'Argelès-Gazost

On décolle pour un grand voyage avec les enfants à partir de 3 ans pour une heure du conte autour du monde ! ✈️

malleeauThème souvent abordé à l'école, cette malle sera appréciée pour faire découvrir le cycle de l'eau et bien plus.

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Le plaisir de lire !

 

Le prix « Hautes-Pyrénées, tout en auteurs » favorise, depuis sa création en 2008 par la MD65, la lecture plaisir chez les adolescents et contribue au partenariat ainsi qu’à la valorisation des acteurs du livre sur le plan départemental.

 

Une sélection de 10 romans est proposée chaque année aux jeunes de 11 à 15 ans. A l'issu de leurs lectures, ils peuvent  voter pour leur coup de coeur et laisser libre cours à leur créativité en joignant texte, poésie, illustration, photo, maquette et autre... 

Lire un roman c'est déjà approcher son auteur. Mais le rencontrer vraiment, l'écouter, discuter avec lui... c'est également ce que propose la MD65 qui invite les auteurs sélectionnés à venir rencontrer leurs lecteurs dans les collèges, bibliothèques et librairies du département.

 

En 2020, l’opération Premières Pages fêtera ses 3 ans d’existence dans les Hautes Pyrénées.

Couaillet, Richard. J’embrasse pas. Actes Sud, 2018.

Thèmes : amour – relation frère/sœur – escrime – humour

Résumé :

Sarah a un problème avec les bisous et frottages de joues de toutes sortes... Elle trouve même ça parfaitement “gueulasch”, comme dit son petit frère Lancelot. Seulement voilà, Harry est arrivé au collège. Harry, c'est le beau gosse américain qui a fait immédiatement craquer toutes les demoiselles, y compris Sarah, qui n’est pas sans se rendre compte qu’elle ne part pas gagnante, elle qui n’embrasse pas... Pourtant, ça ne l'empêche pas de tenter sa chance. Avec l’aide de son grand frère, elle décide d’apprendre le même sport qu'Harry, l'escrime, pour se rapprocher de lui, au moins par la pointe de l'épée...

Une rafraîchissante histoire d’amour, de sport, de dépassement de soi, de frères et sœur, de volonté, d’opiniâtreté même. Beaucoup d’humour (et des références littéraires ou cinématographiques à foison) pour une adolescente qui va se donner les moyens de ne pas être comme les autres.

Biographie :

Né dans le Nord en 1969, Richard Couaillet est professeur de français (il aimerait tant pouvoir dire : professeur de physique-chimie...) mais a toujours été passionné par l’écriture. En 2007, il publie son premier roman ado chez Actes Sud Junior : Angélique boxe, qui est un succès. Depuis il trace son chemin en écriture, en explorant autant qu’il le peut les voix, les styles et les genres.

Pour emprunter le livre

malleZenOKComme une invitation au bien-être, au soin du corps et de l’esprit, au bonheur simple et à la paresse, vous trouverez dans la sélection d’ouvrages de cette malle de quoi rester zen en toutes circonstances.

L'année 2020 c'est l'année de la BD, et cet été on vous propose de vous initier au 9ème art avec des ateliers !

Minville, Benoît. Les belles vies. Editions Sarbacane : 2016prix ado 2740 6

 

Thèmes : adolescence

 

Résumé :   

Turbulents, pas vraiment délinquants, ils font les 400 coups ensemble. Vasco est en CFA BTP, Djib en première S. Leur dernière bagarre est
pourtant celle de trop et ils finissent au poste de police... Afin de leur mettre du plomb dans le crâne, leurs parents décident d’envoyer les
deux ados au vert chez un couple qui s’occupe d’enfants de la DDASS et qui accepte de les recevoir en échange de leur aide à la réparation d’une grange. C’est dans cette campagne éloignée de tout, si différente de leur milieu urbain, qu’ils vont se confronter à une autre vision de la vie : la communauté et le partage des tâches, la confection du pain tous les matins, l’élevage des poules... La cohabitation sur place n’est pas simple. Vasco et Djib se cherchent, se testent, et se heurtent ... pour un été de tous les possibles.

Benoît Minville a une plume alerte et drôle, au service de ses héros dont les personnalités sont fouillées, vraies et dont on sait dès le début qu’ils vont nous manquer dès le livre refermé. Les belles vies c’est un roman très fort en émotions : premières amours intenses, amitiés en devenir, violence contenue, douce quiétude ... Dont on ressort adouci et ensoleillé. La vie est belle !

 

Biographie de l'auteur : 

Benoît Minville est né en 1978 à Paris et vit à Sartrouville (Yvelines). Il doit à sa mère libraire de lui avoir inoculé le doux virus : il est entré en librairie pour un été et y est toujours. En 2013, il publie son premier roman Jeunesse, Je suis sa fille aux Éditions Sarbacane. Après deux autres romans Jeunesse, la Série noire lui ouvre les portes du roman noir adultes. Son amour de la culture est sans limite et « encré » jusqu’au bout des bras.

 

Pour emprunter le livre

 

 

 

 

Le public a été ravi des balades contées du mois de juillet, alors on continue !

FEMMES DU SAHELRéalisation : Sépia ed.; 2007

Descriptif : 15 panneaux; 50 x 70 cm.; panneau perforé avec oeillets.

 

Exposition photographique présentant le travail de Marie-José Tubiana, ethnologue qui a fixé sur la pellicule des visages et des gestes de femmes.

"Mômes en livres": les moments de lecture sont de retour pour vos enfants

Ka, Olivier. Loukoum mayonnaise. Le Rouergue, 2018. Doado.

Thèmes : famille – double identité – racisme

Résumé :

Victor est le fils d’une mère belge dont il est sans nouvelles depuis longtemps et d’un père égyptien. En attendant de pouvoir emmener Victor à Alexandrie où il vient de trouver un travail, son père l’a confié à ses grands-parents maternels. Plutôt conservateurs, ces derniers mènent une petite vie tranquille avec leur chien Monsieur. Les grands-parents égyptiens viennent régulièrement rendre visite à leur petit-fils. Très rapidement les choses dégénèrent entre les grands-mères dont les cultures différentes ont bien du mal à cohabiter...

Olivier Ka s’est inspiré de sa propre histoire pour livrer ce roman extrêmement vif, raconté par un Victor balloté, manipulé et de plus en plus confus face à ce conflit qu’il peine à comprendre ! Il décortique, entre grotesque et émotion, la montée en puissance de la haine, provoquée par les différences culturelles, la jalousie et le racisme ordinaire tout en amenant une réflexion sur la prise en otage affective d’un enfant.

Biographie :

Olivier Ka est né en 1967 au Liban d’un père égyptien et d’une mère belge. Après avoir été animateur radio, photograveur, crêpier, claviste ou encore journaliste, il décide en 2000, de suivre les traces de son illustre mère, Gudule, et d'écrire lui aussi des livres pour enfants. Il se lance également dans les scénarios de bande dessinée et les romans adultes et se produit sur scène où il conte ses histoires.

Pour emprunter le livre

mallePiratesOKLes pirates fascinent les plus petits comme les plus grands. Hissez pour un temps le pavillon noir et replongez dans leur univers.

A l'abordage, moussaillons ! Pas de quartier !

Cet été, à partir du 15 juillet, faites le plein d'histoires avec la Médiathèque d'Arreau !

Pouget, Anne. Ma vie de monstre. Scrinéo, 2018.

Thèmes : différence – XVIe siècle

Résumé :

Aux origines du conte de La Belle et la Bête. Catherine (la Belle) et Pierre (la Bête) vivent à la Cour de France, sous le règne de Catherine de Médicis. L’une de leurs filles, Tognina, a hérité de son père un corps couvert de poils qui en fait, aux yeux de ses contemporains, un objet de curiosité, un monstre de foire exhibé à chaque occasion. Elle n'aspire pourtant qu'à vivre ses rêves d’amour et d’aventure, comme une jeune fille normale. Son statut lui permettant de recevoir une excellente éducation, Tognina sait réfléchir et interroger sa différence. Mais comment échapper à sa malédiction ?

Une biographie romancée de qualité, inspirée du peu que l'on sait de la vie de Tognina Gonsalvus. Le contexte historique est riche et d’une grande clarté. Nous croisons Montaigne, Ambroise Paré, Lavinia Fontana... Tognina est extrêmement attachante, d’une intelligence fine et de ce fait, en grande souffrance. Une amère mais salutaire réflexion sur la tolérance.

Biographie :

D'origine sarde, Anne Pouget a passé son enfance en Lorraine avant de faire des études en puériculture et de se mettre à l’écriture. En 1994 elle remporte le prix du roman jeunesse avec "Le Fabuleux voyage de Benjamin". Parallèlement, elle reprend des études en histoire médiévale et en histoire de l'art.

Anne vit aujourd'hui de sa plume et anime également des ateliers de recherche, d'écriture, de théâtre, et se régale à proposer des visites commentées de musées ou de monuments parisiens...

Pour emprunter le livre

L'opération Premières Pages sera reconduite dans les Hautes-Pyrénées en 2021. Et c'est dans le courant de l'automne 2020 qu'il sera décidé, avec votre participation, quel album sera offert l'année suivante.

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Venez découvrir la sélection de la 11e édition du Prix ados ...

 

Série 1

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Série 2

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 Série 3

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malle alice

"Qu'on lui coupe la tête !!!"

Découvrez ou redécouvrez "Alice" sous toutes ses formes à travers cette malle trés alléchante.

Le pangolin et le pingouin se termine après 108 chapitres d'aventures extraordinaires offerts par d'Albert Lemant.

malle RugbyOKA l'heure où le rugby se professionnalise, découvrez les petites anecdotes et les grands exploits de ce sport de "voyous", pratiqué par des gentlemen.

(actualisée en 2011)

 

Le Rendez-vous des histoires est de retour ! Et une surprise attend les petits lecteurs !

Cette année, nous avons du annuler la remise des prix, mais nous avons tenu à ce que la fête est lieu, même si nous ne pouvions pas nous réunir!

Retour sur la Remise des prix Hautes-Pyrénées tout en auteurs...

 

...

Allouche, Sylvie. Stabat Murder. Syros : 2017prix ado 2740 8

 

Thèmes : polar - musique classique

 

Résumé :   

Valentin, Matthis, Mia et Sacha sont étudiants au Conservatoire national supérieur de musique. Trois années de perfectionnisme et d'acharnement entièrement tournées vers un concours qui pourrait leur ouvrir les portes d’une carrière internationale. Ils se comprennent mieux que personne, mais ils sont aussi en compétition et n'ont rien d'adolescents « classiques ». Lorsque un jour Valentin, Matthis, Mia et Sacha sont portés disparus, la commissaire, Clara Di Lazio a l’intuition terrible que dans cette enquête, chaque minute compte...

Stabat Murder fait bien sûr référence au Stabat Mater, séquence qui a inspiré de nombreux compositeurs mais surtout aux mères des personnages, qui ont toutes un rôle clé dans ce récit. Dans ce polar/thriller, les relations interpersonnelles ont une importance centrale : celles qui lient les élèves et leur charismatique professeur, mais aussi les relations amoureuses ou amicales des quatre pianistes et celles entre parents et ados. Le récit alterne donc les points de vue, avec des phrases courtes, une écriture efficace et rythmée. L’intrigue est serrée, les indices disséminés au goutte à goutte jusqu’au dénouement...inattendu.

 

Biographie de l'auteur : 

Né en France en 1960, Sylvie Allouche a suivi des études de théâtre et a été actrice pendant dix ans.

Elle a commencé par publier de la poésie puis a rédigé 26 volumes de la collection Il était une fois l’homme, et a participé à plusieurs ouvrages documentaires consacrés à l’histoire des civilisations. Depuis une dizaine d’années, elle se partage entre la photographie (expositions, publications) et l’écriture de fiction jeunesse.

 

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malleScherlockOKUne pipe, une loupe et un indévissable chapeau sur la tête, partez au 221B Baker Street à la découverte du plus grand des détectives anglais.

Adaptations et pastiches : deux mots qui décrivent cette malle dans laquelle vous découvrirez, en compagnie du Dr Watson, les titres essentiels et  de nombreuses oeuvres inspirées par le héros de Conan Doyle.

Tchang-Lu n’en revenait pas.

La tête encore lourde et à peine réveillé, il avait sauté de son lit et, pieds nus, avait foncé dans son atelier.

Il poussa un soupir de soulagement. Quelle merveille !...

Cette toile était encore plus belle que dans son souvenir.
Souvenir qui ne remontait qu’à hier soir, mais la nuit avait été si mouvementée, si pleine de rêves étranges, que cela lui avait paru une éternité.

L’Empereur allait être ravi.

Au centre du tableau, le pangolin nacré était magnifique. Le rendu de ses écailles, d’un réalisme rarement égalé, remplissait d’une joie intense le cœur du vieux peintre. Il a l’air tellement vivant, pensa-t-il.

Tchang-Lu s’agenouilla devant sa toile et se prosterna trois fois.

Lorsqu’il se releva, le pangolin lui fit un clin d’œil.

« Cette fois c’est décidé, soupira Tchang-Lu, j’arrête l’alcool de riz… »

Tulurgglurkuk n’en revenait pas.

Lui qui n’avait jamais rêvé qu’à de glorieuses chasses à l’ours blanc, il en tremblait encore, terrifié par ce terrible cauchemar qui l’avait tiré hors de sa couche, tout couvert de sueur et grelottant de la tête aux pieds.

Pris de panique, il se leva et bouscula son fidèle husky, « Chien-qui-pisse-plus-vite-que-son-ombre-quand-son-maître-se-lève-en-le-bousculant » et se précipita vers la fourrure où il avait déposé, hier soir, la mâchoire sculptée destinée à Atanarjlokk, le Chef du clan.

Bénis étaient les Dieux de la banquise !!!

Le pingouin lent boréal, qu’il avait mis tant de temps à ciseler, était bien là, au centre de la scène gravée… Et heureusement, car Atanarjlokk lui-même fit, à cet instant, son entrée dans l’igloo. Le Chef ne s’offusqua pas de la nudité de Tulurgglurkuk, prit la mâchoire dans ses mains, hocha la tête, sourit et dit à Tulurgglurkuk :

« Pour te remercier, Tulurgglurkuk, je te donne ma fille, Tanarak, que voici, pour épouse ! »

Une jeune inuit était en effet rentrée dans l’igloo à sa suite et détaillait attentivement Tulurgglurkuk de la tête aux pieds.

«C’est curieux, gloussa-t-elle, l’air amusé, j’ai la vague impression qu’on se connaît… »

Billiwong Billidong n’en revenait pas.

La peinture de sable n’avait pas bougé…

Pas un grain de poussière, pas un trait ocre, pas un point blanc, pas un rond rouge, pas un pointillé noir, rien n’avait été déplacé, rien n’avait été effacé.

Les formes étaient telles qu’il les avait tracées hier soir. Tous les symboles étaient là, toutes les constellations disposées exactement dans l’ordre du rituel. Tous les animaux fétiches étaient à leur place.

Le Koala, son totem, qui grimpait aux branches. La tortue-luth, qui rampait dans le sable, et surtout, la figure principale de la scène, le grand kangourou doux qui sautait d’étoile en étoile…Il ne se souvenait pourtant pas de lui avoir fait les pattes postérieures aussi grandes…

Il avait donc rêvé…

Il jeta un coup d’œil au Koala. On aurait dit qu’il lui souriait.

Il saisit son didgeridoo et allait en jouer lorsque le couplet d’une chanson oubliée lui revint en mémoire. Ces paroles n’avaient aucun sens et pourtant elles lui parurent étrangement familières. Ces paroles disaient :

« Fais dodo, Koala mon p’tit frère ; fais dodo, t’auras du lolo… »

Il lâcha son didgeridoo et fit le serment de ne plus jamais dormir de sa vie.

Acocoyotl Polichtitli n’en revenait pas.

Pas de doute, la page XVIII du codex était bien telle qu’il l’avait laissée la nuit dernière ! Comment avait-il pu en douter ? Quel stupide rêve ! Maintenant, il en riait presque…

Il s’était réveillé en nage, certain de la fureur de l’Empereur Moctézuma en découvrant la catastrophe, mais de catastrophe, il n’y en avait point ! Il s’agissait seulement d’un terrifiant cauchemar dû certainement à la trop forte pression des derniers jours.

Car il était bien là, le Quetzalcoatl, resplendissant et majestueux, au centre de la double page du codex, toutes dents dehors, jetant des regards furieux et électriques sur toute la faune terrifiée qui avait été peinte avec force détails tout autour de lui.  Acocoyotl ne se rappelait d’ailleurs pas avoir dessiné autant de plumes bleues et rouges voletant autour du bec sanglant du serpent à plumes. Encore le stress sûrement…

Le cortège impérial allait arriver.

Il alla ouvrir sa cage à oiseaux afin que ses deux chers aras viennent se poser sur son épaule pour accueillir l’Empereur.

Mais il n’y avait aucun perroquet dans la cage.

Où pouvaient-ils bien être ?....

Moussa Moussa n’en revenait pas.

La nuit avait été pleine de bruits et de fureur. L’orage avait grondé depuis les chutes du Ngnoko-Ngnoko jusqu’aux hauts plateaux de Zumbalumba.

Ou le contraire. En tous cas il avait passé une très mauvaise nuit.

Il avait bien cru sa dernière heure arrivée et avait pensé que tout son travail allait être détruit dans la tourmente, mais il n’en avait rien été.

Ce matin, tous les masques, sans exception, étaient accrochés au mur, sains de bois et saufs de pigments ! Il était soulagé ! Il avait même songé que ses soudains et violents emportements auraient pu être la cause de ces étranges hallucinations.

Seul, un des masques lui posait problème.

Il s’agissait du masque représentant un gorille. Il était dix fois plus grand que la taille ordinaire et il se demandait pourquoi. Il allait poser la question au petit macaque quand il s’aperçut que celui-ci avait la tête plongée dans une calebasse et s’empiffrait d’une étrange bouillie de feuilles verdâtres.

Se sentant observé, le petit macaque avait relevé la tête et, le museau encore tout barbouillé, avait déclaré en souriant :

« Epinards ! »

Moussa Moussa jura que jamais plus il ne se mettrait en colère…

« E tornato !...»

Giuletta n’en revenait pas.

Mais lui, en revanche il était bien revenu !

Certes, le Lacryma Christi avait coulé à flots, hier soir à la trattoria, après le travail, mais était-ce suffisant pour qu’elle se soit ainsi mélangé les pinceaux ? Donc, soit elle était rentrée chez elle totalement ivre. Ce qui était plus qu’une honte ! Soit elle avait rêvé toute cette affaire. Ce qui était encore pire !

Car chez le Maître Léonardo, on ne rêve pas, on agit...

En tout cas le problème, ce matin, était résolu, puisque que derrière Mona Lisa, dans le fond à gauche de la toile, le Sphinx était toujours là…

Ce qui finalement ne convainquit personne. La bestiole fut finalement effacée d’un coup de chiffon enduit de térébenthine par la géniale main du génial Maestro.

Et le tableau finit dans un placard…

Giuletta donna sa démission et partit pour Vérone où elle rencontra un jeune modèle qui voulut bien poser pour elle.

C’était le dernier rejeton de la famille Montaigu.

Mais ça, comme vous vous en doutez, c’est une toute autre histoire….

Jubert, Hervé. Droneboy. Syros, 2019.

Thèmes : ZAD – polar – nouvelles technologies

Résumé :

Jusqu'ici, Paul ne pensait qu'à piloter son drone pour remporter des compétitions. Mais depuis deux mois, sa vie a changé. Au collège, une fille vient de débarquer, cheveux courts teints en violet, kilt écossais sur collants roses, détonante quoi ! Et puis, quand le car le dépose, il doit montrer patte blanche à un CRS pour rejoindre la maison forestière où il vit avec son père. Que se passe-t-il donc à Blagnac-sur-Vère, désormais sur le pied de guerre ? Dans cette forêt du sud-ouest, des zadistes luttent contre un projet de barrage qui doit ravager une zone protégée. Grâce à son drone, Paul ne perd rien de leur affrontement avec les forces de l’ordre. Mais ce contexte de guérilla est propice aux pires dérapages...

Un roman où les héros sont confrontés à une situation qui les dépasse, où ils ne sont pas acteurs mais pourtant aux premières loges, où leur envie de rébellion les amène à prendre des risques majeurs.

Sans prendre parti ni être moralisateur, l'auteur décrypte un sujet d’actualité complexe, éclaire les enjeux, pointe les entêtements et les utopies, en s’inspirant de faits réels s’étant déroulés à Sivens. Un polar explosif, sensible, jamais caricatural et riche de personnages aux caractères bien campés.

Biographie :

Hervé Jubert est né à Reims en 1970. Après une formation en lettres modernes puis en histoire de l'art, il débarque dans le Sud-Ouest de la France et se consacre à l'écriture de romans, plutôt marqués fantastique ou polar, destinés à la jeunesse, aux adolescents, et aux adultes qui le sont restés. Il aime Sherlock Holmes, Harry Potter, le steampunk, Doctor Who... Entre autres. Il anime également des ateliers d’écriture.

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Ainsi c’était donc ça ?...

Ce caillou rocheux bordé de récifs déchiquetés coupants comme des rasoirs, ce bout de terre hostile, résidu de volcan perdu dans l’océan ? C’était donc ça, le but ultime du voyage de Tchang-Lu ?...

L’île Maurice…

Il avait encore fallu, pour arriver jusque-là,  franchir une impressionnante barrière de corail, passer au travers de dangereux rouleaux, s’enfoncer jusqu’aux genoux dans un sable aussi gris que sinistre, patauger sur cette plage balayée par les vents, pour distinguer, enfin, entre mille autres empreintes, celles, reconnaissables entre toutes, du pangolin…

Néanmoins, « Chat siamois échaudé craint le thé froid ! » disait un vieux proverbe chinois, et Tchang-Lu, qui avait au cours de son périple subi tant de mésaventures fâcheuses, connu tant de fausses joies, avait bien du mal à se dire que cette fois était la bonne…

Une cavalcade et des aboiements furieux le tirèrent de ses réflexions et mirent définitivement fin à ses doutes.

Une femme échevelée, à l’étrange coiffure blanche et noire sortit en effet des bois bordant la plage. Elle hurlait comme une furie, gesticulait et essayait de rattraper une horde d’au moins une centaine de grands chiens blancs qui passait en trombe devant Tchang-Lu et Gulliver.

« Oh, fit Gulliver, chasse en cours ! Je me demande bien quel est le gibier ?...

Ces setters sont magnifiques ! Je n’en avais jamais vu autant en même temps !...

« Et pour cause, cria la femme, sans s’arrêter, Ce ne sont pas…pouf pouf…des setters…ce sont…pouf pouf…des dalmatiens…mais…un tricheur leur a…pouf pouf…volé leurs taches !... » Puis elle disparut à la suite des chiens.

« Je crois que j’ai une petite idée quant au gibier, fit Tchang-Lu avec un grand sourire, ami Gulliver, suivons les chiens !...

Ils allaient se mettre à courir à la suite de la meute quand une odeur nauséabonde provenant de la mer, suivie par deux aboiements distincts, arriva jusqu’à eux.

Ils se retournèrent et se trouvèrent face à face avec une indienne, deux esquimaux, un individu sautillant tout de vert vêtu, et nez à museaux avec deux chiens très poilus dont l’un visiblement avait de gros problèmes de flatulence…

Ils étaient donc arrivés…

Tous en étaient certains.

Tous, c’est-à-dire Tanarak, Tigresse Lily, l’intenable et virevoltant Peter qui, précédé par les deux chiens, était déjà parti à la recherche du pingouin, mais aussi cet anglais défroqué et ce vieux chinois qu’ils venaient de trouver sur cette plage et qui n’étaient pas là par hasard, puisqu’eux aussi, apparemment, avaient une quête à mener.

Tous, sauf lui, Tulurgglurkuk, qui ne voyait pas d’un très bon œil Tanarak sympathiser, un peu trop rapidement, avec l’anglais. Elle jetait de brefs coups d’œil de son côté et échangeait avec ce Gulliver des anecdotes et des souvenirs de voyage tout en pouffant bêtement comme des amis de longue date.  Il allait encore une fois laisser libre cours à son mauvais caractère lorsque Tchang-Lu le prit doucement par le bras et l’attira à l’écart.

« Je n’ai jamais peint de pingouin, lui dit-il, et c’est grand dommage ! Mais il est vrai que les modèles sont difficiles à trouver dans l’Empire du Milieu. Peut-être, vous qui êtes un maître en ce domaine, pourriez-vous me donner des leçons ? Nous pourrions échanger nos savoirs. Les miens, j’en suis humblement conscient, sont infiniment plus modestes que les vôtres, mais j’en serais très honoré…»

Tulurgglurkuk grommela.

Qu’est-ce qu’il croyait ce vieux fou ? Qu’il allait lui donner ses secrets de fabrication ancestrale, comme ça, juste pour ses beaux yeux plissés de vieux mandarin ? Qu’il allait se faire berner comme un débutant par ces manières aussi ridicules qu’obséquieuses ? Et puis qu’en avait-il à faire de son pangolin…

« Allons, continua Tchang-Lu, ne vous fâchez pas mon ami, je ne suis pas pressé après tout. J’ai encore toutes mes neuf prochaines vies devant moi …Profitons plutôt de ce que le présent nous apporte ! Tenez, regardez donc le ciel au-dessus de la mer ! N’est-ce pas incroyable cet arc-en-ciel gigantesque dans un ciel bleu sans nuage alors qu’il n’est pas tombé une seule goutte de pluie ? C’est bien la première fois que j’assiste à un tel phénomène ! Pas vous ?... »

Mais Tulurgglurkuk, aussi stupéfait que Tchang-Lu d’assister à cet évènement tout à fait inhabituel, n’eut pas le temps de répondre car une barque venait de déposer sur la plage une curieuse assemblée composée d’un homme en fer blanc, d’un lion peureux, d’un épouvantail miteux, d’un koala hilare, d’une tortue-luth ravie et d’un aborigène passablement exténué…

Billiwong Billidong était perplexe.

C’était donc ça, l’autre côté de l’arc-en-ciel ?...

Cette île Maurice occupée par des énergumènes bizarres et très bavards, parlant chacun des langues différentes mais qu’étrangement tous comprenaient, qui ne savaient pas plus que lui par quel mystère ils avaient fini par atterrir ici et qui cherchaient, eux aussi, des animaux dont lui, Billiwong Billiodong, n’avait jamais entendu parler ?…

Mais après tout pourquoi pas ? admit-il. Ces étrangers avaient l’air aussi perdus que lui, les gros chiens ne semblaient pas vouloir croquer ni le koala, ni la tortue, et si c’était bien sur cette île que se trouvait son kangourou, quelles que soient les couleurs du sable de ce côté-ci de l’arc-en-ciel, il était prêt à tout pour le retrouver…
L’homme en fer blanc, l’épouvantail et le lion peureux venaient de leur fausser compagnie. Ils avaient cru voir, et ils étaient bien les seuls, une route de briques jaunes qui s’en allait vers la forêt et s’étaient éclipsés en criant : « Il faut ozer, il faut ozer ! »

Eh bien, qu’ils ozent…s’était dit Billiwong Billidong.

Une étrange fatigue commençait néanmoins à l’envahir. Une langueur insidieuse et sourde, quelque chose qu’il n’avait jamais ressenti jusque-là qui s’insinuait peu à peu dans tout son corps et qui l’inquiétait. Et puis la voix lancinante, gutturale et cliquetante de ce Tulurggluk… finissait presque par l’endormir…

Un fracassant grincement de ferraille le tira de sa torpeur.

Suivi d’un retentissant : « Caramba ! »

Suivi d’un non moins retentissant :  « Malédiction et putréfaction !! »

Suivi d’un encore plus retentissant : « Pezte, enfer et damnazion !!! »

Acocoyotl avait des doutes…

Il venait de débarquer.

Les deux Hidalgos l’avaient suivi en hurlant puis dépassé en brandissant leurs rapières pour finalement s’affaler dans un trou d’eau où ils pataugeaient maintenant en tentant de s’extirper l’un de l’autre après s’être effondrés lamentablement dans un amoncellement de bouts d’armures, de lances et d’épées.

« Ayuda ! A l’aide ! s’écria Don Quijote, quel cruel déshonneur pour un Conquistador de finir ensablé…

« Au Zecours ! s’égosilla Don Diego, Ze m’enfonze…Ze m’azphyxie…Ze plonze…Ze dizparais…amis fidèles, vous z’inzcrirez sur zette plaze :

« Ci-zît Zozo le zusticier mazqué, ezcrimeur lézendaire, touzours droit sur ses zambes mais qui, vaincu izi par les zables émouvants, rendit les z’armes, happé par la vaze, à tout zamais... »

« Mais non, mes seigneurs, soupira Sang-Chaud qui arrivait à leur suite, vous n’allez pas périr, enfin pas encore… »

Billiwong Billidong, Tulurgglurkuk, Gulliver et Tchang-Lu venaient en effet de se précipiter pour relever les chevaliers et les tirer hors de l’eau.

« Voyez tous ces braves gens qui viennent à votre embourbée rescousse !...N’est-ce pas merveilleux ? Ils ne vous connaissent ni des lèvres ni des dents de ma mule et cependant, sans réfléchir au bien-fondé de leur démarche, ils vont vous sortir d’un faux et mauvais pas…Assurément, il n’y a de la chance que pour la chevaleresque canaille et vous allez encore pouvoir exercer vos talents querelleurs pendant de nombreuses et fort exténuantes années… »

Les chevaliers furent donc, laborieusement, relevés de la vase et, encore tout dégoulinants d’eau, s’apprêtaient, faisant contre mauvaise fortune passable cœur, à remercier leurs « sauveurs » puis à décliner identités, blasons, états de service, etc… lorsqu’une boîte de conserve, heureusement vide, atterrit sur le heaume du casque de Don Quijote et rebondit sur la tête de Don Diego.

« Touché ! Coup double et bull’s eye ! rigola une voix rocailleuse, j’ai encore l’œil, parole de mat’lot ! Qui dit mieux ?... »

Moussa Moussa se demanda si cet épineux lancer de boîte d’épinards était bien judicieux

King-Kong, le mat’lot Popeye et lui, venaient en effet d’échouer le « Spinach of the Sea » un peu plus loin dans la baie, et s’approchaient du groupe qui, bizarrement, s’était mis à bailler avec un ensemble quasi parfait.

Les chevaliers, ayant repris, malgré une certaine lassitude,  du poil de la bête, avaient déjà dégainé leurs épées et la situation aurait pu devenir incontrôlable si la taille du gorille qui s’avançait vers eux en poussant de terribles grognements ne les avait pas, une fois n’était pas coutume andalouse, fait réfléchir à deux ou même à trois fois.

D’autant plus qu’à ce moment précis, le gorille, surpris lui-même par un grondement encore plus grondeusement impressionnant et qui visiblement ne sortait pas de son larynx, avait stoppé net l’élan de ses deux poing rageurs qui ne s’écrasèrent donc pas sur les faces consternées, mais soulagées, des deux chevaliers ibères.

Lesquels, avec le reste de la bande, levèrent la tête pour constater que ce son monumental provenait en effet d’un larynx autrement plus grand que celui du gorille puisqu’il s’agissait de l’immense gosier du Monstre du Ness.

Giuletta, du haut du cou de Nessie, contempla la plage.

« Quand on cherche, on trouve… »

Cette devise, que Maître Léonardo lui répétait sans arrêt, lui revint tout à coup en mémoire. Assurément, pensa-t-elle, mais on trouve quoi ? Une île déserte ? Une réponse à ses questions ? Un sphinx en vadrouille ?...

Elle regarda tous ses gens, en bas, plus ébahis que terrifiés.

Des amis ?...

« Buenasera a tutti ! fit elle, en descendant lentement du cou de Nessie.

« Hello my friends ! fit le chat, en esquissant un sourire fatigué.

« J’espère que nous ne sommes pas trop en retard, fit le lapin en regardant sa tocante, l’heure va bientôt passer…

« Oh…une tortue ! Est-ce que quelqu’un pourrait me dessiner une…fit le blondinet, juste avant que quelqu’un ne lui ferme la bouche.

Et, comme d’habitude, Roméo ne dit rien…

Ils étaient maintenant au complet.

Ils avaient tous très sommeil.

Ils entendirent une musique, vaguement, dans le lointain.

Ils entendirent une voix susurrer très doucement :

Il va bientôt falloir faire dodo

Alors, comme des somnambules, ils suivirent le lapin, dans la forêt…

Bertholon, Delphine. Celle qui marche la nuit. Albin Michel, 2019. Wizz.

Thèmes : surnaturel – enquête

Résumé :

Malo, 15 ans, est parisien, fan de jeux-vidéo et de skate. Alors quitter cette vie « normale » pour La Maison des Pins au sud de la France, bonjour l’angoisse ! Alors que son père et sa belle-mère pensent avoir déniché « La petite maison dans la prairie en encore mieux parce qu'on va en refaire la déco », il va vite se rendre compte que des choses ne tournent pas rond dans cette vieille demeure, à commencer par sa petite sœur, Jeanne, qui hurle dans la nuit et parle aux murs...

Du suspense, du surnaturel, une atmosphère inquiétante, mais pas à hurler de terreur tout de même ! Une efficacité du récit qui séduit et accroche sans faiblir, loin des facilités du genre. Malo est immédiatement attachant, oscillant entre candeur et maturité, retenue et action. Et c’est tout autant sa psychologie sensible qu’une aventure fantastico-policière que nous suivons en frissonnant.

Biographie :

Delphine Bertholon naît à Lyon et écrit depuis l'âge de six ans, âge auquel elle remporte un concours de poésie. Trop fière ! Après des études de lettres, elle renonce au professorat pour se consacrer à l'écriture. Après des années « kamikaze » (acharnement et précarité) elle parvient à publier ses premiers romans adultes dans une grande maison d’édition avec un succès jamais démenti depuis. Elle écrit également des scénarios pour la télévision, comme Yes We Can et, depuis peu, des romans pour la jeunesse.

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malle sciencesPhysique, biologie, mathématiques,... réveillez le scientifique qui sommeille en vous !

« Personne n’est parfait !...» fit le chat en haussant les épaules. 

Une queue dépassait de ses babines. A contre-cœur il recracha le pauvre Roméo qui partit se réfugier, tout dégoulinant de bave féline, dans les bras de Giuletta.

Une baffe arriva sur la tête du chat, qui s’en moqua car il n’était déjà plus qu’un sourire …

« C’est qu’il l’aurait croqué l’animal, dit le lapin offusqué, moi qui croyais qu’entre gens de même condition, de même classe, on ne se mangeait pas !

« De même classe, c’est beaucoup dire ! rétorqua le chat en baillant, et puis on ne se mange pas, sauf en cas d’absolue nécessité ! Or l’ennui est justement pour le matou que je suis un cas d’absolue nécessité. Trouvez-moi une occupation et je jure….enfin je promets…enfin je peux toujours essayer de promettre…de me retenir de croquer la souris…

« Suffit vous autres, s’énerva Giuletta, nous sommes presque arrivés et ce n’est pas le moment de…

« Presque arrivés en effet, l’interrompit Nessie, le Monstre du Loch Ness, mais pas tout à fait…mes amis, il semble que nous ayons de la visite… »

Sortant son cou hors de l’eau, il venait avec effroi de s’apercevoir qu’une inquiétante masse oblongue, surmontée d’un long cou en tous points semblable au sien, arrivait droit devant eux.

« Nessie, je ne savais pas que tu avais un frère jumeau, fit Giuletta.

« Moi non plus, souffla Nessie en tremblant, à moins que ce ne soit une sœur jumelle…

Sœur ou frère, cette bête monstrueuse, silencieuse et fumante, venait de  s’arrêter à deux griffes du museau de Nessie. Elle avait, en effet tout comme lui, une peau luisante comme l’acier, une longue épine dorsale surmontée de crêtes acérées et un cou mince et haut qui tournait en tous sens. Maintenant immobile, la bête fixait les voyageurs pétrifiés de ses deux gros yeux globuleux et vitreux qui, étrangement n’étaient pas situés au sommet de son cou, mais sur le dessus de son corps…

« Par Saint-Bugs-Bunny, s’écria avec horreur le lapin, le monstre perd son œil !...

Sous les regards effarés de Giuletta et de ses amis, un des yeux du monstre venait en effet de s’ouvrir en deux. Une violente musique d’orgue explosa alors dans les airs ; elle provenait visiblement de l’intérieur du corps de la bête.

Puis, émergeant lentement de l’œil ouvert, un individu barbu, en costume d’officier de marine, apparut sur le dos de la bête en grimpant lestement par ce qui semblait bien être un escalier, et salua cérémonieusement l’assemblée.

« Il est plus aisé de sortir par un hublot que par un œil, dit l’individu avec une légère ironie, parce que, vous l’avez deviné bien sûr, je ne sors pas d’un monstre de chair, mais bien d’un navire en acier…

« Mais évidemment, fit, vexé, le lapin. Personne ne le niera…

« Personne en effet, c’est pourquoi je ne le nie pas, répondit en souriant l’officier. Comme je ne nie pas avoir échappé à un autre monstre, sur une île, là-bas, au loin…un monstre bien réel celui-là et que vous devriez éviter. Il s’agit d’un ogre gigantesque ne possédant qu’un œil unique en guise de hublot, et auquel j’ai échappé en me cachant sous un mouton et en lui faisant croire que je n’étais personne…

« Ah…fit le blondinet s’intéressant soudain à la conversation, voilà enfin quelqu’un qui va pouvoir me dessiner un mouton...

« Personne ne te dessinera un mouton ! dit le capitaine de l’étrange bâtiment.

« Ne faites pas attention à lui, il a des obsessions, ajouta le chat.

« Un ogre avec un œil unique ! C’est n’importe quoi ! s’exclama le lapin, qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre de nos jours ! On croise vraiment n’importe qui par ici !...

« Pas n’importe qui, s’énerva l’officier, Personne !...

« Mais oui, c’est ça, Personne, renchérit le chat, bientôt il va nous dire qu’il est l’homme invisible !...

« Mais puisque je vous jure que je suis Personne !...

« Ben voyons…ricana le lapin, et je suppose que, puisque vous n’êtes personne, vous allez aussi nous dire que vous n’allez nulle part !...

« Mais pas du tout ! Je vais effectivement quelque part, rétorqua le capitaine, et c’est curieux que vous me disiez cela car j’ai croisé hier un autre navire transportant de curieux navigateurs accompagnés de deux chiens dont un ne sentait pas très bon et qui venait justement de nulle part…de l’île de Neverland précisément…Ils disaient vouloir aller sur l’île Maurice…

« L’île Maurice !...C’est là que nous allons aussi ! s’écrièrent-ils tous.

« Et bien alors vous êtes presque arrivés ! C’est droit devant vous ! Evitez juste le cyclope…Personne vous aura prévenus !

La capitaine taciturne salua à nouveau, fit demi-tour et s’apprêtait à redescendre dans son vaisseau lorsque Giuletta lui demanda encore :

« Pourquoi ne viendriez-vous pas avec nous ?

L’officier sourit tristement.

« Je vous remercie de votre offre, mais ce genre d’aventure n’est plus de mon âge…j’aurais été beaucoup plus jeune, pourquoi pas…non, continua-t-il avec nostalgie, je crois que je vais simplement retourner à Slumberland... »

Et il disparut dans le ventre du Nautilus…

« Personne n’est parfait… » fit le chat en haussant les épaules.

Pavlenko, Marie. Je suis ton soleil. Flammarion jeunesse : 2017Prix ado 2740 5

 

Thèmes : adolescence

 

Résumé :   

Déborah pourrait être une ado comme les autres mais ce serait sans compter sur le « théorème de la scoumoune ». Elle entame donc son année de terminale avec des notes en chute libre, sa meilleure amie qui l’abandonne et sans une paire de chaussures, rapport à son labrador nauséabond qui s'acharne à les dévorer. Mais ce n'est pas le pire. Car sa mère se met à découper frénétiquement des magazines tandis que son père est au bras d’une inconnue. Heureusement, Déborah se lie avec Jamal et le beau Victor qui parviendront peut-être à illuminer les nuages...

Un récit de vie adolescente coloré d’humour et d’une belle intensité émotionnelle. Le thème est rebattu mais ici il est authentique, désopilant, intuitif. Déborah n’est pas la plus jolie, pas la plus intelligente, sacrément maladroite et elle grandit entre peine, drame et sentiment. Une jeune fille normale quoi ! Mais tellement attachante, oscillant entre ironie blasée et généreuse vitalité, pleine de verve et d’optimisme.

 

Biographie de l'auteur : 

Marie Pavlenko est née le 30 septembre 1974 à Lille. Elle obtient son D.E.A. de lettres modernes à Paris III avant de passer par l'Ecole Supérieure de Journalisme de Lille. Installée à Paris après avoir vécu un an en Jordanie, elle est journaliste pendant 15 ans, puis se lance dans la fiction (scénarios télé, cinéma, BD).

En 2011, les éditions Scrineo publient le "Livre de Saskia", une trilogie fantasy, son genre de prédilection, à destination des adolescents. Depuis, Marie Pavlenko se consacre entièrement à l'écriture de romans jeunesse.

 

Pour emprunter le livre

 

 

 

 

planetepaillonokRéalisation : Association Pyrénées Entomologie ; 2004

Descriptif : 7 panneaux ; 100 x 150 cm ; 15 panneaux 60 x 90 cm, 13 panneaux 40 x 60 cm ; affiche plastifiée nue.

 

Exposition photographique présentant diverses espèces de papillons, qui au-delà de faire rêver suscite l'amour de la nature.

« Qu’est-ce tu vois d’là-haut, Moussaillon Moussaillon ? hurla depuis le pont du Spinach of the sea, le marin aux gros biceps.

A part le vol, inhabituel dans ces parages, d’une colombe blanche portant une brindille dans son bec et qui venait de lui passer au ras de la tête à toute allure, Moussa Moussa, du haut du hunier, n’avait rien vu de particulier à signaler depuis un bon moment. La pluie, qui était tombée en trombes discontinues pendant au moins une quarantaine de jours, venait enfin de s’arrêter; le ciel était toujours d’une sinistre couleur de plomb. Cette quête arriverait bientôt à son terme, il le pressentait, mais les évènements s’étaient emballés de telle manière qu’il lui semblait ne plus rien maîtriser. Et que dire de ses nouveaux compagnons ? Il jeta un coup d’œil en bas et vit le marin qui, à cheval sur les épaules du gigantesque gorille, l’épouillait tendrement en chantonnant.

Il sourit en pensant qu’il aurait désormais bien du mal à faire remonter cet impressionnant King-Kong dans son nid de cheveux, sous son turban…

Il en était là de ses réflexions lorsque quelque chose apparut sur la ligne d’horizon.

 « Terre en vue ! Cria-t-il.

Mais ce n’était pas une terre.

Ce qu’il avait pris d’abord pour un récif, puis un petit îlot, puis un plus gros îlot, s’avéra être en réalité un navire qui avançait à petite vitesse et qui, non sans avoir soulevé de gigantesques vagues dans son sillage, arriva bientôt à portée de voix du Spinach of the sea.

L’étrave de ce navire aux dimensions colossales, et qui devait bien mesurer trois cent coudées de long sur cinquante de large, semblait avoir été entièrement conçue avec des troncs de roseau maintenus ensemble par un enduit de bitume très résistant. Le pont, surmonté d’une immense grange, ne possédait ni mâts, ni voiles.

Bien que les deux bateaux ne soient pas bord à bord, une effroyable odeur de fumier parvint jusqu’aux narines de Moussa Moussa et de ses amis.

Une cacophonie de cris d’animaux s’éleva du vaisseau…

Un grand vieillard, l’air anxieux, apparut au bastingage. Il mit ses mains en porte-voix et s’écria :

« Par le plus grand des hasards, vous n’auriez pas un vétérinaire à bord ?... »

« Ah non Capt’ain, grogna le marin en sautant du dos du gorille, pas d’vétérinaire, mais j’ai des épinards si ça vous tente !

« Sans façon, répondit le vieillard, mais merci quand même… »

Il fit un grande signe de la  main et le bateau commençait à s’éloigner lorsque Moussa Moussa, qui avait senti du haut de sa dunette toutes sortes d’effluves de ménagerie provenant de l’autre navire, glissa à tout vitesse jusqu’en bas du mât et s’écria :

« Et vous, par le plus grand des hasards, vous n’auriez pas, parmi vos passagers, une bande de masques d’animaux, en bois, un peu magiques, et en vadrouille?...»

Le vieillard se retourna, les deux bateaux s’écartaient lentement l’un de l’autre, Il éleva la voix pour être entendu.

« Des masques dites-vous ?...Sachez jeune homme qu’à bord de mon vaisseau seuls les couples d’animaux sont autorisés ! Les couples d’animaux naturels, réels, en chair et en os je veux dire…en crocs et en plumes, en palmes et en poils, en cornes et en trompes, en écailles, en duvets, en crin, en… »

La voix du vieillard s’amenuisait de plus en plus.

« Alors en bois !...vous pensez bien que non ! De plus, aucun passager clandestin n’est accepté à bord…les passagers magiques encore moins que les autres, donc n’y pensez même pas…mais je vais être franc avec vous…vos bestioles, elles ont bien essayé de s’infiltrer lors d’une escale…peine perdue pour elles, on les a vite démasquées…et débarquées...

« Et c’était où ?...

« Qu’est-ce que vous dites ? Parlez plus fort, j’ai un rameau d’olivier dans l’oreille !...

« C’était où ?

« …Sur une île, droit devant vous !...vous ne pouvez pas vous tromper…si les eaux ne l’ont pas submergée…

dans deux heures, sablier en main,  vous y êtes…sur  l’île Maurice… »

malleTDFOKUne sélection de documentaires, d'autobiographies, de biographies, de recueils photographiques, de textes de grandes plumes et d’historiens du cyclisme (Blondin, Brouchon, Ollivier, Augendre, Laborde...)  présente toutes les mythiques ascensions et lieux du Tour de France, et magnifie les efforts et exploits des forçats de la route.

20°10’ Sud ; 57°30’ Est…

A bord de la Perla Negra, tous les regards étaient fixés sur cet hypothétique point à l’horizon…

L’île de Mau…

Les voyageurs venaient d’essuyer une mémorable tempête mais fort heureusement le soleil brillait maintenant au zénith ; la prochaine terre qu’ils verraient, pensaient-ils tous, serait la bonne.

Le bout du voyage n’était maintenant plus très loin.

Les voiles frémissaient sous le vent. Les perroquets et le colibri frémissaient à l’idée de rencontrer enfin le Quetzalcoatl. Les Hidalgos frémissaient à l’idée des coffres remplis d’or.

Mais ils n’en avaient pas encore fini avec les rencontres imprévues…

« Terre ! s’écria soudain Sang-Chaud, du haut du hunier.

Tout à l’euphorie d’accoster enfin, personne ne crut bon de regarder, ni le

compas, ni la carte ; ils débarquèrent donc sur cette terre, certains d’être

arrivés sur l’île de Mau…

Don Quijote fut le premier à poser le pied sur la plage.  Il planta sa lance sur le sol, huma l’air en connaisseur et dit :

« Ca sent l’or ! Foi d’Hidalgo !

Don Diego de la Vega sauta à sa suite et zébra le sable d’un grand Z.

« Za sent la gloire ! Au nom de za très grazieuse Mazesté, Zeanne la folle, Reine d’Aragon et Caztille, ze prends pozession de cette île ! Foi de Zozo !

Sang-Chaud traînait des pieds et, comme à son accoutumée, maugréait.

« Moi, ce que je sens, ce sont les ennuis…beaucoup d’ennuis… »

Acocoyotl débarqua lui aussi, mais, prudent, ne dit rien du tout.

Les oiseaux, encore plus prudents, étaient restés à bord  pour surveiller le navire, en cas d’attaque de goélands…

Bien leur en prit car nul n’avait remarqué un personnage à l’accoutrement pour le moins « primitif » qui observait depuis un moment, l’air goguenard, la bruyante arrivée de la petite bande de conquistadors.

Grand de taille, le cheveu roux et la barbe longue, vêtu simplement d’une veste rapiécée en poils de chèvre, coiffé d’un curieux bonnet conique également en poils, il brandissait au-dessus de sa tête un parasol fait de feuilles de palmiers pour se protéger du soleil.

Il s’avança avec nonchalance vers les quatre arrivants qui, l’apercevant soudain, firent tous un bond en en arrière, provoquant ainsi, par un effet de dominos, leur chute dans le sable…

L’individu partit d’un grand éclat de rire et déclara :

« Ici, personne ne prend possession de quoi que ce soit, sachez-le ! Ici, rien n’appartient à personne, car ici, regardez autour de vous…il n’y a rien à posséder…

« Rien ? firent les autres en se relevant difficilement.

« Rien ! répondit l’autre, mais ceci dit, je suis bien aise d’avoir de la visite...

« Alors pas d’or ? insista Don Quijote.

« Pas d’or, confirma l’étranger.

« Et pas de trézor ? continua Don Diego.

« Pas de trésor, certifia l’autre.

« Pas de Quetzalcoatl non plus je suppose… tenta Acocoyotl.

« …Le Quetzalcoatl !...Vous voulez parler du grand serpent à plumes ?!...Ah mais si, dit l’homme, lui, il est bien passé par ici !...Il m’a d’ailleurs laissé quelques plumes pour mettre sur mon parasol…très sympathique bestiole vraiment…rien à redire…mais il n’a fait qu’une courte halte, pour reposer ses ailes disait-il, puis il est reparti…oh pas très loin, il n’a fait qu’un saut de puce jusqu’à cette autre île, là-bas, où apparemment il était fort attendu… »

Il fit un geste vague de la main.

« Oui, vous savez bien, là-bas quoi, à gauche de l’île Marcel…comment s’appelle cette île déjà ? Ah oui, ça me revient…L’île Maurice !... »

Devant l’air éberlué des voyageurs qui ouvraient de grands yeux, s’étaient déjà mis debout et s’apprêtaient à repartir, l’homme replia son parasol, le planta dans le sable et étudia l’ombre qu’il projetait sur le sol.

« Moui moui…murmura-t-il, c’est bien ce que je pensais…

« Vous pensiez quoi ? demanda Acocoyotl qui trouvait décidément bien étranges les propos de cet individu. Mais au fait, qui êtes-vous ?

L’étranger sourit mélancoliquement ;

« Il fut un temps où l’on m’appelait Robinson…Mais c’était dans une autre vie…Donc je disais que, d’après mes calculs, bizarrement nous nous trouvons en plein milieu d’une semaine où rien ne devait se passer…une semaine des quatre jeudis en somme ! Et ça tombe bien puisque vous êtes quatre ! Je vais donc vous appeler Jeudi ! Jeudi numéro un, Jeudi numéro deux, Jeudi numéro trois et Jeudi numéro quatre !...Ca vous dit ?

« Si ça vous dit, ça me dit aussi, dit Sang-Chaud en signe d’apaisement.

« Moi ça ne me dit rien du tout, s’exclama Don Quijote en remontant dans la barque.

« Moi encore moins, fit Acocoyotl, sans façon, mais merci pour l’information.

« Et moi ! Et moi...s’écria l’irascible Don Diego, ze bouillonne de raze ! Ze dis et ze redis que personne ne m’appellera zamais Zeudi ! Zinon ze le bouzille, ze l’exzécute, ze l’eztrapade, ze l’égorze, ze l’égozille…

Zozo à la rigueur, mais pas Zeudi… »

Face à une telle fureur, Robinson crut Zozo ….

Leroy, Jérôme. Macha ou l'évasion. Syros : 2016prix ado 2740 7

 

Thèmes : utopie - société idéale - fin d’un monde

 

Résumé :   

Le monde de la Douceur vient d’entrer dans sa quatrième génération. Dans la Douceur, il n’y a plus de téléphones portables, plus de pollution, la course au profit a disparu. Macha-des-Oyats, qui a 107 ans, est née au tout début du 21e siècle. Elle est l’une des dernières personnes à avoir connu le monde de la Fin. Alors, quand les jeunes cueilleurs d'histoire, les nouveaux historiens de la Douceur, la sollicitent afin de recueillir son précieux témoignage, elle accepte de raconter : sa jeunesse, cette époque ultraviolente, sa fuite vers un idéal, la transition...

Ce roman renouvelle le genre en proposant pour changer une utopie : une société harmonieuse, détachée du matériel, fondée sur le respect de soi, des autres, de la nature. Pétillante, entre humour et émotion, Macha nous livre un récit glaçant et intense, qui cueille le lecteur pour
l’amener à réfléchir aux dysfonctionnements de l'ancien monde, notre monde donc. En lisant, on fait des pauses, on aspire à cette Douceur, on a envie d’agir. Une fiction salutaire et porteuse d’espérance !

 

Biographie de l'auteur : 

Jérôme Leroy, né à Rouen le 29 août 1964 a été professeur de français en zone d’éducation prioritaire dans un collège du Nord, avant de se consacrer à l’écriture. Il est l'auteur de romans, de romans noirs, de nouvelles et de poèmes, tant en littérature adulte que jeunesse. Son thème de prédilection est le monde futur,
gangrené par le consumérisme et la technologie. La société y apparaît comme envahie par la technique, qui détruit la poésie du monde et de l'homme. 

 

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« Jane ?...C’est vous, Jane ?....C’est bizarre très chère, je ne me souvenais pas que votre cou était si long et si…rugueux !... »

« Non, fit Lulu la tortue luth, en tentant de se dégager du bras musculeux et rose qui venait de la saisir alors que, pour fuir la horde de ces balourds de monstres en passant de branches de palmiers en branches de palétuviers avec ses amis, elle venait de s’accrocher à ce qu’elle croyait être une liane.

« Non, ce n’est pas Jane, fit elle, c’est Lulu…et puisque vous n’êtes visiblement pas une liane, est-ce que vous voulez bien me lâcher je vous prie ?

« Par Saint-Georges, fit l’homme aux longs cheveux blonds à qui appartenait le bras qui venait de laisser tomber sans ménagement la pauvre Lulu. Que vous est-il arrivé ma pauvre Jane ? Quel étrange accoutrement que le vôtre ! La mode à Greystoke Castle a-t-elle changé à ce point depuis mon départ pour que vous portiez une telle carapace à la place d’une robe de soirée ?... »

Billiwong Billidong, le koala sur l’épaule, venait, lui aussi, de se poser au sol.

Le grand blond, qui ne portait qu’un petit pagne autour de la ceinture, les dévisagea, l’air hagard, puis poussa un grognement. Il décrocha une banane d’un régime suspendu à sa ceinture et l’engloutit d’un coup sans l’éplucher.

Il se pencha ensuite vers Lulu et lui tendit une autre banane.

« Il faut reprendre des forces mon amie. Faire du cross-country en cette saison, ça creuse et je vous trouve une petite mine. Une crème de jour vous ferait le plus grand bien. Vous avez des rides, là et là, qui vous vont certes à ravir, mais qui, permettez au tendre ami que je suis de vous le dire, vous vieillissent quelque peu… »

En plus d’être sourd il n’a pas l’air d’avoir toutes les noix de coco à tous les étages…nous voilà bien, soupira Lulu.

« Je n’ai pas l’honneur de connaître vos amis, continua l’ahuri, des compagnons de whist sûrement ? Au fait, avez-vous assisté au jubilé de la reine à Ascot ? On m’en a dit le plus grand bien… »

Sans attendre de réponse il se tambourina furieusement le torse et poussa un monstrueux hurlement auquel répondirent des barrissements d’éléphants, des cris de singes et des rugissements de lions.

« Ahhh, dit-il, vous entendez ?...

Il ressaisit Billiwong Billidong, Lulu, le koala, les fourra sous ses bras et disparut avec eux dans les arbres.

« Five o’clock ! cria-t-il joyeusement. Wonderfull ! Le thé est servi ! J’adore la tradition…pas vous ?... »

 

 

Billiwong Billidong ne voyait pas comment sortir de cette situation grotesque.

Il désespérait de faire comprendre à cet hurluberlu en culotte de panthère qu’il ne faisait pas partie de l’aristocratie britannique…

Il essayait bien de lui expliquer que son didgeridoo n’était pas une batte de cricket révolutionnaire, que le koala ne se mangeait pas avec de la sauce à la menthe et que Lulu la tortue ne serait jamais prête pour ouvrir le prochain bal à Buckingham Palace. Mais rien n’y faisait, le grand escogriffe sautait de branche en branche en étant persuadé d’évoluer dans un manoir écossais…

Et puis, c’est au moment où on s’y attend le moins que, sans aucune explication, les situations les plus inextricables se résolvent comme par magie.

Vous avez l’impression que jamais vous ne pourrez  sortir de ce labyrinthe et voilà qu’une porte s’ouvre. Vous coulez irrémédiablement au fond de l’eau et soudain une bouée apparaît au bout de votre main. Vous cherchez désespérément un kangourou et voilà qu’il vous saute sur les genoux…

C’est donc à cet instant précis que le miracle arriva sous la forme d’un orage soudain, un orage monumental, violent, phénoménal qui, en l’espace d’une seconde, dévasta tout sur son passage…

L’impossible Lord disparut avec lianes et bagages et nos trois amis furent happés par une gigantesque trombe qui les souleva comme des fétus de paille et les emporta loin dans les airs. Ils étaient dans l’œil du cyclone, les éclairs zébraient le gouffre dans lequel ils tourbillonnaient comme des toupies, les coups de tonnerre y étaient assourdissants.

Puis, aussi soudainement qu’elle était apparue, la tempête sembla se calmer et la tornade les reposa, sains et saufs, sur une plage de sable blanc.

Le ciel était toujours couleur de plomb mais les cataractes d’eau se transformèrent peu à peu en fins rideaux de pluie.

Au loin, le brouillard qui se déchirait laissa apparaître sur la ligne d’horizon, les contours vaporeux d’une île…

« Embarquement immédiat pour l’île Maurice ! dit une voix métallique et joyeuse émergeant de la brume. Pas besoin de prendre vos tickets, le voyage est gratuit…»

La voix appartenait à un curieux personnage, tout de fer vêtu et coiffé d’un entonnoir. Il montra une barque qui clapotait au bord de l’eau et continua.

« Montez, il faut faire vite sinon je vais rouiller, et vous aussi…

Un second personnage, attifé comme un épouvantail, déboula en trébuchant et ajouta :

« Dépêchez-vous les amis, avant que les corbeaux ne me piquent toute ma paille…

Un troisième personnage, un lion rapiécé, surgit sur ces entrefaites et bouscula les deux autres.  Il tremblait de tous ses membres, regarda fébrilement le ciel et soupira :

«La pluie, encore la pluie, toujours la pluie…ce Magicien me rend morose…

Les trois individus poussèrent vivement Billiwong Billidong, le koala et Lulu la tortue dans l’embarcation. Ils sautèrent dedans et se mirent à ramer  en cadence.

« Vous êtes sûr que c’est par là que nous devons aller ? demanda Lulu.

« On ne peut pas se tromper, répondit l’épouvantail. Il se tourna vers l’avant de la barque et ajouta:

« Regardez…

Un gigantesque demi-cercle de toutes les couleurs illuminait le ciel.

« Vous êtes bientôt arrivés, dit l’homme en fer blanc, pour vous, c’est juste de l’autre côté de l’arc-en-ciel… »

Panafieu, Jean-Baptiste de. L'éveil. Stade 1. Gulf Stream éditeur : 2016prix ado 2740 2

 

Thèmes : évolution - domination - animaux

 

Résumé :  

Biologiste douée, Laura met au point un virus capable d'augmenter les facultés intellectuelles. Elle effectue ses tests sur une souris et... très vite, le rongeur prend conscience de lui-même et s'échappe. Il se fait dévorer par un chat, qui se fait mordre par un rat et une immense réaction en chaîne s'ensuit : bientôt de multiples oiseaux et mammifères « s’éveillent ». Chaque espèce, humains compris, va réagir et inter-agir de manière différente : une communication rêvée ou une nouvelle domination dans un univers inversé ? L'industrie agro-alimentaire s'affole et cherche à capturer Laura afin qu'elle conçoive un contre-virus. Accompagnée de son frère, de ses amis, ainsi que du chat Chou-K, de la chienne Cabosse et du perroquet Montaigne, elle va tenter de leur échapper.

Roman d’anticipation, L’éveil se déroule pourtant à notre époque et sert la réflexion écologique, politique et philosophique
autour de la cause animale, de la suprématie de l’homme, de l’environnement... Face à une situation aussi complexe, l'auteur opte pour un narrateur externe, à l'exception des « éveils » des animaux, racontés adroitement à la première personne. L’action est musclée, inquiétante parfois. Les personnages, humains comme animaux, sont typés et attachants. L’ensemble est solide, fluide, pose des éléments de compréhension mais laisse le lecteur trancher. Un premier tome passionnant où science, conscience et argent s'affrontent, toujours !

 

Biographie de l'auteur : 

Jean-Baptiste de Panafieu est professeur agrégé de Sciences naturelles et docteur en Océanologie biologique. Après avoir enseigné quelques années au collège, il se consacre aujourd'hui à l'écriture d'ouvrages scientifiques pour les jeunes et à la réalisation de films documentaires et de reportages.

Il a écrit une trentaine de livres, seul ou avec d’autres auteurs avec pour thèmes principaux l’écologie, la vie des océans, la préhistoire et l’évolution de l’homme et des animaux.

 

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« La question ! La question !...hurlait la foule qui trépignait d’impatience.

« Voilà, voilà…grommela l’un des deux personnages en perruque en saisissant son porte-voix. Il s’approcha tout près de la joue de Tchang-Lu, posa ses lorgnons sur son nez, s’éclaircit la voix et déclara :

« Monsieur l’intrus, vous avez, par votre intruse et perfide intrusion, intrusament et grandement perturbé les lois fondamentales de la géométrie institutionnelle qui régissent depuis la nuit des temps la bonne et intemporelle marche de notre communautaire communauté, qui…

« La question, la question, continuait de vociférer la foule.

« J’y arrive, j’y arrive…donc, en ma qualité de bourgmestre responsable des intrusions et, par les devoirs qui me sont conférés, je vais vous poser une question qui décidera si votre avenir est encore devant vous où s’il appartient déjà au passé. » Il s’éclaircit la gorge.

« La question est donc celle-ci :

Monsieur l’intrus, les œufs…vous les gobez par le petit bout, ou vous les gobez par le gros bout ? »

Alors que Tchang-Lu restait coi, Gulliver, son compagnon d’infortune, pouffa d’un rire nerveux.

« Mon ami, faites bien attention à ce que vous allez répondre. Ces petites personnes sont fort susceptibles…j’ai moi-même subi le même genre d’interrogatoire et ils n’ont pas apprécié mon humour. J’ai eu le malheur de leur répondre d’aller se faire cuire un oeuf et me voilà enchaîné, je le crains, pour un bout de temps…

Tchang-Lu se tourna alors vers son petit interlocuteur, prit une profonde inspiration et lui répondit avec un ton aussi sentencieux qu’il le put :

« Le sage a dit : «  L’important n’est pas de savoir par où l’œuf se gobe, mais plutôt de savoir par quel orifice il sort de la poule. »

« Ah bon ? fit le bourgmestre interloqué.

« Comme je vous le dis, fit Tchang-Lu avec gravité.

Le bourgmestre se tourna vers son confrère qui, bouche grande ouverte, restait aussi stupéfait que lui. 

« Ca alors !...Nous n’avions jamais pensé à ça !...Mais ça change tout, voyez-vous… » Il prit son porte-voix, se tourna vers la foule et cria : « Quelqu’un sait-il par quel orifice l’œuf sort de la poule ? »

La foule resta muette de stupeur.

« Personne ne sait ?...Mais c’est une catastrophe, commença à se lamenter le bourgmestre, c’est une abomination, c’est la fin du monde !...Il faut absolument qu’on connaisse la vérité vraie !....

« Moi je sais, fit tranquillement Tchang-Lu, mais évidemment je ne vous le dirai que si vous me détachez et mon ami aussi.

« Qu’on les détache ! hurla le bourgmestre, et plus vite que ça !...

« Et si vous me montrez la barque par laquelle est arrivé le sieur Gulliver.

« Qu’on lui montre !

« Et si vous m’indiquez le chemin pour aller chez Maurice.

« Oui, tout ce que vous voulez, pleurnicha le bourgmestre en montrant le sud d’un geste las, pour aller vers Maurice, c’est par là-bas, mais par pitié, donnez-nous la réponse...

« La réponse, la réponse, scandait la foule. »

Tout fut fait en moins de temps qu’il n’en aurait fallu à Tchang-Lu pour préparer des œufs mimosa.

Puis, lui et Gulliver se levèrent, s’époussetèrent, remercièrent le bourgmestre, le sous-bourgmestre, saluèrent la foule et montèrent dans la barque.

Gulliver saisit les rames et commença à ramer dans la direction indiquée.

Enfin, se tournant vers la foule qui les regardait partir avec consternation, Tchang-Lu cria de toutes ses forces :

« Par le cul !...

« Beurk !....firent les lilliputiens.

Et jamais plus ils ne mangèrent d’œufs …

Baffert, Sigrid. Tous les bruits du monde. Milan, 2018.

Thèmes : aventures – histoire – amour– vengeance

Résumé :

" Tu le tues ou je te tue, avait dit le vieux Fernando Mancini à sa fille..." Graziella, 16 ans, est enceinte d'un garçon qui l'a séduite puis abandonnée et s'apprête à en épouser une autre. Nous sommes en 1905 en Calabre. Ici on ne sait pas impunément l'honneur d'une famille. Graziella n’a guère le choix, elle doit se venger.

Un grand roman d’aventure au souffle épique, qui traverse les années et les pays. Des personnages forts, admirables, plein de possibles, épris d’espoir et de liberté malgré les chaînes du passé et du présent. Portée par une plume sensible et exigeante, leur aventure est captivante du début à la fin et permet d'aborder des sujets inattendus tels que l'amour maternel, la surdité, l'exil, l'indépendance.

Biographie :

Sigrid Baffert est née en 1972 à Lyon. A 20 ans, elle compose ses premières chansons. Après une maîtrise de cinéma, elle suit des cours d'art dramatique et de chant. Elle devient tour à tour animatrice dans une cinémathèque, assistante de mise en scène dans un théâtre de marionnettes, adjointe administrative dans une compagnie de danse, elle travaille également dans des musées... Elle ne cesse d'écrire pendant tout ce temps et c'est en 1999 que son premier roman est publié. La même année, Serge Reggiani interprète une de ses chansons, Ballade pour une gardienne de musée. Depuis, Sigrid Baffert ne se consacre qu'à l'écriture.

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Calendrier de l'Après, énigme 28

Mamie!!

 

 Les mamies de la médiathèque départementale

EXPOlutinsRéalisation : Bodoni; 2003

Descriptif : 14 panneaux; 54 x 80 cm.; panneau cartonné perforé sans oeillets.

 

Fées, lutins, elfes, sylphes, gnomes, farfadets, korrigans, trolls, ondines, vouivres..., le monde est peuplé d'êtres étranges et de créatures enchantées vivant dans un univers fantastique qui intrigue autant qu'il fascine.

« Ok ok !…soupira l’homme à la jambe de bois en intimant à ses hommes l’ordre de ranger leurs armes, ce qu’ils firent en bougonnant….

« Si on n’peut plus s’amuser un peu…c’est qu’on n’a pas tous les jours la chance d’avoir des invités d’marque tels que vous…et promis je n’vous f’rai pas manger d’lapin, d’ailleurs ça porte malheur…mais dites-moi seulement une chose…vous n’êtes pas à la r’cherche du trésor au moins ?...

« Trésor, quel trésor ? dit Giuletta, non, pas du tout ! Nous, c’est un Sphinx que nous recherchons…

« Par l’œil de verre de Barbe-Noire s’écria le cuistot, fallait l’dire plus tôt !

« …L’a jamais eu d’œil de verre, Barbe-Noire, murmura le dénommé Chien-Noir.

« On s’en fiche, hurla le cuistot en lui assénant un coup de béquille sur la tête, Puis, se tournant vers un autre flibustier, il ordonna :

«  La carte, Pew, amène-moi la carte ! Et pas la carte au trésor triple buse, l’autre carte, tu vois c’que j’veux dire ! Que j’leur montre où s’cache l’emplumé !...

« De suite, capt’ain Long John fit le pirate en décampant vers la taverne.

« L’emplumé ? s’étonna Giuletta.

« Ouais ma belle, fit l’autre, c’est comme ça qu’on appelle ta bestiole par ici... Pour tout t’dire on n’la fréquente pas trop, hein les gars !...

Les gars hochèrent la tête.

« C’est qu’elle a pas trop bonne réputation…pire que la nôtre et c’est pas peu dire, pas vrai les gars ?

Les gars opinèrent du chef.

« Pis elle pose trop de questions et nous, les questions on n’aime pas trop ça…mais si c’est ça qu’tu veux, alors elle n’est pas très loin en fait…

Il se tourna vers l’ouest, leva sa béquille et montra l’horizon.

« C’est tout là-bas…après le dernier nuage…tu peux pas t’tromper…enfin, presque pas…l’emplumé se trouve dans une île où même moi je n’ai jamais mis le bout d’ma jambe de bois...Ah voilà la carte… »

Il prit le document et pointa une tache au centre de nulle part.

Tous se penchèrent sur la carte.

« C’est là, juste sous mon doigt…vous lisez c’qui est écrit ? »

Le gros doigt à l’ongle très noir cachait en partie le nom de l’île en question.

Mais en partie seulement.

« Je l’savais, dit le lapin.

« Je l’’savais, dit le blondinet

« Je l’savais, dit le Monstre du Loch Ness

« Je l’savais sourit le chat

« Je l’savais pensa Roméo

« Maurice ! s’écria Giuletta. Je crois que je l’savais…

« Ahhh…et avant que vous n’partiez et pour votre gouverne, c’est Benbow ! fit le pirate.

« Quoi Benbow, firent-ils tous en chœur.

« Le nom d’la taverne, c’est Benwow…L’Amiral Benbow !... »

Il éclata d’un rire gras et repartit vers sa cambuse en claudiquant.

« How How…

Ils étaient quinze sur le coffre du mort !

How how…

Et une bouteille de rhum… »

Calendrier de l'Après, énigme 29

N 43° 13.145 E 000° 04.197
UTM: 31T E 262020 N 4789312

Calendrier de l'Après, énigme 28

 

Vous êtes de l’étoffe dont sont faits les rêves…

La phrase énigmatique du poète trottait dans la tête de Giuletta qui bailla en s’étirant.

Elle émergeait lentement et, en tâtant sous elle, sentit comme un tapis de cuir et d’écailles. Les embruns tout autour d’elle finirent par la réveiller complètement.

« Bien dormi ? lui demanda le Monstre du Loch Ness en souriant.

« Ma foi oui, dit-elle, en se souvenant soudain de tout. J’ai l’impression d’avoir sommeillé pendant au moins…

« Mille et une nuits ! ricana le lapin blanc, c’est ce qu’elles disent toutes dans les contes…c’est d’un banal…

« Où sommes-nous ? dit Giuletta, en se penchant sur le cou du Monstre.

« En chemin, répondit-il, pendant votre sommeil nous avons traversé quelques lochs, passé plusieurs tunnels sous-marins allant de l’un à l’autre et maintenant nous sommes au beau milieu de l’Océan. La route est encore longue mais j’ai une bonne autonomie. Accrochez-vous bien les amis… »

Le lapin regarda sa montre.

« Ohlala nous allons encore être en retard ! On ne devrait pas se fier aux transports en commun de Grande Bretagne, ils ne sont jamais à l’heure…

« Permettez, permettez, fit le Monstre, je n’ai absolument rien de « commun » et je ne transporte pas n’importe qui sur mon dos ! Mais si vous voulez descendre et trouver un autre moyen de locomotion, libre à vous ! D’ailleurs, voilà une petite île là-bas dont je ne me souviens plus du nom mais où je sais une auberge spécialisée dans les terrines de lièvre…Ca vous tente ?

« Nooooooooooon, fit le lapin.

« Siiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, firent les autres.

Le Monstre accéléra en riant et accosta en douceur le long d’un ponton au bout duquel on distinguait de lugubres lueurs. La troupe descendit du dos du Monstre et, comme finalement tout le monde avait grand faim, on se dirigea allègrement vers les lumières qui étaient celles d’une misérable taverne dont les fenêtres brisées éclairaient faiblement une enseigne branlante.

« A l’Amiral…à l’Amiral…je n’arrive pas à lire la suite, dit le lapin en ajustant ses lorgnons et en frissonnant, j’espère en tous cas que cet Amiral a un cuisinier qui sert autre chose que de la terrine…

« Pour sûr qu’je sers autr’chose à becqu’ter dans mon palace ! grogna un patibulaire personnage unijambiste qui, poussant la porte de l’auberge d’un coup de béquille, se planta fièrement devant la petite bande. 

Il souriait méchamment puis sortit un grand coutelas de sa ceinture et commença à l’aiguiser le long de sa jambe de bois.

« Ce soir, dit-il en lançant un clin d’œil narquois au Monstre, en plus du ragoût d’lapereau, on va avoir du cou farci à r’vendre, parole de cuistot !

« Ce cou n’est pas à vendre, glapit soudain le petit blondinet, c’est celui de mon ami et sur ma planète on ne mange pas le cou de ses amis !....

« How How ! gloussa l’homme à la jambe de bois en attrapant sauvagement le garçonnet par son écharpe. Par le fantôme du Capt’ain Flint, ne s’rais-tu pas l’ frère jumeau de c’te vaurien de Jim Hawkins ? »

Puis il se mit à hurler : «  Ola d’la taverne, Billy Bones, Chien-Noir, Pew, Ben Gunn, rappliquez mes forbans, on a d’la visite… »

Sur ces mots, quatre individus tous plus louches les uns que les autres sortirent de la misérable bicoque et, armés jusqu’aux dents, qui leur manquaient pour la plupart, entourèrent nos amis en brandissant de redoutables sabres d’abordage et en vociférant de terribles insultes.

Le blondinet se cacha derrière le lapin. Le lapin se cacha derrière le rat.

Le rat se cacha derrière le chat souriant qui ne souriait plus.

Giuletta ne se cacha derrière personne et l’affaire aurait sûrement mal tourné si le Monstre ne s’était pas mis à faire le Monstre, c’est-à-dire à rouler des gros yeux et à cracher du feu par ses naseaux.

Ce qui calma tout le monde…

Pourparlers ?...

...

Medina, Florence. Direct du cœur. Magnard, 2018.

Thèmes : surdité – LSF – amour

Résumé :

Pour gagner quelques points au Bac et face à l’insistance angoissée de sa mère, Tim accepte de prendre la langue des signes comme option. Il démarre les cours en traînant des pieds... Mais après des débuts chaotiques et qui le laissent perplexe, c’est finalement une découverte fracassante ! Grâce à sa prof sourde et avec les cinq autres élèves du cours, il découvre un monde insoupçonné, s’étonne, enchaîne les rencontres, drague, se fait rembarrer mais ne se décourage jamais.

Une aventure captivante et pleine d'humour, portée par la dynamique, les sautes d’humeurs, la fraîcheur de Tom, ses relations familiales confuses et ses coups de cœur. Un récit instructif aussi sur le fonctionnement de cette langue et qui interpelle sur ce qui est la réalité profonde des sourds. Et notre horizon s’élargit...

Biographie :

Florence Médina est née en 1968. Après avoir été comédienne, serveuse (comme toutes les comédiennes, ou presque...), hôtesse d’accueil, adjointe aux relations publiques, adjointe à tout dans une compagnie théâtrale, poseuse d’enduit mural..., elle s’est décidée à mettre sa manie de bouger les mains au service d’une noble profession : interprète français/LSF. À part ça, dès qu’elle le peut, elle écrit. Pour adultes comme pour moins adultes.

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Calendrier de l'Après, énigme 27

Dans la sélection thématique "Noël éthique" nos bibliothécaires vous propose de les faire à la main.

 

La bibliothèque de Pierrefitte rouvre ses portes à partir du 1er juillet dans le respect des mesures liées au Covid 19.

Renseignements

Puard, Bertrand. L’archipel, tome 1: Latitude. Casterman, 2018.

Thèmes : échange d’identités – vengeance – thriller

Résumé :

Yann Rodin, lycéen, est la victime d’un business très lucratif : l’échange d’identités. Son malheur : être le sosie de Sacha Pavlovitch, le fils d’un puissant trafiquant d’armes franco-russe qui, moyennant quelques millions de dollars, use de ce procédé pour lui éviter l’arrestation. Tandis que Yann, clamant son innocence, est condamné à la pire prison du monde, l’Archipel, Sacha endosse son identité et se refait une virginité au soleil du sud de la France. Une affaire parfaitement rodée. Mais deux grains de sable vont enrayer cette infernale machination : le journaliste Jean-Louis Dory, et la séduisante Nouria.

Une tension grandissante, des rebondissements en série, des manipulations, mensonges, trahisons, où chacun peut-être un pion, où chaque personnage est trouble. Grâce à une narration alternée, nous suivons l'adaptation des deux personnages principaux dans leur nouveau quotidien tandis que se dévoilent les liens étroits de leurs passés et par conséquents de leurs futurs. Un roman qui nous fait (presque) oublier de respirer. Restons en apnée, deux tomes suivent !

Biographie :

Né à Paris en 1977, Bertrand Puard est un romancier et scénariste français aux multiples pseudonymes : Ewan Blackshore, Brad Winter et Benjamine Bates. Il entre comme lecteur aux Éditions du Masque, après avoir exercé la profession de trader à Londres. Il fait ses débuts d'écrivain en publiant une nouvelle saluée par la critique, puis il fait paraître son premier roman, "Musique de nuit", qui obtient le Prix du roman policier du festival de Cognac 2001. Depuis, il a écrit plus de quarante romans. Cinéphage, il imagine aussi des pièces radiophoniques, séries télé, jeux vidéo et bandes dessinées.

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Calendrier de l'Après, énigme 26

Mais sur quelle commune est implantée la Médiathèque départementale?

 

Après 6 mois de fermeture pour travaux (et confinement…) la bibliothèque de Capvern rouvre ses portes le 4 juillet.

Calendrier de l'Après, énigme 24

Parce que les bibliothèques ne sont pas remplies que de littéraires! (12+15+35)x(25+36+15)-4694=? 

 

 

Senabre Eric. Le dernier songe de Lors Scriven. Didier jeunesse : 2016prix ado 2740 4

 

Thèmes : enquête - Londres du XIXème - rêves

 

Résumé :  

« Gentleman cherche secrétaire particulier pour surveiller son sommeil». Ex-journaliste à succès récemment mis sur la liste noire de toutes les rédactions londoniennes pour avoir révélé les agissements contestables d'un homme intouchable, Christopher Carandini va répondre à cette annonce et devenir l'assistant d’Arjuna Banerjee, un détective privé aux méthodes insolites. Banerjee a une particularité étrange, c'est en rêvant qu'il parvient à résoudre les enquêtes qui lui sont confiées. Les deux hommes vont être confrontés à une affaire épineuse, le décès de Lord Scriven, retrouvé vraisemblablement assassiné dans un espace clos.

L'enquête, complexe, est brillamment menée par ce duo d’enquêteurs dont la complicité se noue au fur et à mesure. Toute ressemblance avec Sherlock Holmes et Watson...étant totalement assumée par l’auteur. L'ambiance londonienne du XIXème siècle avec ses vieux manoirs, ses bibliothèques aux ouvrages reliés de cuir, ses majordomes, tout y est. Ajoutez à cela une bonne dose de surnaturel pour pimenter et vous obtenez une lecture sacrément attrayante.

 

Biographie de l'auteur : 

Né en 1973 en région parisienne, Eric Senabre est journaliste dans la presse loisirs (hi-tech et cinéma). Lorsqu’il n’écrit pas, il joue du rock, se passionne pour les arts martiaux, dévore les films de série B et aime la littérature fantastique et policière du XIXème siècle. Car ce qu’il apprécie par-dessus tout, ce sont les histoires pleines d’imagination, les mystères à résoudre et ce que l’on peut découvrir derrière la surface des choses connues.

 

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A peine les lauréats de l'édition 2019-2020 annoncés que la sélection du prix ados " Hautes-Pyrénées, tout en auteurs" 2020-2021 pointe le bout de son nez !

Calendrier de l'Après, énigme 25

Qui a écrit "Prélude à l'après-midi d'un faune"?

 

Mazard Claire. Tous les oiseaux savent. Oskar : 2017prix ado 2740 3

 

Thèmes : Afrique - colonialisme - secret

 

Résumé :

Années 1950. Emmy vit en Afrique, au fil des mutations de son père, intendant de l'armée. Sous le joug de sa mère, elle tâche d'échapper au maximum à la toxicité de sa famille.

Elle se lie d'amitié avec Baltasar, jeune garçon chargé de l'accompagner à l'école et de répondre à ses besoins de petite fille blanche, donc supérieure à lui. Emmy est heureusement étrangère à tout sentiment raciste.

Paris, années 2000. Emmy est une vieille dame excentrique. Elle est la bonne fée de tous les sans-abris du quartier. Un jour, elle rencontre un vieil homme qui se fait appeler « le Guadeloupéen ». Son existence va s'en trouver bouleversée.

Tous les oiseaux savent est un roman troublant, sensible, qui laisse un goût mélancolique et lumineux à la fois quand se tourne la dernière page. On y découvre la durabilité du souvenir et la force de la résilience. L’écriture est fine, simple mais exigeante, offrant de des multiples branches de lecture qui maintiennent un voile sombre. L’héroïne est généreuse et riche de ses déchirures. Les oiseaux savent mais ne cessent pas de chanter ...

 

Biographie de l'auteur : 

Claire Mazard est née le 6 novembre 1957 à Montpellier et vit maintenant à Paris. L’écriture est sa passion. Elle a publié une cinquantaine de récits, pour enfants et pour adolescents, aux éditions Syros, Casterman, Nathan, Bayard, Le Seuil, Flammarion, de La Martinière, Oskar... Dans beaucoup de ses livres, elle aborde des thèmes qui lui sont chers comme les droits des enfants, l’absence, la condition de la femme.... Elle écrit également des récits d’aventures et des policiers.

 

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Comme nous, vous êtes un peu frustrés de ne pas avoir pu rencontrer les auteurs lauréats  du prix ados 2019-2020 ?

Calendrier de l'Après, énigme 23

Je suis la 2e rubrique du 2e onglet du portail

 

Blanchut Fabienne. 1749 miles. Editions de Plaines en vallées : 2016prix ado 2740 1

 

Thèmes : conquête spatiale - singe - amitié

 

Résumé :

 Janvier 2013, Joshua Shapiro est un primatologue de presque 70 ans. Lorsque le Président Obama lui demande de faire part de son expérience à des adolescents du Nouveau-Mexique, Josh se lance dans un road-trip de 1749 miles sur les traces de son passé.

Juin 1957, base du Holloman Aerospace Medical Center. Josh est alors un ado solitaire et bègue. Il se prend d’affection pour un bébé chimpanzé maladif. À force de patience et d’amour, Ham puisque c’est le nom que Josh lui a donné, révèle une intelligence hors-norme et des qualités extraordinaires. Repéré par les ingénieurs de la NASA, il est choisi pour intégrer le programme des singes astronautes.

 

Biographie de l'auteur : 

Fabienne Blanchut est née en 1974 à Grenoble. Après de diverses études, elle est embauché par le CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel), TF1, puis remplit des missions de conseil dans les medias et pour différentes sociétés de productions télévisuelles. Elle conçoit également des émissions pour la télévision (téléfilms, séries, programmes courts, magazines, documentaires). Parallèlement, la littérature jeunesse lui tend les bras. Elle est notamment connue pour la collection à succès Zoé, Princesse parfaite. 1749 miles est son 1er roman.

 

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On part pour un grand voyage avec les bébés lecteurs

Brissot, Camille. Ceux des limbes. Syros, 2019.

Thèmes : monde post apocalyptique – morts-vivants – quête

Résumé :

Dans un futur apocalyptique, le monde a été décimé par une épidémie due à un champignon qui transforme les hommes en morts-vivants, nommés « limbes ». Enfant, Oto a survécu à une attaque de limbe, ce qui lui a valu le droit de grandir dans les cercles sociaux les plus élevés du Mont-Survie. Il est également exempté du rite de passage à l’âge adulte qui implique de sortir hors de la protection de la cité. Mais amoureux de Naha, il va suivre le groupe d’adolescents dont fait partie la jeune fille dans cet « extérieur » prédateur.

Rythme, écriture fluide, rebondissements, univers cohérent : un ouvrage habile qui se démarque des romans du genre. Des personnages vrais, avec une relation entre Naha et Oto très intense et mature. Une forêt foisonnante et quasiment personnifiée. Et une profondeur de réflexion très appréciable sur les notions d’interaction sociale, de pouvoir, de choix...

Biographie :

Née le 5 octobre 1988 à Romans (ça prédestine !), dans la Drôme, Camille Brissot a commencé à écrire sitôt qu’elle a été capable de tenir un crayon. Son premier roman, « Les héritiers de Mantefaule » a été publié en 2005 aux éditions Rageot, alors qu’elle préparait son bac de français. Elle vit à présent à Paris, où elle travaille dans la communication. Et elle continue, encore et toujours, à écrire, dans tous les genres et pour tous les publics.

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Calendrier de l'Après, énigme 21

Dans le roman de SF "Ceux qui tombent les masques" de Roxane Dambre, ses cheveux sombres le sont...

 

...

La bibliothèque Louis Aragon de Bazet rouvre à partir du lundi 29 juin.

Renseignements

 Teulade Pascal. Le Petit Prince de Calais. La Joie de Lire : 2017prix ado 2740 2

 

Thèmes : migrants - Calais

 

Résumé :

 Jonas a 15 ans et vit en Érythrée. Ce qu’il aime par-dessus tout, c’est pêcher avec son père. Il connaît tous les poissons et peut les reconnaître au bruit qu’ils font avec leurs nageoires. Par contre l’école l’ennuie profondément. Un jour, le directeur lui annonce qu’il a obtenu une dérogation et que Jonas va pouvoir, malgré son jeune âge, intégrer l’armée. Mais l’armée, en Érythrée, est pire que tout et nombreux sont ceux qui n’y survivent pas. Ses parents décident alors, pour le sauver, de l’envoyer chez un cousin éloigné en Angleterre. Commence pour le jeune garçon, isolé, apeuré et ne parlant que le tigrigna, un voyage extrêmement périlleux.

Pascal Teulade a imaginé son jeune héros après avoir effectué un séjour dans la « jungle » de Calais pour Médecins du monde.
Un vécu qui l’a profondément marqué. Et un livre qui nous marque de façon indélébile. Un livre qui met le doigt là où ça fait mal et nous place devant nos responsabilités. Un livre pour secouer les consciences...

 

Biographie de l'auteur: 

Pascal Teulade a tout d’abord publié quelques contes dans Pomme d’Api, avant d’intégrer le groupe Fleurus presse où il a été rédacteur en chef du magazine abricot.

Il a également créé plusieurs magazines comme Papoum, Mille et une histoires, Pirouette, Tout comprendre. En parallèle de ces
activités, il a écrit de très nombreux albums pour les enfants essentiellement à l’Ecole des loisirs où il a aussi dirigé la collection «Matou ».

Le petit prince de Calais est son premier texte pour adolescents.

 

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formation de base 2013

Elles étaient 6 stagiaires cette année à suivre la formation de base. Peu nombreuses mais assidues et studieuses...

 

Elles représentaient les bibliothèques d'Arrens, de Layrisse, de Marseillan, de Pierrefitte et de Rabastens de Bigorre.

Merci à elles pour leur intérêt pour la profession et pour leur participation active !

 

Rendez-vous est donné le 18 juin prochain pour une journée bilan, après quelques mois de mise en pratique dans leurs bibliothèques respectives.

Cet été, on part pour un grand voyage avec les bébés lecteurs !

Calendrier de l'Après, énigme 20

Dans la rubrique "matériel d'animation", on nous retrouve dans le petit conte du tapis "La fine mouche", résolues nous donnon accès à un poulain!

 

prix ado 2740 1Montmoulineix Michelle. Baleine rouge. Hélium : 2017

 

Thèmes : baleine - conte - amour - océan

 

Résumé :

Depuis toute petite et comme sa mère avant elle, Delphine est attirée par la mer. En vacances dans un village de pêcheurs,elle est intriguée par une étrange vieille femme qui, chaque soir, s’en vanager au loin et semble en osmose avec l’océan. Désireuse d’en savoir plus, l’adolescente va découvrir l’existence d’Eliaz, jeune garçon du début du 20ème siècle. Pour subvenir aux besoins de sa famille, il embarque comme mousse à bord d’un terre-neuvier parti pêcher la morue en haute mer. Se pourrait-il qu’ils soient liés tous les deux? Et cette femme qui bouleverse Delphine, qui est-elle ?

Une histoire élégante, lyrique, que l’on verrait bien contée lors d’une veillée telle une légende. Hymne à un animal majestueux et à la préservation de la nature, ce beau texte apporte un vrai souffle d’aventure, avec des sensations pleines, des émotions douces et une universalité toute océane.

 

Biographie de l'auteur : 

Parisienne d’origine, Michelle Montmoulineix vit en Brenne, une région du centre de la France. Elle écrit depuis toujours, en particulier pour la jeunesse mais également pour adultes. Lauréate du concours de nouvelles Chapitre-Nature-Terre Sauvage en 2009, elle affectionne les textes courts.

Elle a eu le privilège, en 2013, d’observer les grands cétacés au cours d’une longue sortie en mer au Québec. Elle est, depuis, marraine d’un rorqual commun
surnommé Popeye.

 

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On décolle pour un grand voyage avec les enfants à partir de 3 ans pour une heure du conte autour du monde ! ✈️✈️✈️

Calendrier de l'Après, énigme 22

Dans la barre de recherche de l'accueil, "bouge tes" tu taperas, 3 résultats dans le catalogue on te donnera, Kjartan Poskitt t'aidera!

 

prix ado 2743Barussaud, Gwenaële. Miss Dashwood, nurse certifiée. Tome 1 : de si charmants bambins. Fleurus : 2016

 

Thèmes : humour - bourgeoisie du XIXème siècle

 

Résumé :

Daisy Dashwood est la plus talentueuse des élèves de la Perfect Children Academy et c’est pour cette raison qu’elle est choisie comme gouvernante auprès d'une famille française désespérée. A l’annonce de cette nouvelle, la panique la submerge. Mais après tout, n'est-elle pas élève de la plus prestigieuse école du monde dirigée par la meilleure nurse au monde ? C'est donc dotée de courage, de ses connaissances toutes théoriques, de son flegme britannique et de l'indispensable guide de Mrs Stenford qu'elle se rend en Normandie auprès des Grandville et de leurs deux enfants, Godefroy, 10 ans, et Charlotte, 7 ans.

Mais il ne faut jamais sous-estimer l'incroyable résistance des enfants français, ni leur extrême inventivité....

Une agréable surprise que ce roman léger, ode à l’enfance ! Une héroïne candide mais volontaire et optimiste, des personnages débridés, des situations cocasses et une belle plume pour une lecture amusante, élégamment surannée, ingénieuse et fraîche.

 

Biographie de l'auteur:

Originaire de la région parisienne, Gwenaële Barussaud est née en 1976. En CM2, son professeur lui donne une rédaction dont le sujet est :"Imaginez votre vie quand vous serez adulte". Elle écrit :"Quand je serai adulte, je vivrai au bord de la mer, j'aurai beaucoup d'enfants et j'inventerai des histoires". Aujourd'hui, Gwenaële Barussaud vit à Saint-Malo. Elle a quatre filles. Entre deux bains de mer et après avoir été professeur de lettres en lycée, elle écrit des séries historiques (dont l’une "Les Demoiselles de l'Empire" est directement inspiré de son parcours d’élève à la Maison d'éducation de la Légion d'honneur, établissement fondé par Napoléon 1er).

 

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Billie est blessé... tout le monde vient lui rendre visite avec des cadeaux plein les poches. Mais Billie...

 

à partir de 3 ans

La bibliothèque de Mauvezin rouvre ses portes à partir du mercredi 24 juin dans le respect des mesures liées au Covid 19.

Renseignements

Calendrier de l'Après, énigme 19

Je suis la 6e rubrique de l'onglet "découvrir"

 

prix ado 2740 3

Marcastel, Jean-Luc. L’auberge entre les mondes. Tome 1 : Péril en cuisine. Flammarion jeunesse : 2017

 

Thèmes : fantastique - gastronomie - aventure

 

Résumé :

Orphelin et élève d'une école hôtelière, Nathan se voit proposer un stage à l’Auberge des Montagnes dont monsieur Raymond, son professeur de cuisine, est le propriétaire. Son meilleur ami Felix l'accompagne. Dès leur arrivée, des accidents étranges se produisent. Les murs se déplacent, des créatures inquiétantes semblent tapies dans l’ombre et il y a cette intensité qu’il ressent au plus profond de lui... Malgré tout, Nathan se plonge dans le travail sous la houlette de mademoiselle Fan. Et puis, la vérité lui est avouée : l'auberge est une porte entre les mondes, dont la Terre n'est qu'un parmi d'autres. Et l’équilibre de ces mondes est menacé....

Jean-Luc Marcastel nous offre un univers exceptionnellement créatif et fertile, le tout porté par sa plume truculente. Gourmands de fantastique, d'aventure, d'humour, d'amitié, de suspense ou encore de cuisine, vous serez tous comblés ! Comme le répète monsieur Raymond, « la cuisine est quelque chose de magique »., la lecture de ce roman aussi, et ces quelques entremets (illustrations et recettes) sont fort goûtus...

 

Biographie de l'auteur: 

C’est en l’an 1969 que Jean-Luc Marcastel voit le jour dans le sauvage département du Cantal. Les hivers y sont longs et vifs et la lecture devient une passion. À lire les mots des autres, il commence dès 10 ans, à consigner sur papier ses propres histoires. Cette passion, depuis, ne l’a plus lâchée, et comme les hivers sont toujours rudes à Aurillac, il s’y consacre à plein temps avec un imaginaire débordant. 

 

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Le prix ados est comme nous, confiné. Alors que le jeudi 14 mai aurait dû se tenir la remise des prix, nous avons posé la question à des ados participants pour savoir quelle serait leur remise des prix idéale.

Calendrier de l'Après, énigme 17

Pour trouver ce 17e mot il faudra observer les onglets des menus qui constituent le portail. Prendre la dernière lettre du titre du 1er onglet, la 5e du 2e onglet, la dernière du 3e onglet et la 2nd du 4e onglet...

 

...

Depuis lundi 15 juin 2020, la bibliothèque, la cyber-base, l'espace Parc national et de la salle d'exposition sont ouverts.

Bernard, Nathalie. Sauvages. Thierry Magnier, 2018.

Thèmes : génocide culturel – Québec

Résumé :

Comme tant d'autres jeunes amérindiens du Québec, Jonas a été arraché à sa famille alors qu'il était enfant, pour être envoyé dans un pensionnat. C'est ainsi que les colons tentaient d'imposer leur culture à ces « sauvages » dans les années 1950. Il ne s'agissait pas seulement de leur apprendre la langue française mais aussi de les évangéliser. Dans soixante jours, Jonas aura seize ans et pourra quitter le pensionnat. Pour survivre, il a dû apprendre à ne pas manifester sa révolte, à courber l'échine, à ne pas s’attacher, à paraître insensible devant les humiliations et mauvais traitements exercés contre les plus faibles. Dans soixante jours, Jonas devrait à nouveau être libre. Devrait...

Après Sept jours pour survivre, Nathalie Bernard continue à brasser l’histoire et la place des jeunes Indiens au Québec. Rédigé en courts chapitres, le suspense, dense, est entrecoupé par les souvenirs heureux de Jonas, pour de courts moments de grâce dans ce roman sans fard, d’un réalisme frappant, poignant. Une prise de conscience nécessaire, qui nous laisse le souffle coupé et la rage à la gorge.

Biographie :

Nathalie Bernard est née à Bègles en 1970. Passionnée par toutes les formes de création artistique, elle entreprend des études d’histoire de l’art. Lors d’un cours de littérature, elle étudie ’’Voyage au bout de la nuit’’ de Céline. Fascinée, elle se lance dans l’écriture et rédige un premier roman fantastique : Né d’entre les morts, qui sera publié en 1998 chez Denoël. La naissance de sa fille l’a amenée avec bonheur à la littérature jeunesse. Après avoir exercé une foule de métiers (guide, animatrice radio, chanteuse...) elle se consacre principalement à la littérature.

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Calendrier de l'Après, énigme 16

Les actions du programme 2019 de la Nuit de la lecture dans les Hautes-Pyrénées sont gratuites et...

 

...

Des ateliers pour ouvrir la parole, laisser aller son imagination et écrire,... voilà ce qui a été proposé cette année, dans le cadre du prix " Hautes-Pyrénées, tout en auteurs", à 4 groupes d'une douzaine d'ados. 

Chardin, Alexandre. Mentir aux étoiles. Casterman, 2018.

Thèmes : différence – harcèlement – confiance en soi

 

Résumé :

Cette année c’est décidé, Léon se passera de Véronique, son auxiliaire de vie. Il entre au collège, il a onze ans, il a besoin d’affronter les choses seul. Même s’il appréhende, il sait qu’il est temps de grandir, de s’éloigner de sa mère angoissée. Car il a toujours été différent, Léon, distrait, rêveur, absent...

Très vite, il est confronté aux moqueries, aux rires, aux insultes, sûrement parce qu’il préfère la compagnie des insectes et des oiseaux plutôt que celle de ses camarades. Il encaisse, il se replie, jusqu’à ce qu’une « grande » apparaisse pour le protéger : Salomé, avec son rouge à lèvre vif et ses formes généreuses, qui n’a peur de rien et dont la simple évocation perturbe les adultes...

Un récit subtilement fantastique, à la fois naïf et complexe, sur la différence, le harcèlement, le désir d'émancipation, la peur, la confiance en soi...

La narration poétique et légère adoucit les émotions trop fortes et la souffrance. Léon nous fait grandir en même temps que lui, avec tendresse et bienveillance.

 

Biographie :

Alexandre Chardin aurait voulu être Rahan ou Davy Crocket, devenir éleveur de colibris ou surfeur de vagues géantes. Mais il est né à Strasbourg, ce qui n'est déjà pas si mal. Après des études de lettres, il déménage dans un immeuble plein de yorkshires et de sorciers et devient professeur de français. Aujourd’hui, la gloire est proche car il écrit des albums et des romans pour la jeunesse (et surtout pour ses 2 enfants). Pour les 243 prochaines années, il compte apprendre à jouer de la batterie, pulvériser le record d’Usain Bolt, construire 14 cabanes dans les arbres et assister à la disparition de la bêtise arrogante.

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Calendrier de l'Après, énigme 15

"Les optimiste" est un film documentaire programmé dans le Mois du film documentaire en 2016, dans le synosis pourquoi l'équipe se lève-t-elle au petit matin?

 

Chaque année, à l'occasion du Prix ados "Hautes-Pyrénées tout en auteurs", les adolescents participants ont la possibilité de produire des créations personnelles.
 

Le prix ados est comme nous, confiné. Alors que le jeudi 14 mai aurait dû se tenir la remise des prix, nous avons posé la question à des ados participants pour savoir quelle serait leur remise des prix idéale.

Calendrier de l'Après, énigme 14

Matériel d'animation, je suis d'origine japonaise.

 

La bibliothèque rouvre les portes à partir du 23 mai.

Renseignements

Le prix ados est comme nous, confiné. Alors que le jeudi 14 mai aurait dû se tenir la remise des prix, nous avons posé la question à des ados participants pour savoir quelle serait leur remise des prix idéale.

Calendrier de l'Après, énigme 18

Pour retrouver le mot manquant se diriger vers les coups de coeur, cliquer sur "My absolute darling", l’héroïne du roman vit seule avec *** père

 

La bibliothèque rouvre avec les gestes barrières.

Renseignements

Le prix ados est comme nous, confiné. Alors que le jeudi 14 mai aurait dû se tenir la remise des prix, nous avons posé la question à des ados participants pour savoir quelle serait leur remise des prix idéale.

le jeu en bibliotheque

Ce jeudi, la Médiathèque départementale propose à vos bibliothécaires, une formation sur la place du jeu en bibliothèque.

 

Vous l’avez constaté en surfant sur le site, les événements autour du jeu de société se sont multipliés ces derniers mois. En effet la Médiathèque départementale a récemment créé un fonds jeux de société.

 

Afin de mettre en avant ce fonds et pour proposer de nouveaux types d’animations, une formation est proposée à l’ensemble des bibliothécaires du territoire via le programme de formation de la Médiathèque départementale. Jean-Louis Sbardella formateur d’Illudie y abordera l’univers du jeu mais aussi des pistes de valorisation. 

 

N’hésitez pas à consulter les actualités du portail ou les programmes d’animations de vos bibliothèques, des événements autour du jeu y seront peut-être proposés.

 

Fait encore méconnu par certains lecteurs, les bibliothèques accueillent de plus en plus de jeux dans leurs collections se calquant ainsi à un phénomène social.

Dans les Hautes-Pyrénées, les bibliothécaires du réseau aussi, proposent des événements jeux, comme c'est le cas à Esparros, à Saint-Laurent ou Séron.

 

laligneOK

La ligne c'est un livre interactif où le héros, c'est toi ! Laisse toi guider, et ainsi
tu apprendras tout en riant... Bon voyage !

Kamishibaï autour du chiffre et de l'alphabet.

 

3 niveaux de lecture:

- le niveau 1 si vous vous adressez à de très jeunes enfants

- le niveau 2 pour des enfants de MS ou GS de maternelle

- le niveau 3 pour les plus grands.

La bibliothèque rouvre ses portes à partir du 18 mai.

Renseignements

 

formation de base Chaque année les nouveaux bibliothécaires du réseau de lecture publique du département suivent "La formation de base  : gérer un service de lecture publique, tout un métier !" organisée par la Médiathèque départementale.

 

Cette formation permet à ces nouveaux interlocuteurs d’acquérir les connaissances de base nécessaires à la gestion d’une bibliothèque.

 

Jeudi 26 janvier débute la session 2017 où seront représntées les bibliothèques d’Esquièze Sère, Luz-Saint-Sauveur, Ossun, Rabastens de Bigorre et Tournay.

Durant 6 jours les stagiaires aborderont des sujets essentiels comme les publics, les services en bibliothèque mais également le logiciel professionnel et le portail de lecture publique Hapyblio.

 

 

Toute l’année, professionnels et bénévoles peuvent profiter gratuitement de formations élaborées par la Médiathèque départementale qui s'efforce de proposer un programme renouvelé en adéquation avec l'actualité professionnelle et les besoins de son réseau.

Pour les plus curieux d'entre vous le programme de formation est consultable dans l'espace profesionnel du portail,  où vous  trouverez également différents articles sur les formations passés.

Malgré la crise sanitaire et l'impossibilité d'accueillir les auteurs et d'assurer la remise des prix dans sa version habituelle, le Prix Ados 2020 "Hautes Pyrénées, tout en auteurs" a été maintenu. 

Calendrier de l'Après, énigme 13

Je suis le thème de l'Escape game mobile de la Médiathèque départementale

 

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Connaissez-vous toute la richesse du matériel d'animation de la Médiathèque départementale mis à votre disposition ?

Voulez-vous des pistes pour pouvoir les exploiter ?

 

Voici les deux questions auxquelles les agents de la Médiathèque ont souhaité répondre en organisant une formation "Animer sa bibliothèque avec le matériel d'animation de la Médiathèque".

 

Lors de cette journée, 12 stagiaires ont pu assister à la présentation des différents supports mais aussi s'amuser à pratiquer en lisant des kamishibaïs, en utilisant des tapis lecture, en inventant un projet autour d'une exposition...

 

Une journée riche d'échanges et de convivialité qui a permis à chacune de repartir avec des idées et des envies plein la tête.

 

Retrouvez le matériel d'animation de la Médiathèque et les modalités de prêt en cliquant sur ce lien.

 

 

Calendrier de l'Après, énigme 12

On a l'habitude de m'appeler Prix ado, mais quel est mon vrai nom?

Le point lecture de Tilhouse est ouvert avec les recommandations sanitaires en vigueurs.

Renseignements

Calendrier de l'Après, énigme 11

Fournier Jean-Louis a écrit "Mouchons nos..."

 

Calendrier de l'Après, énigme 10

Dans un roman d'Erlbruch Wolf je le suis chez madame K

 

Où l’aztèque Acocoyotl Polichtiltli s’émerveilla de tous les faits et gestes hautement chevaleresques du très ingénieux Hidalgo Don Quijote de la Mancha, contés musicalement avec force trémolos par son fidèle Sang-Chaud, une nuit de lune pleine, sous les froufroutantes frondaisons d’une jungle oppressante :

 

« Oyez oyez senor Coco…Vous permettez que je vous appelle Coco ? »

Un sourire édenté et radieux illuminait le visage de Sang-Chaud. Il n’était jamais aussi heureux que lorsqu’il pouvait chanter les louanges de son bon maître en pinçant avec fougue les trois cordes de son charango.

Où l’aztèque Acocoyotl Polichtiltli ne s’émerveilla pas complètement des marques de familiarité maladroites mais bien compréhensives du fidèle Sang-Chaud et refusa poliment mais fermement d’être appelé Coco, sous les froufroutantes frondaisons d’une jungle toujours aussi oppressante :

« Non ! Tu ne peux pas…Fit Acocoyotl Polichtitli.

« Ah bon tant pis…répondit Sang-Chaud, toujours souriant. Alors je vous appellerai Popo...Senor Popo, c’est bien aussi ! Donc, Senor Popo… »

Après une œillade appuyée à Acocoyotl il fit frénétiquement sonner son instrument.

« …Donc, voilà mon maître qui, n’écoutant que son devoir, était parvenu, à la seule force de ses petits poignets et de mes grosses épaules, en haut de la sombre tour du sombre donjon du Castel Gaspacho.

Dans un songe, la nuit précédente, il avait entendu l’appel de la malheureuse princesse Dona Tortilla y Pastachuta. Cette pauvre enfant, qui n’avait déjà pas été aidée par dame nature étant atteinte de nanisme, était abjectement retenue prisonnière par ses trois ignobles  frères, les géants Don Gargouilli, Don Gargouillo et Don Gargouilla…

Hélas, en haut de la sombre tour du sombre… »

Où l’aztèque Acocoyotl Popo s’émerveilla de moins en moins et commença même à s’impatienter sous les froufrous qui frondaient et la jungle qui s’oppressait :

«  Hélas, trois fois hélas, continua Sang-Chaud en tirant

de vibrants et pathétiques grincements sur son charango.

« Hélas, dans le donjon, point de princesse ! Seulement les trois géants, qui attendaient mon maître, les traîtres ! Et avant qu’il n’ait pu esquisser le moindre geste voilà les bougres qui l’attrapent chacun par un pied !...

« Il avait donc trois pieds à ce moment-là ? Quel homme, demanda narquoisement Acocoyotl.

« Oui, s’écria Sang-Chaud qui ne se démonta pas pour si peu. C’était bien là toute la ruse de mon maître qui avait plus d’un tour et d’un pied dans son sac. Il avait effectivement trois pieds ! Les géants en furent si ébahis qu’ils lâchèrent mon maître qui, avec son pied supplémentaire, frappa les géants dans leurs quatre genoux !

« Ils avaient chacun quatre genoux ?

« Oui ! Quatre genoux chacun, à eux trois ça faisait quatre fois trois égal douze genoux à frapper ! Et bien vous le croirez ou non, Don Quijote de la Mancha les brisa tous les douze ! Bel exploit non ?...

« Et la princesse ?

« Ah oui la princesse…C’est ce qu’on appelle les dégâts collatéraux…Dans la fougue du combat mon maître brisa aussi les genoux de cette pauvre enfant qui n’était déjà pas bien grande et c’est pour ça qu’il ne l’avait point vue.

Pour la consoler mon maître lui donna généreusement un portrait de lui peint sur un œuf par un grand peintre d’œuf. Ce qu’elle apprécia grandement car elle le cassa sur la tête de mon maître ce qui je crois est signe de remerciement de la part des personnes de petite taille dans cette contrée sauvage et reculée…

Puis nous nous esquissâmes discrètement pour d’autres aventures...

Aventures dont certainement, cher Popo, vous mourez d’envie de connaître la suite et …

Où l’aztèque ne s’émerveilla plus de rien, ni de la jungle qui froufroutait, ni des frondaisons qui gigotaient mais qui ne mourait que d’une envie, celle d’écraser le charango sur la tête de Sang-Chaud…

Ce qu’il fit…

Calendrier de l'Après, énigme 9

Album de Van Allsburg Chris mon titre en anglais est "The widow's broom"

 

Chapitre 76

Conférence internationale en alexandrins sur l’importance et l’usage des vents à l’intérieur et à l’extérieur du ventre d’une baleine.

Intervenant : Lulu tortue luth.

Participant à titre consultatif : Billiwong Billidong

Orateurs : Johnny ; le Cap’tain ; le petit garçon en bois

Médiateur : le Koala

 

Lulu ( sentencieuse ) :

Je demande le silence en tant qu’intervenant,

Car il nous faut débattre de tous ces ouragans !

L’heure est grave messieurs, et de cette grosse bedaine

Nous devons nous extraire et adieu la baleine…

Il n’y a qu’une solution, et elle est capitale,

Servons-nous de la brise ou alors du Mistral !...

Johnny ( bougon ) :

Le Mistral connais pas ! Est-ce un vent d’aujourd’hui ?

Est-il aussi furieux  que le fou Makani

Qui plongeait, de mon temps, direct sur Hawaï,

Hurlait à pleins poumons et en faisait des tonnes,

Et valait, à mon sens, tous les plus gros cyclones ?

Le Koala ( conciliateur ) :

Un vent en vaut un autre, là n’est pas la question,

Quelle importance qu’il soit zéphyr ou aquilon ?

Il convient de savoir, en ce moment extrême,

Si on adopte la bouse ou on choisit la crème !

Billiwong Billidong ( levant la main )

Personnellement, j’opte pour les vents doux,

Mon choix se portera sur mon didgeridoo !

Je pourrais en souffler pour nous sortir du trou

Et nous mettre sur la route de mon cher kangourou…

Le Cap’tain ( furibond )

Voilà bien les ingrats, les filous, les bandits !

A peine rentrés au port, ils demandent la sortie…

A moi les moussaillons, à moi mon équipage,

Ils veulent déserter et partir à la nage !...

Lulu (excédée)

Calmez-vous triple fou, triple sourd, triple buse.

Je ne parle que de vents, n’y voyez aucune ruse!

Il s’agit de trouver le moment convenable

Pour s’extirper, enfin, de ce ventre exécrable !

Le Koala ( explicatif )

La tortue a raison, elle n’est jamais fantasque,

Il faudrait surveiller la venue d’une bourrasque.

Et faire à l’intérieur autant de gros boucan

Comme si dans ce bidon soufflait un ouragan.

La baleine effrayée ouvrant alors son bec

Nous cracherait illico comme des noyaux de pastèques !

Le petit garçon de bois ( béat )

J’vais aussi vous aider, parole de marionnette,

Car j’en ai plus qu’assez de manger des crevettes !

Faut pas être trop stupide pour mimer la tempête,

Cette fois j’ai tout compris, j’vais jouer de la trompette…

Et son nez s’allongea, encore, jusqu’au plafond

Au moment où, dehors, déboula un typhon…

Chapitre 77

Mélo Dick avait déjà essuyé de gros grains mais, de mémoire de cachalot, celui-ci était vraiment particulier.

Lorsqu’elle émergea des profondeurs elle crut qu’elle allait être emportée dans les airs. Le bruit du vent était si assourdissant qu’elle ne s’entendait plus sonder, quant au tonnerre il résonnait avec tant de violence qu’il lui semblait venir de l’intérieur même de son corps.

Et pour cause, dans l’estomac de la baleine, la tempête grondait aussi…

La « fanfare des avalés»  jouait comme si sa dernière heure était venue :

le Koala, en chef d’orchestre accompli, battait éperdument la mesure ;

le didgeridoo de Billiwong Billidong gémissait à fendre l’âme ; le Cap’tain tenait le rythme avec sa béquille en frappant sur la carapace de Lulu ; Lulu la tortue couinait comme le luth qu’elle n’avait jamais été ; le pauvre Johnny crachait ses vieux poumons en cadence et la marionnette, qui avait fait des trous dans son nez, soufflait dedans comme s’il s’agissait d’un saxophone !

Le groupe improvisé jouait frénétiquement en se tenant en équilibre sur une espèce de radeau fabriqué de bric et de broc avec des planches de bois récupérées dans les boyaux de la baleine. Un mât surplombait le tout et une voile de fortune se balançait au-dessus de la petite bande de musiciens.

Leur cacophonie était infernale, un mélomane n’y aurait pas retrouvé ses petits mais là n’était pas le but. Le tohu-bohu rebondit sur les parois de l’estomac du cachalot, vibra dans son œsophage et remonta lentement mais sûrement dans sa gorge.

« Allegro, presto, plus fort plus fort !!! Cria le Koala

« Mais qu’est-ce qui se passe ? grommela Mélo Dick. Ses ouïes commençaient furieusement à la chatouiller.

« PRESTISSIMO !!!! Hurla le Koala, hystérique…

« Mais…ahh…AHH…ATCHHH….fit Mélo Dick…

Lorsque la baleine éternua, l’onde de choc fut si énorme que l’ouragan lui-même en fut surpris.

« A vos souhaits ! dit-il en langage d’ouragan. Puis il se calma d’un coup et s’en alla rouler des mécaniques à l’autre bout de l’Océan.

Mélo Dick aussi fut surprise.

Pas seulement par son éternuement monstrueux, ni par le calme plat et la mer d’huile qui maintenant régnait autour d’elle, mais par le vide qu’elle sentit dans son ventre…

« Ils sont partis !  Ah les petits salopiots ...gémit-elle.

Un banc de dix mille petites sardines venait de se reformer sous elle pour venir aux nouvelles.

« De qui parles-tu ainsi ? lui demandèrent-elles.

Une toute petite voile blanche disparaissait au loin.

Mélo Dick poussa un soupir à fendre toutes les lames de fond.

« Un musicien si sympathique, lâcha-telle dans un sanglot. …Si talentueux…Et moi qui avais mis tellement d’espoir en lui…Il ne m’a même pas dit merci ! Parti, comme ça, sans un mot, sans un au revoir ! Rien…Quel égoïsme ! Quelle ingratitude… »

Une larme coula sur ses fanons.

Et le silence se fit sur cette scène peu amène

 dont furent témoins, hélas, vingt mille yeux sous l’amère…

Chapitre 78

Le rafiot de fortune avançait péniblement sous les alizés.

Billiwong Billidong scrutait l’horizon et essayait de maintenir le cap en direction des Îles sous le vent mais il fallait bien avouer que la voile trouée n’était pas d’une grande utilité. Tout comme le vieux Johnny, la marionnette et le Capt’ain qui, plutôt qu’aider à la manœuvre, regrettaient déjà le ventre de la baleine et n’arrêtaient pas de se plaindre du manque de confort du radeau.

« J’aurais dû emmener ma couette, pleurnichait Johnny,

« J’aurais dû emmener ma bouteille de rhum, maugréait le Cap’tain,

« J’aurais dû emmener un nez de rechange, se lamentait la marionnette.

« Chers amis, soupira le Koala, assis nonchalamment sur l’épaule de Billiwong Billidong, ce n’est pas que votre présence nous importune, bien au contraire, et croyez bien qu’en d’autres circonstances votre compagnie aurait été plus que bienvenue, mais vous conviendrez que, vue la taille de cette coquille de noix, je me demande si finalement nous ne sommes pas quelques-uns de trop… »

 « Tout à fait d’accord avec vous mon cher Koala » fit Lulu la tortue, tout en pagayant avec ses deux pattes avant à la proue de la petite embarcation.

« Je rappelle tout de même que nous avons un kangourou dans la nature et que la nature a horreur du vide, contrairement à nous, qui aimerions bien que l’on en fasse un peu, du vide…

« Ca veut dire quoi ? s’exclamèrent en chœur le vieux Johnny, la marionnette et le Cap’tain.

« Récifs en vue, cria Billiwong Billidong.

« Ca veut dire qu’il est temps pour vous de débarquer ! Fit Lulu la tortue.

« C’est une honte! Vociféra le Cap’tain.

Billiwong Billidong venait de le pousser sans ménagement avec les deux autres sur la plage de ce petit îlot rocailleux.

« C’est un scandale ! C’est une rébellion ! C’est une mutinerie ! Gibiers de potence, vous n’auriez pas osé si j’avais eu encore mes deux jambes ! Ah c’est commode !...

« Non, fit Lulu la tortue, ce n’est pas commode, c’est Komodo ! L’Île de Komodo ! C’est un endroit très chaleureux vous verrez. Le climat y est idéal pour se refaire une santé. La nourriture est de bonne qualité et l’occupant des lieux est une vieille connaissance extrêmement sympathique. Tiens d’ailleurs le voilà. Bonjour Gaston, comment tu vas mon grand ?

« Ca peut aller, ça peut aller, dit Gaston le varan. Alors, qu’est-ce que tu m’amènes cette fois ma Lulu, Mhhhh…ça m’a l’air bien appétissant tout ça… »

Il avançait en se dandinant lourdement et fouettait l’air de son immense queue recouverte d’écailles acérées.

 « Je vous présente Gaston les amis ! Il a l’air un peu balourd comme ça mais ne vous y trompez pas, il peut être très rapide…Et il est très taquin, très très taquin, vous allez bien vous amuser avec lui…Son surnom, c’est : « le Dragon de Komodo », mais c’est juste pour faire peur aux enfants, hein Gaston que tu n’es pas méchant ?...

« Non, fit Gaston, en se passant une langue fourchue sur les babines, pas méchant, pas méchant du tout…Surtout avec mon futur déjeuner… »

Et Billiwong Billidong, le Koala et Lulu la tortue prirent le large, sous les regards atterrés des trois médusés du radeau…

Chapitre 79

Où l’aztèque Acocoyotl Polichtiltli s’émerveilla de tous les faits et gestes hautement chevaleresques du très ingénieux Hidalgo Don Quijote de la Mancha, contés musicalement avec force trémolos par son fidèle Sang-Chaud, une nuit de lune pleine, sous les froufroutantes frondaisons d’une jungle oppressante :

 

« Oyez oyez senor Coco…Vous permettez que je vous appelle Coco ? »

Un sourire édenté et radieux illuminait le visage de Sang-Chaud. Il n’était jamais aussi heureux que lorsqu’il pouvait chanter les louanges de son bon maître en pinçant avec fougue les trois cordes de son charango.

Où l’aztèque Acocoyotl Polichtiltli ne s’émerveilla pas complètement des marques de familiarité maladroites mais bien compréhensives du fidèle Sang-Chaud et refusa poliment mais fermement d’être appelé Coco, sous les froufroutantes frondaisons d’une jungle toujours aussi oppressante :

« Non ! Tu ne peux pas…Fit Acocoyotl Polichtitli.

« Ah bon tant pis…répondit Sang-Chaud, toujours souriant. Alors je vous appellerai Popo...Senor Popo, c’est bien aussi ! Donc, Senor Popo… »

Après une œillade appuyée à Acocoyotl il fit frénétiquement sonner son instrument.

« …Donc, voilà mon maître qui, n’écoutant que son devoir, était parvenu, à la seule force de ses petits poignets et de mes grosses épaules, en haut de la sombre tour du sombre donjon du Castel Gaspacho.

Dans un songe, la nuit précédente, il avait entendu l’appel de la malheureuse princesse Dona Tortilla y Pastachuta. Cette pauvre enfant, qui n’avait déjà pas été aidée par dame nature étant atteinte de nanisme, était abjectement retenue prisonnière par ses trois ignobles  frères, les géants Don Gargouilli, Don Gargouillo et Don Gargouilla…

Hélas, en haut de la sombre tour du sombre… »

Où l’aztèque Acocoyotl Popo s’émerveilla de moins en moins et commença même à s’impatienter sous les froufrous qui frondaient et la jungle qui s’oppressait :

«  Hélas, trois fois hélas, continua Sang-Chaud en tirant

de vibrants et pathétiques grincements sur son charango.

« Hélas, dans le donjon, point de princesse ! Seulement les trois géants, qui attendaient mon maître, les traîtres ! Et avant qu’il n’ait pu esquisser le moindre geste voilà les bougres qui l’attrapent chacun par un pied !...

« Il avait donc trois pieds à ce moment-là ? Quel homme, demanda narquoisement Acocoyotl.

« Oui, s’écria Sang-Chaud qui ne se démonta pas pour si peu. C’était bien là toute la ruse de mon maître qui avait plus d’un tour et d’un pied dans son sac. Il avait effectivement trois pieds ! Les géants en furent si ébahis qu’ils lâchèrent mon maître qui, avec son pied supplémentaire, frappa les géants dans leurs quatre genoux !

« Ils avaient chacun quatre genoux ?

« Oui ! Quatre genoux chacun, à eux trois ça faisait quatre fois trois égal douze genoux à frapper ! Et bien vous le croirez ou non, Don Quijote de la Mancha les brisa tous les douze ! Bel exploit non ?...

« Et la princesse ?

« Ah oui la princesse…C’est ce qu’on appelle les dégâts collatéraux…Dans la fougue du combat mon maître brisa aussi les genoux de cette pauvre enfant qui n’était déjà pas bien grande et c’est pour ça qu’il ne l’avait point vue.

Pour la consoler mon maître lui donna généreusement un portrait de lui peint sur un œuf par un grand peintre d’œuf. Ce qu’elle apprécia grandement car elle le cassa sur la tête de mon maître ce qui je crois est signe de remerciement de la part des personnes de petite taille dans cette contrée sauvage et reculée…

Puis nous nous esquissâmes discrètement pour d’autres aventures...

Aventures dont certainement, cher Popo, vous mourez d’envie de connaître la suite et …

Où l’aztèque ne s’émerveilla plus de rien, ni de la jungle qui froufroutait, ni des frondaisons qui gigotaient mais qui ne mourait que d’une envie, celle d’écraser le charango sur la tête de Sang-Chaud…

Ce qu’il fit…

Chapitre 80

« Ces musiques ibères n’ont aucun avenir ici ! Bougonnait l’ara rouge.

Il mâchonnait une grosse blatte brune en regardant méprisamment Sang-Chaud qui retirait de son cou les débris de son charango.

« Leurs mélodies sont insipides et les paroles de leurs chansons sont sans intérêt…

« Toutout à faifait d’accoccord, approuva l’ara bleu.

« Ce n’est pourtant pas compliqué de faire une jolie complainte, continua l’ara rouge. Il suffit de trouver un bon sujet, romantique et intemporel…Tiens, au hasard, on pourrait imaginer une chanson sur cet insecte… » Il recracha des morceaux de carapace du cafard. « On appellerait ça : « La cucaracha !  Je suis sûr qu’on ferait un tabac, surtout à Hispaniola ou à Cuba…

« Sur un air de flamencolibri, gazouilla le colibri, ce serait magnifiqui !

«Carrramba y buttifarrra ! s’écria soudain le chevalier, se relevant difficilement en faisant craquer son armure et ses os. «  Fi de toutes ces calembredaines ! Nous autres, vaillants associés de la Compagnie des Conquistadors et des Aztèques réunis, avons d’autres pumas à fouetter, que diantre ! »

Se lissant les moustaches avec emphase il se pencha vers Acocoyotl Polichtitli.

« Don Acoco mon excellent ami, venez un peu par ici que je vous montre ce document qu’une charmante personne de mes relations a réussi à subtiliser à l’amiral de la flotte du Roy d’Espagne. Je l’ai gardé secret jusqu’à présent mais vous avez su gagner ma confiance, aussi approchez donc…C’est ce qu’on appelle, chez nous autres civilisés, une carte, un plan, un portulan…

« Un peu comme celle-là, fit Acocoyotl,  découvrant la sienne.

« Euh….Oui en effet…mais en mieux ! Voyez, la vôtre est écrite en charabia, la mienne en espagnol ! Mais surtout, regardez bien, c’est une carte très spéciale, tracée à la poudre d’or et qui indiquerait le chemin à suivre pour retrouver l’El Dorado…On dit que seul un cœur pur peut la déchiffrer, et que ce cœur pur, il faut, à l’aide d’une épée aussi pure, l’extirper du corps de celui qui le possède… »

Don Quijote, dont la voix avait monté d’un cran, avait mis sa main droite sur sa rapière et sa gauche sur l’épaule d’Acocoyotl.

« As-tu un cœur pur l’Aztèque ?

« Non, absolument pas !...

« Tant pis, tant pis, soupira l’Hidalgo à regret. J’aurai toujours essayé…

« Et vous-même ?...

« Moi non plus, moi non plus ! dit précipitamment Don Quijote. Et c’est grande pitié, vous pensez bien que j’aurais donné mon cœur, hélas impur, j’aurais donné mon sang, ma vie, mon âme, mon fidèle Sang-Chaud, pour offrir l’El Dorado à mon Roy… »

Désabusé, le chevalier allait rempocher sa carte lorsqu’elle glissa de sa main et vint se superposer à celle d’Acocoyotl.

« Regardez les deux cartes, fit celui-ci, n’est-ce pas incroyable ? Les routes semblent aller dans la même direction. On dirait que poudre d’or et charabia parlent d’une même voix…

« En effet, en effet…La voix de l’or, mon ami, la voix de l’or ! s’illumina l’Hidalgo

« Et du Quetzalcoatl, murmura Acocoyotl… »

D’un doigt décharné Don Quijote suivit le double tracé jusqu’à un point précis situé de l’autre côté des terres indiennes, au bord d’une autre mer inconnue où nul espagnol n’avait encore jamais navigué…

Ce point avait pourtant déjà un nom, inscrit dans les deux langues.

L’Aztèque et l’Hidalgo se regardèrent.

Les deux perroquets et le colibri s’étaient posés sur leurs épaules.

Sang-Chaud venait de se pencher lui aussi

« Acapulco ! Crièrent-ils tous en chœur !

chapeau

Quelle est la période de l'âge d'or du western littéraire ?

 

Quelles sont les raisons qui ont entraîné le déclin de ce genre très populaire aux Etats-Unis ?

Avec les derniers films des frères Coen ou de Tarantino assiste-t-on à un renouvellement du genre ?

 

 

 

La formation "Le western, pas de répit pour les cow-boys !" qui aura lieu à la Médiathèque départementale les 9 et 10 octobre prochains tentera de répondre à ces questions en proposant un parallèle entre les différents média culturels : littérature, cinéma, séries télévisées, musique, jeux de société et jeux vidéos.

 

Il reste des places : inscrivez-vous !

Contact : 05 62 56 75 41

 

 

Chapitre 91

« Ma mission prend fin ici ! dit « Aigle-attentif-à-la-course-du-pingouin » avec des trémolos dans la voix, ma fille vous guidera maintenant.

Les voyageurs montèrent dans le long canoë que les peaux rouges venaient de tailler rapidement dans un séquoia géant puis, avec un enthousiasme certain pour les uns et une angoisse non dissimulée pour certains autres, angoisse qui se matérialisa par une suite de gaz pétaradants, ils prirent plein ouest en direction du large.

« Ugh ! » dit simplement « Aigle-attentif… ». Il fit demi-tour et repartit chez les siens.

La fatigue commençait à se faire sentir.

Ils naviguaient depuis plusieurs semaines, se nourrissant des poissons volants que « Chienne-qui-ne-pète-jamais » attrapait au vol, buvant l’eau de pluie, pagayant sans jamais s’arrêter. Ils se relayaient à tour de rôle sans dire un mot, sans même aboyer.

« Tigresse-aux-lys-attentive-à-son-père-Aigle-attentif-à-la-course-du-pingouin-mais-aussi-attentive-aux-cousins-blafards-et-à-leurs-chiens-dont-le-plus-vilain-pète-particulièrement-fort » restait à l’avant du canoë  et ne dormait jamais. Impassible comme une statue elle scrutait l’horizon. C’est elle la première qui distingua l’île…

Lorsqu’ils accostèrent, les deux chiens sautèrent en jappant sur la plage de sable fin et disparurent sous les frondaisons d’une jungle luxuriante qui cernait apparemment toute l’île. L’indienne et les deux inuits venaient à peine de descendre du canoë qu’un rire, provenant du sommet des cocotiers se fit entendre…

« Ils m’ont l’air bien vieux, ces loustics-là, pour être perdus ! Tu n’crois pas ma vieille cloche ?...

« Ding ! Ding ! fit une autre voix qui tintait plus qu’elle ne parlait, pour sûr mon ami, pour sûr. Ils  ne ressemblent vraiment pas à des enfants abandonnés !...

L’autre voix rigola de plus belle.

« Ou faut-y qu’leurs parents soient sacrément vieux !...

La voix virevoltait dans les airs, semblant passer d’un arbre à un autre avec une rapidité déconcertante.

« Non, décidément, ces zigotos sont pas des mioches perdus et je me d’mande si qu’on va pas les rej’ter à la baille ?...

Tulurgglurkuk n’avait pas fait deux pas sur le sable et essayait encore de comprendre d’où provenaient ces voix lorsqu’il s’aperçut que la pointe d’un sabre venait de se planter juste au bout de son nez.

Une fine main tenait négligemment le sabre, après la main venait un bras, puis un buste, puis un corps tout entier mais très mince, vêtu de vert et appartenant à un étrange petit bonhomme coiffé d’un bonnet vert également et qui, chose encore plus étrange, ne semblait pas poser les pieds par terre mais paraissait voler dans les airs.

« A la baille, tintait la petite voix, à la baille !...Je connais un saurien qui serait ravi de faire un festin avec ces idiots-là ! Hi hi hi…

« Sûr qu’ce vaurien saura les déguster avec … »

Le petit homme vert venait d’apercevoir le visage de la jeune indienne et s’était soudain immobilisé. Il baissa sa lame et resta bouche bée.

« ‘Scusez Miss… j’vous avais pas vue…qu’est-ce qu’elle est belle, pas vrai, Ding-Dong ? bredouilla-t-il…

« Bof….pas tant que ça, grommela la petite voix, elle est même assez quelconque…ahlala…tu ne changeras donc jamais !...

« Qui qu’êtes-vous, demanda timidement le petit homme vert à l’indienne, comment c’est-y qu’vous vous app’lez ?

« Moi ? on me nomme : « Tigresse-aux-lys-attentive-à-son-père-Aigle-attentif-à-la-course-du-pingouin-mais-aussi-attentive-aux-cousins-blafards-et-à-leurs-chiens-dont-le-plus-vilain-pète-particulièrement-fort »…

« Oulala ! trop long pour moi !...dit l’autre en riant, on va simplifier princesse…pour moi vous s’rez juste : « Tigresse Lily ! »

« Attention, attention, fit la petite voix, tu vas encore te faire embobiner !...

« Ahhhhh ça suffit ! va-t-en Ding-Dong, t’y connais rien aux amours enfantines, laisse-moi tranquille, ouste, du balai, retourne dans ton tiroir !...

La petite voix disparut en pleurnichant.

« Tigresse Lily ? Ca me va, répondit l’indienne en souriant, et vous, qui êtes-vous mister ?

« Mister ? v’là qu’elle m’donne du mister…

 Le petit homme vert s’inclina, fit une révérence et dit :

« Pour vous princesse, y’aura jamais d’mystère…

Vous pouvez m’appeler Peter !... »

Chapitre 92

Assis à l’avant du petit radeau, Billiwong Billidong soufflait tristement dans son didgeridoo. Pour la première fois depuis le début de son long périple il n’était pas très fier.  Avoir laissé ses trois compagnons sur Komodo à la merci de ce gros lézard n’était pas digne d’un chasseur comme lui.

« Bah…ne t’inquiète pas, avait minimisé le Koala, le menteur au long nez saura bien mentir, le pirate saura bien pirater et le vieillard…bon d’accord, pour le vieillard c’est plus problématique, mais n’oublie pas que tu as un kangourou à retrouver et qu’il n’y a pas assez à manger pour tout le monde sur ce rafiot…

un vieux sage koala me disait toujours : « La faim justifie les moyens ! » alors naviguons droit devant et hardi les gars !... »

La Koala se frappa le front.

« Au fait, avec toutes ces péripéties j’allais oublier le principal…Billiwong Billidong mon ami, j’avais quelque chose à te demander depuis longtemps.

Ton kangourou doux fugueur, il ne s’appellerait pas Maurice par hasard ? »

Billiwong Billidong haussa les épaules. Quelle question idiote ! Il fit non de la tête et se remit à souffler.

« Non ? continua le Koala, Ah bon…parce qu’il m’est venu comme une intuition qu’il te fallait chercher un certain Maurice…ou une Mauricette peut-être, ça ne te dit vraiment rien ? Tant pis…pourtant je suis sûr que c’est important pour…

« Voile en vue, l’interrompit Lulu la tortue, à bâbord ! »

La voile en vue à bâbord grandit progressivement. Il s’agissait en fait non pas d’une mais de deux petites voiles d’un tout petit bateau qui s’approchait peu à peu de leur embarcation mais ne faisait pas mine de ralentir. Bien au contraire le bateau ne fit que croiser le leur à bonne distance. A son bord, un petit bonhomme grimé de la tête aux pieds d’un costume de loup gris tenait sa barre sans lâcher l’horizon du regard.

« Ohé du bateau, lança le koala, tout va bien à bord ?

« Silence ! Laissez-moi tranquille, grogna le petit loup gris, je rentre chez moi ! Allez au diable ! D’ailleurs vous y allez directement alors mauvais vent à vous !...

« Ben dis donc, il n’est pas très poli celui-là, fit la tortue offusquée, et qu’est-ce qu’il veut dire par « Au diable, d’ailleurs vous y allez… »

« Terre ! Terre à tribord, hurla le Koala.

A peine eurent-ils le temps de tourner la tête pour voir une île apparaître dans le lointain que le petit bonhomme grognon avait disparu de l’autre côté.

Ils filèrent donc en direction de l’île et, après avoir franchi avec quelques difficultés une impressionnante barrière de corail, ils finirent par y accoster.

La première chose que fit Billiwong Billidong en débarquant sur la plage fut d’inspecter le sable. A sa grande déception il ne constata aucune empreinte récente de pattes de kangourou.

En revanche il y avait de nombreuses autres empreintes. D’abord celles, petites et rapprochées, qui allaient vers la mer et qui devaient sûrement être celles  de ce furieux petit bonhomme croisé plus tôt.

Et il y avait d’autres empreintes.

Enormément d’autres empreintes. Des empreintes énormes, gigantesques, monstrueuses. Certaines provenant de gros mais alors de très gros sabots, d’autres avec des traces de griffes ou de palmes colossales, d’autres encore appartenant à de bonnes grosses pattes poilues.

Des empreintes de grosses pattes poilues appartenant sans doute à l’individu à la très grosse voix qui, encore dissimulé dans la forêt qui longeait la plage, demanda timidement :

« Vous n’auriez pas vu Max par hasard ? »

Chapitre 93

Billiwong Billidong, Lulu et le Koala levèrent la tête en même temps.

« Ah oui en effet, murmura Lulu la tortue, il semble que nous ayons trouvé à qui appartiennent ces belles grosses empreintes…

« Mais oui madame, ces belles et terrrribles et maxi empreintes sont les maxi nôtres ! fit un terrible monstre poilu à terrible tête de taureau.

Un autre terrible monstre à long cheveux roux sortit lui aussi des bois et, en montrant de sa grosse et terrible main griffue des traces à moitié effacées dans le sable, ajouta :

« Et celles-là ce sont les miennes !

« Pousse-toi gros lard, fit un autre terrible monstre barbu avec des petites

( mais terribles ) cornes sur le haut de la hure et dont le ventre, terriblement velu, était orné de rayures jaunes et orange, pousse-toi ! tu vois bien que ces traces-là sont à mouââââ !...

« Et celles-là sont à mouâââ ! grogna un quatrième et terrible monstre à tête de perroquet.

Deux autres terribles monstres, maousses, bariolés et hirsutes apparurent encore. Ils se chipotèrent, se bousculèrent, se firent des crocs en jambes puis finalement roulèrent ensemble dans le sable.

Après un bref moment de confusion pendant lequel Billiwong Billidong et ses amis n’avaient pas osé bouger, l’un des monstres donna des coups de coudes aux autres et désigna du groin les trois arrivants.

Les monstres se calmèrent peu à peu et se mirent en rang. Le gros barbu rayé avec ces petites cornes reposa sa question.

« Donc, vous n’avez pas vu Max ?...

« Ahhhh il s’appelle Max, fit le Koala, ce petit loup mal poli qui nous a croisés sen nous traitant de tous les noms !

« Oui, c’est tout lui ça ! hurlèrent les monstres hystériques en poussant des cris de joie et en agitant leurs grosses pattes, sacré Max , toujours un mot méchant pour chacun ! Mais où est-il passé ? C’est que nous avons une fête épouvantable à terminer avec lui ! ....

 « Lorsque nous l’avons vu, je crois qu’ il rentrait chez lui, dit le Koala.

« Ohhhh…Quel dommage, fit un autre terrible monstre, un si vilain garçon, nous aurions pu le manger…mais vous-mêmes, vous ne voulez pas venir vous suspendre aux arbres avec nous ? On va bien rigoler. Ca va être terrible ! Et ensuite on vous mangera aussi, hein, qu’est-ce que vous en dites ?...

Le Koala eut soudain une inspiration et dit :

« Chers amis monstrueux, Max est malheureusement parti mais nous pouvons le remplacer avantageusement. Il se trouve que vous avez devant vous les spécialistes mondiaux de la suspension dans les branches avec triple saut arrière, pas vrai les gars ?

« Billiwong Billidong et Lulu hochèrent la tête. Les monstres battirent des mains.

« Chouette, dirent-ils, et ensuite on pourra vous manger ?

« Tout à fait ! Tout à fait ! dit le Koala, allez, on s’accroche, hop c’est parti !...

Billiwong Billidong, Lulu la tortue et lui-même se suspendirent aux hautes branches des palmiers et commencèrent à se balancer.

« Bravo ! Bravo ! Magnifique ! C’est vraiment terrrrrible, firent les monstres

« N’est-ce pas, hoqueta le Koala, au fait…pouf…pouf…au fait…Maurice…Maurice…

« Quoi Moritz ? firent les monstres. Moritz comme Max et Moritz ?...

« Pouf…pouf…non…pas Moritz…Maurice…vous savez où on peut trouver Maurice ? souffla le Koala en se balançant de plus belle.

« Ahhhh Maurice !...s’exclamèrent en chœur tous les monstres, bien sûr qu’on sait où on peut trouver Maurice !...

Ils levèrent tous leurs pattes dans la direction de l’ouest.

« C’est par là !...

« Merci ! murmura le Koala.

Alors, avec une parfaite synchronisation, les trois amis prirent leur élan, lâchèrent les branches où ils étaient accrochés et firent un terrible triple saut arrière de toute beauté qui les envoya dans la jungle où ils disparurent à la vue des monstres.

Des monstres qui restèrent bouche bée.

Et qui, évidemment, se mirent à monstrueusement pleurer :

« BOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU…»

Chapitre 94

Zozo…Zozooo….

Renard rouzé qui fait sa loiiiii…

Zozo…Zozooo…

Vainqueur…tou l’es z’à tchaqué fois…

Dans la pénombre d’une ruelle glauque donnant sur le port d’Acapulco, une petite bande hétéroclite et encapuchonnée se dissimulait tant bien que mal à l’abri des regards des soldats qui déambulaient en ces lieux mal famés.

Acocoyotl et ses compagnons se serraient les uns contre les autres avec inquiétude car le vieil Hidalgo paraissait plus loco que jamais.

Il chantonnait fébrilement depuis un moment une comptine ridicule qui était, soit disant, un code pour avertir Don Diego, lequel, pour l’instant, n’avait pas encore montré le bout de son nez masqué.

« Il va venir, il va venir…Il a sûrement une affaire urgente à régler…un bougre à égorger, une affaire d’honneur en attente, une infante à secourir, un verre de xérès à finir, que sais-je…dans la famille nous avons toujours d’honorables raisons pour être en retard…

Zozooo…Zozooo…Renard rouzé qui fait sa loiiiii…

Zozooo…Zozooo…

 

« Qué tal hombre ?!...Serait-ce toi mon couzin ? fit une sombre voix émergeant d’un gros tonneau de harengs.

« Mon cousin ! Est-ce toi ?! répondit joyeusement Don Quijote en se précipitant sur la forme puante et dégoulinante qui s’extrayait du baril.

« Olà cousin ! Toujours aussi masqué ! fit Don Quijote

« Olà couzin ! Touzours aussi cazqué ! répondit Don Diego.

Avisant soudain la petite troupe blottie derrière le dos de Don Quijote, Don Diego recula d’un pas, sortit son épée et entama une série de dangereux moulinets au-dessus de la tête des malheureux.

« Attenzion mon couzin ! se mit-il à brailler,  vise un peu ces danzereux coupe zarrets qui en veulent à tes bourzes !  Ze m’en vais zigouiller ces zouaves d’un coup de zabre ! Et zing ! Et zang ! Tremblez zibiers de potenze, zélérats, azzazzins…

« Aïe ! Ouille ! glapirent les deux aras en tentant d’échapper à l’estrapade, il est encore plus zinzin que l’autre !

« Halte-là noble cœur ! dit le chevalier en s’interposant, ces rustres sont sous ma sauvegarde ! Ce sont de braves bougres et, pour une certaine circonstance il se trouve que nous faisons cause commune. Nous voilà céans près de toi car, mon cousin, nous requérons ton aide…

« Dans ze cas , ils zont aussi zous ma proteczion, fit le cousin masqué en rengainant sa rapière, ze zuis dézolé mes zeigneurs, excusez ma méprize, z’ai bien failli vous zigouiller ! » Puis,  se tournant vers le Chevalier : « Que puis-ze pour toi mon inzénieux couzin ?

« Peu de choses en vérité ! Ta protection d’abord…

« Elle t’est aquize !

« Ta fine lame ensuite… 

« Aquize ! Aquize !

« Le reste n’est que broutille…Nous avons simplement besoin que tu nous prêtes ton vaisseau pour retrouver, premièrement, une bestiole nommée Quetzalcoatl recherchée par l’Aztèque ici présent, et secondement, ramener l’or de l’Eldorado en ma demeure ibère afin qu’après en avoir généreusement donné une infime part à notre bon Roy je le dépose aux pieds bénis de ma tendre et bien-aimée Dulcinée…

« Touzours amoureux de Dulzinée mon couzin ?…Ze vois, ze vois, fit zombrement Don Diego de la Vega, z’est donc une affaire de cœur ?

« Zi on veut, répondit Don Quijote…de cœur, d’honneur, de gloire…

« A zenou mon couzin ! Tu le zures ?

« Ze le zure !

« Alors ze suis ton zerviteur ! Zésus Marie Zoseph ! Ma caravelle t’est acquize, son équipaze est à toi !

« A qui ?

« A toi !!! Allez, zou ! embarquons les z’amis ! s’écria Don Diego

« Allons-z-y Alonzo ! s’exclama joyeusement Sang-Chaud

« Pas Alonzo…fit lugubrement Don Diego en clouant du regard le pauvre serviteur et en mettant sa main sur la paume de son arme, pas Alonzo…

 

Son nom, il le signe de la pointe de son épée…

D’un Z qui veut dire Zozo…

Chapitre 95

Acapulco et le « Nouveau Monde » n’étaient plus qu’un vague souvenir.

La Perla Negra, le galion de Don Diego, filait maintenant, toutes voiles dehors depuis plusieurs semaines, plein ouest vers l’inconnu.

Les perroquets, le colibri et Sang-Chaud étaient dans les haubans et scrutaient l’horizon. L’équipage, pour plus de sûreté, n’avait pas embarqué. Seul le capitaine, un vieux loup de mer bayonnais répondant au nom de Jacques Moineau, était resté à bord pour tenir la barre et maintenir le cap.

Pour l’heure, dans la cabine des officiers, les esprits s’échauffaient.

Les deux cousins, Acocoyotl et le capitaine étaient penchés, inquiets, sur une carte marine.  Cet antique parchemin, le capitaine l’avait gagné aux dés à une vieille sorcière, dans un bouge de la Jamaïque, et possédait, pour qui savait le déchiffrer, des indications secrètes qui pour l’instant, il fallait bien le reconnaître, restaient invisibles…

Le capitaine Moineau, à l’aide d’un compas, traçait d’étranges cercles concentriques sur le document, plaçait sa boussole à un endroit, puis à un autre, se grattait la tête et grommelait dans sa barbe.

« J’ai sillonné les sept mers dans tous les sens, poursuivi toutes les flottes du monde, coulé cent navires ennemis, accosté sur des îles remplies de cannibales, échappé aux sirènes, aux murènes, aux baleines, à la gangrène, à la mauvaise haleine, au manque d’oxygène…mais franchement là, par tous les poils de barbe de Poséidon, je ne vois absolument pas par quel bout de ma lorgnette il me faut regarder, ni par où commencer…c’est que c’est vaste, l’océan… Messieurs, il vous faudra peut-être renoncer à l’or…et aux plumes…

 « Malédiction ! grimaça l’Aztèque.

« Jamais ! grogna Don Quijote.

« Zamais ! gronda Don Diego.

 « A moins que, à moins que…murmura Jacques Moineau.

Il n’en dit pas plus car à cet instant la vitre d’un hublot vola en éclat.

Un albatros, visiblement aveuglé par le soleil, venait de percuter une fenêtre et s’était engouffré dans la cabine. L’oiseau, paniqué, ne resta pas longtemps dans la cambuse, juste assez tout de même pour mettre le souk sur la table, faire voler quelques perruques, casser quelques bonbonnes de rhum, lâcher une ou deux crottes sur la carte et ressortir par la porte en deux battements de ses gigantesques ailes.

Le souffle coupé, le capitaine, consterné, avait néanmoins eut le temps de voir  les petits excréments de l’oiseau tomber sur la carte.

« Regardez, regardez, souffla-t-il, le compas, le caca…

Le compas du capitaine, mu par un mouvement incontrôlé puisqu’il l’avait lâché, venait en effet de sauter d’un extrême à l’autre de la carte et la pointe de l’instrument s’était fichée sur une des crottes, au beau milieu de rien.

Les quatre compères se couchèrent littéralement sur la carte, le nez sur la crotte. Fébrilement ils tirèrent deux lignes pour vérifier l’exacte position de celle-ci.

Elle recouvrait en partie le dessin d’une petite île dont le nom hélas, à moitié effacé, ne disait rien, ni aux uns, ni aux autres…

Les coordonnées, en tous cas, en étaient les suivantes :

20°10’ Sud ; 57°30’ Est…

« Connais pas cet endroit, souffla Moineau.

« Zamais entendu parler, s’écria Don Diego hors de lui, c’est de la mazie ! C’est la mazie du guano !…

« Magie, guano, caca ou pas, c’est notre dernière chance ! dit Acocoyotl…

 « L’aztèque a raison ! ajouta Don Quijote, alors capitaine, branle-bas de combat, hissez la grand voile, et en  avant toute…

En avant toute vers l’île de Mau…

Calendrier de l'Après, énigme 8

Formation qui se déroulera le 21 et 22 février, je ne suis pas l'exposition. Je suis... 

 

...

Chapitre 86

La fée et le magicien chuchotaient entre eux pendant que Pégase se désaltérait dans l’eau du lac.

« Ne vous gênez pas surtout, fit la fée, ce n’est que l’endroit où je dors ! » Elle se tourna vers Giuletta. « On aura vraiment tout vu à Brocéliande ! Enfin, il faut vivre avec son temps n’est-ce pas ? Ainsi c’est vous la « fille au Sphinx » ?

Le blondinet l’interrompit : 

«  Dis madame la fée, tu ne pourrais pas me dessiner un…

« Non je ne peux pas, dit la fée, ce que nous pouvons faire en revanche c’est vous aider à continuer votre route…Nous, c’est-à-dire moi et mon collègue enchanteur ici présent. Il est un peu vieux, 756 ans aux prunes, un peu dur de la feuille, sa mémoire est fluctuante mais il se souvient encore de quelques belles formules magiques, pas vrai, Marcel ?

« Qu’est-ce que tu dis Roxanne ? bafouilla Marcel l’enchanteur.

« C’est triste, il me prend pour ma cousine, une fée dont il était épris il y a fort longtemps et qui avait très mauvais caractère. Moi c’est Suzanne, Marcel !  SU…ZA…NNE !…bon tant pis…est-ce que tu peux faire un petit tour de magie à ces messieurs-dames pour leur montrer de quoi tu es encore capable ?

DE QUOI TU ES...CA…PA…BLE !...

« Ah oui…Un petit tour, bredouilla le vieux magicien, voyons voir… qu’est-ce que vous dites de ça ?... » Il sortit de sa manche une baguette de pain, la brandit au-dessus de sa tête et s’exclama :

« Supercalifragilistiexpialidocious ! »

Le blondinet se transforma en crapaud.

« Cornegidouille  et salsepareille ! soupira la fée, ce truc ne marche plus depuis longtemps mon pauvre Marcel… »

Elle déposa un baiser sur la tête du crapaud et celui-ci se rechangea en garçonnet casse-pied.

« Bon, fit elle, laissez-moi plutôt vous présenter deux félins de premier ordre.

« Miaou ! » fit le premier chat qui était fort botté.

« Miaow ! » fit le second chat dont on ne voyait que le sourire.

Le premier chat dit en saluant cérémonieusement :

« Mes hommages gente dame ! Mon maître, le marquis de Calebasse, m’appelle le Chat Bottines, mais vous pouvez m’appeler simplement : Bottines… Ma petite griffe me dit que vous avez un Sphinx à retrouver.

Votre route est encore longue mais broutilles que tout cela ! Nous sommes, comme vous le savez, céans en Petite Bretagne. Vous allez devoir faire un saut de puce jusqu’à l’autre Bretagne, la Grande, là-haut... »

Il regarda Pégase qui continuait à s’ébrouer dans l’eau.

« Malheureusement vous ne pouvez y emmener votre canasson, les chevaux ailés sont très mal vus en Calédonie et, hélas, c’est précisément là où vous devez aller. Là-bas ils mangent la panse de cheval farcie avec de la sauce à la menthe ! Quel manque de goût n’est-t-il pas ? Bref c’est ballot mais il devra rester ici…»

Il jeta un coup d’œil au blondinet et à Roméo et fit la moue.

« Ces deux-là en revanche, vous pouvez les emporter sans problème… »

Puis le Chat Bottines se pencha et à la grande surprise de Giuletta, enleva ses bottines et les lui tendit…

« Tenez, dit il, c’est cadeau ! Ici à Brocéliande nous avons réponse à tout ! Essayez les, vous allez m’en dire des nouvelles. Ces bottines de sept vieux m’ont été données par sept sorciers d’un autre âge, elles sont évidemment ensorcelées. Si vous les chaussez, d’une seule enjambée vous serez transportée près d’un autre lac où quelqu’un de très particulier vous indiquera le moyen pour aller jusqu’à….

« Miaow miaow…fit  le second chat.

« Oh pardon cher Cheshire, j’allais t’oublier ! Les calédoniens ont un accent à couper à l’épée et ce chat sera votre traducteur, en plus d’être fort souriant.

 «  Et ce lac, demanda Giuletta en enfilant les bottines, il se trouve où exactement ?

« Ah vous allez adorer l’endroit ! Typique, brumeux à souhait, mélancolique au plus haut point et très romantique vous verrez. Pour une artiste telle que vous ce sera une véritable source d’inspiration.

Ce lac se trouve dans le Comté de Ness, on l’appelle :  le Lac Ness… »

Chapitre 87

Les bottines de sept vieux étaient très performantes.

Guiletta passa de la Petite à la Grande Bretagne en moins de temps qu’il ne lui en fallut pour dire à Roméo de ne pas trembler, au blondinet agaçant de se taire et au chat d’arrêter de regarder Roméo en riant bêtement.

Giuletta était triste d’avoir dû laisser Pégase à Brocéliande mais la fée lui avait assuré que certains chevaliers siégeant autour d’une table circulaire seraient ravis d’avoir un tel destrier pour leurs futures chevauchées, aussi s’était-elle consolée de savoir Pégase entre de bonnes et chevaleresques mains.

Ils venaient d’arriver au bord du mystérieux Loch.

Giuletta déposa sa petite troupe près de la rive où de fines vaguelettes venaient clapoter doucement. Dans cette ambiance curieusement ouatée on n’entendait aucun son. Cette absence de bruit en devenait inquiétante, même le blondinet n’osait ouvrir la bouche, Roméo tremblait de plus en plus, le chat ne souriait plus du tout.

La pluie pénétrante qui tombait sans discontinuer et les lourdes brumes qui enveloppaient le loch auraient pu convenir à la nature mélancolique de Giuletta si cette atmosphère oppressante n’avait pas dégagé quelque chose d’infiniment sinistre. Elle se disait que ça aurait pu faire un arrière-plan tout à fait convenable pour un portrait de Sphinx, ou de tout autre animal fantastique, quand soudain…

Tic-tac…Tic-tac…

« Vous n’entendez pas comme un bruit de montre ? murmura le blondinet,

Tap tap tap

« Vous n’entendez pas quelqu’un qui court ? continua-t-il,

« Je vais être en retard, je vais être en retard ! s’écria un lapin blanc émergeant du brouillard et courant comme un lapin dératé. Il consulta fébrilement sa montre à gousset et, découvrant subitement Giuletta, le blondinet et Roméo, s’arrêta net.

« Ah mais vous êtes déjà là ! dit-il, parfait, parfait ! Il jeta encore un coup d’œil à sa montre puis aperçut le chat dans une branche au-dessus de lui.

« Tu es là aussi Old Chap’, tant mieux, je me sentirai moins seul sur le dos de…mais nous n’avons plus une seconde à perdre…la reine ne serait pas contente si elle savait que…Il est tout juste temps d’embarquer ! Il faut monter à bord, lever les amarres, grimper sur le dos de…

« Pas encore, pas encore, attendez une seconde ! fit une voix dans la brume.

La brume s’évapora lentement et l’on vit apparaître un petit homme barbichu, tout de noir vêtu,  une fraise blanche autour du cou, qui finissait d’écrire avec une longue plume d’oie sur une écritoire posée sur ses jambes croisées.

Il posa sa plume et leva la tête.

« Tiens, le poète ! fit le lapin pressé, vous êtes là aussi ? Vous allez embarquer avec nous ?

« Pas du tout, pas du tout mon ami, fit le poète en souriant, je suis juste là pour donner quelques dernières recommandations avant l’ultime voyage…

Qui d’autre que moi pourrait le faire en de telles circonstances ?

Mais je vois que tu n’es pas seul. Qui sont tes amis ? Le sourire félin qui apparaît et disparaît, lui je le connais, mais les autres ?… »

Giuletta, qui ne s’étonnait plus de rien depuis longtemps, se présenta :

« Giuletta, peintre florentine et son amour de rat, Roméo…

« Giuletta et Roméo, fit le poète, quelle belle association…Ca me donne une idée pour plus tard…et le petit blond là…qui est-ce ?

« Tu pourrais me dessiner un cheval, monsieur le poète, demanda le petit blond.

« Ahhhh, fit le poète perdu soudain dans ses pensées, mon royaume…mon royaume pour un cheval…Non, je ne peux pas ! Mais revenons à nos dragons….

Mes amis, mes amis…

 

Vous allez entreprendre une dernière traversée,

au bout des flots furieux est votre destinée,

Après de pieux efforts et quelques sacrifices,

Inutile de le nier, votre but, c’est Maurice !

Mais avant tout il va falloir dormir,

roupiller, faire dodo, ronfler, vous assoupir

contre vents et marées, contre monts et merveilles,

nimbée est votre vie de songes et de sommeil…

Le poète se tut.

Un gigantesque cou émergea de l’eau et Nessie, le monstre du Loch Ness, approcha sa grosse tête de la berge. Comme des somnambules, Giuletta, Roméo, le blondinet, le lapin pressé et le chat souriant montèrent sur le dos du monstre et s’assoupirent aussitôt.

Le monstre fit un clin d’œil au poète, plongea et disparut.

Le poète reprit sa plume et se remit à écrire.

Car sommeiller, il vous faudra sans trêve.

Vous êtes de l’étoffe dont nous faisons les rêves…

Chapitre 88

Chez Abdûl Karambhâr, père et fils.

Maison sérieuse recommandée par la guilde du vent depuis la naissance de Vishnou. Construction et vente de boutres, de jonques, de dhows et de tapis volants. Modèles de qualité pour toutes les bourses, de préférence pour les plus grosses, mais on peut faire un effort pour les petites…

 

C’est exactement ce que je cherche se dit Tchang-Lu, devant la réclame accrochée à la porte rafistolée de l’entrepôt caché au fond d’une ruelle du port de Mangalore, sur la côte de Malabar.

Puisque tout indiquait qu’il devait prendre la mer pour retrouver son pangolin, c’est sur les persiflantes recommandations du cobra du Maharadjah de Salhâmandragore qu’il était descendu tout au sud des Indes et s’était mis en quête d’une embarcation.

« Pourquoi embarquer ? s’exclama avec dédain Abdûl Karambhâr père, (à moins que ce ne fut le fils), après que Tchang-Lu lui eut exposé ses besoins.

Un voyageur moderne tel que vous doit choisir l’avenir, et l’avenir mon Prince, ce n’est pas l’eau ! C’est l’air, l’air et la magie…

« Tout à fait, tout à fait, renchérit Abdûl Karambhâr fils, ( à moins que ce ne fut le père), l’air et la magie ! On peut dire que c’est votre jour de chance car nous venons justement de rentrer le tout dernier modèle de tapis volant superkrishna à injection ! Ce tapis volant est fait littéralement pour vous, voyez plutôt : freinage automatique incorporé dans les fils de soie, toit ouvrant sur le vide, coussins d’air à volonté, possibilité d’emporter son éléphant, diffusion d’encens par jet continu, GPS ( Géolocalisation Par Shiva) intégré, et, cerise sur le kulfi : air-bhagavad-gita à l’avant et à l’arrière !...N’est-ce pas que c’est une merveille ? Bon, il y a un petit bémol, la couleur safran est en option, mais… »

Il fit un clin d’œil à l’autre Abdûl qui lui rendit son clin d’œil.

« … si vous vous décidez tout de suite, je pense que nous pouvons faire un petit quelque chose, pas vrai fils ?

« Non, moi je suis ton père, fils ! dit Abdûl père.

« Ah bon, tout le monde peut se tromper, père ! dit Abdûl fils.

« Mais on peut tout de même vous faire une petite ristourne, clamèrent-ils en choeur.

« Magie…tu parles d’une magie !...Magie du commerce, oui… » se dit Tchang-Lu en ressortant du magasin avec son tapis sous le bras.

De toute façon il n’avait plus guère le choix.

Tout en marchant il consulta le mode d’emploi que les marchands lui avaient glissé dans la poche.

« D’habitude pour le mode d’emploi il y a un supplément », avait dit l’un des deux Abdûl. L’autre avait ajouté qu’il fallait parfois se montrer généreux et que sûrement ils allaient regretter cette prodigalité mais qu’ils étaient comme ça, eux, les Abdûls, désintéressés et charitables, et que sûrement ils finiraient un jour ruinés par tant de largesse mais qu’on ne pouvait pas changer la nature humaine, puis ils avaient poussé Tchang-Lu dehors en lui souhaitant bon vent. Ils avaient ensuite vivement refermé la porte de la boutique derrière lui en bouclant la serrure à double tour.

Malheureusement le mode d’emploi n’était pas écrit en hindi.

Encore moins chinois.

Il était écrit en hollandais…

Tchang-Lu comprit alors deux choses.

La première, c’est qu’il venait de se faire arnaquer par les deux Abdûl.

La seconde, c’est qu’il avait entre les mains un tapis hollandais volant !...

Il se dirigea vers la plage la plus proche…

Chapitre 89

« Veuillez rentrer…bzzzz…le mot de passe…xzzz…je répète…Veuillez…bzzz…rentrer…xzzz…le mot de passe ! »

Tchang-Lu n’en pouvait plus !

Il voulait bien escalader l’Himalaya, soigner des tigres en mal de rayures, parlementer avec des panthères blanches, se faire piquer par des grenouilles venimeuses, risquer sa vie avec des joueurs psychopathes, mais là c’en était trop…

Il savait que sa quête arriverait bientôt à son terme et il avait, depuis le début de son voyage, surmonté toutes sortes d’épreuves, fait d’invraisemblables rencontres, fait preuve de sagesse, de diplomatie et de la patience de cinq cents Bouddhas mais, se faire rembarrer par un tapis volant, hollandais de surcroît, c’est-à-dire fantomatiquement bourré de technologie moderne, qui ne voulait pas démarrer parce que le mot de passe était incorrect, ça c’était au-dessus de ses forces…

Il avait pourtant essayé tous les mots magiques en sa possession.

Abracadabra…Shazam…Hocus Pocus…Higitis Figitus…Bibidi Bibidi boo…Wingardium Leviosa…Sésame-ouvre-twa…

Aucun n’avait fonctionné et ce damné tapis ne voulait toujours pas voler !

A bout de patience il allait abandonner lorsqu’il s’était soudain souvenu des derniers sifflements du cobra.

Cela avait quelque chose à voir avec un nom, mais quel nom ? Il n’en était plus très sûr mais il pouvait s’agir d’un nom avec un S…Alors il essaya tous les noms qui lui passèrent pas la tête :

Souad ? Sankar ? Sajit ? Sumesh ? Hassan ? Hossein ? Mitsou ? Mitsi ? Sun-Sou ? Tsou-Tsou ? Tsi-Tsi ? Mitsi ? Mitsou ? Mistigri ? Missouri ? Mississipi ? Massoud ? Mouss-Mouss ? Moussa-Moussa ? Saucisse ?...

MAURISSSE !...

« Ben voilà…bzzz…c’est pas compliqué…xzzz…bonne réponse...Maurice….code accepté !...prêt pour le décollage…bzzzz…Mais avant voici un message de votre…xzzz…commandant de bord : »

Un nuage poussiéreux s’éleva d’un coin du tapis et un ectoplasme coiffé d’une casquette loqueteuse se matérialisa devant Tchang-Lu et déclara d’une voix d’outre-tombe de pilote :

« Wilkomen ! Je suis votre…Xzzzz….commandant de bord Pruit Von Pruitenbrouck ! Le vol 999 à destination de….Xzzzz…fera une brève…bzzzz…escale sur l’île de….Xzzzz...pour un ravitaillement de…fils de soie…bzzzz…et devrait durer environ…xzzzzz…heures…sauf incident…prière d’attacher vos…xzzzz…babouches…départ imminent… »

Le tapis décolla comme une flèche en direction de la pleine mer.

Tchang-Lu eut juste le temps de déchiffrer, au centre du tapis,
une inscription sibylline et des nombres qui s’étaient matérialisés un très court instant puis s’étaient aussitôt effacées.

Des chiffres sans queue ni tête de pangolin et qui pour lui ne voulaient absolument rien dire.

20°10’S

57°30’E

Le tapis volant savait très bien de quoi il était question et fila droit au sud-est…

Chapitre 90

La petite troupe avançait rapidement.

Soutenant, quel que soit le temps, la même allure à grande foulée, ils avaient franchi des déserts brûlants, des steppes désertiques, des rios impétueux et des montagnes enneigées et avaient laissé maintenant loin derrière eux les hautes plaines du peuple des sept feux, les hommes à la peau rouge et leurs placides bisons.

« Aigle-attentif-à-la-course-du-pingouin » se demandait s’il avait bien fait d’emmener avec lui sa fille : «Tigresse-attentive-aux-fleurs-mais-surtout-aux-lys-de-la-vallée ».

Malgré les réticences paternelles, elle avait tenu à le suivre dans ce voyage vers l’inconnu, aussi périlleux qu’incertain. Intrépide, ne reculant devant aucun danger mais surtout nageuse hors pair et habile à manier la pagaie, elle avait convaincu les anciens du clan et avait été désignée comme guide pour accompagner ces étranges cousins du Nord et leurs chiens dans leur quête au-delà de la Grande Eau.

Pour la circonstance, et par souci de simplification, le grand sorcier l’avait rebaptisée : « Tigresse-aux-lys-attentive-à-son-père-Aigle-attentif-à-la-course-du-pingouin-mais-aussi-attentive-aux-cousins-blafards-et-à-leurs-chiens-dont-le-plus-vilain-pète-particulièrement-fort ».

Tanarak se demandait si elle avait bien fait de suivre ce gros nigaud de Tulurgglurkuk. Après tout, qu’en avait-elle à faire de ce satané pingouin ? Qu’il soit retrouvé ou pas n’allait pas changer grand-chose à sa vie…

Cependant et malgré les nombreux griefs qu’elle aurait pu avoir à l’encontre du chasseur, elle était bizarrement attendrie par sa maladresse et se découvrait au fil des jours et du chemin une âme de protectrice qu’elle n’avait jusque là jamais soupçonnée. La nuit dernière du reste, dans son sommeil,  une grosse voix d’ourse lui avait susurré : « Tanarak ma fille, tu files un mauvais poil de phoque !... »

Tulurgglurkuk se demandait si tout compte fait il avait bien fait de partir pour cette quête insensée et si elle allait prendre fin un jour. Chaque pas qui l’éloignait de son cher igloo lui faisait amèrement regretter la douce quiétude de sa «  vie d’avant ». Lui qui n’aspirait qu’au calme et au silence de la banquise, il maudissait toutes ces rencontres extravagantes qui le fatiguaient au plus haut point. Toutes, sauf une. Evidemment…

« Chienne-qui-ne-pète-jamais » se demandait si elle ne devrait pas ralentir un peu le rythme. Elle n’était pas fatiguée, au contraire, ces courses folles dans cette nature inconnue décuplaient son envie de dévorer l’espace. Non, ce qui l’ennuyait c’était qu’elle avait constaté que « Chien-qui-pète » tirait un peu la langue et bien qu’il restât à sa hauteur elle sentait bien qu’il faisait des efforts pour ne pas être distancé. Quel gros balourd tout de même.

Sans même s’en rendre compte, elle diminua l’ampleur de ses foulées…

« Chien-qui-pète » ne se demandait rien du tout.

On ne lui demandait plus son avis depuis longtemps aussi avait-il décidé de garder ses réflexions pour lui. Son maître avait l’air d’avoir été totalement shamanisé par cette inuit qui ne lui avait jamais plu et il ne comprenait toujours pas pourquoi il fallait rattraper ce fameux pingouin. Des pingouins, il y en avait plein d’autres là-haut, alors un de plus un de moins !...

Il ne comprendrait finalement jamais les humains.

Et puis il y avait cette stupide louve blanche qui avait tellement de mal à suivre sa course. Il voyait bien qu’elle peinait la malheureuse. C’est qu’elle ne faisait plus la fière maintenant. Pour la peine il allait accélérer pour lui montrer un peu qui était le chef de meute, ça lui ferait les pattes.

Enfin, il allait accélérer…mais plus tard…c’est ça…beaucoup plus tard…

Ils arrivèrent au bord de l’océan.

Calendrier de l'Après, énigme 1

Mais qui, chaque mois, rédige les sélections thématique pour votre plus grand plaisir?

Chapitre 81

Acapulco…

« Bien sûr, Acapulco…Fit le chevalier en se parlant à lui-même. Comment n’y avais-je pas pensé plus tôt ?...L’étoile du Sud… »

Il se tourna vers Acocoyotl.

« C’est par le port d’Acapulco que passe notre route, l’indien ! Vers l’Océan inexploré, vers l’irrésistible inconnu, vers l’inaccessible étoile…Il va nous falloir reprendre la mer…L’or est là-bas, à l’Ouest, de l’autre côté des flots ! Ta bestiole à plumes aussi, j’y mettrais la main de mon fidèle Sang-Chaud à couper !...

«Je préfèrerais garder ma main, mon bon maître, mais s’il le faut…fit son fidèle Sang-Chaud…

Acocoyotl Polichtitli était un peu perplexe. Faire la route avec ce fou d’Hidalgo n’avait déjà rien de réjouissant mais poursuivre sa quête par la mer c’était une toute autre histoire. Les scribes impériaux n’étaient pas formés pour être de grands nageurs et Acocoyotl n’échappait pas à la règle : Il n’avait jamais mis les pieds dans l’eau et en avait une terrible horreur. Les perroquets aussi…

« Madre de Dios ! Pleurnichait l’ara rouge. Il nous prend pour qui celui-là ? Est-ce qu’on a une tête d’albatros ?

« L’albatros, c’est atroce ! Grimaça le colibri

«  Est-ce qu’il nous prend pour des fous de bassan ?

« Il est complètement fou lui-même !

« Est-ce qu’il nous prend pour des cormorans ?

« Son corps à lui est déjà mort et il ne le sait même pas !...

« Cessez de caqueter, vile volaille ! Gronda le chevalier. Ecoutez plutôt ce que j’ai à vous dire… »

Prenant un air énigmatique, il continua en souriant :

« Je crois avoir une solution…Il se trouve que, par le plus grand des hasards, avant de quitter l’Andalousie, j’ai été mis dans une secrète mais bien intéressante confidence. Il y aurait, dans le recoin d’un quai du port d’Acapulco, un modeste galion qui n’a l’air de rien mais qui serait en réalité rien moins que  l’avant-garde de la flotte royale des territoires encore inconnus des Indes Orientales.

Figurez-vous que le commandant de ce vaisseau n’est autre que mon cousin Diego, le fils de ma tantine chérie, Dona Izabella-Conception de la Cruz y Vega. Diego est une sorte de guerrier d’exception, un escrimeur hors pair que la couronne envoie pour des missions spéciales. Il porte souvent un masque noir sur le visage afin que personne ne le reconnaisse. Nul doute qu’il nous viendra en aide et nous prêtera son vaisseau. Pour une si noble cause que la nôtre il ne peut en être autrement.

Néanmoins il faudra agir avec lui avec tact et diplomatie. Je préfère vous prévenir à l’avance car mon cousin a un petit défaut d’élocution et il est assez susceptible à ce sujet.

« Mais comment le reconnaîtrons-nous, ce cousin, s’il porte un masque ?

« Ah c’est hélas assez facile…Il parle avec un léger zozotement…

C’est une calamité qui a d’ailleurs valu à mon cher cousin, Don Diego de la Vega, le vilain surnom de :

« Zozo !...

« Zozo ?...

« Oui, Zozo !...

Chapitre 82

« Tous les Papes ne sont pas morts, mon cher Moussa, fit Ursule la Tarentule, loin de là... »

Elle se recula d’un pas et laissa l’immense nuage iridescent fait de millions de papillons battant des ailes en cadence se poser lentement autour d’eux. De cette immensité vaporeuse émergea un grand papillon écarlate. Il resta en suspension devant le visage de Moussa Moussa et plongea ses yeux dans les siens.

Moussa Moussa n’avait jamais rien vu de tel. Il se dit qu’il aurait pu peindre les somptueuses arabesques qui recouvraient le corps et la tête de ce papillon mais jamais il n’aurait su rendre cette incroyable sensation de bienveillante sagesse. Le rouge carmin de ses ailes était si éclatant et si intense que ses pigments ne pouvaient provenir que du magma d’un volcan. Il sentit ce feu pénétrer dans son cœur et irradier tout son être.

« Non Moussa Moussa mon ami, tous les Papes ne sont pas morts ! Celui que tu vois en ce moment  en est un et tu as une grande chance car la visite qu’il t’accorde n’est pas donnée au commun des mortels. Peut-être n’es-tu pas tout à fait mortel après tout. Bref c’est pour toi un réel honneur, sache-le…

Je te présente  donc le Pape des papillons… »

Le grand papillon salua. Moussa Moussa en fit autant.

« Eh oui les papillons ont un Pape, c’est ainsi depuis le début des temps.

Chez les papillons, le Pape n’est pas appelé Araignée, mais Papinot !

Le Papinot règne sur tous les papillons du monde, de la plus petite chenille au plus grand des lépidoptères et toutes et tous lui obéissent et le vénèrent.

Tous les sept ans une assemblée d’honorables bombyx, de grands paons de nuit, d’apollons, d’argus et de machaons  se réunit et élit le meilleur d’entre eux. Celui qui se trouve en face de toi est le cent troisième.

On l’appelle donc : le Papinot cent trois ! »

Moussa Moussa était véritablement impressionné. Ce Papinot cent trois lisait en lui, il ne pouvait rien lui cacher, ni ses peurs, ni ses faiblesses, ni ses fautes. Cependant le grand papillon n’avait pas l’air de lui en tenir rigueur, du moins c’est ce que comprit Moussa Moussa lorsque le Papinot cent trois commença à lui parler en silence. Aucun son n’était audible, il ne fit qu’agiter ses antennes mais ses paroles s’inscrivirent dans le cerveau de Moussa Moussa :

« Quand je n’étais encore qu’un tout petit Papinot, mon prédécesseur, l’illustre Papinot cent deux, qui était un grand sage, m’a dit un jour : « Il ne faut courir sous aucun prétexte, sauf en cas d’absolue nécessité… »

Voler n’est pas courir mais battre des ailes à contre-courant n’est pas recommandé non plus. Es-tu bien sûr que ta course soit une absolue nécessité ? Es-tu bien sûr que tu ne voles pas dans le mauvais sens ? Qui peut le savoir d’ailleurs et est-ce que ça a de l’importance ? Du bout du monde, mes papillons t’envoient des messages ainsi qu’à d’autres hommes et femmes qui, tout comme toi, croient être à la poursuite de leurs animaux perdus. Moi je pense qu’ils sont à la poursuite d’eux-mêmes.  En tous cas tous vont dans la même direction et dans cette direction tu dois aller aussi…Tu dois…Tu dois te diriger vers l’Océan…

« L’Océan ?

« Oui l’Océan…Tu dois trouver un petit roi avec une trompette et qui a de grands oreilles dans le port du royaume de Zanzibar…et là, tu embarqueras vers…

« Un petit roi avec une trompette…à Zanzibar ? Fit Moussa Moussa interloqué.

Le Papinot cent trois battait de plus en plus lentement des ailes. Il semblait très fatigué et faisait visiblement un terrible effort de concentration. Il soupira :

«  Arrête de répéter tout ce que je dis ! C’est pénible à la fin !...On croirait un perroquet rouge…ou un perroquet bleu... »

Les yeux dans le vague, épuisé, il allait s’endormir quand il réussit encore à murmurer :

«  Est-ce que le nom de Maurice te dit quelque chose ?... »

Chapitre 83

Moussa Moussa n’avait pas encore fait le tri parmi les énigmatiques informations données par le Papinot cent trois qu’il était déjà emporté dans les airs par un escadron de bombyx atlas en formation serrée.

Les bombyx  le maintinrent un moment en suspension et le déposèrent délicatement sur un nuage compact de sphinx têtes de mort. Ce nuage avait pris la forme d’un gigantesque marabout dont les immenses ailes, à l’horizontale, n’attendaient qu’un signal pour commencer à battre. Signal qui fut donné lorsque le Papinot agita doucement ses antennes.

Le moteur du marabout, fait de milliers de petits cœurs de papillons, s’ébranla et le grand oiseau prit peu à peu son envol.

En un rien de temps ils étaient déjà loin. A peine s’ils avaient pu dire au revoir à Ursule. Le cercle des Baobabs n’était déjà plus qu’un minuscule point noir.

Les papillons filaient vers l’Est…

Le petit macaque, qui s’était fait oublier, depuis ses mésaventures avec les scolopendres, sortit timidement la tête de la tunique de Moussa Moussa.

Il regarda autour de lui. Pas un nuage, sauf celui sur lequel ils étaient assis.

Le ciel était d’un bleu uniforme. Puis il regarda en bas et ravala un sanglot.

« J’ai tout écouté tu sais, dit-il, c’est n’importe quoi ! Je me demande ce que je préfère, être croqué par des insectes, tomber dans le vide ou périr noyé ? C’est vraiment pas de tout repos d’être le singe préféré d’un féticheur qui a perdu ses masques…

« Premièrement tu n’es pas mon singe préféré, répondit Moussa Moussa. Personne ne t’a demandé de me suivre et ensuite… »

Moussa Moussa s’arrêta subitement de parler.

« Ensuite quoi ? fit le macaque.

« Tais-toi, répondit Moussa Moussa en enfonçant la tête du singe dans sa robe.

Le ciel était toujours aussi extraordinairement tranquille et serein, d’un azur immaculé, mais Moussa Moussa sentait quelque chose d’étrange, comme une onde invisible, se profiler du fond de l’horizon, quelque chose qu’il était le seul à percevoir.

La voix du Papinot cent trois résonna à nouveau dans sa tête :

 « Tu penses que tout est calme, disait-elle, tu penses que tout va bien. Tu sens sous toi les milliers de battements d’ailes de papillons et tu te prends pour le maître du monde…Pourquoi pas ? Mais là-bas, aux quatre coins de la terre, les vibrations de ton âme se sont répercutées à l’infini, la tempête gronde et tu ne peux rien y faire… »

Et soudain, sans qu’il sache pourquoi, tout devint très clair dans l’esprit de Moussa Moussa.

Et il vit :

Un terrible ouragan se lever dans un Océan qui n’avait plus rien de pacifique.

Il vit une grande baleine engloutir une tortue et un musicien équilibriste, puis les recracher.

Il vit deux chasseurs venant d’une étendue glacée, avec leurs chiens dont l’un émettait des gaz nauséabonds, perdus au milieu d’une mer d’énormes buffles à grosses têtes et à petites cornes.

Il vit un cobra siffler sur un vieux chinois dans un riche palais aux Indes que la mousson allait dévaster.

Il vit une armée de métal rouillé qui allait ravager l’Empire Aztèque et deux perroquets affolés.

Il vit un cheval ailé avoir des difficultés et un petit bonhomme qui voulait des cours de dessins.

Il vit des hommes et des femmes déboussolés.

Il vit des animaux fabuleux.

Il vit que tous n’avaient qu’un seul but…

Et il vit enfin, sur une île inconnue, un drôle d’oiseau un peu rondouillard qui se dandinait. L’oiseau regarda la montre du lapin assis à côté de lui, et il dit :

« Moi, Maurice, et mes autres invités, on veut bien vous attendre encore un peu…Mais pas trop longtemps…

Le thé commence à refroidir… »

Chapitre 84

« Bonne arrivée à Zanzibar ! Bonne arrivée à Zanzibar ! »

Moussa Moussa et le petit macaque étaient à peine descendus de l’oiseau-papillon qu’une foule d’animaux les accueillait avec un enthousiasme délirant. Cette horde d’animaux, colorée et exubérante, était ridiculement vêtue de costumes modernes et, bizarrement, cela n’étonna pas Moussa Moussa.

La foule jetait des pétales de fleurs devant chacun de leur pas et leur envoyait mille baisers de bienvenue.

« Ca change un peu des claquements de mandibules, fit le macaque qui répondait à tous les saluts avec soulagement. Ils ont l’air d’aimer les étrangers par ici…

« J’ai l’impression que c’est surtout toi qu’ils acclament, fit Moussa Moussa.

« Zéphyrin est revenu ! entendait-on de tous côtés. Gloire à Zéphyrin ! criaient des enfants en offrant des plateaux de fruits et des gâteaux au singe qui n’en revenait pas.

« Je me demande s’ils ne te prennent pas pour quelqu’un d’autre ?...

« Tant mieux, tant mieux, fit le petit macaque ravi. Ca me va très bien comme nom « Zéphyrin » ! Merci les amis, merci !...Zéphyrin vous remercie…. »

Une escouade d’ânes en uniforme de gendarmes et portant de ridicules casques à plumeaux les arrêta au milieu de cette liesse. Les ânes s’alignèrent au garde-à-vous et le plus gradé d’entre eux se mit à braire, ou plutôt à dire :

« Monsieur Zéphyrin, votre retour est une bénédiction ! Vous êtes attendu avec impatience au palais ! Le roy se fait une joie de vous revoir enfin… »

Il fit une moue en jetant un coup d’œil à Moussa Moussa. «…de vous revoir, vous et votre animal de compagnie, cela s’entend… »

« Ah ah ah…Les choses se remettent enfin en place ! Tu es maintenant mon animal de compagnie Moussa Moussa ! Quel beau royaume que ce royaume de Zanzibar !...

« Tu ne perds rien pour attendre…grogna Moussa Moussa. Et tu devrais te méfier, cet endroit est étrange, tu ne trouves pas ?

« Non je ne trouve pas du tout ! Et Zéphyrin n’a rien à perdre, dit le macaque. Allez, au château et en vitesse, Zéphyrin ne veut pas faire attendre le roy !... »

Dans la salle des royales réceptions, le petit roy aux grandes oreilles les attendait, assis sur son trône. Et en effet il jouait de la trompette, avec son nez.

En bas des marches du trône, une autruche-majordome sonna dans un cornet et annonça :

« Bienvenue aux voyageurs ! Le roy veut bien vous recevoir !...»

«  Ahhhhh enfin te revoilà, s’écria le roy. Il était temps, je m’ennuyais sans mon bouffon favori !...Viens par-là mon champion et rejoins vite ta cage, tes cabrioles commençaient à me manquer. »

Sans qu’il ait pu esquisser le moindre geste les gardes avaient attrapé le macaque et l’entraînèrent vivement à travers les jardins, derrière le palais, jusqu’à une vaste arène en plein air puis l’y déposèrent. La populace bigarrée qui les avait accueillis à leur arrivée était déjà installée sur les gradins et applaudissait à tout rompre en hurlant : « Zéphyrin ! Zéphyrin !... »

Deux grilles s’ouvrirent lentement en grinçant de chaque côté de l’arène et, sous les applaudissements de la foule, douze monstrueux gorilles, des dos argentés, se précipitèrent vers le centre de l’arène. Ils se mirent à tourner autour du macaque en se frappant la poitrine et en poussant des grognements sinistres.

Le majordome prit son haut-parleur :

« Gloire à Zéphyrin le champion !

« Hourra ! cria la foule.

« Et gloire à notre bon Roy : Zanzibabar Premier !

« Hourrah ! Hourrah ! Hurla la foule… »

Une vieille dame s’assit à côté de Moussa Moussa et lui dit en souriant :

« Finalement, ce n’est pas si mal d’être un animal de compagnie… »

Chapitre 85

«Tu as de la chance, je dessine très bien les Sphinx ! dit Giuletta au petit blondinet, Tu m’aurais demandé un mouton j’aurais eu du mal, mais un Sphinx, on peut dire que c’est ma spécialité ! Il faut juste faire attention qu’il ne se sauve pas du dessin, c’est capricieux un Sphinx...Mais dis-donc, qu’est-ce que tu fais là, tout seul sur cette île ?...

« Je ne suis pas seul, répondit l’enfant, j’ai plein d’amis là-dedans! » Il mit un doigt sur son cœur puis, de ses deux bras grands ouverts il désigna le ciel.

« J’ai plein d’amis aussi là-haut, mais ils ont préféré rester chez eux pour regarder le coucher de soleil. C’est compliqué l’amitié, je sais, on me l’a déjà dit. Moi j’aime bien les nouvelles rencontres, alors je voyage, je saute de planète en planète. J’aime bien la Terre, il y a plein d’îles désertes,  plein de déserts, plein de réverbères à allumer et plein de renards aussi. Je n’avais encore jamais vu de cheval avec des ailes. Est-ce que tu voudras bien être mon ami, cheval ailé ?

A force de voyager j’ai un peu perdu de vue ma planète, j’aimerais bien y retourner, un serpent m’y attend. Une rose aussi…Je peux venir avec vous ?

« Pas de problème, fit Giuletta, je répare cette aile et on t’emmène…Si tu te tais un peu…Vous êtes d’accord les amis ? On verra peut-être sa planète en chemin…

« C’est gentil de me demander mon avis, fit le cheval, plus on est de fous plus on hennit, alors pourquoi pas ?...

Roméo, plus dubitatif, faisait non de la tête.

« Oh un petit rat ! fit le gamin, tu veux bien être mon ami, petit rat ?

Dis Madame, tu peux me dessiner un raton ?... »

Ce petit blond avec sa grande écharpe était décidément très bavard.

Ils survolaient maintenant le royaume de France et il n’avait pas arrêté de parler depuis le décollage.

« L’amitié, disait Pégase, exaspéré, est bien une affaire d’humain, nous les chevaux nous ne nous posons pas ce genre de question.

« Tu n’as jamais eu d’amis ? demanda le blondinet, tu dois être triste…

« Je trouve plutôt que c’est toi, qui as soit-disant plein d’amis, qui est triste. Si c’est ça l’amitié alors merci, je n’en veux pas ! Il est vrai qu’une fois, c’était il y a bien longtemps, je me suis lié…comment dire ?...je me suis lié de sympathie avec une jument tout à fait merveilleuse. Elle n’avait pas d’ailes sur les flancs mais une superbe et unique corne blanche sur le museau. Nous formions un beau couple c’est vrai…

« Et alors ? demandèrent-ensemble le petit blond et Giuletta.

« Et alors…Ca n’a pas duré très longtemps. Le train-train quotidien a eu raison de notre…sympathie ! Elle a fini par s’ennuyer et finalement elle m’a quitté pour un centaure. Et moi j’ai rencontré le Minotaure ! Enfin c’est la vie hein…Mais trêve de bavardage, nous allons bientôt atterrir….Oh mais regardez plutôt en bas…

« Quoi quoi ? fit l’équipage.

« Voyez, tout là-bas ce grand géant qui nous fait signe! Ce n’est pas un ami mais c’est une vieille connaissance. Et à côté, qui le suit, voyez ce berger qui mène un troupeau de brebis. Vous allez voir elles vont toutes sauter dans le vide...Plouf ! Qu’est-ce que je vous disais... Salut Pantagruel ! Bonjour Panurge ! Toujours à faire les clowns ?....

« Ils pourraient peut-être me dessiner un…essaya de dire le petit blond.

« Noooon ! hurla Pégase, personne ne te dessinera un mouton !... »

Ils se posèrent bientôt, à un battement d’ailes de cheval plus loin.

Près d’un lac isolé, dans une sombre forêt de Bretagne.

Sombre mais très enchantée.

Un magicien et une fée les y attendaient.

Deux chats miaulaient à leurs pieds.

Le premier chat avait de grandes bottes et dit :

«  Je suis enchanté ! »

Le second ne parlait qu’anglais alors il ne dit rien.

Il ne faisait que sourire…

Calendrier de l'Après, énigme 7

Auteure du livre Espaurrugalh, Alina est mon prénom

 

Chapitre 71

Avant que Tchang-Lu n’ait pu esquisser le moindre geste, le babouin…Enfin, le Maharadjah de Salhâmandragore…lui avait agrippé ses trois fins poils de barbe, et les triturait en tous les sens en grimaçant de façon grotesque.

Ce que le Maharadjah…Enfin, le babouin de Salhâmandragore…ne savait pas, c’est que Tchang-Lu avait, pendant sa jeunesse, reçu une inflexible formation au Monastère du Lotus Noir Qui Jamais Ne Rigole. Il avait même reçu le titre de « Boudeur de troisième catégorie ». Les grimaces du babouin n’eurent donc aucun effet sur lui, en revanche pendant son instruction il avait aussi appris, afin de se défendre contre toute agression de plaisanteries intempestives, quelques bottes secrètes qu’il comptait bien mettre en pratique.

Le babouin s’escrimait donc à loucher et à tirer la langue, qu’il avait fort violette, à qui mieux mieux, et commençait à s’énerver…

« Tu vas finir par rire vieux fou !...Personne ne résiste à mes mimiques… » Lorsque Tchang-Lu leva la main.

« Au fait, cher Maharadjah, saviez-vous que dans votre magnifique jardin tout à l’heure j’ai vu une chose extrêmement curieuse ?

« Quelle chose ?...bougonna l’autre.

« Il y avait deux autres babouins comme vous, l’un était en haut d’une échelle, et l’autre en bas qui tenait l’échelle. Ils avaient l’air un peu fous tous les deux.

Celui d’en haut cueillait des noix de coco. Celui d’en bas lui dit : «  Accroche-toi à la noix de coco, j’enlève l’échelle… » Tchang-Lu se tut.

« Et c’est tout ? demanda le babouin.

« C’est tout, fit simplement Tchang-Lu.

« Ce n’est pas drôle…Pas drôle du tout…C’est même complètement idiot…

« Vous trouvez ?

Le babouin pencha la tête. Il lâcha la barbichette du vieux chinois et se gratta le menton.

« Accroche-toi à l’échelle ? murmura-t-il...C’est vraiment…vraiment…. »

Un petit rictus apparut au coin de sa bouche.

« Oui vraiment c’est… »

On voyait bien que, les yeux dans le vague, le babouin réfléchissait intensément. Puis sa bouche s’élargit, et s’élargit encore. Une larme, puis deux se mirent à couler et finalement, ne pouvant plus se retenir, il éclata d’un rire monumental et se roula par terre.

« Ah ah ah…Accroche-toi à l’échelle…c’est…c’est...

« C’est la fin du jeu, pauvre crétin ! Hurla le majordome qui venait de réapparaître. Il brandit son sabre, coupa vivement les oreilles du babouin.

Puis dans la foulée, le reste de sa tête…

Il rangea le sabre dans son fourreau, donna un coup de pied au babouin, soupira et s’assit en face de Tchang-Lu.

Il ôta son turban et lui dit :

« Décidément tu es vraiment très fort ! Je m’excuse de t’avoir mésestimé cher Tchang-Lu. Les tigres m’avaient prévenu mais je voulais en avoir le cœur net. …Alors, que puis-je pour toi ?

Tchang-Lu sourit et fit une révérence.

«  Mes hommages, cher Maharadjah de Salhâmandragore !

C’est très simple votre excellence, je suis simplement à la recherche de mon pangolin… 

« Ah oui, c’est vrai, ton pangolin….

Le Maharadjah prit une profonde inspiration. Il se pencha vers Tchang-Lu, le regarda dans le fond des yeux et lui dit gravement.

« Est-ce que tu as déjà entendu parler de Maurice ?... »

Chapitre 72

« Ah si j’étais plus jeune, fit le Maharadjah de Salhâmandragore en conduisant Tchang-Lu, bras-dessus bras-dessous comme deux vieux amis, dans les jardins du palais désert. Je serais bien parti avec vous. Faire le Pacha dans ce grand palais sans adversaire à mon niveau et sans personnel qualifié, c’est d’un ennui…»

« Le sage a dit : « Le vautour s’ennuie quand la belette batifole, énonça Tchang-Lu.

« Mais le fou a dit : «  Au diable la belette tant qu’il y a des lapins !» répondit le Maharadjah.

« Le sage a dit aussi : « Encore faut-il que les lapins soient gras. »

« Le fou prend le sage en F4 ! s’écria le Maharadjah. Il dévore les lapins, le vautour et le sage ! Echec et mat !...Hummm…Je vous demande pardon, c’est plus fort que moi, l’enfer du jeu me reprend assez vite…Où en étions-nous cher hôte inestimable ?

« Comme je vous le disais mon pangolin a quitté le tableau que je venais de finir pour l’Empereur et a disparu dans la nature et…

« Ah oui, toujours ce fichu pangolin... »

Perdu à nouveau dans ses pensées le Maharadjah fit quelques pas puis, pris d’une soudaine intuition, s’arrêta subitement. Il lâcha le bras de Tchang-Lu et se baissa derrière un bosquet d’hibiscus dont il extirpa, en se relevant, un antique tapis à clous rouillés qu’il déroula avec difficulté sur le sol.

« Ca fait longtemps que je ne l’ai pas utilisé, j’espère qu’il marche encore…Quand je ne balaie pas les couloirs du palais il m’arrive de faire aussi office de fakir voyez-vous. Ce n’est pas pour me vanter mais je suis assez doué pour marcher sur les braises. Et donc la vision que j’ai eue il y a quelques nuits d’un dénommé Maurice qui devrait être la clef de tout ce mystère autour de votre pangolin pourrait, je l’espère, être révélée grâce à ce tapis. Voulez-vous m’aider je vous prie ? Voilà, c’est parfait…Et surtout, quoi qu’il arrive, vous ne dites rien !... »

Il se déshabilla, donna ses affaires à Tchang-Lu et sans attendre s’assit brusquement en tailleur sur le tapis.

Evidemment il se mit aussitôt à pousser des « Ouille ! » et des « Aïe ! » retentissants. Puis des : «  Mais qu’est-ce qui m’a foutu des clous aussi piquants ! C’est la dernière fois que… » Mais, aussi rapidement qu’il s’était mis à hurler, ses cris s’arrêtèrent et, comme par enchantement, un panier d’osier se matérialisa devant lui. Il avait maintenant une flûte dans les mains, ses yeux étaient révulsés, il était visiblement en transes et se mit à jouer frénétiquement de la flûte.

La trappe du panier s’ouvrit et un énorme cobra en sortit…

Le cobra s’éleva dans les airs, se positionna nez à nez avec le Maharadjah, se dandina lentement puis, d’une voix étrangement sifflante, susurra :

« Le sssage a dit : « Sssi le pangolin sss’est sssauvé sssans souci, c’est pas pour sssimuler la courssse en sssac mais c’est pour sssurnager ! » Et le sssage a dit encore : « Et sssi c’est pour sssurnager rien ne sssert de sssortir de la dernière moussson pour sssavoir quelle direction il sssuit !... »

Le Maharadjah continuait à jouer désespérément de la flûte.

Tchang-Lu, pétrifié, ne bougeait toujours pas. Le cobra se tourna vers lui et lui dit :

« Sssombre sssot, le sssage n’a plus rien à sssouffler mais comme tu m’as l’air sssérieusement sssimplet, encore un ssson :

«  Sssaute-toi à l’eau et pissste Maurice !...

«  J’peux pas mieux sssiffler… »

Chapitre 73

« Tout le contraire ?...Qu’est-ce que ça veut dire ? » se demandait depuis plusieurs heures Tulurgglurkuk en caressant négligemment la tête de Chien-qui-pète qui ronflait comme un bienheureux.

« Ca veut dire qu’il faut penser le monde à l’envers, lui répondit une voix au fond de son crâne. »  Il ne fut pas surpris de reconnaître celle de Tanarak.

A vrai dire depuis qu’il avait quitté son igloo tellement de choses étranges étaient arrivées que plus rien ne l’étonnait. Il se laissait porter par les évènements et les rencontres et même s’il ne comprenait pas toujours tout son esprit pratique et le fond d’optimisme qui l’avaient toujours maintenu debout au plus fort des tempêtes prenaient finalement le dessus. D’ailleurs la rencontre avec cette Tanarak n’avait pas que de mauvais côtés. Il n’avait pas encore fait la liste des bons côtés mais il était sûr qu’il devait y en avoir au moins un…

Et maintenant voilà qu’elle lisait dans ses pensées et lui répondait. Quelle femme surprenante!... »

« Le monde à l’envers ? pensa-t-il. Il faudrait faire quoi ? Marcher sur la tête,  dormir le jour, chasser la nuit, respirer par en bas, pisser par le nez ?...

« Que tu es bête, répondit Tanarak, vois un peu plus loin pour une fois…Ca veut dire que parfois le blanc n’est pas blanc, mais noir !  Que ce qui te semble vrai un jour peut se révéler totalement faux le lendemain. Que le lendemain, c’était hier. Qu’hier n’est pas encore arrivé. Que quelque part, il y a un « toi » inversé qui fait tout le contraire de toi, mais qui est toi quand même ! Que tu existes mais que tu n’existes pas. Pareil pour tout ce qui t’entoure. Chien-qui-pète est un autre chien qui n’a jamais pété. Ton pingouin lent est en vérité un pingouin rapide…peut-être que….

« Arrête !...Je ne comprends rien à ton charabia…ma tête va exploser !...

« Mais non elle ne va pas exploser, elle est bien trop solide ta tête ronde, ricana Tanarak, mais il faudra tout de même qu’elle digère deux ou trois petites choses que nos ours-totems nous ont appris avant de s’éclipser :

Nous devons passer de l’autre côté du monde, c’est-à-dire de l’autre côté du globe, avoir la tête en bas en somme. Nous devons quitter la terre ferme et aller vers l’eau, voyager sur l’eau. Nous ne serons plus seuls dans notre quête, d’autres chasseurs seront du voyage. Ils cherchent aussi des animaux qui existent, ou qui n’existent pas, ou qui n’existent plus…Un jour viendra où nous nous retrouverons tous…quelque part…

« Ce quelque part, il existe vraiment ?...

« Nous le saurons quand nous y arriverons…Pour l’instant il nous faut continuer vers le Sud, vers les grandes plaines verdoyantes à la rencontre d’autres animaux fabuleux et farouches. Ces animaux sont en grand nombre, ils sont une multitude, mais pas pour longtemps, un jour viendra où eux aussi vont disparaître.

Le peuple qui vit avec eux, leurs gardiens, détient un grand savoir et nous indiquera le chemin jusqu’à la grande eau. Ce sont nos lointains cousins, ils vivent dans des igloos pointus et pas du tout ronds qui ne sont pas fait de glace mais en peaux de bêtes. Ils sont paraît-il très accueillants mais peuvent se montrer susceptibles. Sachant que parfois tu peux commettre des bourdes plus grosses que toi il ne faudra pas que tu te moques de leur couleur de peau.
Tu pourrais te retrouver attaché à un poteau, et ton bidon, dont tu es si fier, pourrait bien finir découpé en fines lamelles de viande séchée…

« Pourquoi, ils sont de quelle couleur ces cousins ?

« Ils ont la peau rouge…très rouge !... »

Chapitre 74

Plus au Sud, toujours plus au Sud.

La neige, la bienveillante neige, n’était déjà plus qu’un lointain souvenir…

Il avait fallu enlever quelques épaisseurs de fourrure ; le froid, qui avait tenu lieu de cocon à Tulurgglurkuk pendant toute sa vie antérieure, avait peu à peu fait place à une sensation jusque-là inconnue. Il faisait chaud…

Les deux inuits avaient laissé à regret repartir le turbo-morse vers le Nord et, précédés de leurs chiens, couraient, maintenant à grandes enjambées à travers d’immenses étendues d’herbes grasses et dorées.

Tulurgglurkuk se disait que la course, au côté de Tanarak, était devenue pour lui comme une seconde nature. Courir sur la glace, courir sous les arbres, sur la taïga désertique et maintenant sur cette terre fertile et inconnue lui procurait la même quiétude. Si elle le lui demandait, il voulait bien apprendre à courir la tête en bas. Cette idée le fit sourire et il se tourna pour la regarder…

Il ne vit donc pas l’énorme masse brune qui se trouvait juste sur sa route et il rentra dedans de plein fouet. La masse brune ne broncha pas d’un poil (qu’elle avait en grand nombre et frisé), hocha la tête (qu’elle avait énorme), secoua ses cornes ( au nombre de deux ) et poussa un long mugissement ( qu’elle avait caverneux ) par ses deux gros naseaux ( qu’elle avait fumants).

Les petits yeux étonnés de la masse brune contemplèrent placidement le pauvre Tulurgglurkuk qui gisait tout aussi étonné, mais complètement assommé et les quatre fers en l’air. Tanarak, plus vive que son compagnon, s’était arrêtée net à quelques centimètres d’une autre grosse tête brune. Les deux chiens étaient revenus se cacher derrière Tanarak en grognant, car les deux grosses têtes étaient devenues une centaine et les encerclaient maintenant ; piétinant et meuglant et soufflant et se rapprochant insensiblement. Tanarak et Tulurgglurkuk allaient bientôt être écrasés lorsqu’un cri perçant stoppa net l’avancée des énormes bêtes.

Une voix majestueuse s’éleva au-dessus de la masse menaçante.

« Ugh ! Arrêtez-vous frères Tathanka ! Ces deux êtres humains aux yeux de lune et à la peau jaunâtre ne sont pas nos ennemis. Le Grand Esprit m’avait prévenu de leur visite. On ne touche pas aux chiens non plus, enfin pas encore… »

« Trop aimable, grogna Chien-qui-pète…

« Non, pas trop aimable, gronda la voix, simple mesure de précaution, nous prélèverons d’abord un morceau de ton foie. S’il est infect nous le jetterons aux vautours sinon nous ferons un festin avec le reste…

« Si j’étais toi je me tairais et je ne penserais plus à rien, murmura Chienne-qui-ne pète-jamais à son collègue tremblotant. Ils n’ont pas l’air commode par ici… »

La voix ténébreuse reprit :

« Tu as raison en effet, Chienne-qui-n’a-pas-sa-langue-dans-sa-poche-mais-qui-devrait-faire-attention-car-nous-adorons-manger- les-langues-séchées-des-chiennes-trop-moqueuses ! Ce sera ton nouveau nom désormais !... »

Chienne-qui-ne-pète-pas rentra les oreilles et s’aplatit par terre.

« Mais Chienne-moqueuse est un bon diminutif aussi, reprit la voix amusée. Et, pour te rassurer, je dois t’avouer que nous sommes, nous aussi, un peuple moqueur et, quand on ne massacre pas nos frères à cornes, très accueillants ! Alors soyez tous les quatre les bienvenus sur les terres sacrées du Peuple des sept feux ! »

Un guerrier de haute stature, à la peau rouge et au visage en lame de couteau, la tête auréolée d’une impressionnante coiffe de plumes d’aigle surgit du troupeau. Il était presque nu à l’exception d’un pagne. Il croisa ses bras musculeux sur sa poitrine et continua :

« Vous allez me suivre jusqu’à mon tipi, j’ai des choses à vous révéler. Je me nomme, enfin avant je me nommais : « Aigle-attentif-à-la-course-des-bisons »

« Pourquoi avant ? demanda Tanarak. Vous vous nommez comment maintenant ?

« C’est justement ce que j’ai à vous révéler, fit le guerrier.

Car maintenant l’on me nomme : « Aigle-attentif-à-la-course-du-pingouin »…

Chapitre 75

« Aigle-attentif-à-la-course-du-pingouin » aspira une longue bouffée puis passa le calumet à Tanarak, qui le passa à Tulurgglurkuk qui, évidemment, s’étouffa en voulant tirer trop hâtivement sur la pipe.

Le tipi du grand Chef était enfumé et plein de monde. Toute la tribu avait voulu voir ces « cousins du Nord » qui menaient la chasse après l’étrange oiseau sans ailes qui avait tant effrayé les frères bisons lors de son passage. Tous avaient leur avis à donner sur la question, le brouhaha était total.

« Aigle-attentif-à-la-course-du-pingouin » présenta alors aux deux inuits un vieux sage tout ridé, assis en tailleur sur une natte.

« C’est notre sorcier, dit-il, il s’appelle : «  Aigle-qui-a-des-visions-mais-qui-ne-les-comprend-pas-toujours ». Le sorcier, qui avait la tête recouverte d’une demi-tête de bison, leva la main. Le silence se fit instantanément.

« J’ai eu une vision, commença-t-il d’une voix chevrotante.

« Encore une…fit un jeune guerrier moqueur.

« J’ai eu d’abord la vision d’un tomawak qui fendait le crâne d’un jeune guerrier moqueur, continua le vieux sorcier en abattant sa hache sur la tête du jeune guerrier qui n’allait plus être moqueur avant longtemps…Puis j’ai eu une autre vision...Celle de cet oiseau bleu et lisse au petit bec jaune qui avait des ailes de moineaux et des pattes plates et qui avançait comme un escargot mais filait comme le vent…

« C’est bien mon pingouin, fit Tulurgglurkuk.

« Ugh ! fit l’assemblée.

« …Oui , Ugh ! continua le sage. Et donc cet oiseau, nommé pingouin dans ma vision, se dirigeait vers l’Ouest en direction de la grande eau car…

« Ugh ! fit encore l’assemblée.

« …Ugh mes frères…grommela le sorcier qui commençait à s’énerver, je disais donc que dans ma vision, ce pingouin devait traverser une île au milieu de nulle part…

« De nulle part ?...

« Oui, de nulle part…et dans cette île au milieu de nulle part ce pingouin allait rencontrer des petits guerriers complètement perdus, un caïman stupide et un homme au nez crochu qui n’avait qu’une seule main. Ensuite le pingouin repartait pour…

« Ugh ! Ugh !....

« Bon ça suffit ! hurla le sage qui n’était plus du tout sage, le premier qui redit encore « Ugh ! » tâtera de la sagesse de mon tomawak !... »

Les guerriers se firent tout petits.

« Donc, fit en se levant  lentement « Aigle-qui-a-des-visions-qu’il-ne-comprend-pas-toujours-mais-ça-ne-l’empêche-pas-d’en-parler-même-quand-il-s’énerve » , pour retrouver votre pingouin, vous devez vous diriger vers l’Ouest et aller au bord du monde.

Nous vous y accompagnerons et nous vous construirons un long canoë puis nous implorerons les esprits protecteurs pour veiller sur vous lorsque vous irez sur la grande eau...Et c’est tout ce que nous pouvons faire pour vous… »

Les deux inuits se levèrent aussi, saluèrent le vieux sorcier et le remercièrent chaleureusement. En guise de reconnaissance, Tulurgglurkuk proposa même d’échanger Chien-qui-pète contre plusieurs tomawaks mais les guerriers refusèrent poliment.

«Au fait, je me demande, ajouta « Aigle-qui-a-des-visions-vraiment-très-confuses-mais-qu’est-ce-qu’on-peut-y-faire ? »…

Si je vous dis : « Maurice »…Est-ce que ça vous dit quelque chose ? »

plage portail

Le programme de formation 2013 est déjà bien entamé mais cette fin d'année s'annonce prometteuse avec encore cinq stages.

 

Visite de médiathèques, jeudi 19 septembre de 7h à 18h

Nous irons visiter deux médiathèques innovantes. le Pavillon Blanc à Colomiers qui a ouvert ses portes en juin 2011, il associe centre d'art contemporain et bibliothèque municipale. Notre visite se terminera par la petite dernière de Toulouse: la médiathèque du Grand M qui accueille son public depuis mars 2012, elle est aujourd'hui la bibliothèque de quartier la plus importante du réseau.

La littérature japonaise, mardi 24 septembre de 9h à 16h30

Nous vous accueillerons à la médiathèque pour un voyage littéraire au pays du soleil levant. L'envol se fera avec Corinne Atlan, traductrice et écrivain. Lors de cette journée vous découvrirez les caractéristiques de cette littérature et reviendrez avec des repères historiques, bibliograpiques et éditoriaux.

Les mondes de l'imaginaire, jeudi 17 octobre de 9h à 16h30

Après un premier voyage initiatique, Véronique Montagnol de la MDP65 nous inculquera aux littératures dites de l'imaginaire: ses différents genres, ses caractéristiques autant dans l'édition ado que dans l'édition adulte. N'oubliez pas, vous pouvez présenter vos coups de coeurs 2012-2013 à cette occasion.

Internet, bibliothèques et ressources numériques, jeudi 05 et vendredi 06 décembre de 9h à 16h30

Attention, changement de date nous avons décalé la formation à la première semaine de décembre. Julie Boitton-Bardot, formatrice et animatrice conduira ces 2 jours consacrés aux nouveaux outils de la toile. Web, numérique, médiation, les enjeux d'Internet et les nouvelles ressources en bibliothèque n'auront plus de secret pour vous.

Le plan de classement de la MD65, jeudi 12 décembre de 9h à 16h30

Petite piqûre de rappel pour notre dernière formation consacrée à la nomenclature qui, pour le moment, ne connaît q'un timide intérêt de la part des stagiaires. Les secrets du catalogage, de l'indexation et de la cotation vous seront transmis par Cécile Conan-Lafourcade de la MDP65. Vous avez jusqu'au jeudi 28 novembre pour vous inscrire.

Réouverture de la bibliothèque les samedis de 9 h 30 à 12 h 30 à partir du 23 mai avec les mesures sanitaire.

Renseignements

Calendrier de l'Après, énigme 2Sur la sitothèque, la musique m'accompagne

La bibliothèque d'Esparros rouvre à partir de samedi 06 juin, nous accueillerons dans la bibliothèque les enfants accompagnés de leurs parents. Les règles restent les mêmes : prendre rendez-vous, porter un masque (recommandé pour les enfants, obligatoire à partir de 11 ans), lavage des mains pour tous.

Renseignements

Calendrier de l'Après, énigme 6Action dédiée aux plus jeunes, je suis dans l'onglet Découvrir

La bibliothèque de Bégole rouvre à partir de samedi 6 juin dans le respect des mesures liées au Covid 19. la permanence sera assurée par les bibliothécaires habituelles.

Renseignements

 

Calendrier de l'Après, énigme 3

Cherche moi sur le catalogue, je suis dans le cd "boîte à joujoux"... c'est la souris qui l'a!

 

Calendrier de l'Après, énigme 5

"Baïla! : a latin..." tu chercheras sur le catalogue mot de l'énigme manquant tu trouveras

 

La bibliothèque a rouvert le 13 mai.

Les consignes sanitaires sont le port de masque, l'utilisation du gel hydroalcoolique, distanciation sociale et quarantaine des livres.

Renseignements  

Calendrier de l'Après, énigme 4Album de Dumont Jean-François, je suis aussi appelé place ronde.

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Cécilia, bibliothécaire à Arreau et son sac sans fond de bonnes idées. 

Quel est le film dont vous avez oublié l’histoire mais dans lequel par contre l’acteur/actrice a crevé l’écran ?

Cécilia - Je sèche...

 

Quel film a la fin la plus inattendue (du style « vraiment vous ne vous y attendiez pas à celle-là!») ?

CéciliaDu vent dans mes mollets. A aucun moment je n’aurais pu croire ce qui se passe à la fin…

 

Quel est le film avec la plus belle ambiance, les plus beaux décors… ?

Cécilia - Pour l’ambiance Bohémian Rapsody ! J’adore Queen et ça donne envie de chanter et danser ce film ! Et aussi Afrik’aïoli, qui se passe au Sénégal et ça m’a rappelé mon voyage là-bas. Toujours le smile, toujours à rire, les sénégalais ont la joie de vivre dans la peau !

 

Quel est le plus long film que vous ayez vu…sans vous endormir !?

Cécilia - La trilogie du Seigneur des anneaux, j’ai vu les 3 et jamais je n’aurais pu m’endormir devant tellement j’étais prise par l’histoire !

 

Quel est le film le plus bizarre que vous ayez vu (ou le film auquel vous n’avez rien compris) ?

Cécilia - Je crois que c’est Séoul Station de Sang-Ho Yeon, de 2016. J’ai le souvenir de pas avoir compris où voulait en venir le réalisateur, ça m’a semblé complément bizarre...

 

Quelle est la plus belle affiche de film pour vous ?

Le chien du Tibet - Masayuki KojimaCécilia - J’aime particulièrement l’affiche du Chien du Tibet, film d’animation de Masayuki Kojima. J’ai adoré ce film et ma meilleure amie travaillait à l’époque dans un ciné. Du coup, j’ai longtemps eu cette affiche dans ma chambre et je l’apprécie vraiment.

expo2

Le 8 avril dernier, la médiathèque recevait Gilles Moreau pour une formation dédiée à l'accueil, l'animation et la promotion d'une exposition...

Parce qu'il n'est pas toujours facile de dynamiser une exposition pour des publics, des attentes, des lieux précis, les stagiaires ont été nombreux à s'inscrire à cette nouvelle journée de formation.

Le ton est donné: "l'exposition ne doit pas être que décorative, pensons à elle et au public qui, en la regardant, doit avoir une participation active!"

Les 17 personnes présentes au stage, ont travaillées en amont le projet de valorisation d'une exposition commune à tous. Le jour J, elles ont pu échanger sur leurs réalisations respectives et retenir durant les nombreux travaux pratiques les milles conseils du formateur.

Allant de la plus simple des expositions aux projets les plus complexes, nos bibliothécaires sont sorties de cette journée comblées avec un nouveau regard sur l'exposition et des projets plein la tête.

La bibliothèque a rouvert le mercredi 13 mai.

Conditions sanitaires:

- masque obligatoire;

- gel hydro-alcoolique;

- gants;

- un adhérent à la fois;

- livres désinfectés et posés en quarantaine.

Attention les horaires de la bibliothèque évolues : suppression du mercredi et baisse de la présence du jeudi.

Renseignements

formation la nouvelle

Les formations de la Médiathèque départementale se délocalisent.

 

Le 28 février dernier la formation consacrée à la nouvelle a été délocalisée à la bibliothèque de Layrisse. Une initiative de notre part, pour mettre en valeur notre réseau et présenter cette bibliothèque qui a rouvert récemment ses portes.

 

Pour l’occasion, un groupe d’une dizaine de stagiaires s’est réunit autour d’Alain Kewes formateur. Bénévoles et salariés étaient au rendez-vous pour cette journée dédiée à un genre littéraire parfois oublié. Pour conclure cette rencontre, la bibliothèque a accueilli un public plus large autour d’une lecture gratuite de nouvelles, animée par le formateur.

 

Bilan de cette formation : une journée agréable, enrichissante, qui a su associer professionnalisme et convivialité.

Après concertation de notre équipe, nous allons rouvrir les portes du Point Lecture à Campistrous dès le mercredi 3 juin 2020.

Renseignements

Modalités de réouverture

BD EXPO2 

Parce que vous avez bien compris que sur les rayonnages BD de la Médiathèque départementale, il y a des petites (et des grandes !) perles à découvrir...

la formation "Bande dessinée et questions de société" affiche complet !!!!!

Rendre compte de la société, des conflits, du quotidien, témoigner de son temps... les auteurs BD ont investi ce genre, et c'est ce dont nous parlera Boris Henry le 22 février prochain.

 

 

 

La Médiathèque départementale s'adapte à la situation sanitaire et aux préconisations interprofessionnelles. 

VISITE MEDIATHEQUE 

Le 20 septembre dernier, c'est en bus qu'une douzaine de stagiaires de la Médiathèque départementale est partie visiter...

la bibliothèque Louis curtis à Orthez et la bibliothèque d'Oloron Sainte Marie.

 

 

La médiathèque Jean-Louis-Curtis :


Un grand projet culturel au service de toute la population d’Orthez et de son territoire.

La médiathèque propose des collections actualisées et attractives : plus de 40 000 livres et revues, mangas, disques compacts, accès internet....
La médiathèque est un lieu de convivialité et d’échanges autour de la connaissance et de la découverte culturelle : nombreuses places pour la lecture, l’écoute ou le travail sur place, salle pour l’action culturelle, jardin de lecture…

 

site de la bibliothèque

 

 

La bibliothèque du Piémont Oloronnais :

Pendant 20 ans, la Médiathèque (d’abord communale, puis intercommunale) était installée à l’Hôtel de Ville. Depuis juin 2010, elle a pris ses quartiers dans un bâtiment flambant neuf créé sur le site de la Confluence.

Vous y trouverez 40 000 livres, 9 000 CD, 2 000 DVD et 130 abonnements à des revues. L’entrée par le parvis mène au niveau tout public et actualités. En bas, les sections jeunesse, patrimoine et multimédia. A découvrir également : une salle d’exposition et d’animations, l’espace multimédia équipé d’une quinzaine de postes informatiques avec accès Internet et un espace dédié à la lecture de contes pour les enfants.

 

site de la bibliothèque

 

Le Festival cinématographique international Hapybiblio, c'est un peu notre Festival de Cannes à nous...

...

halloween

Brrrrrrh, on frissonne encore à Castelnau-Magnoac.

 

RV ce mercredi 5 novembre à 16h30 à la Médiathèque pour écouter de

 
GRANDES HISTOIRES POUR PETITES (et grandes) OREILLES  " Special halloween ".

Tout public - Gratuit - Dans la limite des places disponibles

 

On vous attend !




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Laure, bibliothécaire à Castelnau-Magnoac: elle soulèverait des montagnes pour vous!

 

Quel est le film dont vous avez oublié l’histoire mais dans lequel par contre l’acteur/actrice a crevé l’écran ?

Laure - Bennn justement j’m’en souviens plus…

 

Quel film a la fin la plus inattendue (du style « vraiment vous ne vous y attendiez pas à celle-là!») ?

Laure - Alors en cherchant bien je suis tombée sur Fight club qui effectivement ma carrément bluffée !!! Film quand même d’enfer avec une interprétation d’Edward Norton fabuleuse…

 

Quel est le film avec la plus belle ambiance, les plus beaux décors… ?

Laure - J’avoue que j’ai adoré Roméo + Juliette de Baz Lhurman. Magnifiquement interprété par Léonardo Dicaprio (pas du tout connu à l’époque !) et Claire Danes. Adaptation de la très belle tragédie de Shakespeare, en texte original (!!!) mais sur fond de Pulp Fiction. A voir sur grand écran !

Et aussi Le cinquième élément qui a été ma première « claque » cinématographique sur grand écran… (Aaaaah cette scène de la diva…)

 

Quel est le plus long film que vous ayez vu…sans vous endormir !?

 Laure - Je ne sais pas, je me suis toujours endormie !!!

 

Quel est le film le plus bizarre que vous ayez vu (ou le film auquel vous n’avez rien compris) ?

LaureRubber !!! L'histoire d’un pneu tueur !!! eh oui le pneu roule, pas forcément vite en plus, tout seul, et il arrive à tuer des gens(???) Qui donc a pu avoir une idée pareille ?

 

Quelle est la plus belle affiche de film pour vous ?

Joker - Todd Phillips Laure - Pfff il y en a tellement…en général je trouve que les graphistes font vraiment du super boulot sur les affiches de films (un peu comme sur les couvertures de livres !) mais allez j’essaye : pour rester dans l’actualité je dirais que l’affiche du dernier Joker est vraiment belle, comme le film d’ailleurs qui est très graphique aussi…

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Hélène de la bibliothèque de Rabastens-de-Bigorre, toujours de bonne volonté, présente sur tous les fronts.

 

Quel est le film dont vous avez oublié l’histoire mais dans lequel par contre l’acteur/actrice a crevé l’écran ?

Hélène - Au choix Jean-Paul Belmondo dans A bout de souffle de Godard ou Steve Mc Queen dans Bullitt.

 

Quel film a la fin la plus inattendue (du style « vraiment vous ne vous y attendiez pas à celle-là!») ?

Hélène - Mulholland drive de David Lynch.

 

Quel est le film avec la plus belle ambiance, les plus beaux décors… ?

Hélène - Toute la beauté du monde de Marc Esposito!

 

Quel est le plus long film que vous ayez vu…sans vous endormir !?

Hélène - Barry Lindon de Stanley Kubrick.

 

Quel est le film le plus bizarre que vous ayez vu (ou le film auquel vous n’avez rien compris) ?

Hélène - Orange mécanique de Stanley Kubrick.

 

Quelle est la plus belle affiche de film pour vous ?

Black swan  -  Darren AronofskyHélène - Black Swan de Darren Aronofsky

A partir du 19 Mai, la médiathèque Simone Veil de Bagnères-de-Bigorre propose une mise en place d'un biblio-retrait.

Retrouvez le mode d’emploi sur leur site.

La bibliothèque rouvre courant juin uniquement sur rendez-vous.

Renseignements

La bibliothèque rouvre à partir du 8 juin.

Un marquage au sol sera là pour guider les lecteurs et du gel hydroalcoolique sera mis à disposition quant au port du masque il sera obligatoire.

Renseignements

 

La bibliothèque rouvrira prochainement ses portes.

Renseignements

La bibliothèque rouvre à partir de 13 mai aux horaires habituels.

Du gel hydroalcoolique sera mis à disposition.

Renseignements

La bibliothèque rouvre à partir du 2 juin.

Un seul lecteur à la fois dans la structure sous rendez-vous (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

Renseignements

Modalités de réouverture

Réouverture de la bibliothèque à partir du 11 mai aux horaires habituels.

Renseignements

Réouverture de la bibliothèque les mardis de 15 h à 18 h 30

Accueil des familles sur rdv en envoyant un mél Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Renseignements

 

Aujourd'hui j'ai... demandé aux agents de la médiathèque départementale ce qu'ils avaient fait.

Réouverture de la bibliothèque : un Vendredi sur deux à partir du 05 juin 2020

 

Directives : Port du masque, gel hydro alcoolique, distanciation sociale, quarantaine des livres.

 

Afin de respecter le protocole sanitaire gouvernemental, la bibliothèque sera ouverte les 05 et 19 juin et fonctionnera comme suit :

  • Les livres qui sont rendus devront être protégés dans un sac en plastique à votre nom, et déposés dans une caisse à l’entrée pour une quarantaine de 10 jours, la décontamination s’effectuant ensuite avant remise en rayon.
  • Vous devrez être munis d’un masque et vous désinfecter les mains avec le gel hydro alcoolique mis à votre disposition à l’entrée de la bibliothèque.

Afin de respecter la consigne d’1 personne ou famille à la fois, des créneaux de 20 minutes seront pris par téléphone sur réservation pour ne pas vous faire attendre et éviter la promiscuité.

-Inscription pour un créneau horaire, (ou pour toutes autres informations) par mél Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Renseignements

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Estelle, nouvelle bibliothécaire de Tournay: sa créativité vit jusqu'au bout de ses bretelles renard...

Quel est le film dont vous avez oublié l’histoire mais dans lequel par contre l’acteur/actrice a crevé l’écran ?

Estelle - Je n’ai pas oublié le titre du film ! Comment pourrais-je ??? Elle crève l’écran tellement son être est sincère d’amour, Giulietta Masina dans La Strada de Fellini. Plusieurs jours après avoir vu le film, je pleurais encore en pensant à ce personnage doté d’une poésie infinie. Je garde ce film enfermé dans une huître, telle une pépite que personne ne peut toucher. Je veux garder intacte l’émotion intense qu’il m’a procurée lors de son unique projection.

 

Quel film a la fin la plus inattendue (du style « vraiment vous ne vous y attendiez pas à celle-là!») ?

Estelle - Allez savoir pourquoi, je ne me souviens jamais de la fin des films, sauf exception ! Alors je prends la question à contre-pied ! Un début de film qui m’a littéralement scotchée : Ma vie de courgette, film d’animation très émouvant et drôle (passé le début… qui coupe le souffle !)

 

Quel est le film avec la plus belle ambiance, les plus beaux décors… ?

Estelle - Stealing Beauty (Beauté volée) de Bertolucci : côté cinéma, nul faut bien l’avouer ! Mais l’ambiance m’enrobe, me réconforte dès que je le regarde : plein été en Toscane, le chant des cigales, une vieille maison de pierres, des sculptures posées de-ci delà, filmées en toute lenteur travelling, une bande son envoûtante, une danse amoureuse comique et saccadée, l’innocence quoi !

 

Quel est le plus long film que vous ayez vu…sans vous endormir !?

Estelle - Les enfants du Paradis, chef d’oeuvre !

 

Quel est le film le plus bizarre que vous ayez vu (ou le film auquel vous n’avez rien compris) ?

Estelle - Je n’ai jamais rien compris aux films de Pasolini ! Je sens bien son génie mais je n’y comprends rien !!!!

 

Quelle est la plus belle affiche de film pour vous ?

Captain Fantastic - Matt RossEstelle - Ces questions sont l’occasion de parler des films qu’on aime… j’avoue être restée sans image à cette question !!! Alors j’ai cherché méticuleusement dans les films que j’avais aimés ces dernières années… Captain Fantastic ! J’adore la famille extra colorée sans tabou – excepté THE capitalisme – sur fond d’une belle peinture forestière avec une biche (tout le sauvage!)

Il manque une question pour je puisse caser un film que j’aime par dessus tout, Le conte de la princesse Kaguya… Comme l’écrit Shakespeare , « le monde est fait de l’étoffe de nos rêves »

Un nouveau rendez-vous des histoires directement chez vous pour votre plus grand plaisir !

 

Aujourd'hui j'ai... demandé aux agents de la médiathèque départementale ce qu'ils avaient fait.

Depuis le 18 mai la bibliothèque d'Argelès-Gazost a repris une partie de ses activités.

La Médiathèque d'Arreau s'adapte à la situation exceptionnelle et propose un service de retrait : prêts à emporter ! 

chapitre 66

Avant de s’intéresser à «l’effet papillon » qui permettra, on l’espère, à Moussa Moussa de retrouver ses masques animaliers il convient d’avoir quelques éclaircissements sur certains personnages de ce récit.

 

Petit rappel scientifique établi en 1547 par Herr Professor Plitzenplotz de l’Académie Royale des Sciences de Plitzenplotz ( à Plitzenplotz )

Mais d’abord, qui était au juste ce Professor Plitzenplotz dont on nous rebat les oreilles depuis le début ?

 

Wolfram Gotlieb Plitzenplotz naquit le 24 mars 1502 à Shlaffengluck, petit village de Prusse Orientale dans une famille de musiciens amateurs. Son père était apothicaire et chauve. Sa mère était apoplectique et femme à barbe dans un cirque ambulant. Très tôt le jeune Wolfram Gotlieb décida qu’il ne ferait jamais partie du groupe musical que ses parents avaient monté avec ses douze frères et sœurs. La phrase désormais célèbre qui forgea son destin fut celle qu’il prononça le 7 Février 1511 devant l’assemblée du village : « Les chants folkoriques, c’est de la bouse ! » Puis il rentra au deuxième dragon léger où il se forgea une réputation de meneur d’homme jusqu’à cette phrase malencontreuse déclarée devant le commandant du régiment : «  Les chants patriotiques, c’est de la mouise ! » Puis il rentra dans les ordres où il devint archidiacre, vocation qui prit fin le jour où, devant Johannes Von Rakay, évêque de Pfalzenbourg, il ne put s’empêcher de crier : « Les chants liturgiques, c’est pas du blues !... »

De 1520 à 1530 la vie de Wolfram Gotlieb resta un mystère. Certains dirent l’avoir vu du côté de Pékin déguisé en moine bouddhiste, d’autres pensèrent l’avoir croisé sur les rives du fleuve Saint-Laurent au Nouveau Monde, d’autres encore affirmèrent l’avoir reconnu à bord d’un vaisseau espagnol faisant route vers l’île d’Hispaniola, mais aucune de ces hypothèses n’aurait à cette époque été réellement confirmée.

En 1531, il était réapparu à l’Académie Royale des Sciences de Plitzenzplotz.

( à Plitzenplotz ). Il y avait créé la chaire d’anthropoplozie expérimentale du département d’anthropoplozie universelle. Il avait déjà publié vingt-cinq ouvrages richement documentés. Il était une sommité reconnue par les plus éminents savants du monde civilisé. Il était au sommet de sa gloire.

Il détestait toujours autant la musique.

 

Et c’est à peu près tout ce qu’on sait sur Herr Professor Plitzenplotz.

chapitre 67

Giuletta finissait de nettoyer ses pinceaux.

Le Minotaure était si ravi qu’il n’arrêtait pas de contempler son portrait. Il venait même de proposer à Giuletta de rester quelque temps afin qu’elle en réalise d’autres. Il se voyait bien en costume d’empereur romain brandissant glorieusement un glaive, ou à cheval, haranguant héroïquement ses troupes, ou combattant furieusement un lion (de Némée de préférence), ou tranchant énergiquement les têtes de l’Hydre (de préférence de Lerne), ou trinquant joyeusement avec Icare (si possible avant sa chute)…

Mais Giuletta, avec diplomatie, avait refusé son offre.

Devant la déception de son redoutable hôte elle lui rappela l’objet de sa quête…

« Que je suis bête, dit celui-ci, j’avais totalement oublié ton Sphinx ! Ma mémoire de vache me joue des tours mais n’aie crainte, je vais me faire pardonner, je te dois bien ça… »

Il réfléchit un instant et rajouta : « Il se trouve que j’ai un de mes bons amis, un phénomène un peu dans mon genre, mais en moins colérique, qui a peut-être des informations sur ton volatile disparu. Ils ont en effet quelques points communs, une histoire de gènes partagés, ce qui n’en fait pas forcément des parents, mais on ne sait jamais…De plus, s’il est bien luné, il pourrait te faire gagner du temps…Allons le voir, il est dans l’écurie à côté…

« Dans l’écurie ?

« Dans l’écurie, oui… ou sur un perchoir, dans sa volière…Ca dépend de son humeur…Tu comprendras quand tu le verras… »

Bras-dessus bras-dessous, Giuletta et le Minotaure firent le tour du Labyrinthe puis pénétrèrent dans une vaste écurie remplie d’ombres et de toiles d’araignées. Giuletta n’y voyait rien, n’entendait rien, sinon le bruit étouffé de frottement d’ailes provenant probablement de quelques chauves-souris dérangées dans leur sommeil diurne. Un léger raclement de sabots parvint du même endroit…

« Un autre Minotaure ? demanda Giuletta.

Un hennissement formidable retentit alors et fit trembler les murs de l’immense grange.

« Je ne crois pas, fit le Minotaure, amusé. Un Minotaure ça mugit, ça meugle, ça beugle, mais ça ne hennit pas…Lui, quand il est surpris, il hennit…

C’est qu’il ne reçoit pas beaucoup de visites, surtout la visite d’humains tels que toi.  Ses derniers contacts avec les hommes lui ont laissé de très mauvais souvenirs.

« Je vous rappelle que je ne suis pas un homme, murmura Giuletta.

« C’est vrai, ça peut aider, répondit le Minotaure.

« Je ne vois pas en quoi ça peut aider ? » gronda une voix.

Les battements d’ailes et les raclements de sabots se rapprochèrent.

« Si c’est encore pour me mettre un harnais sur le dos, il, ou elle, peut repartir d’où elle, ou il, vient… » hennit la même voix…

Un immense cheval blanc surgit de la pénombre, fit plusieurs ruades, se cabra et, agitant les deux gigantesques ailes qu’il avait sur le dos, s’envola en faisant un looping jusqu’à une poutre située juste au-dessus de la tête de Giuletta.

« Bravo ! Bravo ! Encore....fit-elle en battant des mains.

« Quel cabotin…soupira le Minotaure, il faut toujours qu’il en rajoute mais je reconnais que ça fait toujours son petit effet…

Alors…Ca gaze Pégase ?! »

chapitre 68

« Quelle idée aussi de vouloir peindre le Sphinx au second plan derrière une insipide mégère dans le clair-obscur vaporeux d’un paysage ordinaire. C’est sûr qu’il n’a pas dû aimer… » fit le grand cheval ailé.

Giuletta avait maintes fois dévoré les aventures du fantastique quadrupède dans d’antiques et improbables chroniques mais elle n’avait jamais pensé pouvoir discuter en toute simplicité avec lui. C’était tout de même le fils de Poséidon, il était magnifique et il le savait. 

« C’est une star, lui avait murmuré le Minotaure, admiratif, il dit ce qu’il pense et il pense ce qu’il veut…

«  Ce n’était pas n’importe quel « clair-obscur vaporeux », se rembrunit Giuletta, la critique est aisée mais c’était tout de même une œuvre signée du grand Leonardo !

« Leonardo ou pas Leonardo, on ne vexe pas le Sphinx comme ça, Dame Giuletta, se fâcha Pégase. J’en sais quelque chose, nous sommes un peu cousins lui et moi voyez-vous. Nos ailes viennent de la même fabrique divine. Elles nous furent greffées le même jour sur le mont Olympe il y a bien longtemps, et je me souviens de sa colère lorsqu’il constata que les miennes étaient plus grandes que les siennes. C’était on ne peut plus normal mais quel scandale !  C’est à ce moment qu’il a commencé à perdre la boule et qu’il s’est mis à poser des questions stupides à tort et à travers, du genre : « Pourquoi lui et pas moi ? Pourquoi deux ailes et pas quatre ? Qui préfère un canasson bidon à un rapace sensass ? Deux ailes sur le dos d’un cheval, c’est-y banal ou c’est-y bancal ? »  Ce genre d’interrogations idiotes l’a définitivement banni des cieux, ou des Dieux, enfin des deux !

Depuis j’avais entendu dire qu’il errait partout en continuant ces absurdes énigmes et qu’ayant du mal à joindre les deux bouts de ses ailes, il en avait été réduit à faire de la figuration allégorique comme modèle dans un modeste atelier florentin pas trop regardant sur la prestation… »

«  Modeste, modeste, grommela Giuletta, on ne peut pas en dire autant de vous…De toutes façons  maintenant il est parti….

«  Oui justement j’ai ma petite idée là-dessus, continua Pégase en regardant le ciel, et comme, malgré votre mauvaise humeur, j’avais bien l’intention de me dégourdir un peu les ailes… »

Il s’ébroua et secoua lentement ses immenses ramures.

«  Ahhhhh, tu vois, fit le Minotaure tout sourire, je t’avais bien dit qu’au fond ce n’était pas un mauvais bougre ! »

Pégase continua :

« Je crois savoir par où il est parti. D’abord probablement vers le Royaume de France en passant par la Méditerranée. Ensuite…En réalité, je ne peux encore rien révéler mais mon petit ongle de sabot me dit qu’il ne serait pas le seul individu à avoir disparu de la sorte…Tout tendrait à prouver que…Mais je n’en dirai pas plus pour l’instant….Bref, en ce qui nous concerne, nous avons un Sphinx à retrouver et à remettre en place, et c’est déjà bien assez…

Il va falloir d’abord que je dérouille un peu toutes ces plumes avant de décoller, faire quelques petits exercices d’assouplissement, une check-list s’impose mais ce voyage me semble dans mes cordes…

Alors jeune fille, ça vous dirait une petite promenade dans les airs ? »

chapitre 69

« Aile droite, rémiges primaires ?

Check !

Aile gauche, rémiges secondaires ?

Check !

Plumes pour courants aériens maritimes et plumes de rechange ?

Check !

Train de décollage jarrets avant et train d’atterrissage sabots arrière ?

Check !

Réserve d’avoine vol longue durée ?

Stock suffisant, Check !...

Raton harnaché ? »

Guiletta jeta un coup d’œil sur Roméo qui se terrait dans une de ses poches en tremblant.

« Presque Check !...

« Parfait co-pilote ! s’exclama le grand cheval à l’intention de Giuletta.

Attachez vos ceintures, tenez bien ma crinière et en avant toute !.... »

Pégase bondit et en trois foulées l’équipage décolla sous les hourras du Minotaure qui, comme tous les monstres sensibles, ne put malgré tout retenir une larme.

La première partie du vol se déroula comme dans un rêve. L’air était limpide et ils filaient à toute allure, zigzaguant allègrement au milieu de cohortes de petits nuages cotonneux. Giuletta n’en finissait pas de s’extasier en découvrant les vallées, les fleuves, les villages, tout un univers jusqu’alors réservé aux seuls yeux des oiseaux.

« Regarde Roméo, regarde...N’est-ce pas merveilleux ? Nous allons survoler la mer. Vois tout ce bleu ! Et là-bas, ces vaguelettes, on dirait bien des dauphins, je n’en avais jamais vu qu’en peinture…Sais-tu Roméo que tu es sûrement le premier rat volant de tous les temps…»

Mais Roméo, qui n’avait pas encore ouvert les yeux, aurait sûrement préféré être le premier rat volant de tous les temps à redescendre sur terre sain et sauf car depuis quelques instants le vol de Pégase donnait de curieux signes de ratées. Les battements d’ailes n’étaient plus aussi réguliers et le cheval se cabrait dangereusement.

« Que se passe-t-il ? demanda soudain Giuletta qui venait elle aussi de se rendre compte que quelque chose clochait…

Pégase, pris soudain de convulsions, se mit à lâcher de terribles vents.

« Les gaz ! cria-t-il, il faut lâcher les gaz…Ahhhhhh trop tard !...Accrochez-vous on va devoir atterrir…Ou amerrir je ne sais p…. »

La chute fut vertigineuse mais le cheval ailé, au prix d’un incroyable rétablissement, réussit à se poser sur un minuscule îlot de sable, entre trois grands baobabs.

Plus de pets que de mal !

Giuletta descendit du dos de cheval, un peu secouée mais sans trop de dommage. Ce qui n’était hélas pas le cas du pauvre Pégase dont les ailes avaient été tout de même sérieusement abîmées au cours de l’atterrissage forcé.

« Impossible de repartir comme ça, se lamenta-t-il, il va falloir réparer…

« Pas de problème, répondit Giuletta, j’ai exactement ce qu’il faut sur moi » Elle sortit de son sac les précieux carnets de Maître Leonardo et, trouvant la page relative aux machines volantes et à leurs différents mécanismes, se mit aussitôt au travail sous les ailes défaillantes.

Il ne s’était pas écoulé une heure, le soleil tapait fort et la réparation avançait bon train lorsque Roméo lui tapota l’épaule droite.

« Quoi, qu’est-ce que tu as Roméo, tu es pressé de repartir ? »

Roméo fit non de la tête. Une petite main, un peu plus grande que celle de Roméo tapota l’épaule gauche de Giuletta. Elle se retourna…

Un petit garçon blond tout échevelé, une grande écharpe flottant autour du cou, contemplait Giuletta.

Il lui tendit une feuille de papier et un crayon.

« S’il te plaît, lui dit-il, dessine-moi un Sphinx… »

chapitre 70

Les manières onctueuses du majordome du Maharadjah de Salhâmandragore n’étaient plus qu’un vague souvenir.

Apparemment vexé de la façon dont Tchang-Lu s’était honorablement sorti de la dernière partie, il poussait celui-ci sans ménagement le long d’un couloir sombre qui n’avait plus rien de somptueux. Par une porte basse ils entrèrent dans une pièce faiblement éclairée par un pauvre candélabre. Le majordome ordonna à Tchang-Lu de s’assoir sur un des deux tabourets posés en vis-à-vis au centre de la pièce.

« Il n’est pire sourd que celui à qui on coupe les oreilles » proféra le majordome d’un ton sentencieux en décrochant du mur un sabre impressionnant.

« Si tu fais match nul, je te coupe une oreille, Si tu perds, tu deviens sourd, ce n’est pas compliqué. De toutes façons nul n’a jamais gagné face au champion des champions…Et maintenant silence et à genoux ! Prosterne-toi devant le grand et l’unique Maharadjah de Salhâmandragore !

Le majordome recula d’un pas et, d’un mouvement un peu ridicule rappelant celui d’un magicien de foire, projeta une poignée de poudre dorée sur le tabouret situé face à Tchang-Lu. Lorsque les grains de poussière d’or touchèrent le bois, une formidable explosion se produisit et un nuage nébuleux et phosphorescent engloba la scène. Le nuage se dissipa peu à peu, le majordome avait disparu et le tabouret en face de Tchang-Lu était maintenant occupé.

La Maharadjah de Salhâmandragore ?...

Ça ?....

Assis en tailleur sur le tabouret, la tête ceinte d’un magnifique turban de soie irisée, le corps enveloppé d’une extraordinaire veste de brocard aux multiples couleurs, un babouin épluchait consciencieusement des arachides en jetant des coups d’œil amusés sur le vieux peintre chinois.

Ce babouin portait une très fine barbichette et des bésicles cerclées d’argent négligemment posées sur le bout du museau qui lui conféraient une allure de grande noblesse.

« Vous en voulez une ? Ne vous gênez pas surtout. On ne refuse rien à un condamné…Quoi, on ne vous avait pas prévenu ? Pffff, de nos jours on ne peut vraiment plus compter sur le petit personnel, il faut tout faire soi-même ! »

Le babouin cracha quelques épluchures par terre et contempla longuement Tchang-Lu avant de reprendre.

« Donc, cher ami à la bien jolie petite barbe, nous allons jouer à un jeu très populaire et très ancien auquel j’ai ajouté, pour plus de suspense, quelques petites variantes. Ce jeu s’appelle : « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette, le premier Chinois qui rira aura d’abord la barbe coupée puis les oreilles puis le reste… »

Devant l’air un peu décontenancé de Tchang-Lu il ajouta :

« Mais je vois que vous tenez aux coutumes. Ce qui ne m’étonne guère de vous inestimable hôte, aussi rassurez-vous, avant de vous couper la tête vous aurez droit à une petite tapette ! On sait vivre tout de même...

Alors, vous ne voulez vraiment pas une petite cacahuète ?... »

A compter du 19 mai, débutera la phase 1


Ouverture des locaux sous la forme suivante:

  • Hall d’accueil pour le service de prêt des documents de la médiathèque en format « Drive » sur commande préalable par téléphone, mail et/ou sur le portail de réservation.
  • Salle d’exposition.
  • Vente des ouvrages du Parc national des Pyrénées sur commande préalable par téléphone, mail et/ou sur le portail de réservation .

Nombre de personnes limité à un maximum de 2 usagers ou de 4 usagers d’un même foyer.

Marquage au sol sera mis en place pour favoriser la distanciation sociale.

Temps de visite de la salle exposition limité à 15 minutes.

Renseignements

Sera proposer, à partir du 29 mai, un service de retrait de documents sur rendez-vous.

Un aménagement des horaires d’ouvertures est mis en place avec la fermeture le samedi matin.

Les enfants ne seront acceptés que dans le cas de parents célibataires.

Renseignements

Aujourd'hui j'ai... demandé aux agents de la médiathèque départementale ce qu'ils avaient fait.

Votre bibliothèque  entrouvrira ses portes le Samedi 16 Mai à son horaire habituel.

Durant "la phase 1 du déconfinement":

  • Seulement sur rendez-vous à prendre auprès de la bénévole de permanence afin d'en fixer l'heure et la durée (les coordonnées vous seront données par mail quelques jours avant chaque permanence qui auront lieu  pour le moment le samedi et le mardi)
  • Seuls les visiteurs adultes seront reçus: un seul à la fois et port du masque obligatoire, nettoyage des mains au gel hydroalcoolique.
  • Les documents en retour seront déposés par le visiteur dans un endroit qui lui sera indiqué. Ils attendront là le temps nécessaire à la décontamination de précaution (10 jours minimum).
  • Avant l'accès aux salles de la bibliothèque, le visiteur déposera ce qu'il ne veut pas garder avec lui dans un endroit prévu.
  • Le total possible de prêts a été augmenté à 8 livres par personne et à 5 DVD par famille. Les parents pourront bien sûr faire des emprunts pour leurs enfants.

Renseignements

A partir du 19 Mai, la médiathèque Louis Aragon (Tarbes), la bibliothèque Nelson Mandela (Tarbes) et la médiathèque de Lourdes proposeront des  prêts à emporter .

Retrouvez le mode d’emploi sur leur site.

Les bibliothèques d’Aureilhan, Barbazan-Debat, Bordères sur l’Echez, Ibos, Odos, Séméac, Soues réouvriront ultérieurement ainsi que le bibliobus et la ludothèque.

La Maison du Parc national et de la vallée a le plaisir de vous annoncer la réouverture partielle de ses locaux à compter du mardi 19 mai 2020, du mardi au samedi de 15h à 18h.

La vie culturelle reprend peu à peu son cours à Cauterets ! La Médiathèque rouvre de façon partielle et organise à partir du mardi 26 mai 2020 un "Drive Culture" !

La bibliothèque rouvre avec les consignes suivantes: pas plus de 2 personnes dans la bibliothèque, le sens de circulation sera fléché. Le port du masque obligatoire du gel hydroalcoolique sera mis à disposition pour l'arrivée et à la sortie.

Renseignements

L'équipe de la médiathèque de Vic en Bigorre met tout en oeuvre pour vous proposer prochainement un service de retrait de documents, dans les conditions les plus satisfaisantes, compte tenu de la situation sanitaire.

"Aujourd'hui j'ai..." demandé aux agents de la Médiathèque départementale ce qu'ils avaient fait.

Réouverture de la Médiathèque en conformité avec les "Recommandations sanitaires de déconfinement des bibliothèques territoriales", aux horaires habituels, nombre d'adhérent limité à 5 en même temps dans les locaux. Port du masque obligatoire.

Renseignements

Chapitre 61

« Alors l’aztèque, il vient ce tchocolatl ?... »

Acocoyotl Polichtitli ne bronchait pas….

« Sang-Chaud mon fidèle écuyer, continua l’escogriffe à la triste figure et à l’armure encore plus triste,  peux-tu expliquer à ce sinistre indigène que lorsqu’un caballero de mon rang demande qu’on lui serve un tchocolatl,

 il ne faut pas le faire attendre car la patience d’un caballero de mon rang n’a d’égale que sa pitié envers les misérables qui font semblant de ne pas comprendre la noble langue castillane, autrement dit… »

Il  brandit sa rapière rafistolée et la fit tournoyer au-dessus de la tête d’Acocoyotl Polichtitli qui avait décidé de rester de marbre devant tant d’incohérence.

« Autrement dit, continuait l’autre, ma patience est nulle !... »

Mais l’homme, qui semblait aussi prompt à se mettre en colère qu’à oublier instantanément l’objet de sa rage, s’était déjà retourné vers les deux perroquets et le colibri qui, posés sur une branche, auraient bien aimé passer inaperçus. Hélas ce ne fut pas le cas, la rapière effleura leurs toupets et sectionna quelques plumes.

«  Ah ah…s’écria l’ahuri chevalier, mais que vois-je ? Notre quête ne sera pas vaine, brave Sang-Chaud ! Hombre, tu iras dès ce soir brûler un cierge, que dis-je un cierge ! Cent cierges,  à Santa Zapatera del Zapatero pour la remercier de nous octroyer de quoi dîner sans avoir à courir la pampa ! »

Les trois oiseaux s’étaient figés.

 « Regarde Sang-Chaud, je m’en vais de ce pas occire ces trois magnifiques et bien dodus condors, rois des oiseaux des Andes, dont la chair magnifique et juteuse aura bientôt l’honneur d’être mastiquée à loisir par les mâchoires altières et reconnaissantes du plus respectable conquérant ibérique que je connaisse….

«  C’est-à-dire vous mon bon maître ! soupira Sang-Chaud.

« Exactement, répondit l’autre.

Après quoi le brave Sang-Chaud asséna un respectable coup de bassine en cuivre sur la respectable tête de son bon maître qui s’effondra d’un coup, s’endormit aussitôt et se mit à ronfler.

« Désolé maître Quichotte, murmura Sang-Chaud.

Il se tourna vers Acocoyotl Polichtitli et leva les bras au ciel.

« Ne vous offusquez-pas señor, c’est hélas la seule façon que j’aie de le calmer et de le protéger de lui-même avant qu’il ne lui arrive pire malheur. C’est un homme brave et un cœur vaillant, en plus d’être un fameux chevalier, mais il est parfois un peu trop enthousiaste, ce qui lui joue bien des mauvais tours…

Comme par exemple prendre ces trois pauvres piafs pour des nobles condors !

Quelle hérésie n’est-ce pas ?... »

« Piaf toi-même ! s’offusqua le colibri. Au contraire, enfin quelqu’un qui voit le rapace qui est en moi ! »

Et le condor qui était en lui, rêvassa…

« Volaille toi-même !  fit l’ara bleu. Enfin quelqu’un qui rend au casoar ce qui revient au casoar ! »

Et le condor qui était en lui, coassa…

« Gibier toi-même ! dit l’ara rouge. Enfin quelqu’un qui croit en moi !»

Et le condor qui était en lui, croassa…

C’est exactement à cet instant que, bien au-dessus de la canopée, beaucoup plus haut dans le ciel, un véritable condor passa…

Chapitre 62

« Tous les Ibères sont comme ça ? demanda Acocoyotl à Sang-Chaud.

Assis tous deux sur des souches ils partageaient tranquillement quelques tranches de mangues sauvages. Le vieux chevalier, toujours plongé dans un sommeil agité et allongé par terre entre eux, était secoué de soubresauts intempestifs.

« Non, heureusement, répondit l’écuyer en s’essuyant la bouche, regardez ce pauvre fou, Il est encore perdu dans ses rêves…Rêver est sa principale activité. En ce moment il doit être en train de délivrer une belle princesse des griffes d’un horrible dragon. Ou, armé de sa pauvre lance et de son seul courage, peut-être combat-il mille indiens sanguinaires…

«Nous ne sommes pas plus sanguinaires que vous, dit Acocoyotl,

«Nous ne sommes pas plus fous que vous, rétorqua Sang-Chaud, néanmoins, lorsque mon maître s’enfuit dans ses songes, il a parfois des visions stupéfiantes…Oh…il se réveille… »

Le chevalier s’ébrouait, les yeux mi-clos il bredouilla.

« El Dorado…La montagne d’or...Elle est là…El Dorado...Je te tiens !...

« Arghhhh, croassa l’ara rouge que le vieux fou venait d’attraper par le col, Arghhhhh ! El Dorado connais pas, mais les radeaux je connais…Je vais t’en construire un de radeau, tu vas monter dessus et t’en aller très loin ! Et lâche mon cou maintenant vieux croûton !!!!

« Croûton, moi !  hurla le chevalier qui, reprenant rapidement ses esprits était à nouveau sur ses pieds. Faquin, butor, vil volatile, brigand emplumé ! Sang-Chaud, mon épée !...

« Et voilà ça le reprend, fit doucement l’écuyer, calmez-vous Monseigneur, il n’y aucun brigand ici, au contraire il n’y a que de braves companeros comme vous et moi. Regardez, il n’y a céans que des gens, et des oiseaux, de bonne compagnie… »

Le vieux chevalier s’adoucit.

« Bon, très bien…Mais pas de familiarité entre nous mon valet ! On ne mélange pas les timbales avec les castagnettes ! Je ne suis le compagnon de personne, moi, je suis un conquistador !!!

« Un idiot qui s’la dore, un idiot qui s’la dore…chantonna le colibri.

« Quoi ? De l’or, de l’or ? Où ça de l’or ? Qu’est-ce qui est en or ?... »

Acocoyotl sentit qu’il était temps d’intervenir. Il se leva, plia le genou et fit une profonde révérence devant le vieux chevalier.

« Monsieur, Monseigneur, votre altesse brillantissime et grand pourfendeur de démons, je me prosterne devant votre magnificence et vous prie humblement d’écouter la requête d’un de vos plus fervents admirateurs…

« Voilà qui est parlé Hombre ! Tes paroles sont douces à mes oreilles ! Tu es désormais, toi et tes poulets, sous ma bienveillante protection. Parle en toute quiétude, le grand Don Quichotte de la Mancha t’écoute… »

Acocoyotl prit une profonde inspiration et se lança.

« Vous cherchez quelque chose il me semble ?

« Il te semble !...Tu le sais bien canaille, ce que je cherche ! C’est l’Eldorado, la Montagne d’or que tous les conquistadors espèrent découvrir ! Le trésor des trésors que vous nous dissimulez et qui est gardé par une armée de vos terribles géants !...

« Mais oui l’Eldorado bien sûr…Evidemment je sais où il se trouve, tous les aztèques le savent…Mais figurez-vous que moi aussi je cherche quelque chose…Je cherche le Serpent à plumes, le Quetzalcoatl ! Ce nom ne vous dit rien mais il est aussi important pour moi qu’une montagne d’or pour vous…Lui aussi se cache au plus profond de mes rêves…Alors je me demandais, en toute humilité bien sûr, si nous ne pourrions pas, l’espace d’un instant, échanger nos fantasmes…Peut-être qu’entre rêveurs nous pourrions nous entraider, vous venez dans mes songes, je saute dans les vôtres, vous débusquez mon Quetzalcoatl, je vous ouvre les portes de l’Eldorado… » 

Le vieux conquistador regarda intensément Acocoyotl Polichtiltli.

Il croisa les bras, fronça les sourcils, se gratta la tête…

« Faire ou ne pas faire confiance ? Là est la question…Je pourrais accepter…Oui je pourrais, pourquoi pas ?…Mais si j’accepte il me faudra des garanties !

« Quelles garanties ?

« Je prends vos perruches en otages ! Si or il y a, je vous les rends, si pas d’or je les zigouille !...

« Marché conclu ! fit Acocoyotl

« L’aztèque est rusé ! murmura Sang-Chaud.

« Mais l’ibère est rude… »  soupirèrent les aras.

Chapitre 63

Faire un point précis sur les connaissances du moment relatives au Quetzalcoatl commun.

Petit rappel scientifique établi en 1542 par Herr Professor Plitzenplotz de l’Académie Royale de Plitzenplotz ( à Plitzenplotz ) 

1°) Il n’existe pas et n’a jamais existé de Quetzalcoatl commun.

2°) Le doute quant à l’existence du Quetzalcoatl commun serait le fait d’un individu équivoque se faisant passer pour un expert en Quetzalcoatl commun,

un certain Don Jojo del Racaillo, mercenaire hispano-botaniste bien connu de la suite du fameux Conquistador Ponce de Léon.

3°) Le seul Quetzalcoatl connu à ce jour a été classifié « hors du commun », ou «  peu commun ». Il est dûment répertorié dans l’ordre des bestioles «  à plumes », de l’espèce « à plumes et à bec », de la sous-famille des « serpentis chiméricus à plumes et à bec du Nouveau Monde ». Ceci est un fait établi.

4°) Le Quetzaloatl peu commun est donc un redoutable prédateur. Il a une façon bien à lui d’attirer ses proies, en général de jeunes et naïfs indigènes des régions équatoriales. Il émet un petit cri strident imitant la voix humaine et qui fait à peu près ceci : « Qu’est-zaco ? Qu’est-zaco ? ». L’indigène répond alors : « Quoi qu’est-zaco ?» Le Quetzalcoatl répond : «  C’est moi ! » et le bouffe.

Ceci est un fait établi.

5°) Le Quetzalcoatl peu commun n’a pas toujours été un redoutable prédateur, petit sa maman lui faisait des câlins, il jouait avec ses congénères aux billes et à la marelle, il aidait les vieilles personnes à traverser la rue et puis les mauvaises fréquentations et les vicissitudes de la vie en ont fait cet être sans foi ni loi que nous connaissons aujourd’hui.

5 bis°) En revanche il adore le foie de ses proies. Ceci est un fait établi.

6°) Il n’est pas certain que le Quetzalcoatl ait une âme. Ce fait n’est pas établi.

7°) L’épineuse question se pose aussi pour les naïfs indigènes du nouveau monde, pour Ponce de Léon, pour Hernan Cortez et pour tous les autres Hidalgos de l’ancien monde.

8°) L’épineuse question sera tranchée ultérieurement lors d’une épineuse controverse dans la vallée des olives.

9°) Ou pas

10°) A moins que ce ne soit la tête de Don Jojo Del Racaillo qui soit tranchée.

Et  c’est à peu de choses près tout ce qu’on sait sur le Quetzalcoatl.

Chapitre 64

Que se passa-t-il dans la tête de Moussa Moussa pour qu’il se mette ainsi à fredonner d’une voix tremblante cette petite ritournelle au moment précis où la gigantesque tarentule allait refermer ses horribles mandibules sur lui ?

Nul ne le sait, et lui encore moins que quiconque. D’où venait-elle cette comptine, de quel coin reculé de sa conscience était-elle sortie ?

 Peut-être justement ne venait-elle pas de sa conscience à lui…

« Le pape est mort,

Un nouveau pape est appelé : Araignée !

Araignée ? Quel drôle de nom pour un Pape,

Pourquoi pas Libellule ou Papillon !

Ah ! Ah ! Ah ! Rions trois fois,

Elle n’a pas ri, elle n’a pas compris…

Je recommence :

Le Pape est mort,

Un nouveau Pape est appelé : Araignée !

Araignée ? Quel drôle de.... »

 

La tarentule s’immobilisa.

Sa bave gluante et noirâtre coulait goutte à goutte sur le front de Moussa Moussa qui chantonnait toujours. Les yeux dans le vague, perdue dans les tréfonds d’un passé oublié qui venait soudain de refaire surface, l’immense araignée tressaillit. Quatre larmes apparurent aux coins de ses quatre yeux et, à la stupéfaction des millions d’insectes qui n’en crurent pas leurs millions d’yeux, elle se mit à pleurer comme une madeleine poilue…

« C’est la berceuse que ma maman me chantait pour m’endormir, balbutia-t-elle, ça faisait tellement longtemps…je me souviens tout à coup,  j’étais une toute petite boule de poils…Ma chère maman, si douce, si aimante, si…» Elle renifla bruyamment. « Moussa Moussa, viens là que je t’embrasse !...»

Alliant le geste à la parole elle l’enlaça tendrement.

«  Faut pas exagérer non plus, fit Moussa Moussa totalement englué.

«  Et on ne touche pas un poil de mon ami le magicien ! » lança-t-elle à la cantonade…

« OK, dit la cantonade légèrement déçue.

« Et le macaque ? demanda un scolopendre affamé.

Le macaque le regarda droit dans les yeux et, pris d’une soudaine inspiration, se mit à brailler :

 

« Le Pape est mort,

Un nouveau Pape est appelé : Scolopendre !

Scolopendre ? Quel drôle de nom pour un pape,

Pourquoi pas coléoptère ou grillon ?

Ah ! Ah ! Ah ! Il n’a pas ri ?... »

« Non, grimaça le scolopendre, Il n’a pas ri du tout…

D’abord parce que tes rimes sont stupides!

Ensuite parce je suis orphelin…

Bon alors…On peut y toucher un poil au macaque ?.... »

Chapitre 65

« Tu peux m’appeler Ursule, dit la tarentule.

« Tu peux m’appeler Moussa, dit Moussa Moussa.

La tension était retombée comme un soufflé aux ignames depuis que Moussa Moussa avait réussi, grâce à la berceuse, à  retrouver la parcelle de tendresse qui se terrait au fond des noirs méandres du cerveau de la reine araignée.

Ils devisaient, assis au milieu du cercle des baobabs, entourés par la nuée d’insectes qui avaient retrouvé un semblant de calme, à part peut-être un ou deux scolopendres qui n’en avaient pas encore tout à fait fini avec les oreilles du macaque.

Moussa Moussa et sa nouvelle amie Ursule plaisantaient tranquillement, échangeant des souvenirs comme deux vieilles connaissances.

« …Donc quand Baladou Bouloudou, notre griot, s’est retrouvé avec les lèvres boursouflées comme deux  pastèques trop mûres et n’a pu articuler pendant six mois, c’était toi ?...

« Ahhhh oui, éclata de rire l’araignée, c’était moi ! Je n’ai jamais supporté ses lamentations ! Deux petites piqûres et fini la chansonnette ! Qu’est-ce qu’on a rigolé…et toi l’hiver dernier, quand mes légions de criquets ont été subitement transformées en cailloux, tu trouves que c’était malin ?

« Ben…On s’amuse comme on peut chère Ursule, et puis je protégeais nos récoltes…

« Vos récoltes, vos récoltes…Voilà bien les hommes ! Elles sont à tout le monde « vos » récoltes…Mes charançons ont besoin de vos graines pour se nourrir…Mes moustiques ont besoin de votre sang pour vivre…

« Nous, on se passerait bien de tes moustiques pour ne pas mourir !

« Oui, bon, la vie est ainsi faite, la mort aussi. Le bonheur des uns fait la fièvre des autres. Vous avez inventé le commerce mais nous avions déjà inventé le troc. Tu me donnes ton sang je te donne mes microbes, c’est ce que vous appelez l’import-export !...Mais dis-moi, on m’a raconté de drôles de choses…C’est vrai cette histoire de masques en balade ? »

Moussa Moussa soupira.

« Oui c’est la triste vérité ! Ils sont tous partis…Où ? Je n’en ai aucune idée.

Aucune trace, aucune piste, rien…J’ai eu beau invoquer tous mes ancêtres, aucune vision ne m’est apparue. C’est en suivant trois petites fourmis qui ont peut-être assisté à leur départ, chère Ursule, que je suis arrivé ici…

« Ah oui les fourmis…Non, elles ne savaient rien. On les a déjà questionnées, un peu bousculées, puis finalement mangées, c’était une mauvaise piste, un mauvais goût aussi d’ailleurs…Mais… »

La tarentule prit un air mystérieux.

«  En fait, j’ai gardé ça pour la bonne bouche, c’est-à-dire la mienne, il se trouve que j’ai d’excellentes nouvelles pour toi… »

Elle sourit, si tant est qu’une tarentule puisse sourire, claqua dans ses pattes et un immense nuage irisé, vaporeux et ondoyant enveloppa la tête du féticheur.

« As-tu déjà entendu parler, cher Moussa, de l’influence du battement d’ailes de papillon sur la marche du monde ? Non ! eh bien c’est le moment... »

Le réseau de médiathèques Adour Madiran se déconfine en deux temps

Chapitre 56

« …Grassouillet ! ô grand Nanuuk…Gras de ma graisse, esprit de mon sang, sang de mes tripes, tripes de mon lard !…Mais qu’est-ce que je raconte ? Ce n’est pas ça du tout !... Ahhh misère, je suis trop perturbé par ce que je viens de voir, je ne me souviens plus de la formule pour invoquer mon totem, gémissait Tulurgglurkuk, et je ne sais plus non plus quelles herbes je dois mettre dans ma pipe, et d’ailleurs où est ma pipe, nom d’un…Chien-qui-Pète, hurla-t-il, tu as encore volé ma pipe ?!.... »

Assis dans la petite hutte de Tanarak, les lamentations de Tulurgglurkuk auraient tiré des larmes à n’importe qui. A n’importe qui mais pas à Tanarak dont les yeux plissés et rieurs jetaient sur le malheureux chasseur un regard sans aucune compassion. Ils avaient passé la nuit, accroupis autour du feu, à se demander quel maléfice s’était abattu sur la faune de la région et comment interpréter tout cela. Pour Tulurgglurkuk, invoquer son animal-totem semblait être la dernière option. Seulement voilà, il ne se rappelait plus comment faire. De plus il avait perdu sa pipe sacrée…

Tanarak siffla dans ses doigts. Chienne-qui-ne-pète-jamais pénétra dans la hutte. Tanarak lui glissa quelques mots à l’oreille et la louve repartit en trombe.

On entendit comme un brusque bruit de lutte dans la neige, des grognements rapides, une mâchoire qui claque, un gémissement, puis plus rien. Chienne-qui-ne-pète-jamais revint aussi vite qu’elle était partie et déposa la pipe de Tulurgglurkuk devant lui.

« Bon ça c’est fait, ricana Tanarak, maintenant les esprits….

« Quoi, les esprits ? fit Tulurgglurkuk, je n’ai jamais parlé de plusieurs esprits et…

«  Toujours aussi obtus hein, soupira Tanarak, bon alors premièrement si monsieur avait récupéré toutes ses facultés on n’en serait pas là…Ensuite, c’est comme pour tout, souvent les choses marchent par deux mais en opposition. Blanc et noir, jour et nuit, grand et petit, un et une…C’est pareil pour les esprits. Tu ne comprends toujours pas ? Ce n’est pas grave, donne ta pipe !... »

Elle prit la pipe des mains de Tulurgglurkuk totalement interloqué, y enfourna une poignée d’herbes qu’elle venait de sortir de sa poche et commença aussitôt à en tirer des bouffées.

Du fond de sa gorge un son rauque avait pris naissance. Il enfla jusqu’à pénétrer le cerveau de Tulurgglurkuk. La fumée emplit ses narines.

Tulurgglurkuk tituba, vacilla sur le côté, posa sa tête par terre et sourit béatement.

« Je vole, dit-il…

« Mais non idiot, tu ne voles pas, enfin pas tout de suite… ».

Deux ours blancs, énormes et vaporeux, venaient d’apparaître dans un coin de la hutte, occupant quasiment tout l’espace…

Tanarak posa la pipe sur ses genoux, serra ses mains en signe de prière et salua les deux ours.

« Bonjour Fille-de-la-toundra, tu as bien fait de prendre les choses en mains, fit le plus gros des ours, celles de Tulurgglurkuk sont parfois un peu maladroites…

« Bonjour Nanuukq-le-Grassouillet, il ne faut pas lui en vouloir, répondit Tanarak en regardant le chasseur endormi avec une tendresse amusée, mais merci de ta confiance…

« Bonjour ma fille, fit l’autre ours, alors comme ça tu nous as convoqués tous les deux. Pourquoi pas après tout, ce n’est pas si fréquent et ça doit en valoir la peine ! Et puis ça nous rappellera le bon vieux temps, pas vrai vieille fripouille !...

Le gros ours hocha la tête.

« Et bonjour à toi, esprit de ma mère et de la mère de ma mère, dit Tanarak au deuxième ours, bonjour à toi chère Nanuukquette-la-Grassouillette, et soyez tous les deux mille fois bénis de venir vous manifester dans ma modeste hutte.

« Tout le plaisir est pour nous, répondirent en chœur les deux esprits, mais ne perdons pas de temps, alors, ils sont où ces phénomènes de foire ?... »

Chapitre 57

« …En effet, c’est étrange… »

Nanuukquette-la-Grassouillette se grattait la tête.

Ils étaient tous, esprits, chasseurs et chiens, devant les cages et regardaient les animaux qui auraient dû être blancs mais qui ne l’étaient plus.

« Ca ne te rappelle rien, mon Grassouillet ?...dit-elle perplexe,  on dirait bien…

« Oui, fit Nanuukq, on dirait bien…

« On dirait bien quoi ? demanda Tanarak

«Eh bien…L’affaire est compliquée…fit l’animal totem de Tulurgglurkuk, très compliquée…Elle implique plusieurs personnes plus ou moins louches. Plusieurs animaux de bonne et de moins bonne compagnie. Plusieurs mondes…Plusieurs niveaux…Plusieurs esprits…Je ne sais même pas si j’ai le droit de vous en parler…

« Essaie toujours, fit Tanarak, Tulurgglurkuk peut sûrement faire un effort…

Tulurgglurkuk haussa les épaules…

« Tulurgglurkuk, dit Nanuukq-le-Grassouillet en se tournant vers le chasseur, tu es bien à la recherche d’un pingouin ?

« En effet, admis Tulurgglurkuk, un pingouin nacré fugueur, qui s’est enfui d’une gravure que j’avais réalisée pour notre chef de clan, là-haut dans le nord. Je dois le retrouver coûte que coûte, même si je dois y passer ma vie !…»

Il y eut un long silence.

Puis Nanuukquette reprit la parole.

« C’est bien ce que je craignais…Si je te dis maintenant que tu n’es pas le seul chasseur à t’être mis en route…

« Il y a un autre chasseur ? s’écria Tulurgglurkuk ? 

« Non, fit lentement Nanuukquette, il n’y a pas un autre chasseur…Il y en a six !

«  Six !...Et tous veulent retrouver mon pingouin ?

« Non…Ils ne veulent pas retrouver «ton» pingouin. A vrai dire ils s’en fichent de ton pingouin…Mais ils sont tous partis en même temps que toi…

« Mais qu’est-ce qu’ils ont à voir avec moi alors ? Et qui sont-ils ? Et que  cherchent-ils ?

«  Qui sont-ils ? Tu le découvriras plus tard…Où sont-ils ? Tu le sauras bien assez tôt…Et que cherchent-Ils ? C’est là que ça devient intéressant…

Ils cherchent… Voyons, par qui commencer ? Ah oui…Le premier cherche un kangourou…

« Un kangou quoi ? Qu’est-ce que c’est que ça ?

« Je t’avais dit que ça devenait intéressant…Donc je reprends…Un autre chasseur cherche un kangourou. Tu ne connais pas cet animal, c’est normal, lui non plus ne te connaît pas…

Un troisième chasseur, ce qu’il cherche c’est tout un tas d’animaux dont tu n’as jamais entendu parler non plus. Un autre encore, c’est un serpent à plumes. Une autre, oui une autre, est partie à la poursuite d’un sphinx, et enfin le dernier chasseur, mais en fait c’est le premier, est un vieux peintre tout à fait extraordinaire. Lui, il est parti à l’autre bout du monde il y a maintenant fort longtemps à la poursuite d’un pangolin…

« Un pangolin ? firent d’une même voix les deux inuits.

« Oui, un pangolin…Oh c’est un bien étrange animal que ce pangolin…C’est un animal joueur, très joueur. Depuis qu’il a fui du tableau d’où il n’aurait jamais dû sortir…Eh oui un peu comme ton pingouin Tullurgglurkuk… Il ne fait que ça, jouer. Et aussi parier, et tricher, et gagner bien sûr…Car ce qu’il aime par-dessus tout, ce pangolin, c’est collectionner les taches qu’il dérobe sur le dos de ses adversaires malchanceux…Et sais-tu ce qu’il laisse derrière lui, ce pangolin ? Eh bien il laisse des animaux sans tache…Sans aucune tache…

«  C’est un peu le contraire d’ici alors, fit Tanarak, songeuse.

« Tu commences à comprendre Fille-de-la-toundra, tu commences à comprendre…

C’est même exactement ça…C’est tout le contraire d’ici… »

Chapitre 58

« …Poséidon possède un don,

      Est-ce possible ou espadon ?

      Poséidon possède un don,

      Est-ce possible ou esturgeon ?... »

 

Mélo Dick fredonnait une ancienne comptine.

La grande baleine, qui avait rarement été de si bonne humeur, aidait Lulu à ranger les vaguelettes. Le concert aquatique fini, les spectateurs ravis étaient tous repartis, les uns sous leurs barrières de coraux, les autres dans leurs abysses habituels.

L’émotion et l’écume étaient retombées d’un cran mais Billiwong Billidong flottait toujours sur son petit nuage.

Une très légère brise s’était levée. Sur l’immensité de l’azur qui se perdait aux confins d’une mer d’huile, très loin à l’horizon, une toute petite ligne couleur de plomb séparait le ciel de l’océan. Lulu tourna la tête et fronça les sourcils. Mélo Dick aussi…

« …Poséidon possède un don…Et toi aussi tu possèdes un don, et quel don, lança la baleine à Biliwong Bilidong, en le bousculant affectueusement.

Mais parfois, il est utile d’avoir un autre don. Par exemple celui d’ouvrir grand ses naseaux, ses ouïes, ou ses narines si tu préfères. Humer l’air, sentir les évènements arriver, c’est précieux parfois…

« Je comprends ce que tu veux dire, répondit Billiwong Billidong, j’étais doué pour ces choses-là dans mon désert de terre rouge…Mais ici, dans cette grande bassine d’eau calme, je ne sens presque rien…Sauf avec mon didgeeridoo !

« Dommage…dit la baleine, soudain inquiète, dommage, mais peut-être que ton bâton à souffler aura encore son mot à dire... Et puis, eau calme, c’est vite dit…En tout cas je crains de n’avoir guère de temps pour t’expliquer certaines choses…Lulu il va falloir faire vite… »

Au loin, la fine ligne grise s’était transformée en barre sombre et noircissait et grossissait à vue d’œil. La mer ondulait maintenant de façon continue.

« Ca, ça s’appelle la houle, dit Lulu, ensuite ça porte un autre nom…

« …et les vents, soupira la baleine, les vents…que sais-tu des vents du Pacifique, Bongbongbong mon ami, toi qui viens des mers de sable ?

« Je connais le Willy-Willy, et le Williwang aussi, dit difficilement Billiwong Billidong, ces deux sacrés démons qui descendent des montagnes en roulant des mécaniques… » Il essuya son visage qu’une méchante vague venait d’inonder. Il avait de plus en plus de mal à se tenir debout sur le dos de la tortue.

« Rigolade que ces petits vauriens !... hurlait maintenant Mélo Dick, Lulu tu  es là ?...Bon, tu sais ce qu’il te reste à faire…La tempête arrive trop vite…C’est toi qui lui enseigneras tout ce qu’il y a à savoir sur les vents...Bien au chaud…Tu n’as pas le droit à l’erreur ma Lulu…Tu es prête ?... »

« Fais-moi confian…, cria Lulu. Sa voix se perdit dans le tumulte et avant qu’elle n’ait fini sa phrase une vague, grande comme une montagne, s’écrasait sur elle et sur Billiwong Billidong.

Puis tout alla très vite.

Lulu agrippa par le col Billiwong Billidong qui commençait à sombrer et fonça comme une fusée dans la bouche béante que venait d’ouvrir Mélo Dick.

Et tous deux disparurent dans les entrailles de la grande baleine…

 

« …Poséidon possède un don,

      Mais qu’est-ce donc, mais qu’est-ce donc ?

      Poséidon possède un don,

      Celui d’changer les hommes en poissons !...».

Chapitre 59

A quatre pattes, dégoulinant de vase, Billiwong Billidong toussait et vomissait tant et plus.

Eau, plancton, algues, crevettes, tout finit par ressortir, jusqu’à un petit poulpe qui, entre deux hoquets, s’échappa de sa bouche et se carapata sans demander son reste. Il lui fallut un peu de temps pour recracher les litres avalés dans sa furieuse descente dans le gigantesque gosier de la baleine, et encore plus pour  reprendre son souffle.

Il leva la tête. La caverne, enfin l’estomac, était immense. Pataugeant dans une espèce de bouillon indéfinissable il grimpa en rampant sur un îlot qui avait la consistance d’une éponge.

Lulu la tortue l’attendait au sommet. Une lumière tamisée renvoyait d’étranges ombres sur les parois de la caverne. Billiwong Billidong cracha encore pour faire sortir de sa gorge quelques dernières crevettes.

Quelqu’un lui tapa dans le dos.

«  Ah merci Lulu…réussit-il à souffler.

« Y’a pas de quoi, répondit Lulu en souriant, à deux mètres face à lui…

« Je ne m’appelle pas du tout Lulu.. » dit une voix moqueuse derrière son dos.

Billiwong Billidong se retourna.

Ils étaient trois…

Le premier, celui qui ne s’appelait pas Lulu, avait l’air plutôt bienveillant. Son visage était couvert de rides si profondes qu’il était bien difficile de lui donner un âge. Ses hardes étaient en loques. Sa longue barbe blanche traînait jusqu’au sol. Une lanterne aussi vieille que lui se balançait au bout d’un bras squelettique.

« Bonjour jeune homme, bonjour jeune dame, fit-il d’une voix chevrotante, ça fait plaisir de voir de nouvelles têtes, c’est assez rare par les temps humides qui courent…Soyez les bienvenus, faites comme chez vous, prenez un coussin…un oursin je veux dire et asseyez-vous ! Plus on est de noyés plus on rit !...

Au fait, vous pouvez m’appeler Johnny…Il y a très longtemps on m’appelait Jonas, mais Johnny c’est plus moderne…Oui, appelez-moi Johnny… »

Le second était plus taciturne, vêtu d’une vareuse noire élimée et coiffé d’un chapeau haut-de-forme. Son visage, taillé à coups de serpe, était cerné d’une courte barbe noire qu’il dardait méchamment sur les nouveaux arrivants. Il se tenait droit, raide comme un piquet, appuyé sur une vilaine canne et n’avait qu’une seule jambe.

« Bienvenus, bienvenus, c’est vite dit, grinça-t-il. Malvenus serait plus juste à mon goût ! Il n’y avait déjà pas grande place dans cette maudite cambuse…deux bouches de plus à nourrir, ça ne me dit rien qui vaille, surtout quand une de ces deux bouches est un bec ! De plus, il ne semble pas que vous ayez des harpons, vous ne me serez donc d’aucune utilité…

Quant à mon nom…Vous m’appellerez Cap’tain, tout simplement …»

Le troisième était plus bizarre encore. Plutôt petit, il portait une culotte rouge trop grande pour lui et avait sur la tête un ridicule chapeau jaune surmonté d’une petite plume. Deux yeux ronds dans une face toute lisse, un sourire benêt qui fendait son visage, on aurait dit un enfant dont les mouvements désordonnés semblaient obéir à quelqu’un d’autre. Il avait aussi un nez incroyablement long…

« Ciao amici ! s’écria-t-il, que ça fait plaisir de vous voir… »

Etrangement Billiwong Billidong crut voir le nez du bambin s’allonger.

 « Surtout n’écoutez pas ces vieux barbons. Ils disent n’importe quoi ! Pfffff…qu’ils sont ennuyeux ! Si vous voulez tout savoir ici, c’est à moi qu’il faut s’adresser ! »

Le nez s’allongea un peu plus.

« Et surtout n’ayez pas peur ! Est-ce que j’ai peur moi ? Jamais de la vie ! »

Le nez continua à s’allonger…

« Vous voulez savoir mon nom ? Ah c’’est bête, je crois que je l’ai oublié !»

Et le nez s’allongea encore…

chapitre 60

Après les présentations mondaines les trois curieux personnages firent faire le tour du propriétaire aux « nouveaux avalés », tour qui fut assez court, il n’y avait pas grand-chose à voir.

«Donc ici, c’est l’estomac, dit le vieux Johnny, enfin le salon si vous préférez, mais c’est aussi la salle à manger, la cuisine, le dortoir, le tout en un, c’est spacieux, convivial, un peu austère certes, les murs restent à décorer, si vous avez des idées elles sont les bienvenues, mais nous avons toutes les commodités à portée de main, à manger, à boire, et pour le sport il y a la pêche, c’est assez humide il est vrai, mais on s’y fait et là-bas tout au fond, le tunnel nauséabond, ce sont les toilettes, ensuite c’est la sortie, enfin je crois car à vrai dire personne ne s’y est encore risqué…Et donc, vous comptez rester longtemps ? … »

« J’espère bien que non, maugréa le Cap’tain…Au fait matelots, vous n’auriez pas trouvé une jambe en os de baleine accrochée sur le flanc de ce maudit cachalot qui vous a gobés ?...

« Et un menuisier? fit le petit garçon, vous n’auriez pas croisé un menuisier ? J’aurais bien besoin d’un petit coup de rabot, là et là…... »

Billiwong Billidong haussa les épaules, il ne comprenait rien à ce charabia.

Lulu la tortue poussa un grand soupir et s’avança vers la troupe d’hurluberlus.

« Non messieurs, nous n’avons rien vu de tout cela. Nous sommes désolés pour vous et nous vous remercions de votre hospitalité mais nous ne faisons que passer. Billiwong Billidong, mon honorable associé ici présent et moi-même devons repartir au plus vite. Une fois la tempête passée, nous ressortirons, je ne sais pas encore par quel orifice, et nous repartirons affronter les vents du  vieux Pacifique. C’est que…nous avons un kangourou doux à retrouver !... »

« Un kangourou doux ! gronda le Cap’tain. Voyez-vous ça !...Moi c’est ma jambe en os que j’aimerais bien retrouver…

« Moi c’est la fée bleue, pleurnicha le bambin, elle me manque tant !

« Moi c’est ma jeunesse…soupira Johnny, elle manque aussi…

« …Oui, bon, si j’ai bien compris…fit une petite voix, nous avons tous perdu quelque chose que nous aimerions tous désespérément retrouver…Une fée bleue, une jambe, une jeunesse, un kangourou doux, et pourquoi pas un pingouin lent pendant qu’on y est, ou un pangolin, va savoir…»

Tous se tournèrent vers Billiwong Billidong dont le visage venait de s’illuminer.

Il avait reconnu la voix qui continuait :

 « Un proverbe marsupial dit : « l’union du plancton, avalé par un cachalot et avant d’être définitivement digéré, fait la force ». Peut-être est-ce le moment, cher plancton, avant d’être vous aussi digéré, d’unir vos forces et qui sait, le Cap’tain récupérera peut-être sa jambe, le pantin sa fée, le vieillard ses vingt ans et Billiwong Billidong son kangourou...

Moi par exemple, si au lieu de me trouver ici dans cet infect cloaque je pouvais regagner ma forêt d’eucalyptus, dit le koala qui venait donc d’apparaître sur l’épaule de Billiwong Billidong, je serais le plus heureux des koalas… »

La bibliothèque de la Maison du Patrimoine de Saint-Lary Soulan rouvre ses portes le mardi 19 mai avec ces horaires :

  • Mardi : 9 h-11 h
  • Mercredi : 16 h-18 h
  • Jeudi : 16 h-18 h
  • Vendredi : 16 h-18 h (seul changement)
  • Samedi : 9 h-12 h

La bibliothèque sera fermée pour le week-end de l’Ascension.

Renseignements

Consignes de réouverture

Le prix Hans-Christian Andersen est considéré comme l'un des plus prestigieux de la littérature jeunesse.

Que font les agents de la Médiathèque départementale en ces temps de crise sanitaire ? 

Le déconfinement sera panaché et progressif dans les bibliothèques des Hautes-Pyrénées !

L’année de la BD joue les prolongations et vous propose d’inventer la suite.

Que font les agents de la Médiathèque départementale en ces temps de crise sanitaire ? 

Que font les agents de la Médiathèque départementale en ces temps de crise sanitaire ? 

Ces derniers temps nous avons évoqué beaucoup de ressources accessibles gratuitement et facilement en ligne dans différents domaines, mais nous ne l’avions pas fait pour les textes lus.

Le réseau des Médiathèques Adour-Madiran vous propose ce jeudi, une nouvelle Heure du conte pour les enfants, en live sur Facebook. 

Chapitre 51

Roméo se pencha vers l’oreille de Giuletta.

« Ah bon ?...Tu crois ?... » fit-elle à voix basse mais suffisamment audible pour que le Minotaure, qui s’approchait avec des intentions funestes, l’entende. « C’est vrai je n’avais pas remarqué…Mais maintenant que tu me le dis...

« Quoi ? s’exclama le monstre, qu’est-ce que tu n’avais pas remarqué ? »

Il baissa sa gueule jusqu’au visage de Giuletta, ses naseaux fumants soufflaient une haleine putride à deux centimètres du nez de celle-ci. Giuletta, avec une infinie douceur, mit son index sur le mufle de la bête et l’en écarta.

« Eh bien…Voyez-vous, en regardant mieux votre profil droit…je me disais…Mon dieu mais quel beau spécimen ! Quelle prestance ! Quelle classe ! Quelle souplesse…Et quelle légèreté aussi… »

Le Minotaure, interloqué, se releva. De son sabot, il effleura sa joue hirsute.

« Quelle souplesse ?...Quelle légèreté ?…On ne m’avait jamais dit ça…

« C’est parce qu’on ne vous a jamais vraiment regardé, dit malicieusement Giuletta, moi j’ai noté ça au premier…enfin au deuxième…coup d’œil !

C’est normal savez-vous, je suis peintre, c’est mon métier de remarquer ce qui se cache sous les apparences. Car en vous, sous cette carapace de muscles et d’agressivité je vois la grâce, je soupçonne la délicatesse, je devine la douceur… »

Le monstre la regarda comme s’il tombait des nues. Ses épaules s’affaissèrent, sa poitrine se vida d’un coup.

« Oui c’est vrai…je suis un délicat...Je suis un doux...Je suis un gracieux… » bredouilla-t-il, et il s’effondra en larmes…

Sur l’épaule de Giuletta, Roméo applaudissait… « Chut ! sois discret… » murmura Giuletta, elle se pencha vers le monstre.

« A-t-on déjà fait votre portrait récemment ?

« Ben non, fit le Minotaure entre deux sanglots, suis bien trop moche…

« Foutaise, s’écria-t-elle, je vais remédier à ça ! Vite une toile, des pigments, des pinceaux, allez vous mettre en place et je vais vous rendre immortel, immortellement gracieux, intemporellement léger et tendre et beau !...

« Oui madame, fit le monstre, la morve aux naseaux, je prends la pose de suite… »

La suite…

Eh bien la suite peut se voir de nos jours au Musée des Offices de Florence.

Il s’agit d’un tableau ou plutôt d’une allégorie intitulée : « La naissance de Minos » faussement daté de 1485. La signature prête aussi à confusion car elle ne porte pas, hélas, le nom de Giuletta Malatesta mais celui d’un obscur barbouilleur qui signait Sandro B. bien connu pour avoir usurpé bon nombre d’œuvres de ses confrères et consoeurs.

Ce tableau représente, sortant d’une coquille Saint-Jacques géante, le Minotaure affublé d’une audacieuse perruque blonde, dans une posture « contrapposto », typique de l’époque. Il est pudiquement recouvert d’un léger voile, Zéphir souffle à sa droite, du ciel tombent des fleurs de myrte, l’ensemble évoquant pour l’éternité la pureté, la beauté et l’amour…

Chapitre 52

Les adieux furent déchirants…

Et pas seulement à cause des coups de griffes.

Tout ce que la jungle comptait de félins était désormais au courant des sauvetages picturaux de Tchang-Lu.  Le « maître restaurateur des pelages effacés » faisait maintenant partie du clan et les tigres et le léopard, devenus frères de taches pour la vie, ne voulaient plus laisser partir le vieux peintre.

« Ta place est parmi nous, disaient-ils, pourquoi perdre ton temps à courir après ce pangolin de malheur ? Si tu restes ici nous t’apprendrons à courir après les daims, c’est beaucoup plus festif… »

Mais Tchang-Lu avait une tâche à accomplir.

Il jura une fidélité éternelle à ses nouveaux amis, fit ses bagages, salua une dernière fois, et partit sans se retourner.

Jerry Khan et ses frères pleurèrent beaucoup.

La coccinelle aussi, mais ça faisait moins de bruit.

Le séjour de Tchang-Lu parmi les fauves lui avait fait perdre un peu de temps mais il y avait au moins appris deux choses qui pouvaient se révéler d’importance. Le pangolin nacré avait deux vices et non des moindres :

premièrement il volait des taches, ensuite, il était joueur…

Or, les tigres lui avaient parlé d’un certain palais situé en haut d’une montagne, dans les confins du Rajasthan, une citadelle magnifique et mystérieuse qui pourrait bien devenir une des prochaines étapes sur la route du pangolin.

Le Maharadjah de Salhâmandragore, joueur invétéré lui aussi, avait en effet fait bâtir une somptueuse demeure répondant à ses goûts les plus fous. Ce palais comportait mille salles de jeux plus extraordinaires les unes que les autres et accueillait toutes sortes de visiteurs sans distinction de castes ni de rangs. Tous étaient acceptés, riches ou pauvres, rois ou mendiants, humains ou animaux, mortels ou purs esprits. Chacun pouvait venir jouer à sa guise et participer à n’importe quel jeu, du moment qu’il avait quelque chose à miser, sa fortune, son carrosse, une pièce d’or, sa chemise, un cheval, son sabre, un clou, ou s’il n’avait que cela : son âme…

Car l’hospitalité du Maharadjah de Salhâmandragore n’était que de façade.

On ne jouait pas impunément dans son fastueux mais terrible palais. Les gagnants, qui d’après ce qu’on disait, étaient fort peu nombreux, repartaient les bras chargés d’or et de diamants. Quant aux malheureux perdants, un destin affreux les attendait.

Le bruit courait que les innombrables statues dont les jardins intérieurs du palais étaient parsemés n’étaient en réalité que les malheureux joueurs qu’un sortilège funeste avait transformés et figés à jamais dans le marbre rose…

Tchang-Lu gravissait le sentier qui menait au palais de Salhâmandragore.

Il n’était plus si pressé d’y arriver.

Il se demandait s’il n’allait pas y découvrir, pétrifié sur un piédestal de granit, la statue de son imbécile de pangolin…

Chapitre 53

« Bienvenue étranger ! Laisse dehors toutes tes craintes, toutes tes hésitations, débarrasse-toi de tes vieux oripeaux ! Plonge dans l’incommensurable plaisir du doute. Ouvre ton cœur, tes émotions, ta bourse surtout...Enivre-toi des mille et un parfums de la chance et du hasard ! Bienvenue dans le temple des  jeux ! Bienvenue à Salhâmandragore !... »

L’accueil de Tchang-Lu, dont l’allure générale était plus celle d’un vagabond que d’un riche nabab, par un majordome jovial et enturbanné dans le « temple des jeux » fut des plus cordiaux.

Peut-être même un peu trop cordial au goût de Tchang-Lu…

Le majordome, dont le costume brodé de fils d’or et les multiples décorations et pendeloques qui ornaient sa poitrine faisaient plus penser à un général d’opérette qu’à un domestique, fit entrer Tchang-Lu sous un porche tendu de brocards multicolores comme si celui-ci était l’empereur des Moghols.

Comme Tchang-Lu avait beaucoup marché et qu’il avait les jambes un peu lourdes il avait tout d’abord demandé s’il pouvait se reposer cinq minutes et s’assoir sur un banc. A peine sa requête posée, trois serviteurs lui avaient apporté des poufs et des coussins de soie et une domestique voilée était venue lui masser les mollets avec de l’huile de rose. Tchang-Lu qui était également assoiffé avait aussi demandé s’il pouvait avoir un verre d’eau. On lui amena une grande jarre remplie de jus de mangue, de papaye et d’ananas rafraîchis à l’eau de menthe.

Il demanda ensuite si l’on pouvait lui donner un petit bol de riz afin qu’il reprenne quelque force. On lui apporta six plats différents de viandes en sauce, de rôtis, de pâtés en croûte et  de poissons marinés et fumés et grillés tous plus appétissants les uns que les autres.

Tchang-Lu qui n’était pas né de la dernière pluie de sauterelles se demandait bien pourquoi on le traitait de la sorte et commençait à se tenir sur ses gardes.

Enfin il dit au majordome enturbanné qui était de plus en plus aimable avec lui qu’il aurait bien aimé être présenté au Maharadjah pour lui exposer l’objet de sa visite.

L’homme au turban lui dit que l’objet de la visite de l’inestimable hôte était déjà connu du Maharadjah de Salhâmandragore car le Maharadjah de Salhâmandragore savait des choses que le commun des mortels ne savait pas et qu’il aurait bien des choses à dire sur le sujet mais qu’hélas cela n’allait pas être possible tout de suite car le  Maharadjah de Salhâmandragore était un homme très occupé. Le Maharadjah de Salhâmandragore tenait aussi à informer l’inestimable hôte qu’il connaissait sa véritable identité et qu’il était très honoré d’accueillir dans sa modeste demeure un peintre aussi éminent.

Quoi qu’il en soit et pour faire patienter l’inestimable hôte jusqu’au moment de sa rencontre avec le Maharadjah ( de Salhâmandragore ) tout allait être fait pour satisfaire les besoins et les envies de l’inestimable hôte et que, pourquoi ne pas commencer par une visite guidée de la salle des jeux les plus admirables du Palais ?

« Par exemple, inestimable hôte, demanda d’un ton affable le majordome à Tchang-Lu en l’entraînant par le bras vers une porte grillagée monumentale, connaissez-vous celui-ci :

« Le jeu de l’inestimable hôte qui tombe dans la fosse aux ours à qui l’on n’a pas donné à manger depuis dix jours ? »

Chapitre 54

Après avoir obtenu in extremis le report de la partie dans la fosse aux ours à une date ultérieure pour cause de manque de préparation, Tchang-Lu ne put refuser au majordome la visite des autres salles de jeux.

La première salle dans laquelle ils pénétrèrent était une cage

Une immense cage à oiseaux remplie de hauts perchoirs vides au milieu desquels un tigre alangui était tranquillement couché.

« Ah merveilleux, fit le majordome en battant des mains, j’adore ce jeu. Il est très simple. « Il s’appelle « attrape-moi si tu peux ». Il actionna une manette, une porte s’ouvrit et une multitude d’oiseaux de paradis s’engouffra dans la cage. Le tigre ouvrit un œil, les oiseaux effrayés se posèrent vite sur les hauts perchoirs. Pas assez hauts hélas car en deux minutes à peine il ne resta plus que quelles plumes voletant de-ci de-là, le tigre avait mangé tous les oiseaux.

« Ah ah ah, s’esclaffa le majordome, simple n’est-ce pas ? Et efficace…Bon, c’est vrai il n’y pas beaucoup de doute quant à l’issue du jeu, le tigre attrape presque toujours les oiseaux, presque car parfois les oiseaux le bouffent, mais c’est très rare… Alors, ça vous a plu ? La suite, vous allez voir, est encore mieux… »

La seconde salle était un aquarium où évoluaient une dizaine de crocodiles fort agités. « Eux non plus n’ont rien ingurgité, dit l’homme au turban…rien ingurgité depuis…eh bien depuis la dernière partie qui s’appelle justement « C’est qui le plus gros ? » Il appuya sur un bouton, une trappe coulissa au plafond et un énorme éléphant tomba dans l’eau, provoquant un immense remous et écrasant quelques sauriens dans sa chute. 

« Ahhhh c’est peut-être lui le plus gros…Vous pariez maître Tchang-Lu ? Non ? Si ?...Et non finalement…Vraiment pas de chance pour le mastodonte … »

Un crocodile venant d’engloutir un dernier morceau de trompe.

« Le plus gros n’est pas toujours celui qu’on croit, la glorieuse incertitude du jeu que voulez-vous…. »

La troisième salle était vide, à l’exception de deux tabourets, l’un était inoccupé, sur l’autre était assise une panthère blanche.

« Ahhh…Maintenant que vous avez je l’espère un peu compris comment tous ces jeux fonctionnent, vous allez pouvoir enfin montrer votre talent cher et inestimable hôte. Cette magnifique panthère blanche a, vous l’avez deviné, elle aussi le ventre vide. Le tabouret en face d’elle vous est destiné.

Et le jeu s’appelle : «  J’te croque, j’te croque pas ! »

Le majordome poussa Tchang-Lu vers le siège et s’éclipsa.

« A vous de jouer !... »

La Panthère passa sa langue sur ses babines retroussées.

Tchang-Lu la considéra un moment sans sourciller et lui sourit tranquillement.

« Tu n’as pas peur ? fit la panthère, pourtant je vais te manger tu sais, je gagne toujours à ce jeu…

«  Ah bon fit Tchang-Lu, je n’en suis pas si sûr…La dernière fois que vous avez joué, n’auriez-vous pas perdu quelque chose ? Quelque chose de noir ?...

« Grrrrrrr ! Comment sais-tu ça petit homme, gronda la panthère.

« Je le sais parce que les panthères blanches ça n’existe pas ! Je suis presque sûr que ton dernier adversaire t’a battu, en trichant probablement, et ne t’a volé qu’une seule chose, la grande tache noire qui te recouvrait entièrement, est-ce exact ?

« GRRRRRRRRRRR ! Oui, hurla la panthère blanche, oui c’est exact !!!... »

Tchang-lu sortit alors ses pinceaux et un pot d’encre de chine de sa besace.

Il se mit à badigeonner la panthère blanche qui se laissa faire. Il commença par la queue, et rapidement la panthère redevint noire. Elle ne croqua pas Tchang-lu qui fut, à la grande déception du majordome, déclaré vainqueur.

« Le Maharadjah de Salhâmandragore va vous recevoir, fit-il bougon…

La prochaine partie, ce sera avec lui !... »

Chapitre 55

« Que me dis-tu Tanarak, Fille–de-la-Toundra ? dit Tulurgglurkuk, un ours blanc rayé de noir ! Quel est ce sortilège ?...

« Viens constater par toi-même…Le sortilège comme tu dis, je l’ai capturé hier…Mais les sortilèges, dans nos contrées obscures, ne voyagent jamais seuls…Tu n’es pas au bout de tes surprises… »

Elle entraîna Tulurgglurkuk derrière un bosquet de mélèzes rabougris. L’inuit, pressé de voir le phénomène trébucha sur une souche et faillit basculer en avant. Elle le retint brusquement  par la manche.

«  Attention pauvre sot !  Un pas de plus et tu aurais servi de déjeuner au sortilège…Vous autres, les hommes, vous êtes vraiment trop inconscients… »

Un grillage de fortune fait de branchages entremêlés recouvrait une profonde fosse juste devant eux. Un imposant ours blanc y tournait en rond, grondant sourdement son infortune

Un ours plus tout à fait blanc en vérité, puisqu’en effet son pelage était entièrement rayé de longues bandes noires. L’ours se leva pesamment et se mit debout, sa gueule arrivait presque au bord de la fosse.

Les chiens avaient suivi leurs maîtres. Chien-qui-pète avança sa truffe, renifla le fauve et faillit glisser. Chienne-qui-ne-pète-jamais l’attrapa par une oreille et le tira vivement en arrière.

« Attention pauvre sot ! Une patte de plus et tu n’aurais plus jamais pété de toute ta vie…Vous autres, les chiens des hommes, vous êtes vraiment trop innocents… »

Tulurgglurkuk fit prudemment le tour de la fosse. Il n’avait jamais vu un tel prodige. Tanarak le laissa un moment contempler la bête puis ajouta :

« Mais ce n’est pas tout…Il se passe vraiment de drôles de choses ces temps- ici…Viens voir par-là ! »

Ils allèrent donc par-là, c’est-à-dire à quelques pas, et par-là il y avait d’autres cages.

Dans la première cage se trouvait un magnifique renard des neiges. Furieux d’avoir été capturé il glapissait à fendre l’âme. Il aurait dû être tout blanc, mais ce n’était pas le cas. Sa fourrure était entièrement constellée de petits anneaux noirs.

Dans une seconde cage deux lièvres arctiques terrorisés se blottissaient l’un contre l’autre. De multiples petites taches noires parsemaient leurs blanches fourrures.

Passant de cage en cage Tulurgglurkuk poussait des cris de stupeur.

«  Et ce n’est pas fini, gloussa Tanarak, as-tu déjà vu une hermine pareille ? »

Dans la dernière cage, une petite bête hystérique grimpait, sautait, crapahutait dans tous les sens.

« Une hermine, ça ? rétorqua stupéfait Tulurgglurkuk, ce n’est pas possible, nous sommes en plein hiver et en hiver la fourrure de l’hermine est blanche !...

Je n’ai jamais vu semblable animal... 

« C’est une hermine, je te l’assure, sourit Tanarak, et en parfaite santé comme tu peux constater… »

En parfaite santé en effet, sauf que cette hermine-là avait une fourrure entièrement rouge ornée sur le dos de sept gros points noirs…

Que font les agents de la Médiathèque départementale en ces temps de crise sanitaire ? 

Comme l’ensemble de la planète, le monde culturel est confiné, mais de nouvelles initiatives ont bourgeonné de ci de là …

Que font les agents de la Médiathèque départementale en ces temps de crise sanitaire ? 

Que font les agents de la Médiathèque départementale en ces temps de crise sanitaire ? 

En ces temps si particuliers, de nombreuses rumeurs circulent sur les réseaux sociaux et autres médias.

Que font les agents de la Médiathèque départementale en ces temps de crise sanitaire ? 

Jean-Claude Pertuzé, né le 11 septembre 1949 à Lectoure dans le Gers, vient de décéder le 26 avril 2020 à Valence (Drôme).

Que font les agents de la Médiathèque départementale en ces temps de crise sanitaire ? 

Depuis l’annonce du décès du chanteur Idir, ce samedi 2 mai 2020,  les hommages fleurissent pour saluer aussi bien l’ambassadeur de la chanson kabyle que l’humaniste engagé et pacifiste.

Devant le succès rencontré par Médiathèque Numérique nous avons été contraints de limiter le nombre de visionnages à 20 par mois.

Nous vous remercions de votre compréhension.

Chapitre 46

Trois petites fourmis filaient sous la lune,

Au rassemblement, seront en retard.

Trois petites fourmis, mais quelle infortune,

A la conférence, ce sera trop tard !

Dans la brousse s’étiraient leurs ombres.

Trois seulement était leur nombre…

 

Moussa Moussa se faufilait silencieusement entre les buissons et les herbes folles, courbé en deux, son macaque dans la tignasse, il suivait à bonne distance les trois insectes qui fonçaient à toute allure vers la morte forêt des baobabs desséchés.

« J’ai un mauvais pressentiment, ô Moussa Moussa mon cher nid chevelu…Les baobabs desséchés, c’est un endroit maudit où les humains n’ont pas le droit de mettre les pieds, tous les macaques savent ça…

« Quand est-ce que tu as déjà eu un bon pressentiment, petit macaque mon hôte bavard et lâche ? soupira Moussa Moussa, de plus, aux dernières nouvelles tu n’es pas vraiment humain et moi je le suis seulement quand j’en ai envie…Et qui te dit que nous allons y mettre les pieds ? Mais chut ! Nous arrivons…»

La réputation de la morte forêt des baobabs desséchés n’était pas surfaite. Elle avait été, en des temps lointains, un des plus beaux massifs de baobabs du pays. La vie y était riche et animée, on y venait de loin pour palabrer sous des frondaisons habitées par des hordes d’oiseaux de toutes espèces.

Mais une nuit, alors que le ciel d’été était constellé d’étoiles, un monstrueux orage éclata subitement et une nuée d’éclairs embrasa les arbres millénaires.

Tout fut calciné en une fraction de seconde. Il ne resta plus, au milieu d’une montagne de cendres, qu’un étrange cercle d’arbres à demi consumé dont les quelques branches pétrifiées pointaient vers le ciel leurs maigres et suppliants moignons. L’endroit fut frappé d’interdit et nul n’y alla plus désormais. On le disait hanté par les esprits. Seul le fou du village disait avoir vu, certaines nuits de pleine lune, d’étranges processions de colonies d’insectes s’y diriger. Personne ne l’avait cru. On aurait dû…

Trois petites fourmis filaient sous la lune,

Trois petites fourmis couraient dans le sable,

Trois petites fourmis, mais quelle infortune,

Au milieu des arbres, elles furent innombrables…

Chapitre 47

Les trois petites fourmis venaient de s’infiltrer à l’intérieur du cercle des arbres calcinés.  

A l’approche des baobabs le sable bruissait et ondulait en vagues furtives mais incessantes. Une prodigieuse activité était à l’œuvre et Moussa Moussa n’arrivait pas encore à en discerner l’origine. Il se colla derrière un arbre décharné un peu à l’écart.

«  Nous allons grimper là-haut, souffla-t-il au macaque, plus près du ciel c’est toujours mieux…

«  Tu as raison vieux fou ! maugréa le singe, plus près du ciel c’est merveilleux, comme ça on tombera de plus haut, mais quelle bonne idée !...

Ils montèrent vivement, s’installèrent à califourchon sur un reste de branches et purent ainsi, avec effroi, contempler l’intérieur du cercle.

« La curiosité n’est pas un vilain défaut, se lamenta le macaque, c’est juste une terrible erreur !.... »

En bas, les trois fourmis n’étaient plus seules. Elles avaient rejoint leur très très grande famille.

Mais il y avait d’autres familles. Et le silence fit place au vacarme.

Le calme nocturne, à une cohue indescriptible.

Au pied de chaque baobab des milliers, des millions d’insectes étaient agglutinés. Les fourmis se trouvaient sur la gauche; les légionnaires d’abord, les tisserandes ensuite, puis les terribles fourmis rouges mangeuses d’hommes, les magnans, les marabuntas enfin.

Plus loin une pyramide de criquets pèlerins escaladaient déjà un arbre mort pendant que des termites commençaient à coloniser une autre souche.

Des cigales dorées, empilées sur deux mètres, tentaient de se frayer un passage au milieu d’une immense colonne de scarabées à grandes pinces. Les chenilles avaient enfin trouvé leur place, certaines étaient déjà en train de muer. Les sauterelles vertes, forcément, sautaient partout. Les mouches bourdonnaient sur de vieux restes de bouses. Les abeilles entamaient la construction d’un nid sauvage. Quant aux scorpions, pour ne pas changer, dards dressés au-dessus de leur tête, ils se battaient entre eux.

Le bruit des mandibules et des ailes qui vibrionnaient était devenu infernal…

Au pied du plus grand baobab, une troupe de tarentules attendait patiemment.

Noires, hirsutes, terrifiantes, elles patientaient, comme une armée au garde-à-vous. Soudain elles s’écartèrent, livrant passage à une gigantesque araignée qui s’avança lourdement sur ses huit pattes velues. Ses yeux furieux firent le tour du cercle, fixant chaque clan d’insectes l’un après l’autre.

Le silence se fit d’un coup. Si on avait entendu une mouche voler, elle aurait instantanément été gobée par la tarentule…

Elle s’arrêta au centre du cercle et fit claquer ses mâchoires.

«  Mes très chères sœurs, mes très chers frères, grogna l’effroyable bestiole, avant de commencer la séance, il faut que je vous avoue quelque chose… »

Elle leva les yeux.

«  Je crois bien que nous avons des visiteurs… »

Des millions de paires d’yeux se posèrent sur Moussa Moussa.

« Je ne me sens pas très bien… »  dit le petit macaque.

Chapitre 48

Ma maman m’avait prévenu : ne fais jamais ton nid sur la tête d’un féticheur, ça ne t’apportera que des ennuis…on devrait toujours écouter sa maman…Elle m’avait dit aussi : ne laisse jamais rentrer des scorpions dans tes narines, ni des fourmis dans tes oreilles…ni des abeilles, ni des chenilles, ni des criquets, ni des termites, ni des tarentules…

 

Le petit macaque aurait préféré être ailleurs. Son maître aussi…

Après qu’une nuée d’insectes se soit précipitée sur l’arbre sur lequel ils étaient juchés et l’ait violemment secoué, ils étaient tombés au milieu de la mêlée comme les fruits trop mûrs d’un manguier.

Hébétés, ils avaient été entièrement recouverts par une mer de carapaces agressives, seuls leurs yeux restaient libres de voir l’horreur grouillante qui les enveloppait comme dans un linceul.

« Bien, Bien, Bien…Qu’avons-nous là ? » Gloussa la grande tarentule en grimpant lentement le long du torse de Moussa Moussa. D’un coup de patte elle dégagea un gros cancrelat qui essayait de rentrer dans une des narines du féticheur.

« Je ne connaissais pas cette espèce de grand papillon ! Quelqu’un aurait une idée ? demanda-t-elle ironiquement à la cantonade.

« Inconnu au bataillon Chef ! s’écria une mygale hystérique, m’est avis qu’il faudrait lui arracher la peau pour voir à quoi ressemble sa chrysalide.

«  J’peux le piquer Chef, J’peux le piquer ? hurla un scorpion noir.

«  On peut le croquer Chef, on peut le croquer ? braillèrent en cœur criquets, sauterelles et fourmis.

« Tssss tssss mes chers amis, on n’arrache pas, on ne pique pas, on ne croque personne, fit la tarentule, en tout cas pas avant  que je n’y aie goûté moi-même…

D’un autre coup de patte désinvolte elle fit valser quelques larves de bousier qui s’étaient égarées sur l’œil droit de Moussa Moussa.

« Tiens, tiens…je connais cet œil…ne serait-ce pas celui de l’estimable Moussa Moussa, le fameux magicien qui invoque les esprits contre les invasions de sauterelles ? Celui qui prépare des remèdes mortels contre les guêpes, des fumigations contre les moustiques, des poisons contre les tiques, des appâts pour exterminer les scorpions ?... »

La multitude fourmillante enflait de colère et paraissait prête à exploser.

«  Et celui-là ?... »  L’araignée épousseta négligemment un essaim d’abeilles qui bourdonnaient sur la tête du petit singe.

«…Ne serait-ce pas l’estimable et délicieux macaque de ce maudit et certainement très goûteux sorcier ?...

Mes amis mes amis, susurra mielleusement la tarentule en ouvrant lentement de gigantesques mandibules d’où s’écoulait une bave immonde, je crois qu’un merveilleux festin nous attend… »

Chapitre 49

« Et si on passait par Vérone ?...Ca te dirait Roméo ?... »

Giuletta venait de se désaltérer à une antique fontaine en pierre, à l’ombre d’une chapelle abandonnée au creux de vertes collines qui ondulaient à l’infini. La brise du soir faisait courber de grands ifs, l’air était chargé de lourdes senteurs de lavande. La jeune artiste en aurait presque fait une aquarelle.

Roméo fit la moue.

« Ah bon ? Tu ne veux pas ? » Elle s’essuya le visage.

Le rat mit la patte sur son cœur, fit semblant d’avoir une attaque et de tomber raide mort sur le sol. Giuletta éclata de rire.

« Comme ça c’est clair en effet ! Moi qui croyais te faire plaisir ! Tu dois sûrement avoir tes raisons. On dit pourtant que c’est la ville des amoureux…Mais bon c’est d’accord, nous n’irons pas à Vérone…Et Padoue alors ? Tu ne vois pas d’inconvénient à ce qu’on aille à Padoue ? »

Le rat hocha la tête.

«  Tu me rassures…Alors en route amore mio… »

Ils avaient repris leur route depuis peu quand ils arrivèrent à un croisement.

Giuletta était perdue dans ses pensées, elle ne savait pas vraiment par quel bout commencer cette quête du Sphinx. Pas le moindre indice pour l’instant…Tout ce qu’elle savait c’est qu’elle devait se fier à son instinct, mais était-ce suffisant ? Etait-elle partie dans la bonne direction ? Une femme seule et un rat taciturne, vadrouillant sur ces routes mal famées, était-ce bien raisonnable ? Toutes ces interrogations, qui s’entrechoquaient dans sa tête, l’avaient empêchée de remarquer qu’un personnage encapuchonné et lugubre attendait, assis sur une pierre, au croisement.

« A droite ou à gauche ? grinça une voix de crécelle sous le capuchon.

Giuletta sursauta. Elle sourit. Enfin une question énigmatique...Serait-ce ?...Elle se reprit et répondit avec aplomb.

« Comment le saurais-je ? Et vous monsieur le vagabond, vous le savez peut-être ?

« C’est moi qui pose les questions ! rétorqua la terrible voix, d’ailleurs si tu veux passer, voyageuse ignorante, il te faudra répondre à une autre énigme. Si tu me donnes la bonne réponse je te dirai quelle est la bonne direction sinon, je te ferai passer l’envie de sourire bêtement… »

Un bec acéré dépassa de la capuche et gronda :

Chapitre 50

« Voilà la question :Et si on passait par Vérone ?...Ça te dirait Roméo ?... »

Giuletta venait de se désaltérer à une antique fontaine en pierre, à l’ombre d’une chapelle abandonnée au creux de vertes collines qui ondulaient à l’infini. La brise du soir faisait courber de grands ifs, l’air était chargé de lourdes senteurs de lavande. La jeune artiste en aurait presque fait une aquarelle.

Roméo fit la moue.

Giuletta et son Roméo avaient donc pris la route de Padoue.

Ils erraient depuis quelques jours à travers la campagne quand au détour du chemin ils tombèrent sur le panneau à demi effacé d’un village inconnu.

« San Giacomo Del Labirinto ?… Qu’en dis-tu Roméo ? Il y a peut-être là une auberge accueillante qui accepterait de servir une voyageuse affamée et son animal de compagnie tout aussi affamé…»

A peine entrés dans le bourg ils eurent l’agréable surprise d’y découvrir une sympathique trattoria. Sous une tonnelle qui croulait sous la vigne, une pancarte indiquait fièrement :  Ostello Icarus.

En dessous était inscrit : Qui cherche trouve

« Tu vois Roméo, nous avons de la chance et…

« Mais comment donc jeune demoiselle, vous avez beaucoup de chance, énormément de chance ! La chance sourit toujours aux chanceuses, n’est-ce pas c’est ce qu’on dit ? » Gloussa un gros homme rubicond et très moustachu qui venait d’apparaître devant elle comme un diable sorti d’une boîte. Affublé d’un tablier à carreaux rouge et d’un grand bonnet de cuisinier il faisait des courbettes obséquieuses avec de tels gestes grandiloquents que Giuletta ne savait pas s’il avançait ou s’il reculait.

« Mais je vous en prie, entrez donc dans ma modeste gargote, vous devez être morte, enfin pas tout à fait encore, mais ça va venir, enfin morte de faim, c’est ce que je veux dire, vous n’êtes pas la seule, remarquez bien, à avoir faim, alors entrez, faites comme chez vous, et allez donc vous installer au fond, tout au fond du jardin, il y fait plus frais, je vous en prie, vous y serez mieux, et votre..euh…compagnon aussi… »

Noyée sous la logorrhée du bonhomme qui la poussait en avant, Giuletta, qui n’avait pas pu placer un mot, pénétra donc dans l’arrière-cour de l’auberge et se dirigea tout au fond vers une petite table ronde qui avait été visiblement déjà dressée à son attention, avec un grand et un petit couvert.

Elle s’apprêtait à passer commande en se pourléchant à l’avance les babines lorsqu’un vent glacial se leva d’un seul coup, envoyant valser, verres, assiettes et couverts. Les murs de lierre qui cernaient le jardin avaient soudainement effroyablement grandi et s’étaient rapprochés de la table. Elle n’était, tout à coup, plus du tout dans un joli jardin mais bien dans un inquiétant couloir de verdure d’où plus aucune lumière ne filtrait. Elle se leva vivement et voulut ressortir mais l’entrée avait disparu. A sa place un autre couloir infranchissable lui barrait la route. Elle rebroussa chemin, la table aussi s’était volatilisée. Giuletta se trouvait maintenant au centre d’un espace en étoile d’où partaient à l’infini six autres couloirs de hauts murs de ronces.

« Un labyrinthe, souffla-t-elle…

Roméo s’était juché sur son épaule et tremblait de tous ses membres.

« Non…Pas un labyrinthe, gronda une voix qui venait du fond d’un des couloirs, pas un labyrinthe jeune fille…LE LABYRINTHE !... »

La voix ricana et se rapprocha. Une forme monstrueuse sortait peu à peu de la pénombre, chacun de ses pas faisait comme un bruit de sabot. Elle portait un tablier à carreaux rouge et blanc et sous son bonnet deux gigantesques cornes dépassaient…

«  Il paraît que tu cherches un vieil ami à moi…Quelle chance en effet que tu sois venue jusque dans mon humble demeure…Je m’y sentais bien seul depuis que ce cher Icare m’a faussé compagnie…Heureusement te voilà…Et puis, on ne sait jamais, peut-être que je peux t’aider…ou peut-être pas… »

Et le Minotaure partit d’un grand éclat de rire.

Chapitre 41

Chaque jour Billiwong Billidong s’émerveillait de son nouveau et aquatique terrain de jeu. Lulu, elle, s’émerveillait de la rapidité avec laquelle Billiwong Billidong absorbait les nouvelles connaissances. Cet humain-là était fait pour vivre dans la mer, il ne lui manquait que des branchies.

Lui qui n’avait quasiment connu comme couleur que le rouge s’était vite habitué à toutes les nuances possibles et imaginables de bleu.

Le bleu pâle au-dessus des bancs de sable, l’indigo ténébreux des abysses sans fond, le bleu d’émeraude des récifs huîtriers, le bleu verdâtre des immenses forêts d’algues, le bleu azuréen de certains coraux. Il se réjouissait de tout ce bleu, mais celui-ci, il l’apprendrait à ses dépens, pouvait parfois réserver des surprises…désagréables.

Car dans le bleu de l’océan, il n’y avait pas que de l’eau. Il y avait aussi des poissons. Beaucoup de poissons. Des petits poissons, des gros poissons et parfois même de très très gros poissons. Il lui fallut donc aussi apprendre à cohabiter avec eux. La chose n’avait pas été si facile, car si certains s’étaient montrés tout de suite plutôt amicaux, comme les exocets, les poissons volants, d’autres en revanche avaient été plus réticents.

Dès les premiers jours de tortue-navigation, le bouche à ouïe avait en effet fonctionné à toute vitesse. Les courants sous-marins avaient colporté la nouvelle : Lulu la tortue-luth avait un locataire sur le dos. Ce locataire était un humain pas très beau. Qui jouait de la musique comme un pied avec un bout de bois. Et cet humain serait à la recherche d’un Kouglouglou glou…

Comme la dernière information avait été transmise par un poisson-ballon réputé sourd comme un pot on n’était pas certain qu’elle soit exacte.

Mais pour le reste c’était bien suffisant pour attiser la curiosité de tout la faune subaquatique.

Les premiers à se manifester furent une famille de poissons clowns.

Ils firent tellement rire Lulu qu’elle faillit en faire tomber Billiwong Billidong.

Ensuite vinrent les poissons chats qui ne firent que miauler, les grondins qui ne firent que gronder, les morues hilares, les mérous mécontents, les rascasses à grandes bouches, les thons à petites bouches, bref, tout ce qui comptait d’écailles dans les parages voulut voir le phénomène. Ce fut une belle cohue.

«  Tu es devenu une star, soupira Lulu, je ne sais pas comment je vais calmer tout ce petit monde … »

«  Moi je sais comment les calmer ! tonna une voix qui arrivait des profondeurs…

Dans une immense gerbe d’eau, une énorme baleine blanche venait d’apparaître, faisant de tels remous que tous les poissons disparurent d’un coup.

«  Ah….On se sent mieux comme ça, fit-elle en s’ébrouant, rien ne vaut un peu d’intimité. Pour écouter de la bonne musique, il vaut mieux être en petit comité, pas vrai ma Lulu ?...

« Tu as tout à fait raison vieille canaille ! Toujours aussi mélomane à ce que je vois! gloussa Lulu, Bongbongbong mon chou,  tu ne jouerais pas un morceau pour notre chère amie, Mélo Dick ?... »

Chapitre 42

En ce temps-là, certains cétacés ne pouvaient se passer de musique.

La raison en était simple, à force de passer leur vie sous-marine à chercher du plancton pour se nourrir, ils traversaient sans cesse de vastes étendues d’algues immondes, des forêts de fucus nauséabonds ou de goémons en pleine décomposition. Ils ressortaient de là recouverts de mousses urticantes qui leur collaient à la peau et les démangeaient atrocement. Ce qui les rendait évidemment très agressifs, c’était le cas en particulier de certains orques.

Il n’existait qu’un seul remède à ce cruel désagrément, c’était l’écoute, par ces monstres délicats, d’un joli morceau de musique.

Encore fallait-il que ces cétacés aient l’ouïe musicale, ce qui n’était pas donné à tous les mammifères marins. Il fallait aussi que quelqu’un, ou quelque chose, joue de la musique, ce qui n’était pas non plus évident à trouver. Des poulpes soufflant dans des ortolans faisaient parfois l’affaire, le son était médiocre, mais il fallait bien s’en contenter.

Mélo Dick était mélomane. Et couverte de mousses.

Cette fois on avait un vrai musicien. Avec un vrai instrument. Lulu demanda le silence. Chacun avait pris sa place : les petits marsouins aux premiers rangs, les dauphins derrière, puis les baleineaux, les cachalots et quelques vieilles baleines tout au fond. Mélo Dick expulsa un long jet par son évent.

Billiwong Billidong saisit son didgeridoo.

Le concert pouvait commencer…

Billiwong Billidong n’avait jamais eu autant de public. La première note eut du mal à sortir, le trac probablement. Les suivantes mirent un peu de temps à se faufiler le long du didgeridoo. Le son, inaudible au départ, frissonna peu à peu, les vibrations enflèrent, enflèrent puis finalement se déversèrent dans l’air et dans l’eau comme une tempête tropicale ! De mémoire de cétacés, dirent les baleines, il n’y eut jamais, depuis des siècles, de spectacle d’une telle qualité ! Ce fut un triomphe ! Un ouragan de bravos se déversa sur Billiwong Billidong. Des flots de bouquets d’algues furent projetés de toutes parts. L’artiste salua la foule en délire.

Mélo Dick se précipita vers Billiwong Billidong toujours en équilibre instable sur Lulu. L’énorme baleine était si heureuse qu’elle voulut les embrasser.

« Pas trop près Madame Dick, pas trop prêt ! fit Lulu, l’amour c’est une chose, les remous c’est autre chose…

« Oh pardon ma Lulu ! Mais tu avais raison ! Ce petit gars est un génie ! Regarde, c’est formidable, je ne me gratte plus, toutes mes mousses ont disparu !...

« C’est moi qui ai fait ça ? demanda Billiwong Billidong, comment est-ce possible ?

« Ahhhh mon cher, on voit que tu n’es pas encore habitué aux mystères du Pacifique. Mais comme tu fais maintenant partie de la famille, retiens bien ce que je vais te dire, c’est un proverbe qui se transmet depuis la nuit des temps aquatiques de génération de baleines en génération de cachalots.

« Et c’est quoi ce proverbe ?

Mélo Dick prit un air sentencieux et déclara :

«  La musique adoucit les mousses… »

…Et ça marche !... »

Chapitre 43

Poème aztèque écrit sur une feuille d’eucalyptus un soir de grande lassitude par un scribe impérial en proie au désespoir :

Des volatiles de pacotille,

Tout un trio, est-ce bien utile ?

Deux idiots, c’est déjà un de trop,

Mais trois casse-noix, quel désarroi !

Quand j’entends l’ara qui rit, je veux juste lui couper le kiki,

Quand j’entends l’ara qui pleure, je me sens l’âme d’un écorcheur,

Quand j’entends le colibri, j’ai envie d’en faire du hachis.

Qu’ils se taisent, ces horreurs,

ou je fais des braises de leur cœur !

Qu’ils ferment leur bec, ces crétins triples,

ou je fais des biftecks de leurs tripes !

Qu’elles bouclent leur bec, ces brutes infectes,

Ou de leur tête je fais des pastèques !

Quelle sinistre malédiction de supporter ces cornichons,

Quelle déveine, quel mauvais sort, d’avoir sur les bras ces butors,

Quelle tuile, quelle pestouille, d’avoir à souffrir ces andouilles !

Au premier puits je les balance,

Plus de problème, plus de malchance !

Fini les embrouillaminis,

Couic les aras et le colibri !

Vive la lumière, au revoir la brume,

Ouste le duvet, adieu les plumes !...

Chapitre 44

« Trrrrrès mauvais poète !...Acocoyotl, tu es un trrrrès mauvais poète !...

Ce n’est pas pourrrrr t’offenser mais ton poème est vrrrrraiment nul !...

soupira Arakara, je ne sais pas moi, tu aurrrrais pu écrrrrire quelque chose de plus…agrrrressif, comme : « Môssieur, si j’avais un tel bec il faudrrrrait sur le champ que je le cadenasse ! » ou de plus…descrrrriptif : « Môssieur votrrrre bec, c’est une grappe, que dis-je une grappe, c’est une péniche nulle…ou de plus naïf : «Ce porte-plumes, quand est-ce que je l’enfume ? » ou encore…

« Ca suffit ! Assez ! Stop ! hurla Acocoyotl Polichtitli, ou je vais regretter de vous avoir enlevé vos bâillons !...Si vous n’avez rien de plus à m’apporter que vos sarcasmes stériles, je vous en supplie, ou plutôt je vous préviens, gardez vos criailleries pour vous et laissez-moi réfléchir… »

Il se pencha sur la carte du Yucatan qu’il avait sorti de son sac et se perdit dans les méandres du document. Il se parlait à lui-même : 

«…Une hypothèse : si j’étais le Quetzalcoatl, je dis bien, si j’étais…Par où irais-je ?....Est-ce que je chercherais à me cacher ? Et où me cacherais-je ? Est-ce que je chercheraisà manger ? Qu’est-ce que ça mange, d’ailleurs, un Quetzalcoatl ? » Il se tourna vers les oiseaux. «  Des perroquets ! Je crois que ça raffole des perroquets, en salmigondis, en salade, en tacos, en tortilla ! Mhhhhh une tortilla de perroquet aux haricots rouges, ça doit être délicieux, non ?... »

« Moi je crrrrois plutôt que le Quetzalcoatl, ça adorrrrre le rrrragoût de scrrrrribe…tenta vainement Arakara. Mauvaise idée. Il n’en fallut pas plus pour que les trois oiseaux recommencent à croasser. Mais pas longtemps.

Trois tours de lianes bien serrés venaient à nouveau de les réduire au silence. « Je vous avais prévenus ! » soupira Acocoyotl, et il replongea dans sa carte.

Cette carte, dont le vol sacrilège constituait un acte de trahison supplémentaire, était assez particulière. Elle lui avait été confiée par le général en chef des armées de l’Empereur afin qu’il reporte sur le codex certaines indications confidentielles. Elle n’était pas qu’une simple description géographique, plutôt précise du reste, du vaste empire Aztèque, elle débordait aussi vers l’Est, vers les territoires des Mayas, les ennemis de toujours et donc vers l’Océan Atlantique.

Elle indiquait surtout, et assez précisément, les lieux où avaient débarqué, arrivant sur d’immenses canoës, ces mystérieux étrangers à la peau blanche et aux cheveux roux pour certains, armés jusqu’aux dents, habillés de fer, montés sur de gigantesques animaux rapides comme des guépards, et dont on ne savait pas si les intentions étaient pacifiques, ou pas, s’ils avaient été envoyés par les dieux…ou par les démons.

Ces lieux étaient signalés par de petits drapeaux rouges. Ils n’étaient pas seulement cantonnés au littoral car, au dire des informateurs, ces étrangers avaient quitté la côte, ils avançaient vers l’ouest, à travers la jungle, en direction de Tenochtitlan.

Et, si les mesures reportées sur la carte par Acocoyotl depuis sa fuite étaient bonnes, lui et ses trois compagnons emplumés, se trouvaient juste au centre de ces petits drapeaux…

Chapitre 45

« Mmmmmm…gémit Arakara en se tortillant

« Tais-toi tu me fatigues, grommela Acocoyotl toujours penché sur sa carte.

« Mmmm…Mmmm…gémit Urukuru, les yeux exorbités.

« Toi aussi tu me fatigues, continua l’aztèque.

« Mmmmm ! Mmmmm ! Mmmmm…gémit le colibri, qui dardait désespérément son petit bec fin au-dessus de la tête d’Acocoyotl.

« Vous me fatiguez tous les trois…Vous ne voyez pas que…

« MMMMMMMMMMmmmm…fit une grosse et quatrième voix métallique derrière Acocoyotl, MMMMmmmmm….Ahhhh Caramba !…Santa-Maria soyez bénie ! Ca va mieux sans la visière !... »

Acocoyotl lâcha sa carte de stupeur. Il se leva, se retourna et se retrouva nez à nez avec un étrange personnage qui le toisait avec dédain.

Le dépassant de deux bonnes têtes, l’individu était entièrement harnaché de feuilles de métal plus ou moins cabossées qui le recouvraient des pieds jusqu’aux épaules. Des lambeaux de cottes de maille pendouillaient lamentablement entre les jointures des bras et des jambes. Sur la tête une espèce de pot de fer troué lui tenait lieu de casque. La visière en était à moitié arrachée et laissait entrevoir un visage émacié agrémenté d’une moustache et d’une barbiche aussi pelées l’une que l’autre. Sous d’épais sourcils broussailleux, deux yeux narquois observaient avec un mépris amusé le pauvre Acocoyotl. L’homme se pencha vers lui, lui tendit le long bout de ferraille rafistolé qu’il portait à ses côtés et dit :

«  Tenez mon brave, prenez ma noble lance et faites la briller je vous prie. Il ne sera pas dit que je me présente aux gentes dames de la cour de L’empereur avec des armes usées. Nous, les fiers chevaliers de la suite du très honorable seigneur et grand capitaine Hernan Cortez de Monroy, avons une certaine idée de l’honneur, choses que vous, les indigènes, ne pouvez comprendre… »

Devant l’air ahuri d’Acocoyotl, il continua l’air contrarié :

« Madre de Dios, si vous n’y arrivez pas il va falloir vous montrer les bonnes manières ! Heureusement mon fidèle domestique va vous montrer comment procéder ! Le bougre est un peu rustre mais efficace et bon garçon… »

Un petit bonhomme rondouillard et rougeaud fit son apparition, les bras couverts de ballots et d’ustensiles de cuisine.

«  Me voilà, me voilà, mon bon et généreux et grand et majestueux maître, j’arrive j’arrive…

«  C’est un Andalou voyez-vous, poursuivit le grand escogriffe devant un Acocoyotl sidéré, et chez les Andalous le sang bouillonne, c’est pourquoi au lieu de l’appeler vulgairement Pedro…ou Ernesto… je l’ai nommé « Sang-Chaud »…Allez mon bon Sang-Chaud,  viens un peu par ici !... »

 «  Mais qui êtes-vous enfin ? réussit à articuler Acocoyotl, reprenant peu à peu contenance.

« Comment qui je suis, gronda le curieux personnage, qui je suis ?...Mais tout le monde me connaît voyons, de Tolède jusqu’à Valladolid, de Vera Cruz jusqu’à Coatépoc, de l’Andalousie jusqu’à Tenochtitlan, tout le monde chante les louanges et les faits d’armes du très magnifique gentilhomme et plaisant et ingénieux hidalgo…

C’est-à-dire moi : Don Quijote de la Mancha !... »

« Y muy loco !.... » fut à cet instant, ce que Sang-Chaud pensa…

Chapitre 36

Il fallut une bonne dose de diplomatie à Tchang-Lu pour rétablir le calme.

Inutile de dire que les tigres ne voyaient pas d’un bon œil un léopard s’immiscer sur leur territoire. Le léopard quant à lui évoquait la clause d’entraide entre félins en cas de problèmes vestimentaires, clause dont évidemment les tigres n’avaient jamais entendu parler. Les griffes étaient sorties, les dents prêtes à mordre. Tchang-Lu s’interposa.

« Ecoutez les matous, dit-il, il va falloir vous calmer. Lao-Tseu a dit : 

«  Quand le tigre éternue le léopard se mouche et quand le léopard se mouche c’est le tigre qui éternue !». Les fauves restèrent interloqués par tant de sagesse. Il continua : « De la peinture, il y en aura pour tout le monde. Vous avez été, les uns comme les autres, abusés par ce maudit pangolin, avec toutefois un peu de légèreté de votre part…» Les matous grommelèrent. « Mais comme je me sens un peu responsable de ce chaos, je dois y remédier, pour les uns comme pour les autres. » Il reprit donc son encre et ses pinceaux et s’installa.

« Monsieur le léopard, asseyez-vous je vous prie…

« A une condition, dit le tigre, je ne pisserai pas sur la peinture que vous utiliserez pour ce chaton d’opérette !

«  Manquerait plus que ça, grinça le léopard, je vais pisser tout seul sur MA peinture !...

«  Eh quoi, hurla Jerry Khan, elle n’est pas assez bonne pour toi, notre pisse ?!.. »

Tout allait dégénérer lorsque, sans crier gare, deux hyènes rayées, mais sans rayure, firent leur apparition.

« C’est ici qu’il est le docteur des rayures, c’est ici qu’il est ? » glapirent-elles en ricanant.

« Le docteur, je ne sais pas…mais le boucher, il n’est pas bien loin » murmura Jerry Khan en se pourléchant les babines.

« Place ! Place ! fit une toute petite voix ! Poussez-vous gros lards ! Vous ne voyez pas qu’il y a urgence ! » C’était une minuscule coccinelle, toute rouge, mais sans aucune tache noire. Elle venait de se poser sur la main de Tchang-Lu.

« Celui qui joue avec le pangolin est plus idiot que le plus idiot des ânes, mais celui qui répare les dégâts est encore plus idiot ! » dit Tchang-Lu !

« Qui a dit ça, demanda la coccinelle, Lao-Tseu ?

« Non, c’est moi ! » soupira Tchang-Lu.

Et il se remit au travail…

Chapitre 37

Le turbo-morse zigzaguait dans la nuit.

Sans ordres précis il laissait son instinct déterminer la direction à suivre.

La bagarre générale au Fast-Foque du Nord avait laissé des traces. Tulurgglurkuk, qui après avoir reçu quelques mauvais coups avait réussi à mettre les deux grizzlis K.O, tanguait dangereusement sur le dos du morse et menaçait de tomber à chaque virage. Chien-qui-pète quant à lui gémissait, serré entre les jambes de son maître, et n’en menait pas large. Les coups qu’il avait pris dans l’arrière-train venaient plus de la botte de Tulurgglurkuk que de celles des autres protagonistes de l’échauffourée qui, au passage, avait entièrement détruit le restaurant.

Non seulement une bande d’ours mal léchés et furieux voulaient maintenant leur faire la peau, mais la P.M.C. ( la Police Montée des Caribous) était sûrement aussi à leur trousse. Manquait plus que ça…

La bonne nouvelle c’était qu’ils avaient pu faire le plein de nourriture et qu’ils avaient rempli le réservoir du turbo-morse de harengs gras.

Mais c’était vraiment la seule bonne nouvelle, car dans l’immensité de la forêt enneigée, sous le silence d’un ciel plus plombé que jamais et sans le secours des étoiles, ils avaient cette fois réellement perdu la trace du pingouin lent.

Même Nanuuq-le-Grassouillet ne se manifestait plus.

Tulurgglurkuk resserra les talons. L’équipage freina brusquement, les dents du morse se soulevèrent faisant crisser des gerbes de neige. Chien-qui-pète bascula dans la poudreuse et pour une fois ne se plaignit pas.

« On fait un feu, marmonna Tulurgglurkuk, je vais chercher du bois, toi tu ne bouges pas, tu ne dis rien, tu ne pètes pas, tu n’existes pas… »

Il disparut derrière un taillis et s’enfonça jusqu’à la taille. L’épaule toujours douloureuse, il ramassait les branches avec difficulté. L’oreille coupée et l’œil au beurre noir que les grizzlis lui avaient laissé en souvenir l’empêchaient d’avoir une vision et une ouïe parfaitement claires.

C’est pourquoi il ne vit, ni n’entendit rien…

Elle était là, assise en tailleur sous d’épaisses couvertures de fourrures, dégustant lentement un morceau de viande crue. Un large sourire dégoulinant de graisse illuminait son visage. Avec un certain amusement elle regarda Tulurgglurkuk arriver vers elle, tête baissée et les bras chargés de bois.

Ses yeux pétillaient de malice. Elle s’essuya la bouche d’un revers de manche.

« Ahhhhh, fit-elle joyeusement, enfin de la compagnie ! Tu viens me tenir chaud mon mignon ?... »

Chapitre 38

De stupeur, Tulurgglurkuk lâcha tous ses bouts de bois.

La femme inuit éclata de rire. Couchée à ses pieds, une grande chienne mi-louve mi-husky, blanche comme la neige, se leva d’un bond et se mit à grogner. La femme la calma d’une bourrade et lui envoya dans la gueule son dernier morceau de viande. Tout en faisant signe à Tulurgglurkuk d’avancer, elle continuait à pouffer de rire.

« Approche, je ne vais pas te manger. Ma chienne non plus, quoique…Mais tu as de la chance étranger, c’est une louve délicate, elle ne mange pas de viande faisandée... »

Tulurgglurkuk n’avait encore pas dit un mot. Il se traînait, abasourdi, à quatre pattes vers cette femme étrange quand Chien-qui-pète jaillit derrière son dos, sauta sur ses épaules et l’enfonça un peu plus dans la poudreuse.

Chien-qui-pète s’arrêta net devant la femme hilare. Quelle bonne blague cette inconnue  venait-elle de raconter à son maître pour se gondoler de la sorte? Et où était passé son maître d’ailleurs ? Et qui était cette magnifique créature assise à côté de l’inconnue et qui le regardait d’un air dégoûté ?

La magnifique créature aboya sèchement. Elle s’adressa à Chien-qui-pète :

« C’est toi qui pues de la sorte ? Quelle infection !  

«  Non pas du tout, répondit Chien-qui-pète. Il tourna la tête de droite et de gauche, ça doit être mon maître, Tulurgglurkuk, je lui ai dit cent fois de se laver plus souvent mais tu sais ce que c’est les humains, plus ils sont sales mieux ils se portent...

« Ahhhh tu me l’as dit cent fois !!!!! » s’écria Tulurgglurkuk en se relevant péniblement de dessous Chien-qui-pète. Il secoua la neige qui l’ensevelissait et l’attrapa par les oreilles. » C’est cent fois que je vais t’étrangler stupide animal !... »

La femme inuit et sa chienne blanche hululaient à s’étouffer, elles avaient bien du mal à contenir leur fou-rire.

«  Eh bien…Eh bien…dit la femme en reprenant son souffle, je ne savais pas qu’un cirque avait débarqué ici. Ça fait bien longtemps qu’on ne s’était amusé comme ça ! Pour la peine étranger viens un peu t’assoir et partage notre souper. Ton chien aussi peut s’assoir, nous nourrissons même les idiots.

Et raconte-nous un peu ce qu’un homme qui préfère ramper plutôt que marcher fabrique dans cette contrée perdue.

J’adore les histoires qui ne tiennent pas debout… »

Elle tendit un morceau de foie saignant à Turlugglurkuk qui le prit avec force remerciements.

«  Je me nomme Tululurgglurkuk, du clan des cachalots à fourrure et voici mon chien, Chien-qui-pète…

«  Le bien nommé… », répondit dit la femme en gloussant. Elle se rapprochait insensiblement de Tulurgglurkuk. « Enchanté fils du clan des cachalots à fourrure. Mon nom à moi est Tanarak Tanarakak, qui veut dire Petite Fille de la Toundra, mais tu peux m’appeler Tanarak tout court. Je suis du clan des Petites Filles de la Toundra. A vrai dire c’est un tout petit clan. Tu as devant toi la seule membre de ce clan… Et voici ma louve : Tanarakaklaklaklaklaklaklakkkk , qui veut dire Chienne-de-Petite-Fille-de-la-Toundra, mais ça peut s’entendre aussi  comme : Chienne-qui-ne-pète-jamais-et-qui-sent-toujours-bon.

«  Je m’en doutais, grogna Chien-qui-pète, encore une snob !... »

Chapitre 39

« Tu veux savoir ce que je fais par ici ?… Je pourrais te retourner la question, Fille-de-la-Toundra, commença Tulurgglurkuk, qu’est-ce qu’une femme comme toi fait ici toute seule ? Tu n’as pas de famille ? Pas d’époux ?...

« Des poux ?  Quelle horreur ! rétorqua Tanarak, naaaaan je n’en ai pas ! Mais toi tu dois en avoir plein des poux, et des puces aussi !…Et puis je ne suis pas toute seule, j’ai ma louve…Un proverbe de mon clan dit : «  Il vaut mieux être deux que mâle accompagnée ! » Et bien c’est mon cas, je suis accompagnée de ma louve, et je m’en porte très bien !...

« Qu’est-ce qu’une poulette comme toi fait ici toute seule ? Tu n’as pas de mâle dominant avec toi ? demanda, avec son air le plus décontracté possible, Chien-qui-pète à la chienne blanche.

Le coup de patte qu’elle lui décocha le fit hurler de douleur.

« D’abord triste imbécile, je ne suis pas toute seule, j’ai mon humaine avec moi !

Deuxièmement c’est moi la femelle dominante, il va falloir que tu te mettes ça dans ta vilaine caboche !

Et enfin troisièmement, s’il te plaît…VA PETER PLUS LOIN !!!!!! »

Tulurgglurkuk n’avait pas vraiment l’habitude de discuter avec une femme.

Il n’avait pas vraiment l’habitude de discuter avec  un homme non plus d’ailleurs. Ce petit échange le laissait perplexe, cette Tanarak n’était pas désagréable, un peu brute certes, mais il ne savait pas trop quelle attitude adopter avec elle. Devait-il continuer à converser de tout et de rien pendant des heures ? Ou devait-il, comme il en avait entendu parler lors de réunions de vieux chasseurs, la saisir violemment par les cheveux, la suspendre par les pieds à une branche de sapin, la laisser hurler pendant des heures puis la fouetter avec des branches de sauge en poussant des chants guerriers ?

Tanarak ricana.

« La première solution me semble plus adaptée à la situation, dit-elle.

«  Ahhhh…Tu lis dans mes pensées Fille-de-la-Toundra ! dit Tulurgglurkuk confus, très bien… tu préfères donc discuter de tout ?...ou discuter de rien ?....

« Ne sois pas plus stupide que ton chien ! Je crois que ni toi, si tu es bien celui que je crois, ni moi, n’avons de temps à perdre…Nous sommes tous deux en chasse il me semble…

«  Comment ça ?

«  Figure-toi que j’ai un certain don de double-vue, c’est une autre particularité de mon clan…Et ma double-vue m’a doublement dit que tu étais sur les traces d’un certain pingouin, est-ce vrai ?

«  Ma foi oui ! dit interloqué Tulurgglurkuk, décidément tu es une drôle de femme ! Mais toi, que cherches-tu ?

«  Qui cherches-tu, tu veux dire ! En vérité c’est une curieuse histoire…

« Comme toutes les filles de mon clan je suis une chasseuse d’ours blanc. Il y a une semaine de ça je pistais avec ma louve un grand mâle sur une portion de banquise où je savais qu’il se cachait.

Soudain il est là, derrière un monticule de glace. Je le sens, je l’entends, je retiens mon souffle, j’arme mon arc, je perçois le souffle de la bête, il sort, je vais décocher ma flèche…Et là, je ne peux pas tirer…

«  Mais pourquoi ?

« As-tu déjà vu un ours polaire à la fourrure blanche entièrement rayée

de noir ?... »

Chapitre 40

« Le vent est un merveilleux musicien…

Plus fort que n’importe qui, jamais à court de surprise, jamais là où on l’attend, il saute d’une note à l’autre comme un wallaby saute d’un buisson à un autre, mais le wallaby s’arrête pour manger, pas le vent, le vent ne mange pas, ne boit pas, ne dort pas, il fait de la musique, aujourd’hui, il joue avec les vagues.

Et moi Billiwong Billidong, je l’accompagne… »

Il n’avait pas fallu longtemps à Billiwong Billidong pour s’habituer à tenir en équilibre sur le dos de Lulu la tortue luth. Au départ, forcément, l’apprentissage s’était soldé par quelques belles chutes dans les rouleaux. Le plus dur avait été de passer la barrière de corail mais Lulu était un bon professeur et Bongbongbong, comme elle l’appelait, était un bon élève.

Accoutumés à courir sur toutes sortes de sable, ses pieds avaient pourtant eu bien du mal à contrôler cet élément imprévisible qui s’enroulait autour de ses jambes au pire moment, qui s’ingéniait à vous emporter au loin, qui vous rentrait dans la bouche, le nez, les yeux et qui vous faisait comprendre que le maître ce n’était pas vous, mais elle, l’eau !...

Et l’eau ne se tenait jamais tranquille. Parfois immobile comme un crocodile qui faisait semblant de dormir elle pouvait en une fraction de seconde devenir aussi menaçante qu’un volcan avec des vagues comme des coulées de lave plus hautes que les nuages et des tourbillons qui vous avalaient plus rapidement que les pires sables mouvants des marais du Queensland.

Cette eau-là, il avait réussi à l’apprivoiser.

Et puis il y avait le vent.

Ce vent n’avait rien à voir avec celui du désert. Il était terrible le fameux Willy-Willy, le vent de son désert, mais il le connaissait bien, il n’avait jamais eu peur de ce typhon de sable qui descendait en rafales, emportait tout sur son passage, sauf lui, et à qui il devait en partie son nom.

Mais ce nouveau vent-là, ce vent joueur et indomptable, ce vent musicien chargé de millions de gouttes d’eau cristallines comme autant de notes discordantes, ce vent dont la mélodie lui était jusqu’alors inconnue, Billywong Billidong, à force de patience et parce que ses oreilles avaient percé son secret, ce vent, Il l’avait finalement dompté…

Et un jour, le vieil Océan Pacifique, pour la première fois de sa très longue vie, entendit le son vibrant émis par un petit homme, en équilibre sur le dos d’une tortue, et le petit homme soufflait à s’en rompre les poumons dans un drôle de bout de bois, il soufflait plus fort que la tempête, il était plus vivant que le vent qui hurlait comme un orchestre déchaîné au-dessus de sa tête.

Une nuée de poissons volants plongeait à l’unisson du musicien.

Lui volait sur les flots…

Alors, le vieil Océan Pacifique, pour la première fois de sa très longue vie, se mit à rire…

Pendant cette période de confinement, Cécilia, bibliothécaire à Arreau, a choisi de proposer des histoires lues, filmées et diffusées sur Facebook.

Chapitre 31

« Che cavolo é ?!... »

Giuletta Malatesta n’en revenait pas.

Elle n’en revenait pas et elle était surtout furieuse. Ce qui voulait dire pour les pauvres apprentis qui se trouvaient sur son chemin : tous aux abris !

Les brusques colères de la jeune artiste étaient connues dans tout Florence et Maître Leonardo lui-même n’était jamais à l’abri des sautes d’humeur de sa première et talentueuse assistante.

Giuletta Malatesta avait le sang bouillonnant des filles nées à l’ombre du Vésuve et un talent hors du commun. Développant très tôt un don pour la peinture elle avait été remarquée par Salaï, un des élèves de Maître Léonardo qui, chose rarissime à l’époque, avait bien voulu prendre une femme sous son aile et l’avait formée. Elle était devenue, au fil des années, une des pièces maîtresse de l’atelier et il n’était plus une seule toile, plus une seule fresque où elle n’avait apposé, avec l’approbation du Maître, sa griffe personnelle.

L’atelier bruissait de monde ce matin car le portrait de la Signora Lisa Ghirardini avait enfin été terminé hier soir et devait être présenté ce matin au commanditaire de l’œuvre, son époux, un riche marchand du nom de Francisco Del Giocondo. Le Maître bien sûr en avait exécuté la majeure partie mais les fonds et quelques éléments d’arrière-plan avaient été laissés au doigté lumineux de Giuletta. Le visage de Donna Lisa avait donné du fil à retordre au Maître car il avait fallu conférer un côté mystérieux à un ovale qui n’en avait aucun.  Quant à la moue boudeuse dont la Signorina ne se départait jamais le Maître l’avait transformé en un étrange sourire dont il n’était pas très sûr qu’il passe à la postérité.

Et puis il y avait cette fameuse figure mythologique à laquelle Signor Del Giocondo tenait particulièrement. Il avait expressément demandé à ce qu’elle soit représentée au milieu de la petite route qui serpentait, sous une colline dorée, juste à la gauche de l’épaule de Donna Lisa. Ce monstre ailé barrant la route à Œdipe devait être, pour lui, une évocation symbolique de l’amour particulier qu’il portait à son épouse. Guiletta s’en était chargé avec toute l’habileté et la finesse dont elle avait fait sa marque de fabrique.

« Che cavolo é ? hurla-t-elle, se tirant les cheveux et courant d’un bout à l’autre de l’atelier. Qui a osé faire ça ? Qui a effacé mon travail ?... »

Sur le chevalet, Donna Mona Lisa del Giocondo souriait toujours de son bizarre petit rictus, mais sur la route serpentine, derrière elle,  il n’y avait plus aucun monstre ailé…

Le Sphinx s’était fait la malle…

Chapitre 32

« Allons, ce n’est pas si grave que ça...Un sphinx de perdu, dix de retrouvés… tentait de plaisanter Maestro Leonardo ! Nous aurons d’autres commandes, tu en dessineras encore des Chimères et moi j’en peindrai d’autres des visages angéliques, enfin, pas comme celui-là, parce qu’ entre nous, des faces de carême comme celle de cette pauvre Signora Giocondo, je m’en serais bien passé !... » Il grimaça en jetant un coup d’œil au tableau qui venait d’être balancé dans un coin de l’atelier par l’acheteur furieux, lequel avait évidemment refusé la commande.

Encore une croûte qui finira sa vie dans un grenier, se dit Léonardo.

Il essayait tant bien que mal de réconforter Giuletta, mais la malheureuse était inconsolable.

«  Je suis déshonorée Maître ! Je vous ai déshonoré ! Je ne comprends pas ce qui a bien pu se passer. » Saisissant fébrilement les pots de peinture derrière le chevalet elle les vidait par terre un par un. « Avec ces nouveaux pigments qui viennent des Flandres on ne sait jamais si…J’avais mis pourtant un dernier vernis qui aurait dû…Mais peut-être que ?… » Elle se précipita vers la toile et la retourna. « Non, il n’est pas passé au travers ! »

Leonardo éclata de rire. «  Mais non il n’est pas passé au travers ! C’est le Sphinx tout de même Giuletta ! Le maître des questions, le prince des mystères ! Il est parti, un point c’est tout. A mon avis il est déjà loin, peut-être à Venise, ou à Milan chez nos amis les Sforza. Peut-être pose-t-il déjà chez Vincenzo Foppa qui lui sert en ce moment un énorme plat de nouilles aux câpres afin qu’il se tienne tranquille… 

« Allons Maître, ne vous moquez pas de moi, ma honte est si grande que je ne sais pas si je pourrai retoucher un pinceau un jour…

« Bien sûr que si tu retoucheras un pinceau ! D’ailleurs c’est ce que tu vas faire tout de suite. Tiens, prends ceux-ci et ces carnets vierges et ces aquarelles…

Prends aussi ce petit cahier que j’ai rempli de croquis, il te sera très utile pour ton voyage. Il y a dedans quelques-unes de mes inventions mécaniques, elles te permettront peut-être d’aller plus vite, plus loin. Tu y trouveras aussi comment construire une arbalète géante, ça pourrait t’être utile. Tu découvriras encore certaines réponses à certaines questions, enfin si tu arrives à déchiffrer mon écriture, tout ça au cas où quelqu’un de menaçant t’en poserait, des questions, qui sait ?....

«  Mais Maître, un voyage ? Pour aller où, et pourquoi ? Vous me chassez ?

«  Mais non voyons, quelle question !

«  Et ce voyage, il sera dangereux ?

Chapitre 33

Bon voyage, bon voyage…Il en avait de bonnes le Maître !

D’accord il avait du talent. Du génie même. Mais question pratique ce n’était pas la même chanson ! Si vous lui demandiez d’imaginer une statue équestre de trente mètres de haut il vous pondrait tout de suite dix projets. Pour se faire cuire un œuf à la coque, là c’était une autre histoire.

Giuletta ruminait de sombres pensées en rentrant dans sa chambrette sous les toits, à deux pas de l’Arno. Il n’avait qu’à y aller lui, avec sa longue barbe de magicien, chasser le Sphinx. Mais Le Maestro préférait minauder devant la Belle Ferronnière, là il était à son affaire. Ou s’attabler avec les treize ivrognes qu’il faisait poser tous les soirs derrière une longue table blanche, soi-disant pour une scène dont on reparlerait encore dans cinq cents ans…

Bien sûr elle assumait. C’était de sa responsabilité de réparer l’outrage fait au tableau et même si celui-ci était médiocre elle devait y aller.

Elle prit quelques affaires au hasard et les rangea dans une sacoche. Comment devait-on s’habiller pour la chasse au Sphinx ? Est-ce qu’il expliquait ça dans son cahier, le grand Leonardo da Vinci ? Elle feuilleta le carnet. Des croquis de machines infernales, des combinaisons extravagantes de vis sans fin et de roues crantées, des calculs et des notes en langages codés. Rien évidemment sur la chasse au Sphinx. Ni au sanglier, ni même au canard, ça aurait pu aider…

 

On gratta à la lucarne. Giuletta se retourna en souriant. Elle ouvrit la fenêtre.

«  Eh quoi ? dit-elle en prenant un air faussement contrarié, Monsieur pensait peut-être que parce que Monsieur n’était pas rentré depuis deux jours, à courir probablement quelque autre jupon, j’allais partir sans lui ? Il pensait que j’étais une ingrate et que mon amour pour lui n’était pas assez fort ? Monsieur ne me connaît pas encore ? Monsieur est un nigaud, un mufle, un sot, mais il est hors de question que je parte sans lui ! Allez, amore mio, grimpe !.... »

 

Un gros rat blanc sauta sur l’épaule de Giuletta et commença à lui grignoter le lobe de l’oreille

«  Tu me chatouilles, topolino ! Allez, accroche toi bien nous partons vers le nord, je ne sais pas du tout si nous rentrerons un jour mais la gloire nous attend…la gloire…ou autre chose…Tu es toujours partant ? »

Le rat hocha la tête.

«  Alors en route et prépare tes abattis le Sphinx ! Arrivederci Fiorenza !

Giuletta referma la porte de la chambre et descendit l’escalier quatre à quatre.

Elle fit une bise sur la tête du rat.

« Je savais que je pouvais compter sur toi, Roméo !.... »

Chapitre 34

Tchang-Lu n’avait encore jamais bu du thé avec des tigres.

Les fauves s’étaient montrés finalement très aimables, la délicatesse avec laquelle ils tenaient leur tasse dans leurs grosses pattes griffues ne laissait pas de l’étonner. Tout compte fait, se disait-il, leur compagnie valait mille fois mieux que celle de certains courtisans de la cour de l’Empereur.

« Vous reprendrez bien une dernière tasse ? Non ? Alors, que vouliez-vous me dire exactement au sujet de cet infâme galopin de pangolin ?

«  Mais oui c’est vrai, où avais-je la gueule ? fit Yeswoui Khan la tigresse, figurez-vous cher ami que nous avons, nous aussi, un petit compte à régler avec ce vaurien. Il a causé un préjudice impardonnable à l’un de mes rejetons, le petit Jerry. Vous ne l’avez pas encore vu car le pauvre a tellement honte de ce qui lui est arrivé…Allez, Jerry Khan, mon garçon, sors de là, ne fais pas ton timide et montre à notre hôte ce que ce malotru t’a fait !... »

Un jeune tigre, qui visiblement attendait bien caché sur une branche de palétuvier, bondit alors et se coucha aux pieds de sa mère avec un air penaud. Il aurait pu être magnifique s’il ne lui avait manqué un élément indispensable pour un tigre du Bengale. Sa splendide fourrure était d’un jaune orangé absolument parfait mais hélas sans aucune rayure noire et, Tchang-lu en convainc, un tigre sans rayures noires ce n’était pas vraiment un tigre.

«  Je ne vous le fais pas dire, grogna la tigresse, figurez-vous que ce chenapan de pangolin a joué les rayures de mon fils au jeu de mahjong ! Il a gagné évidemment, en trichant ça ne fait aucun doute, mais avant qu’on ne s’en rende compte il avait déjà filé avec les rayures ! Pour en faire quoi je vous le demande ? Les revendre au marché noir des rayures noires à un zèbre peu scrupuleux ? Ou à un gnou sans foi ni loi ?...

«  Il n’y a pas de zèbres ni de gnou en Asie…marmonna Jerry Khan

« Toi tais-toi ! Tu ferais mieux de prendre exemple sur tes frères et d’arrêter de jouer avec des inconnus. Les inconnus, on les mange on ne joue pas avec !... »

Tchang-Lu considérait la scène avec perplexité. Il trouvait ces fauves incroyablement naïfs. Charmants, mais naïfs. Chacun savait qu’il ne fallait jamais entamer une quelconque partie de quoi que ce soit avec un pangolin, surtout lorsqu’il s’agissait d’un pangolin nacré. Leur perfidie et leur cupidité au jeu était légendaire, elle avait même fait l’objet d’un chapitre important d’un traité de Lao-Tseu sur les vices cachés des animaux à écailles, le fameux chapitre XIV intitulé :

« Pourquoi il ne faut jamais jouer au jeu de go avec un pangolin nacré. » 

Tchang-Lu se leva lentement et imposa le silence. D’une voix ferme bien qu’empreinte de sollicitude il déclara avec un petit sourire :

«  Le sage a dit :

« Si quelqu’un t’as piqué tes rayures, ne lui cours pas après mais trouve plutôt un peintre dont la spécialité est justement de peindre des rayures ! »

«  Ah oui ? Le sage a dit ça ?...demanda la tigresse, dubitative.

« Absolument, il a dit ça, fit Tchang-Lu.

«  Et comment s’appelait-il, ce sage ?

«  Vous avez beaucoup de chance, dit Tchang-Lu, qui commençait à sortir ses pinceaux de son sac… Il s’appelait, et s’appelle toujours, Tchang-Lu…. »

Chapitre 35

Il y avait une grande différence entre rendre avec délicatesse l’ourlé d’un pétale de camélia sur une feuille de papier de mûrier collée sur un panneau de bois de palissandre et tracer de longues bandes noires sur la fourrure uniformément dorée d’un tigre vivant en pleine force de l’âge.

La feuille de mûrier ne bougeait pas. Le tigre si. Le panneau de bois ne grognait pas, ne griffait pas, ne mordait pas. Le tigre si. Surtout s’il était contrarié et Jerry Khan était très contrarié.

Tchang-Lu venait d’en faire l’amère expérience.

Au bout d’une journée de travail sur les flancs de la bête ses mains bandées avaient du mal à tenir le pinceau. Chaque fois que les poils de la brosse effleuraient son pelage le jeune tigre ne pouvait s’empêcher de sursauter puis de mordiller la main de Tchang-Lu. Mordiller n’était pas mordre, mais une mordillure de tigre n’était pas très agréable tout de même.

Néanmoins, Tchang-Lu étant un peintre d’une qualité morale hors du commun, il exécuta son travail comme si sa vie en dépendait. Ce qui au fond était le cas…

Il avait fait prendre la pose à la tigresse et aux trois frères de Jerry Khan afin de ne pas se tromper dans l’agencement des lignes, la patience n’étant pas la vertu première des tigres, son temps était compté.

Pour la couleur et l’intensité des bandes noires il avait choisi de broyer des scarabées tricéphales anthracite qu’il avait mixés avec de la bouse de pécari sur laquelle il avait fait uriner les fauves. Le résultat était à la hauteur des attentes de la petite famille de félins.

« Une peinture qui pue est forcément une bonne peinture ! » avait grogné Yeswoui Khan.

Il ne restait plus qu’un petit espace à fignoler sur le haut de la cuisse et Jerry Khan allait enfin pouvoir se pavaner sans honte dans la jungle. Une dernière touche, c’était fini. Satisfait, Tchang-Lu posa son pinceau, fit le tour du tigre, hocha la tête et sortit un petit miroir de sa poche qu’il tendit au jeune tigre.

« Je crois que c’est parfait. Qu’en pensez-vous ? 

 « Magnifique ! fit la mère.

«  Il est beaucoup mieux qu’avant ! dit un de ses frères.

 « Je ne pourrais pas avoir quelques lignes de plus, là…et là aussi…et encore là ? fit Jerry Khan, timidement.

C’est alors qu’un énorme léopard jaillit des fourrés et poussa Jerry Khan d’un violent coup d’épaule. Les tigres reculèrent de stupeur. Ils le connaissaient, c’était le chef du clan des léopards des marais. Il avait l’air furieux. Réputé pour avoir très mauvais caractère il ne se liait avec personne, sinon pour le croquer. Que faisait-il là ? Mais il y avait plus bizarre encore. Quelque chose clochait.

Les tigres ne s’en étaient pas aperçus tout de suite mais maintenant c’était évident.  La couleur de sa robe…

Lui aussi avait perdu toutes ses taches noires !

Le léopard se mit à tourner sur lui-même, jetant des regards enragés autour de lui.

« Si j’en vois un qui rigole…je le bouffe tout crû, rugit-il ! Sauf toi le peintre….

bon…que je vous explique…moi aussi j’ai rencontré le pangolin…on ne rigole pas j’ai dit...moi aussi j’ai joué avec lui…moi aussi j’ai perdu…le petit salopard est parti avec mes taches…

Tu saurais me les refaire le peintre ?... »

Le confinement avec les enfants c'est une chose, mais qu'en est-il des autres ?

Une découverte du meilleur de la musique classique, bien installé dans votre canapé, ça vous dit ?

Ma Petite Médiathèque est un service gratuit qui s’adresse à tous les enfants de 3 à 12 ans.

Le réseau des Médiathèques Adour-Madiran vous propose une nouvelle Heure du conte pour les enfants, en live sur Facebook. 

Depuis le début du confinement, de nombreux auteurs remplissent nos quotidiens de mots, de textes, de lecture à voix haute... un peu partout sur les réseaux sociaux. 

C’est avec un gros pincement au cœur que nous apprenons le départ d’une icône française à l’âge de 74 ans.

Fan de BD, ne soyez pas frustrés ! 

Histoire de décrocher un peu des écrans et des devoirs des enseignants, en cette période de confinement, écoutez donc des histoires (en podcast) avec les enfants !

L'auteur de "Le vieux qui lisait des romans d'amour" vient de nous quitter à l'âge de 70 ans.

Vous êtes inscrit dans une bibliothèque des Hautes-Pyrénées ? Profitez des ressources en ligne d’Hapybiblio !

Chapitre 26

Acocoyotl Polichtitli était pétrifié.

Ce jour était à marquer d’une pierre noire. La pierre du désastre. La pierre de la honte. Face à l’inconcevable réalité, lui, le maître des scribes, chancela.

Il n’avait jamais été confronté à un tel mystère. Etait-ce de sa faute ?

Maxitchocoatl, le Grand Prêtre, l’avait pourtant maintes fois mis en garde :

« On ne plaisante pas avec le Quetzalcoatl ! Celui qui a la charge de le représenter en peinture, en sculpture ou en musique doit bien s’assurer qu’il ne trahit pas l’esprit divin du Dieu-Serpent, sinon il encourt de graves représailles. »

Une malédiction peut s’abattre sur lui et sa descendance pour des générations et des générations. Avait-il commis une erreur ? S’était-il trompé dans l’agencement des écailles, des plumes ? Avait-il omis de vernir un ongle ? De souligner un poil de sourcil ?

Le Dieu-Serpent était très susceptible. La rancune et la cruauté étaient ses qualités premières, tout le monde le savait. Il ne pardonnait aucune faute. Jamais. Et maintenant il était parti…

Acocoyotl Polichtili enleva sa coiffe cérémonielle et la posa devant lui.

Cernée de plumettes de colibri et de motmot à sourcils bleus, elle était le symbole de sa charge, il la mettait chaque jour depuis qu’il était devenu le chef de la Chambre des Codex. Il la contempla tristement. Jamais plus il ne la porterait.

Il lui fallait partir au plus vite. La suite de l’Empereur devait déjà certainement s’être mise en route.  Il retira vivement tous les attributs qui pouvaient le trahir : colliers en or, bracelets de nacre et boucles d’oreilles en jade. Puis il fourra dans un sac un codex encore vierge, des pinceaux, des tiges de roseau et de l’encre. Il allait franchir la porte en bronze lorsqu’il s’arrêta et revint sur ses pas. Il allait oublier le principal…

« Ah ouiiiiii, c’est bien çaaaaaa…Ahahah…tu allais partiiirrrrr sans nous…Ohoho !... » ricana une voix de crécelle dans le fond de la pièce.

« Tu crrrrois ? fit une autre voix geignarde, il n’aurrrrait pas fait ça tout de mêêêêême ?… »

Acocoyotl Polichtitli retira vivement une couverture qui recouvrait une vaste cage à oiseau. Il en ouvrit la porte.

«  Mais non mes chers vieux compagnons, dit-il, comment pourrais-je me passer de vous ! Je vous emmène, vous me serez sûrement utiles ! »

Un ara rouge et un ara bleu, tous deux fort déplumés, jaillirent de la cage. Le premier se posa en gloussant sur son épaule droite, l’autre se posa en pleurnichant sur son épaule gauche

«  Tu as rrrraison dit l’ara rouge, on n’abandonne pas un arrrrrrra qui rit ! »

Chapitre 27

« On n’abandonne pas pas non plus plus un arrrrrara qui pleupleurrrrre ! » bégayait l’ara bleu en s’agrippant tant bien que mal à Acocoyotl Polichtili.

La tête recouverte par une vieille capuche, celui-ci filait maintenant à toute allure le long des ruelles de la ville basse. Quiconque l’aurait croisé l’aurait pris, dans la pénombre du jour naissant, pour un épouvantail envoûté, asticoté par deux vilains corbeaux. Epouvantail qui n’avait à cet instant qu’une idée en tête, atteindre la jungle, toute proche des faubourgs de la ville, et se mettre à bonne distance de la colère de l’Empereur. Il osait à peine penser aux terribles tortures qu’il subirait si jamais les soldats-guépards lui mettaient la main dessus.

«  Ahaha….fit l’ara rouge…Moi je sais ce qu’ils te ferrrrraient….

D’aborrrrrd…Ohoho…Des chatouillis sous les pieds…Ahaha…

« Quelle horrrrrreurrrrr, fit l’ara bleu, moi je vois plutôtôt des pichenenettes surrrrrr le neznez, Hihihiiiiiiiiii…»

«  Taisez-vous tous les deux, murmura Acocoyotl Polichtili tout en courant, vous n’y connaissez rien aux supplices infligés aux renégats de mon espèce ! »

« Ah parrrrce que Môssieur s’y connaît lui ? Ahahaha...J’oubliais que Môssieur savait tout ! Ohohoho…Et ben si Môôôsieur sait tout il faudrrrrra qu’il nous explique comment il s’est échappé du codex, le grrrrros lézarrrd à frrrou-frrrrrou !...»

«  Boucle-la maudit perroquet de malheur ! gronda Acocoyotl Polichtili en clouant le bec à l’ara rouge, on ne se moque pas du Quetzaloatl comme ça ! Si ça se trouve il nous écoute… »

«  Bah s’il nous écoute, Hihiiiiiiii, c’est qu’il n’est pas, pas, pas loin, gémit, en larmes, l’ara bleu. Et s’il n’est pas, pas, pas loin...C’est qu’il…c’est qu’il…»

«  Bon ça suffit comme ça, taisez-vous tous les deux…On va souffler un peu…Et se calmer, surtout se calmer…Il faut qu’on se pose un moment, qu’on réfléchisse et qu’on décide dans quelle direction aller…D’ailleurs c’est pour ça que je vous ai emmenés avec moi… » Devant l’air éberlué des deux volatiles  Acocoyotl Polichtitli continua : « Oui, toi Cra-cra mon ara qui rit, et toi Creu-creu mon ara qui pleure, vous deux qui lisez dans les pensées des hommes et qui sentez la présence d’autres bêtes à plumes, vous allez me guider…

«  Ahaha c’est la meilleurrrrrrrre de l’année celle-là ! Nous, te guider ? »

« Hihiiiiiiii  je dirrrrais même mieux ! De l’année celle-là là c’est la meilleurrrre ! »

Te guider, nous nous ?  On n’est même pas pas fichuchus de se rrrrrrerrrrre connaîtrrrrre l’un l’autrrrrrre !...»

«  Moi je peux , moi je peux , moi je peux ! fit soudain une petite voix virevoltante au-dessus d’eux.»

« C’est qui, qui peut ? demanda, stupéfait, Acocoyotl Polichtitli.»

« C’est moi, c’est moi, c’est moi ! roucoula un minuscule oiseau qui vibrionnait devant son nez.»

« Oh non pas lui, firent, les deux aras en se bouchant les yeux avec leurs ailes,  pas lui, pas lui, pas lui...»

« Ben si….Lui, lui, lui ! » gazouilla Cri-cri, l’exquis colibri. 

Chapitre 28

Moussa Moussa n’était pas si étonné que ça…

D’ailleurs, si à cet instant, quelqu’un lui avait demandé son avis il aurait certainement répondu : « Ce n’est pas trop tôt ! Ils en ont mis du temps… »

Mais personne au grand jamais n’aurait osé lui demander son avis.

Ni à cet instant, ni à n’importe quel autre instant.

Moussa Moussa n’était pas quelqu’un qu’on dérangeait pour un oui ou pour un non. Bien que, si on le lui demandait, il répondait que vous ne le dérangiez jamais. Mais ce : «  Vous ne me dérangez jamais ! » était susurré sur un tel ton que le demandeur, un inconscient sûrement, aurait préféré, à cet instant, se trouver dans le ventre d’un hippopotame plutôt que devant celui du grand Moussa Moussa.

Moussa Moussa n’était pas si étonné que ça.

D’ailleurs, jamais rien ne l’étonnait. Il avait toujours une explication, voire un proverbe, pour chaque occasion.

Une journée soudaine de canicule en pleine saison des pluies : c’était la volonté du ciel ! Une pluie torrentielle au milieu d’une sécheresse de six mois, c’était sûrement un vautour qui éternuait un peu fort. Une girafe donnait naissance à un gnou : « Le gnou intrépide est une girafe qui rase le sol » ! Une vieille de quatre-vingts ans accouchait de triplés : «  C’est dans les vieilles marmites qu’on cuit les beaux bébés ! »…

La sagesse de Moussa Moussa était légendaire. Son nom était connu depuis les hauts plateaux du Ngnoko-Ngnoko jusqu’aux lointaines chutes de Zumbalumba.

Mais on ne venait pas seulement le voir pour sa sagesse.  

On venait aussi le voir pour la magie...

Moussa Moussa était un féticheur. C’était même le plus grand féticheur de toute la savane, et sa spécialité, c’était les masques.

Il sculptait des masques pour toutes les occasions. Des masques en bois pour les mariages, des masques en terre pour les enterrements, des masques pour les naissances, des masques pour faire venir la pluie, et d’autres pour arrêter la pluie, des grands masques pour les guérisons ou pour stopper les diarrhées, et des petits masques pour donner la diarrhée.

Des masques pour donner la vie et d’autres pour donner la mort.

Et puis il y avait les masques pour le couronnement du roi…

La série de masques royaux que le grand chef des cérémonies venait justement de lui commander pour la circonstance devait symboliser toute la puissance animale du souverain qui régnait sur les hommes de cette terre.

Tous les animaux y étaient représentés : les girafes, les gnous, les lions, les antilopes, les zèbres, les buffles, les rhinocéros, les hippopotames, les hyènes, les singes, les vautours, les aigles, les crocodiles, les serpents, et bien sûr, les éléphants.

Et cette série de masques, Moussa Moussa venait d’y apposer la dernière touche,  à l’aube, juste avant le lever du soleil…

Alors non vraiment, il n’était pas si étonné que ça…

Car ce matin, tous les animaux s’étaient fait la malle…

Chapitre 29

Moussa Moussa souriait.

Il s’assit en tailleur au milieu de sa grande case sur une natte en raphia, ses outils éparpillés autour de lui. Des dizaines de clous auxquels rien n’était suspendu étaient accrochés sur les murs de pisé, aussi inutiles qu’une armée sans combattants. Sur le sol, d’innombrables cônes de copeaux de bois n’avaient pas encore été balayés. Sans ces quelques détails un visiteur qui serait entré inopinément dans la case n’aurait pu se douter qu’hier encore une foule de masques tonitruants envahissaient l’espace de leur présence assourdissante.

Mais les masques tonitruants avaient disparu et Moussa Moussa souriait.

Personne ne connaissait l’âge de Moussa Moussa. Certains disaient qu’il était né à l’époque de la reine de Saba. D’autres qu’il avait joué, enfant, avec Mathusalem. Moussa Moussa, avec un petit sourire, hochait la tête et ne les contredisait pas. Ses bras secs comme des roseaux, son corps longiligne et noueux comme les racines du frangipanier et son visage parcheminé comme un baobab qui aurait eu plusieurs vies pouvaient en effet laisser planer un mystère qu’il mettait un malin plaisir à entretenir. Son regard intense était du même bleu foncé que celui du turban qu’il avait sur la tête et qui lui non plus n’avait pas d’âge. Il déroula le turban et une énorme touffe de cheveux frisés et gris mélangés à des brins de paille et à des feuilles séchées recouvrit son crâne.

Cet enchevêtrement improbable et grandiose de poils et de crins ressemblait plus à un nid qu’à une coiffure et semblait animé d’une vie propre.

Ce qui n’avait pas l’air d’importuner Moussa Moussa qui se saisit d’une théière en terre, jeta quelques herbes aromatisées dedans, alluma un petit feu, et posa la théière dessus.  Puis il prit deux tasses en céramique, une pour lui et une pour…

« Allez vieux grigou, chuchota Moussa Moussa, il n’y a personne, tu peux sortir. Que dirais-tu d’une bonne tasse de thé ? Il est temps d’avoir une petite discussion tu ne crois pas ? Tu dois certainement avoir quelque chose à me dire. A moins que tu ne préfères que je te transforme en margouillat pour les dix prochains siècles à venir ! »

Le nid, car c’en était un, s’agita et une petite chose poilue émergea de l’imbroglio chevelu et végétal. La chose regarda fébrilement à droite et à gauche, replongea, ressortit, replongea, ressortit et bondit comme un diable sur les genoux de Moussa Moussa.

Ou plutôt bondit comme un macaque.

Car c’en était un, de macaque…

Chapitre 30

« Moussa Moussa mon très cher hôte, tu es bien le pire nid que j’ai occupé depuis longtemps ! Grogna le petit macaque en prenant un air fort mécontent, vraiment le service n’est plus ce qu’il était ! Je me souviens d’un temps où l’on n’était pas réveillé par des menaces stériles… »

Le petit macaque fit semblant de bailler. « C’était un temps où l’on vous offrait des dattes, des noix de cajou ou un criquet-glousseur en guise de petit déjeuner, enfin, on était mieux considéré… »

« Tais-toi macaque, tu vas vraiment finir par me fatiguer avec tes jérémiades, fit Moussa Moussa plus amusé qu’en colère, prends plutôt une tasse avant que je ne me fâche et considère que tu devrais être reconnaissant de dormir sur ma tête, près de mes rêves, plutôt que dans mon ventre, près de mes gaz… 

« Mais comment-donc que je te suis reconnaissant ô immense Moussa, mon Moussa mille fois chéri, mon protecteur béni des dieux et super pourfendeur des démons et grand ami des pauvres macaques stupides et…

«  Stop ! » La voix de Moussa Moussa était montée d’un ton. Le macaque se recroquevilla net. « Stop, ça suffit maintenant ! Ferme ton clapet cinq minutes et regarde autour de toi. Qu’est-ce que tu vois ? »

Les yeux exorbités de peur du babouin firent le tour de la case. «  Eh bien…Eh bien, ô grand Moussa…je…je ne vois…rien du tout !

« C’est ça macaque, tu ne vois rien du tout parce qu’il n’y a plus rien à voir…

Il hurla : «  Les masques sont partis ! »

Il pointa son index décharné sur la poitrine du singe qui, s’’il avait pu s’enfouir sous terre, l’aurait fait. « Je me doutais que cela arriverait. Mais pas si vite…Et quelque chose me dit que tu en sais plus que ta petite bouche tordue veut bien le dire…Je me trompe ?

Le singe hésita. L’ombre de Moussa Moussa grandit, grandit et emplit la pièce jusqu’à en obscurcir toute lumière. Le singe n’hésita plus.

« Bon…c’est vrai, pleurnicha-t-il, je les ai vus filer…Mais je n’y suis pour rien. Ils étaient trop nombreux. Qu’est-ce qu’un pauvre petit macaque comme moi aurait pu faire ? Si je leur avais barré la route ils m’auraient écrabouillé comme une vulgaire limace. Beurk, c’est dégoûtant une limace écrasée, non ?

« Mais alors, qui les a aidés ?

« Je suis un lâche, je suis un lâche, bredouilla le singe en se tenant la tête.

« Qui ? Explosa Moussa Moussa.

« Elles, ce sont elles !.. » gémit le macaque. Il désigna un coin de la case.

« Désolé les filles, je suis un lâche, je suis un lâche… »

Dans le coin de la case, trois fourmis se faufilaient sous la porte…

 

Le temps des poètes n'est pas révolu !

Ecoutez Laura, du Réseau des Médiathèques Adour-Madiran, vous raconter des histoires en direct sur Facebook.

Mince ! Vous aviez prévu de participer au Marathon de Paris 2020, mais pour cause de crise sanitaire, il est reporté. 

Chapitre 11

Devant l’air ébahi de Tulurgglurkuk et de son chien, le Père Noknok et ses rennes éclatèrent de rire. « How how ! Je vois que tu ne nous connais pas, dit le gros bonhomme rubicond, permets-moi de te présenter mon fidèle attelage ! Voici Tornadjluk, Danseurjluk, Furiejlok, Fringantjlik, Cupidonjlouk, Tonnerrejluik, Eclairajlouik et enfin Comètjloïk… » Les rennes firent une révérence. «  Il est vrai que nous sommes un peu loin de chez nous, nous venons de Laponie et nous avons quelques petites livraisons à faire, une poupée par-ci, un ours en peluche par-là, enfin on ne chôme pas…Et voilà qu’un lapin lapon de nos amis nous a raconté qu’un pingouin lent arctique vous causait des problèmes par ici, alors me voici, toujours prêt à rendre service le Père Noknok ! How how how !... » 

Sur ce il sortit de sa poche une série de grelots qu’il agita sous le nez des deux compères et commença à se trémousser devant ses rennes qui gigotèrent en cadence. Tous ensembles ils entonnèrent un chant ridicule où il était question de sapin roi des forêts, de cheminée et de quelqu’un qui ne devait pas oublier des petits souliers. Le husky se rapprocha lentement de son maître, mit sa patte devant son museau et murmura à voix basse : 

«  Il m’a l’air complètement toctoc ce Père Noknok…En plus ils chantent faux….On ferait mieux de filer à l’anglaise…

«  A l’anglaise je ne sais pas, je ne connais pas ce pays, répondit sur le même ton Tulurgglurkuk, mais je veux bien filer à la groenlandaise. » 

Ils attendirent donc patiemment la fin des danses en faisant semblant d’apprécier les pitreries des rennes qui commençaient à fatiguer puis, aux premiers ronflements du Père Noknok, ils se carapatèrent en silence.

Ils passèrent une petite colline puis s’arrêtèrent pour souffler un peu. La nuit était d’une clarté éblouissante. Un froid intense les enveloppait.

Tulurgglurkuk s’allongea sur le dos et regarda l’immense ciel étoilé. Il trouvait que ce début de quête avait bien mal commencé. Le Husky se blottit contre lui et dit : « Pour un chasseur tu m’épates. Tu ne sais pas regarder ou bien tu as tout oublié. Heureusement que je suis là. Observe la voie lactée. Alors, qu’est-ce que tu vois ? » Tulurgglurkuk fixa un coin du ciel et poussa une exclamation. « Je ne connaissais pas cet amas d’étoiles là-bas au sud…

« Et non, dit le chien, tu ne la connaissais pas et maintenant tu la connais. Et en plus elle t’indique la bonne direction, c’est-y pas merveilleux ?  Si, souffla Tulurgglurkuk. Et tu sais comment elle s’appelle cette constellation ? Non, avoua Tulurgglurkuk. T’es miraud et t’es pas très futé non plus, ricana le chien, mais c’est la constellation du Pingouin Lent bien sûr !..... »

Il prit une taloche, sourit béatement, et s’endormit contre son maître.

Chapitre 12

Tulurgglurkuk et Chien-qui-pète étaient donc repartis d’un pas allègre et le cœur léger vers le sud-sud-ouest en suivant le chemin tracé par la constellation du Pingouin Lent. Si nos deux chasseurs avaient l’air de savoir à quoi s’en tenir sur l’objet de leur chasse, est-ce que tout le monde pouvait en dire autant ?

Que savait-on réellement du Pingouin Lent ? Pas grand-chose en vérité…

Petit rappel scientifique établi en 1537 par le Professeur Herr Plitzenplotz de l’université Royale de PlitzenPlotz ( à Plitzenplotz )

Le Pingouin Lent, aussi nommé le Pingouin Pas Rapide, ou le Pingouin Mollasson, a été étudié pour la première fois par un botaniste du nom de Jojo-la-Racaille, lors d’une expédition en Mer Baltique, brièvement et de loin, de très loin, et encore on n’en est pas sûr.

Le Pingouin Lent ne doit pas être confondu avec le Pingouin Rapide, aussi nommé le Pingouin Véloce, ou encore le Pingouin Express, ou encore le Pingouin qui fait tût-tût. A vrai dire c’est très difficile de les confondre car le Pingouin Rapide possède huit pattes alors que le Pingouin Lent en possède beaucoup moins. Le Pingouin qui fait tût-tût possède huit roues et le Pingouin Lent aucune.

Le Pingouin Lent se nourrit exclusivement de lichen. Il pète beaucoup ce qui le protège des prédateurs. Pas tous. Certains prédateurs adorent le gibier qui pète. Le Pingouin Lent émet un petit cri très caractéristique lors de la saison des amours, hélas la plupart des femelles étant sourdes ils ont beaucoup de mal à se reproduire ce qui en fait un animal rarissime.

Le Pingouin Lent est grossier. Il profère des injures quand il a trop bu. A moins qu’il ne s’agisse de Jojo-la-Racaille.

Certains indigènes de l’Arctique sont très friands des yeux de Pingouins Lents farcis. D’autres indigènes pas du tout. Ce qui crée des tensions au sein des différents clans du Grand Nord.

Certains chefs de Clans ont fait du Pingouin Lent leur animal totem.

Des représentations de Pingouin Lent gravées sur os sont de véritables chefs d’œuvre. On n’en a, à vrai dire, jamais vu mais c’est ce que Jojo-la-racaille a raconté lors d’une conférence un soir à la buvette de l’Université donc ça doit être vrai.

C’est tout ce qu’on sait à propos du Pingouin Lent.

Inutile de dire que Tulurggurkuk et son chien ne possédaient pas toutes ces connaissances scientifiques. Peut-être était-ce heureux…

Chapitre 13

Billiwong Billidong n’en revenait pas…

Quel Ancêtre avait-il irrité à ce point pour provoquer ce désastre ?

Lui, le meilleur peintre sur sable de la Terre d’Arnhem, n’avait jamais commis aucune erreur. Il avait respecté toutes les règles. Comme toujours…

Les pigments avaient été minutieusement choisis. Les ocres, les blancs, les gris, les noirs. Tous déposés du bout des doigts dans l’ordre rituel comme lui avaient appris son oncle et l’oncle de son oncle. Le sable rouge, c’était toujours le même, il était allé le chercher dans cette grotte du désert de Pitawhahari et l’avait ramené sans en perdre un grain en le portant sur la tête. Il avait dansé et psalmodié les chants sacrés sous l’arbre blanc desséché comme il l’avait toujours fait depuis 40 ans. Il s’était enduit les cheveux avec l’argile prise dans la mare aux crocodiles et s’était peint le corps en respectant les circonvolutions rouges et les spirales blanches. Il avait enfin soufflé dans son didgeridoo avec cette force et cette intensité qui étaient reconnaissables au premier son et qui faisaient dire à chacun lorsqu’il l’entendait : «  Ca y est, Billiwong Billidong discute avec les Ancêtres… »

Alors quoi ?

Peut-être était-ce le dingo après tout ? Cette sale bête rodait vraiment trop près du village depuis quelques jours. Peut-être était-ce lui qui avait tout salopé ? Mais non, aucune trace de pattes autour de la peinture de sable que Billiwong Billidong avait mis tant de temps à réaliser. Rien. Il n’y avait aucune explication.

Accroupi, il se balançait et contemplait le sol en silence.

Un grand vide s’étalait au milieu de ce qui devait être la pièce maîtresse de la cérémonie du lendemain, prévue pour le début des festivités du « Temps des Rêves ». Tous les clans devaient s’y retrouver.

La peinture de sable se rapportait à une vision relatant un événement primordial. Elle décrivait la naissance de l’animal totem de la tribu.

Elle se nommait : «  Le Rêve du Kangourou doux ».

Mais cela n’avait plus aucun sens, puisqu’au centre de la peinture, le kangourou avait disparu…

Chapitre 14

Billiwong Billidong retourna dans sa case.

Il s’assit devant le feu de brindilles sur lequel mijotait depuis le matin un ragoût d’opossum mais il n’y toucha pas.  Dans une jarre de terre il saisit une poignée de feuilles d’eucalyptus et commença à les mâcher lentement. Il mit aussi dans sa bouche quelques graines que le sorcier lui avait données avant de commencer à peindre. « Elles t’aideront à y voir clair quand l’obscurité voilera tes yeux », lui avait-il dit. Eh bien l’obscurité était là mais il avait beau mâchouiller et saliver aucune lueur ne venait éclaircir les ténèbres. Un petit wombat apprivoisé passa entre ses jambes en dodelinant du croupion, il le chassa d’un coup de pied rageur qui le surprit lui-même. Si lui, l’homme sage entre tous les sages, perdait ses moyens c’est que le monde ne tournait plus rond.

De mémoire d’homme du bush on n’avait jamais vu une telle diablerie. Un kangourou qui s’échappe d’une peinture de sable, il n’en avait jamais entendu parler. Il avait beau se creuser la cervelle, même dans les vieilles légendes transmises depuis la nuit des temps on ne parlait pas de kangourou peint et fugueur. Encore moins de kangourou doux fugueur. Parce que, c’était vrai que le kangourou sautait, et comment qu’il sautait ! C’était vrai que le kangourou boxait et c’était plus que vrai que le kangourou n’était pas un animal facile, mais il ne sautait pas d’une peinture !

Et puis rien à voir avec le kangourou doux, animal totem de la tribu et qui était une espèce rare parce que très docile, très calme et qui jamais au grand jamais ne se sauverait d’une peinture de sable ! Et pourtant si, il l’avait fait !

Billiwong Billidong se leva d’un bond.  Il venait d’avoir la vision d’une grande vague… Il prit aussitôt sa décision. Il devait partir.

Il saisit une bonne poignée de larves de cancrelats séchés qu’il enfourna dans un sac de peau. Il décrocha ses boomerangs, les soupesa, il emporterait les plus légers.  Il enroula délicatement son didgeridoo dans un étui d’écorce et se l’attacha dans le dos. Dans une autre sacoche, il déposa ses précieux pigments, du sable rouge, de la craie. Il jeta un dernier regard à sa case, ferma les yeux et sortit. Puis il s’élança, d’abord en petites foulées, bientôt suivies par de grandes enjambées, comme si mille crocodiles s’étaient mis à ses trousses.

Il allait retrouver ce satané kangourou doux.

Billiwong Billidong se dirigea vers la mer…

Chapitre 15

Billiwong Billidong n’était pas seulement un grand artiste. C’était aussi un grand chasseur. Et un grand coureur. C’était tant mieux car dans cette partie du désert il valait mieux être les deux.

Le premier jour il avait ainsi échappé à une meute de dingos affamés qui auraient bien aimé faire de lui leur souper. S’ils avaient su qu’ils avaient en face d’eux le meilleur lanceur de boomerang de sa génération ils auraient sûrement réfléchi à deux fois. Ils restèrent tous sur le carreau pendant que Billiwong Billidong s’éloignait au pas de course en récupérant à la volée son splendide instrument.

Le deuxième jour, traversant un marigot, et toujours en bondissant, il évita de justesse de se faire croquer la jambe par un sympathique crocodile de sept mètres qu’il avait pris pour un rocher. Il lui asséna entre les deux yeux un bon coup de son didjeridoo.

La musique adoucit les mœurs des sauriens…

Un autre soir il ne dut son salut, face à un serpent noir des sables, qu’en lui soufflant dans les yeux une bonne dose d’ocre rouge qui aveugla le reptile juste avant qu’il ne le morde. Il croisa aussi sur sa route un certain nombre de kangourous. Certains étaient roux. Aucun n’était doux. Ils se montrèrent fidèles à leur réputation et donc assez vindicatifs. Le didjeridoo et les boomerangs de Billiwong Billidong adoucirent aussi leurs mœurs…

Finalement il prit la décision de ne plus jamais s’arrêter jusqu’à la grande étendue d’eau. Il mangerait et dormirait en courant.

Une nuit, alors qu’il trottinait en somnolant, il fit un rêve étrange. Il pêchait accroupi à travers un trou dans le sable. Le sable était tout blanc, très lisse et très froid, un vent glacial soufflait en rafales. Lui qui n’avait jamais porté un vêtement de sa vie était vêtu d’une lourde tunique avec une capuche, des bottes et des gants fourrés. Son haleine sentait le poisson…Il tira soudain sur la ligne, un petit koala, accroché au bout du fil, sortit de l’eau et vint se poser sur ses genoux. Le koala s’ébroua et le regarda droit dans les yeux. «  Eh bien, lui dit-il, c’est pas trop tôt, je commençais à me les geler là-dessous. Pour un aborigène t’es pas trop pressé d’avoir une conversation avec ton esprit-animal dis-donc ! Enfin, ça y est, il était temps. Tu sais qu’t’as gagné le gros lot avec moi, je suis plutôt futé pour un koala des rêves. J’apparaîtrai chaque fois que tu seras en péril. C’est chouette non ? Et là, tu vas bientôt avoir besoin de moi. Parce que derrière cette colline, là, bah c’est l’océan mon vieux, comme je te l’dis, c’est la grande bleue… » Le koala disparut. Billiwong Billidong arriva en haut de la colline puis bascula de l’autre côté, il roula dans le sable et dormit profondément.

Le bruit du ressac le réveilla. Il ouvrit les yeux.

Une tortue géante lui léchait le visage…

L'incontournable série BD "Culottées" de Pénélope Bagieu, vous connaissez ?

Vous êtes lecteurs d'une bibliothèque du réseau départemental confiné chez vous ? 

Le réseau de médiathèques Adour-Madiran vous propose une Heure du conte pour les enfants, en live sur Facebook. 

En cette période difficile où il n'est plus possible de se rendre dans les lieux de culture, le Ministère a eu une belle idée : apporter la culture chez vous !

Cela fait maintenant plus de 10 ans que tous les mois de novembre, la Médiathèque départementale soutient la découverte du cinéma documentaire.

Chapitre 1

 

Tchang-Lu n’en revenait pas.

Assis sur une natte au milieu de son atelier le vieux peintre se tirait les derniers poils de sa barbe clairsemée en se demandant quelle malédiction s’était abattue sur lui dans la nuit.

Il avait pourtant bien cru hier soir, après une longue année de travail minutieux et patient avoir enfin terminé sa grande fresque « Promenade éphémère d’un fourmilier sous la lune », commande spéciale de l’Empereur qui avait demandé au meilleur peintre animalier du pays, c’est-à-dire lui, le portrait de son animal favori. Tchang-Lu était particulièrement fier de la texture des écailles de la bête qui donnait, grâce à une technique de glacis dont il avait le secret, un effet nacré tout à fait surnaturel.

Mais ce matin, éberlué, il n’avait pu que constater l’impossible vérité. Quelque chose d’invraisemblable était arrivée : le centre de la toile était vide.

Sous les arbousiers géants, nulle bestiole.

Le pangolin s’était fait la malle…

 

Chapitre 2

 

Tchang-Lu en avait pourtant vu d’autres.

Agé de 88 ans, il avait survécu à bien des catastrophes. Il avait connu  trois guerres : la guerre des Chrysanthèmes en 1567 où, jeune peintre des armées du Nord, il avait avec talent fait le portrait à cheval du général Fou-L’Khan. Lequel quelques années plus tard allait l’appeler auprès de lui lorsqu’il serait devenu Empereur des 27 Provinces. Il avait combattu et avait été blessé à la guerre des artichauts, lorsque le peuple s’était révolté contre la taxe sur les artichauts imposée par le Prince Ki-Pu. Il avait enfin été fait prisonnier à la forteresse Tsoing-Tsoing lors de la guerre des Quarante-six cloportes ( nom donné aux membres d’une secte secrète ) car il avait pris la défense du quarante-troisième cloporte ( en vérité son frère Tchang-Lu-Lu qui s’était enfui au moment de son procès ). Le temps passé en isolement avait renforcé son caractère, amélioré sa technique de croquis sur mur de prison et l’avait beaucoup mais alors beaucoup fait réfléchir sur le fait de soutenir des cloportes…

Oui on peut dire que Tchang-Lu en avait vu des vertes et des pas mûres.

Sans parler des invasions de criquets péteurs , des pluies torrentielles de grenouilles à grandes bouches, ou de la terrible pénurie de ciseaux à couper les poils de moustaches due à une grève des ouvriers fabricants de ciseaux à couper les poils de moustaches, peut-être la pire catastrophe qu’il ait connue.

Son caractère était donc, comme on le voit, bien trempé, mais une disparition de pangolin peint sur une toile, alors ça, il ne l’avait jamais vu !...

 

Chapitre 3

 

Dans un premier temps Tchang-Lu avait cru à une farce.

Son premier assistant, Sun-Yi, qui n’avait pas son pareil pour broyer les encres et les pigments et qui était la plupart du temps d’une extrême rigueur avec les second et troisième assistants, s’amusait parfois à changer les couleurs des pots pour voir si les ouvriers s’en rendaient compte. Ce qui avait parfois donné lieu à de curieuses esquisses : une envolée de flamants roses, verts en réalité. Ou une superbe bataille de tigres dont le pelage bleu s’harmonisait magnifiquement avec des rayures rouge-vif. Mais tout ça n’était que taquineries entre apprentis, effacer entièrement un sujet d’une peinture, tout de même c’était autre chose, surtout un tel sujet et surtout d’une telle peinture ! Une commande de l’Empereur qui plus est ! Non, ce n’était pas possible. Pour un tel sacrilège, il encourait au moins cinquante coups de bâton…Sinon pire…Tchang-Lu se mit à frissonner. « Et moi, se dit-il, si l’Empereur l’apprend, ce n’est pas des coups de bâton que je vais recevoir, mais c’est cinquante fois qu’on va me pendre, cinquante fois qu’on va me couper en cinquante petits morceaux. Mes os seront jetés aux vautours et mes poils de barbe serviront à balayer les égouts ! Je suis maudit si je ne retrouve pas ce foutu pangolin !..... »

Dans un deuxième temps il se demanda s’il n’avait pas trop bu, hier soir, pour fêter la fin du travail ? Et si lui-même, dans un accès d’ébriété, n’avait pas effacé son chef d’œuvre ? Et si…tout simplement, il ne l’avait finalement pas encore peint ce pangolin ? Mais non, cela non plus ne tenait pas debout. D’ailleurs, voulant en avoir le cœur net,  il se précipita vers son bureau où se trouvait son journal de travail sur lequel étaient notés minutieusement chaque soir le moindre fait et geste de la journée, le moindre coup de brosse. Le journal était encore ouvert, Tchang-lu chaussa ses lunettes, se pencha.

La dernière phrase ne laissait planer aucun doute, car de sa plus belle calligraphie le peintre avait écrit :

«  Dernier mouvement, dernière goutte de nacre, sous la lumière de l’astre de la nuit, s’ébroue enfin le fier pangolin, je peux poser mon pinceau, l’Empereur sera fier de moi ! »

Il fallait donc se résoudre à l’évidence : le pangolin avait bel et bien été peint, mais il n’était plus là.  Alors, aussi impensable que cela puisse paraître, Tchang-lu ne trouva pas d’autre explication que celle-ci : Le pangolin avait sauté de la toile et avait disparu.

Il ne lui restait plus qu’à partir à sa recherche…

 

Chapitre 4

 

Assis en tailleur au centre de l’igloo, Tulurgglurkuk n’en revenait pas !

Effondré sur l’épaisse peau de phoque qui lui tenait lieu d’atelier et où il avait coutume de sculpter pendant les longues nuits d’hiver ces fameuses figurines qui avaient fait sa renommée dans tout le Nunavut, il contemplait avec consternation sa dernière production. Ou plutôt ce qu’il en restait…

Il s’agissait d’une scène allégorique ciselée dans une impressionnante mâchoire de baleine que le conseil des anciens lui avait demandé de réaliser pour célébrer le jour du réveil du soleil. Tulurgglurkuk, outre le fait qu’il était un excellent conteur, tenait son talent de sculpteur sur os de son père, Talargglarkak, qui lui-même le tenait de son père, Tilirgglirkik, le célèbre chasseur de cachalots à fourrure.

La commande des anciens avait été pour lui un grand honneur. Le travail lui avait pris des mois, il y avait passé ses jours et ses nuits et était particulièrement fier du rendu. Il était le seul sur cette portion de banquise à pouvoir rendre avec autant de finesse la puissance des léopards de mers ou la douceur bleutée des manchots arctiques.

Sauf que, ce matin, ni finesse, ni puissance sur la mâchoire d’albâtre.

Les petits yeux ronds de Tulurgglurkuk avaient beau fixer l’objet dans tous les sens, la gravure du grand pingouin boréal, animal emblématique d’Atanarjlokk le chef du clan, gravure qu’il avait mis tant de temps à tailler, n’existait plus.

Elle avait été comme effacée !

Le pingouin s’était fait la malle…

 

Chapitre 5

 

Tulurgglurkuk plissa des yeux.

Ce qui pour un homme de sa condition était signe de grande contrariété.

Et même, chose rarissime, il plissa des yeux deux fois.

Couché à ses pieds comme à l’accoutumée son fidèle Husky, Kaalakkakglaalurgluglukkallgliiirkikkk, (qui signifie en langue inuit du Groenland : Chien-qui-hurle-à-la-mort-quand-son-maître-plisse-des-yeux-deux-fois) se mit à hurler à la mort. Lui aussi deux fois. Tulurgglurkuk abattit lourdement son poing sur le museau de son chien qui se tut aussitôt. Inutile que tout le village sache qu’il avait plissé des yeux deux fois. Si le vieux chef  l’apprenait il rappliquerait aussi sec, accompagné de tous les autres idiots et Tulurgglurkuk n’avait vraiment pas besoin de ça. Il fallait qu’il résolve ce mystère tout seul…

Il s’était déjà retrouvé dans une situation similaire il y avait quelques années de ça et il s’en souvenait avec horreur. C’était pendant la grande fête du solstice, lors du concours du mangeur le plus rapide de tripes de morse. D’habitude il gagnait toujours ce concours et nul adversaire n’avait jamais pu rivaliser avec lui ; aussi, lorsqu’il avait brandi le dernier morceau d’intestin pensant avoir remporté le trophée et, s’apercevant qu’une toute jeune fille était portée en triomphe par une foule hilare qui l’abreuvait, lui, Tulurgglurkuk, de quolibets, avait-il plissé les yeux deux fois. Son chien évidemment avait hurlé deux fois. Les rires avaient redoublé de plus belle…

Tulurgglurkuk n’était pas homme à supporter pareille honte à nouveau.

Il se rassit lourdement sur son husky qui poussa un profond soupir mais qui ne bougea pas. Il prit sa pipe. La bourra de poils de moustaches de phoque et l’alluma. Il se gratta la tête et se mit à réfléchir. Une âcre fumée envahit l’igloo.

Et si c’était un coup du chaman ?...

 

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Profiter de cette période pour se laisser le plaisir d'avoir des envies...

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Aujourd'hui 24 mars 2020, vient de nous quitter Emmanuel N'Djoké Dibango plus connu sous le nom de Manu Dibango, à l'âge de 86 ans victime du Covid-19.

Albert Uderzo, le dessinateur du personnage Astérix, vient de s’éteindre le 24 mars 2020, à l’âge de 92 ans.

En ces temps de confinement et parce que les bibliothèques ne peuvent pas vous proposer de programmation, La fête du court métrage a décidé de venir à vous!

Une quarantaine d’ados, de la 6° à la 3°, ont participé, depuis le début de l'année, à des ateliers d’écriture dans les collèges du département.

En raison de la crise sanitaire actuelle, la Médiathèque départementale est fermée.

La médiathèque de Vic-en-Bigorre vous donne rendez-vous mercredi 4 mars à 10 h 30 pour une heure du conte.

Un igloo sonore s'installe à la Médiathèque d' Argelès-Gazost.

C'est bientôt le printemps !

 La Médiathèque de Vic-en-Bigorre attache beaucoup d’importance au développement durable.

Jacques Brianti nous rend visite à la bibliothèque d’Ordizan, vendredi 28 février à 18 h.

Samedi 29 février, à la Médiathèque d'Arreau

En attendant la neige dans la vallée de Batsurguère, on lit de beaux livres tout blancs et on joue avec tout ce qui est blanc, doux et léger... 
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Le mois de mars rime avec vote pour le Prix ados, alors on choisit son livre préféré et on vote !

Atelier de décoration de masques à la bibliothèque de Batsurguère

Le petit bonhomme de Pain d'épice s'est échappé !

Les tout-petits et leurs parents, leur nounou, leur papi et mamie.... sont attendus à la Médiathèque de Cauterets pour écouter des histoires. 

Le foyer Laïque et la Médiathèque Pierre Gamarra vous invite à l'Expo-Apéro-Lecture "Victor Hugo".

Le 25e concours photo organisé par la médiathèque de Vic-en-Bigorre et Pierre Margaix est lancé!

C'est la saison du blanc dans la vallée de Batsurguère

Le réseau de lecture publique des Hautes-Pyrénées compte une nouvelle structure!

Cette grande célébration du 9e art et de ceux qui le font vivre et rayonner a été souhaitée par le ministre de la Culture, Franck Riester, et sera menée par son ministère, le Centre national du livre (CNL) et la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image (CIBDI).

Cette année, c’est une "Nuit de la lecture" réussie qui a eu lieu un peu partout sur le réseau de lecture publique des Hautes-Pyrénées.

Hapybiblio c’est aussi des coups de cœur rédigés par les bibliothécaires du réseau de lecture publique des Hautes-Pyrénées 

Samedi 1er février à 11 h à la Médiathèque de Saint-Laurent-de-Neste

Troisième rencontre intergénérationnelle "PARTÂGES" à la médiathèque d'Aspin en Lavedan.

La médiathèque d'Andrest offre une large palette d'animations culturelles.

Nouvelles acquisitions...

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La Médiathèque de Vic-en-Bigorre vous attend pour la prochaine Heure du conte, mercredi 15 janvier à 10h30.

Toute l'équipe de la Maison du Parc national et de la vallée vous souhaite une excellente année 2020, sous le signe de la nature et de la culture !!!

Avec les "Bébés lecteurs", Sabine propose tous les mois aux enfants de 6 mois à 3 ans un avant-goût de la lecture.

Le festival "Contes en hiver" s'invite dans les médiathèques d'Adour-Madiran

soiree a la soupe film doc

Dans le cadre du Mois du film documentaire, la Médiathèque de Vic-en-Bigorre vous invite Mercredi 7 novembre, à partir de 19 H, à une grande soirée en hommage aux poilus.

 

19 H : projection du film "Là où poussent les coquelicots" de Vincent Marie suivie d'une rencontre

avec Bernard Mirambeau, auteur du livre : Fragments de guerre 14-18 : l'homme derrière le soldat

 

20 H : Soupe du poilu. Amenez vos bols et couverts...

 

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

 

Pour la première année, la bibliothèque d'Hèches participe à la Nuit de la lecture.

Cette année, c'est la tête dans les étoiles que l'on passera la Nuit de la lecture à Esparros.

Le 18 janvier 2020, Arreau propose des animations autour de l'événement national, la Nuit de la lecture.

La bibliothèque de Batsurguère vous ouvre ses portes pour la Nuit de la lecture le vendredi 17 janvier. 

Samedi 11 janvier à 18 h, Noémie et sa grand-mère vous proposent une veillée contes, galettes et crêpes à la bibliothèque d'Aulon.

Jeudi 12 et samedi 14 décembre, la bibliothèque Layrisse accueille 2 conférences

Noël s’annonce chargé à la Médiathèque de Cauterets.

Samedi 14 décembre à 11 h, atelier créatif autour du thème de Noël

Les tout petits fêteront Noël à la Médiathèque d'Aspin-en-Lavedan  le samedi 14 décembre à 10h.

Connaissez-vous Pétronille et Compagnie ? 

Explosion de couleurs à la bibliothèque d'Andrest !

Vendredi 20 décembre à 10 h 15 à la Médiathèque de Cauterets, séance de lectures et comptines pour les tout-petits.

L'équipe de la Médiathèque d'Argelès-Gazost, propose lundi 23 décembre, une journée consacrée à Noël

Dans le cadre de l'événement national, Nuit de la lecture, l'équipe des médiathèques Adour-Madiran propose sa programmation du 17 au 18 janvier.

On attend le Père-Noël en lecture à la bibliothèque d'Arreau

Le réseau des médiathèques Adour Madiran vous donne rendez-vous pour des animations de Noël.

L'équipe de la bibliothèque de Layrisse présente du 2 décembre au 12 janvier l'exposition "Portraits en ombre"

Vendredi 29 novembre à 18h30 à la bibliothèque de Layrisse.

Comme annoncé il y a quelques semaines, la nouvelle bibliothèque  ouvrira ses portes en fin d’année.

Quelle est la place de l'occitan aujourd'hui  ? 

Samedi 30 novembre, à la bibliothèque de Batsurguère, à Aspin, venez partager un moment sympa autour du jeu.

Le troisième trimestre 2019 est riche en nouveautés pour le réseau départemental de Lecture Publique.

A l'occasion du Mois du film documentaire, la bibliothèque d'Esparros propose une projection débat samedi 30 novembre.

Pour la 4° année consécutive, la Médiathèque de Batsurguère participe au "Mois du film documentaire", événement national qui a lieu chaque année en novembre.

La Médiathèque de Cauterets vous a concocté un programme « spécial bien-être » : conférences, ateliers, projection de film... C’est sûr, vous allez rester « zen » cet automne !

Les bibliothèques haut-pyrénéennes, en partenariat avec la Médiathèque départementale, renouvellent en 2019 leur participation au Mois du film documentaire.

Pouyastruc ouvre le bal du mois du film documentaire 2019 avec comme thème "La Guerre d'Espagne", samedi 2 novembre 2019 à 18 h à la bibliothèque municipale.

Lectures en plein air au Parc naturel de l'Echez.

Du 10 au 21 juillet se déroule l’événement national Partir en livre, le programme départemental est sorti !

Partir en livre fête cette année sa 5e édition, ce mois de juillet. Retrouvez toute la programmation proposée par le réseau de bibliothèques du département des Hautes-Pyrénées : lectures, balades contées, ateliers, rencontres et bien plus encore puisque plus de 30 actions seront proposées entre le 10 et le 21 juillet.

Venez nombreux et en famille pour Partir en livre !

Programme complet

L’été est là, et afin de proposer une activité supplémentaire aux touristes et aux locaux sur la commune, une équipe de bénévoles de l’association La Frênette a décidé d’ouvrir une bibliothèque accessible à tous.

Programmation de la médiathèque d'Arreau pour la manifestation Partir en livre.

Souhaitée par le ministère de la Culture, Partir en livre, la grande fête du livre pour la jeunesse, est organisée par le Centre national du livre, avec la participation du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis.

Partir en livre s’installe à Cauterets.

La bibliothèque de l’Amicale laïque de Lannemezan existe depuis de nombreuses années mais la nouveauté de cette rentrée est qu’elle vient d’intégrer le réseau de lecture publique du département.

La médiathèque de Vic-en-Bigorre propose du 26 septembre au 29 octobre une exposition et des animations autour de la défense des grands singes

L’inauguration de la nouvelle Médiathèque d’Aulon aura lieu le 28 septembre à partir de 16 h à la Maison de la Nature d’Aulon (65240)

Exposition et rencontre avec le photographe Eric Castaings

De nombreuses bibliothèques des Hautes-Pyrénées ont choisi d'investir Facebook pour y nouer des relations privilégiées avec les usagers.

La bibliothèque de Saint lary Soulan sera un lieu incontournable dimanche 21 avril.

Avant d'aller dormir Petit Lièvre Brun demande à Grand Lièvre Brun "Devine combien je t'aime". "Je t'aime grand comme ça", dit-il en écartant les bras.

"Elles / ils ont changé le monde" : pochette surprise proposée par la médiathèque départementale de Tarbes lors du passage du bibliobus à la médiathèque de la Maison du Parc national et de la vallée il y a quelques jours. 

Le spectacle vivant ? C'est maintenant à la médiathèque de Castelnau-Magnoac !

Tout adhérent d'une bibliothèque rattachée au réseau de la Médiathèque départementale a accès à des ressources numériques gratuites. 

Vous êtes plutôt BD ou manga? La médiathèque de Batsurguère propose samedi 6 avril un après-midi consacré au 9e art.

En mai et juin sorcellerie et jeux à la bibliothèque municipale de Capvern.

A vos agendas !

En pleine préparation du Mois du film documentaire à la Bibliothèque de Montgaillard

Le Mois du film documentaire est une manifestation nationale à laquelle participent une dizaine de bibliothèques des Hautes-Pyrénées depuis 9 ans. 

 

Tout au long de l'année, ces bibliothèques, sur invitation de la Médiathèque départementale, se réunissent pour discuter de leur projet respectif, échanger des contacts et des bonnes idées... mais surtout pour visionner des films leur permettant de choisir celui (ou ceux) qui sera (seront) projeté(s) dans leurs tébalissements. 

 

Jeudi 21 mars, accueillies par la bibliothèque de Montgaillard, les bibliothécaires ont pu visionner : 

 

"Cartas à Maria" - 1 h 17 mn, 2015

Réalisateur : Maité Garcia Ribot

Thème : Espagne – Républicain espagnol

 

" Espagne : Les naufragés de la mer plastique" - 24 mn, 2017

Réalisateurs : Gilles Gasser, Jean-Marie Barrère

Thème : Espagne – Immigration – Ouvriers exploités

 

"Les enfants volés : Donde estas ?" -55 mn, 2012

Réalisateurs : Sandrine Mercier, Juan Gordillo Hidalgo
Thème : Espagne – Enfants volés - Franquisme

 

"Asma" - 38 mn, 2018

Réalisateurs : Olivia Casari, Kalian Ko
Thème : Immigration – Témoignages

 

Ces films seront-ils au programme en novembre 2019 ? 

 

La programmation se construit petit à petit, mais sans nul doute, elle ne manquera pas de fêter les 10 ans de participation du département à cette manifestation nationale !

 

Nuit de la lecture 2019

Le 19 janvier dernier, s'est déroulée la Nuit de la lecture dans les Hautes-Pyrénées, retour en photos sur les différentes actions.

 

Il y a quelques jours, était proposé le programme complet de la Nuit de la lecture sur le portail. Globalement, la troisième édition de la Nuit de la lecture s'est bien déroulée, avec des groupes de lectures de différentes tailles, mais toujours avec l'envie de partager autour du livre!

 

L'événement commençait avec un rendez-vous à la bibliothèque d'Esparros, le vendredi soir, et ce sont une cinquantaine de personnes, adultes et enfants qui se sont retrouvés pour une soirée à la recherche du loup !  

A Aspin-en-Lavedan, les livres étonnants ouverts et éclairés de petites lampes mettant en valeur pliages, découpages, et autres surprises... ont émerveillé les enfants venus à la médiathèque de la vallée de Batsurguère dès la tombée de la nuit. Un peu intimidés au départ par la fragilité apparente de ces livres et la crainte du déchirage, ils en ont vite compris le fonctionnement et le plaisir que cette découverte pouvait apporter.

Pour Tournay, l’Association Culturelle Laïque du Canton (ACLCT : dont la bibliothèque Francis Jammes, l’atelier théâtre et l’école de musique) a proposé à plusieurs partenaires d’organiser une soirée autour des livres, à la salle de la Mairie le vendredi, et des ateliers à la bibliothèque le samedi.

A arreau 12 petits se sont retrouvés pour l'instant conte: théâtre d'ombres, images du livre raconté projetées, lecture d'un kamishibaï et lecture en final d'un livre sur des petites chouettes. Dans l'espace adulte de la médiathèque, des panneaux sur les rapaces nocturnes étaient ensuite présentés avec un commentaire d'un responsable de la volerie des aigles d'Aure d'Arreau, et une quinzaine d'adultes étaient présents. Cela a été un moment très agréable, avec des parents et des enfants se retrouvant, l'équipe d'Arreau était ravie de cette première participation!

A Vic, gros succès avec 10 enfants de 2 à 8 ans à l'heure du conte, puis environ 70 personnes au vernissage de l'exposition "Mille et une Nuits" de Yannick Legodec suivi de la lecture "Nuit en confidences" par Martine Coutière. Ambiance très conviviale et un public présent jusqu'à 21H30.

Les sorcières et sorciers se sont retrouvés secrètement à Rabastens pour une lecture magique, ils ont prolongé l'instant avec une galette partagée entre grands et petits sorciers.

Castelnau-Magnoac accueillait une quinzaine de personnes, adultes et enfants, pour la première fois à la Nuit de la lecture, une soirée très agréable pour tous, où des lectures intimistes ont été partagées... en plus de l'auberge espagnole!

 

Place aux photos:

 

Le festival Contes en hiver revient sur le réseau Adour-Madiran

Festival Contes en hiver sur le réseau de médiathèques Adour Madiran

 

Le Festival Contes en hiver revient sur le Réseau de médiathèques Adour Madiran: l'occasion de voir, gratuitement, des spectacles de conteurs ! 

 

Trois dates sont à retenir:

 

"Dans le coffret des contes" par Pascal Quéré

Jeudi 7 mars - CAC de Maubourguet

spectacle à partir de 4 ans

"La véritable histoire du haricot magique"

Vendredi 15 mars - Médiathèque de Vic-en-Bigorre 

spectacle à partir de 7 ans

"Le blues de la grenouille"

Samedi 16 mars - Petit Théâtre de Rabastens-de-Bigorre

spectacle à partir de 5 ans

 

 

Entrée libre, dans la limite des places disponibles.

 

PS: les spectacles sont des contes pour enfants... qui font du bien aux adultes également !

 

Pour connaître la programmation complète du Festival dans les Hautes-Pyrénées, n'hésitez pas à aller visiter le site.

Retour sur la Nuit de la lecture à Tournay

Dans le cadre de la 3e Nuit de la Lecture, l’Association Culturelle Laïque du Canton-ACLCT- (dont la bibliothèque Francis Jammes, l’atelier théâtre et l’école de musique) a proposé à plusieurs partenaires d’organiser plusieurs rdv autour des livres.

 

Vendredi 18 janvier (salle de la mairie)

L’ACLCT s’est associée avec Livres en Bigorre, le CDI du collège du Val d’Arros, l'école de Bordes et l’école élémentaire de Tournay.

Présentée par Laure Réguéna de l’ACLCT, la soirée a débuté avec les enfants de l’atelier théâtre qui nous ont présenté quelques extraits de leur « montagne de livres ».

Ensuite, les collégiens avec Mme Bernard (documentaliste) ont mis en scène un extrait de « Fondre, partition pour des jeunes qui ont froid » de Guillaume Poix. Un sujet sérieux et d’actualité.

 

Tour à tour les élèves des écoles de Bordes, de Tournay, deux jeunes lectrices de la bibliothèque ont lu un extrait de leur livre coup de cœur, accompagnés ou entrecoupés d’intermèdes musicaux à la guitare avec Bruno, Ptissem et Romaric.

Ce fut une grande aventure ! Nous avons pris des vacances avec le petit Nicolas, adopté un chaton, rencontré un étalon noir qui s’appelait Whisper avec un Indien qui ne savait pas courir. Nous nous sommes promenés avec le petit chaperon rouge et aussi le chaperon bleu et sous un bel oranger nous avons fait la connaissance de Maliki et même fait la rentrée avec Nicolas ! Incroyable, non ?

 

Marceline (notre benjamine) a lu avec ses parents « Le crayon magique de Malala », histoire vrai de la jeune Pakistanaise, prix Nobel de la paix.

Jeanne Sandras et les bénévoles de la bibliothèque nous ont permis de mesurer le grand écart entre les écoliers d’aujourd’hui et ceux de 1899 et 1909 en nous lisant trois compositions françaises.

 

Pour terminer la soirée, Marie Françoise de Livres en Bigorre nous a présenté Emmanuelle Gouasdon auteur-illustratrice (Parfois on se sent petit).

Emmanuelle nous a ensuite fait quelques dessins en direct pour animer son petit personnage fétiche (sur rétroprojecteur) avec l’illustration musicale de Bruno à la guitare.

 

Le samedi 19 janvier (bibliothèque Francis Jammes)

Trois ateliers « je crée mon livre » étaient proposés aux enfants de 5 à 11 ans : dessin avec Emmanuelle Gouasdon, la couverture en carton avec Valérie et le livre flip book avec Laure.

Les enfants ont pu s’essayer à chacun des ateliers et sont repartis heureux avec leur création.

 

L’après-midi un escape game « Panique à la bibliothèque » était proposé aux ados par Laure. Deux groupes se sont succédés, l’un avec une majorité de collégiennes et l’autre une majorité de lycéens pour trouver des indices, des codes et résoudre une série d’énigmes dans un temps limité. Ils ont réussi et ont passé un très bon moment !

 

Bravo à tous pour la 3è édition de la Nuit de la Lecture et certainement à l’année prochaine !

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Retour sur une nuit de la lecture qui a rencontré un grand succès à la bibliothèque d'Esparros

 

La Nuit de la Lecture a réuni vendredi 18 janvier dans la bibliothèque et l'école d'Esparros une cinquantaine de participants : enfants de tous âges, ados, parents et grands-parents.

Après un goûter offert par la bibliothèque, place aux jeux : pêche aux livres dans la bibliothèque pour les plus jeunes, jeux de mime, inspirés du célèbre Time's Up, dans la salle de classe pour les plus grands.

Puis tout ce petit monde s'est réuni pour écouter plusieurs lectures proposées sur le thème du loup.

 

Avant de se séparer, chaque participant a reçu en cadeau un livre qu'il a eu le plaisir de choisir.
Une soirée très agréable qui a su rassembler plusieurs générations autour de la lecture, organisée en partenariat avec les écoles de Laborde et d'Esparros et parrainée entre autres par la Médiathèque départementale de prêt de Tarbes.

 

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Tout est dit dans l'affiche, venez nombreux à Aspin-en-Lavedan le vendredi 18 janvier pour jouer avec des livres étonnants et des lampes de poche !

 

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En 2019, tous lecteurs! Rendez-vous pour une TROISIEME NUIT DE LA LECTURE dans les médiathèques de Rabastens-de-Bigorre et de Vic-en-Bigorre SAMEDI 19 JANVIER 2019.

 

A Vic-en-Bigorre à partir de 14 H 30 et jusqu'à 22 H !

14 H 30: Atelier du prête-plume. Ecrivez vos vœux avant la tombée de la nuit ! Martine Coutière, écrivain Conseil®, vous prête sa plume pour rédiger vos vœux.

Prete plume voeux

17 H 30 : Heure du conte « Où va la Nuit, le rêve y va... » Lecture d’albums pour les 3-10 ans, par l’équipe de la médiathèque.

 

18 H 30 : Vernissage de l'exposition photo «MILLE ET UNE NUITS » en présence de Yannick Legodec et Lecture déambulatoire "Nuit en confidence" par Martine Coutière.

Affiche expo Mille et une nuits

L'exposition de Yannick Legodec se visite jusqu'au 2 février 2019 aux heures d'ouverture de la médiathèque: mardi 14 H-18 H, mercredi 10 H-12H et 14 H-19 H, vendredi 14 H-18 H, samedi 9 H-12 H 30 et 14 H-17 H.

Entrée libre. Renseignements: 05 62 43 05 25

 

A Rabastens-de-Bigorre, à partir de 18 H 30

Affiche Nuit de la lecture Rabastens

Soirée costumée "Sorcières et sorciers": les bénévoles de la médiathèque de Rabastens-de-Bigorre invitent petits et grands lecteurs à venir costumés, écouter des lectures et partager la galette. Des récompenses (chèques Lire) sont prévues pour les costumes les plus réussis. Entrée libre.
Renseignements: 05 62 96 65 67.

 

 

 

La Médiathèque de Maubourguet co-organise avec le collège une soirée lecture le vendredi 25 janvier à partir de 17 H 30. Renseignements: 05 62 96 49 08.

 

Nous vous espérons nombreux sur ces programmations !

 

Le réseau de médiathèques Adour Madiran

Nuit de la lecture 2019: programme départemental

L’évènement national Nuit de la lecture fête sa 3e édition, les bibliothèques du département dévoilent leur programme.

 

Dès l’après-midi et toute la soirée, participez aux animations gratuites et abracadabrantes conçues pour les enfants, les adolescents et les adultes – lectures en pyjama ou en musique, jeux d’évasion, auberge espagnole... D' autres surprises sont prévues sur tout le territoire à partir du vendredi 18 janvier en soirée :

 

Bibliothèque d'Esparros

Vendredi 18 Janvier 2019 à partir de 17 h 15 - Nuit mystère à la bibliothèque - Jeu de piste : Autour du loup

Jeu d'élocution, de mime et de dessin: Quand le cinéma s'inspire de la littérature !

Jeu de piste: Autour du loup

Soirée contes "à la bougie" pour toute la famille avec des histoires qui font peur sur le thème du loup

Goûter offert aux plus intrépides

Tout public

 

Médiathèque de Batsurguère à Aspin en Lavedan

Vendredi 18 Janvier 2019 de 18 h 00 à 20 h 00 - Les livres étonnants : POP UP et autres surprises

Venez passer un moment à la bibliothèque à la tombée de la nuit en compagnie de livres étonnants, qui vous surprendront et vous amuseront.

N'oubliez pas vos lampes de poche ou lampes frontales !!

De 3 à 99 ans

  

Mairie de Tournay

Vendredi 18 Janvier 2019

de 18 h 00 à 19 h 30 - Lectures avec intermèdes musicaux

Les élèves des écoles primaires de Tournay et Bordes, les collégiens du Val d'Arros, des lecteurs de la bibliothèque Francis Jammes (enfants et adultes) et l'atelier théâtre de l'ACLCT présenteront leur livre. A tour de rôle ou en groupe, de façon théâtrale ou en musique, ils transmettront leur "coup de cœur" au public.

De 5 à 99 ans

de 19 h 15 à 19 h 45 - Rencontre avec un auteur-illustrateur

Emmanuelle Gouasdon, l'auteur, présentera avec la technique du rétroprojecteur, son petit personnage espiègle qui aime tant les arbres, les fleurs et les parapluies (démos de dessins en temps réel).

Marie Françoise de l’association Livres en Bigorre dialoguera avec elle pour nous faire découvrir les étapes de la création et la naissance de cet album.

De 5 à 99 ans

 

Médiathèque de Maubourguet

Vendredi 18 Janvier 2019 de 18 h 30 à 21 h 00 - Soirée lecture en pyjama

La nuit venue, la médiathèque se transforme en salon lecture pour jeunes lecteurs en herbe.

En partenariat avec le Collège de Maubourguet.

De 11 à 15 ans

Médiathèque Louis Aragon - Tarbes

Samedi 19 janvier 2019

de 10 h 00 à 12 h 00 – Exposition enquête "Qui a refroidi Lemaure ?"

Exposition interactive, venez mener l'enquête!

Tout public

 

de 17 h 30 à 19 h 00 – Lectures au clair de Lune

Pyjamas, doudous et chaussons sont les bienvenus !

Sur inscription

de 5 ans à 99 ans

de 17 h 30 à 19 h 00 – Les trésors de la médiathèque

Présentation de livres rares, anciens ou précieux de notre patrimoine

Tout public

 

Bibliothèque Francis Jammes - Tournay

Samedi 19 Janvier 2019

de 10 h 00 à 12 h 00 – Ateliers : Création d'une couverture en carton, j'illustre mon livre, je crée un petit livre Flip-Flap

Les enfants sont invités à participer à 3 ateliers.

Dans le 1er, ils découvriront comment fabriquer une couverture avec du carton de récupération.

Dans le second atelier, l'illustratrice Emmanuelle Gouasdon partagera ses talents pour permettre aux enfants d'illustrer leur propre histoire.

Enfin, dans le 3ème atelier, les plus motivés s'essaieront à la fabrication d'un livre Flip-Flap .

De 5 à 99 ans

 

de 14 h 00 à 16 h 00 - Panique dans la bibliothèque : la crédulité sera votre pire ennemie

Enfermés dans la bibliothèque, les adolescents sont invités à résoudre des énigmes en un temps donné.

"Vous avez été engagés pour arrêter un groupe très dangereux : les Obscurantes. Ces individus sont des manipulateurs qui diffusent régulièrement de fausses informations scientifiques. Leur prochain coup aura lieu ce soir et provoquera la panique à l’échelle mondiale... Saurez-vous les arrêter à temps ?"

Venez participer à un escape game dans votre bibliothèque. Mêlant sciences et investigation, cette enquête grandeur nature invite tous les curieux et curieuses à vivre une expérience immersive originale.

Votre mission ? Vous appuyer sur votre sens de l’observation, le travail d’équipe et un esprit critique pour déconstruire une vague d’idées reçues. Mais attention, l’horloge tourne... Il vous faudra aller vite pour achever ce défi ! Suspense et adrénaline seront au rendez-vous !

De 12 à 17 ans

 

Médiathèque intercommunale de Vic-en-Bigorre

Samedi 19 Janvier 2019

de 14 h 00 à 17 h 00 - Atelier du prête plume : écriture de cartes postales "Vœux nocturnes"

Martine Coutière, écrivain conseil ®, vous aide à rédiger vos vœux !

Des cartes postales seront vendues au prix de 2 €

Tout public

 

de 14 h 00 à 18 h 30 - Atelier théâtre d'ombres pour enfants : Où va la nuit, le rêve y va...

14 h à 17 h : atelier le théâtre d'ombres, c'est quoi ?

Présentation de la technique et du matériel, puis lecture de plusieurs albums sur le thème de la nuit. (Ré)écriture collective d'une histoire. Réalisation des ombres et répétition.

Goûter (offert).

17 h : spectacle offert aux parents et au public.

De 6 à 10 ans

Sur inscription 05 62 43 05 25

 

de 18 h 30 à 21 h 00 - Exposition photo "Les mille et une nuits" par Yannick Legodec

Vernissage de l'exposition en présence du photographe Yannick Legodec. Apéritif offert.

L'exposition se visite du 11 janvier au 2 février, aux heures d'ouverture de la médiathèque : mardi 14 h-18 h, mercredi 10 h-12 h et 14 h-19 h, vendredi 14 h-18 h, samedi 9h-12 h 30 et 14 h-17 h

Tout public

 

de 18 h 30 à 21 h  00 - Nuit en confidences : lectures

Lectures des textes écrits par des lecteurs de la médiathèque lors des ateliers "Tables à confidences"® proposés en amont de la Nuit de la lecture par Martine Coutière, écrivain conseil ®, en partenariat avec l'association La Voix du Scribe.

Tout public

 

Médiathèque municipale d'Arreau

Samedi 19 Janvier 2019 à partir de 17 h 45 - Soirée contes autour des rapaces nocturnes

17h45 à 18h30 "Chouette!!! Raconte-nous des histoires... des histoires de chouettes et de hiboux".

A partir de 18h30 Exposition commentée sur les rapaces nocturnes.

De 3 à 6 ans

 

Librairie bistrot Le Kairn – Arras-en-Lavedan

Samedi 19 Janvier 2019 de 17 h 00 à 00 h 01 - Lektrice, lecteur, lekture

Le Kairn vous propose de tendre un fil de lekture

17 h 00 à 18 h 00 : Émission en direct pour présenter le déroulement de la demi-nuit, parler de lecture, divaguer, lire déjà peut-être ?
19 h 00 à 20 h 00 : Enregistrement en direct de la quatrième émission popoétique Des mots dans la voix.

Tout au long de la soirée : des moments de lekture préparée auparavant avec Laurence Laburthe de la Compagnie Diagonale (voir plus bas). Ces lektures seront programmées en début de chaque heure. Entre ces "poteaux" de lekture, votre fil à vous, qui se tendra, jusqu'au presque bout de la nuit. Pour cet évènement, vous sera proposée une boisson spéciale : la liverre (dans liverre il y a livre, il y a lekture, il y a verre....)

Pour toute réservation et demande de renseignement : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - 05 62 42 10 63 

 

Médiathèque de Rabastens-de-Bigorre

Samedi 19 Janvier 2019 de 18 h 30 à 21 h 00 - Soirée costumée "Sorcières et sorciers"

Après « Lune et loup » en 2017, puis « Princesses et chevaliers » en 2018, les bénévoles de la médiathèque de Rabastens-de-Bigorre invitent petits et grands lecteurs à venir costumés, écouter des lectures et partager la galette.

18 h 30 : lectures

19 h 30 : galette

Les costumes les plus réussis gagneront des lots : Chèques Lire, livres...

En partenariat avec le Petit théâtre.

Tout public

 

Librairies des Beaux-jours – Tarbes

Samedi 19 janvier 2019 de 19 h 00 à 20 h 00 – Rencontre-débat avec Jacqueline Reuss, traductrice de "Vivre ma vie" d'Emma Goldman

A l'occasion de la parution de l'édition intégrale de l'autobiographie d'Emma Goldman, rencontre-débat avec la traductrice de "Vivre ma vie". Evocation de la personnalité et des combats de cette femme.

Tout public

 

Bibliothèque Municipale de Castelnau-Magnoac

Le Samedi 19 Janvier 2019 de 19 h 30 à 21 h 30 - Frissons et polochons

Auberge espagnole, amenez vos polochons, vos couettes et votre bonne humeur!

Tout public

 

 

 

 

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Retrouver l'intégralité du programme Nuit de la lecture sur le site national.

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Pour la première fois, la petite bibliothèque d'Aspin en Lavedan, en vallée de Batsurguère participait ce 19 janvier à "La Nuit de la Lecture".

Cette soirée intitulée "la bibli en pyjama" a vu la participation de 10 enfants, 7 adultes, et une journaliste !

Lectures de contes, écoutes musicales, visionnage d'un magnifique diaporama ("nuits magiques" de Christophe Cieslar photographe local) et même danses "jusqu'au bout de la nuit" , le tout à la lueur des bougies ont meublé la soirée. Sans oublier les petites pauses "mini-sandwiches variés" et petits gâteaux.

Pour un retour au calme, la tasse de tisane "Bonne Nuit" était la bienvenue. Et avant de partir chacun a soufflé sa bougie en guise d'au revoir ! Mais, c'est promis, on reviendra.....

 

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Pour plus de photos

 

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Dans la nuit du 20 janvier, s'est déroulée la seconde édition de la Nuit de la lecture.

 

Cette année ce sont quatre rendez-vous qui vous ont été donnés dans le département, en version frisson, pyjama, cercle polaire ou princesse...

 

Plus d’une centaine de personnes se sont mobilisées autour de cette belle action qui se veut rassembleuse.

 

Une histoire lue à la chandelle, en pyjama, dans le noir, à la recherche des sorcières, à se battre avec les dragons entre princesses et chevaliers ou encore à la recherche des aurores boréales... et souvent autour d’une galette !

Difficile de ne pas trouver bonheur à sa Nuit de la lecture !

La presse en parle!

Aspin

Esparros

 

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Vendredi 19 janvier de 17 h 30  à 20 h 30 : venez frissonner à la bibliothèque d'Esparros en écoutant des histoires qui font peur !

 

Les bibliothécaires d’Esparros ont réuni pour vous des histoires qui font peur, celles où l'on frissonne, où l'on sursaute, où l'on frémit !

Venez avec votre lampe torche pour écouter bien installés, les histoires de loup-garou, de monstres et de sorcières.

Si les parents sont aussi courageux que leurs enfants, ils sont les bienvenus !!!!

 

Un goûter sera offert aux plus intrépides !

 

 

 

 

 

Visuel

Nuit de la lecture à Rabastens-de-Bigorre et à Vic-en-Bigorre

 

Les médiathèques de Rabastens-de-Bigorre et de Vic-en-Bigorre vous donnent rendez-vous samedi 20 janvier pour la NUIT DE LA LECTURE. Au choix : soirée familiale costumée "Princesses et chevaliers" à Rabastens-de-Bigorre ou Nuit polaire à Vic-en-Bigorre. Bonne Nuit !

 

Médiathèque de RABASTENS-DE-BIGORRE: "Princesses et chevaliers", à partir de 18 H. Venez vivre une SOIREE COSTUMEE en famille : lectures féeriques, chants français et occitans. Partage de la galette et livres offerts aux petits « Rois » de la soirée. Entrée libre. Renseignements: 05 62 93 76 14.

 

Médiathèque de VIC-EN-BIGORRE: "Nuit polaire" de 17 H à 20 H.
17 H: Heure du conte "Au-delà du cercle polaire"
18 H 30: Vernissage de l'exposition "LAPLAND TALE: une aventure photographique à travers la Laponie" en présence de son auteur Yannick LEGODEC. Apéritif arctique offert. Entrée libre. Renseignements: 05 62 43 05 25.

 

 

Nuit de la lecture 2018

Seconde édition de la Nuit de la lecture, le réseau de lecture publique vous invite à des rencontres nocturnes.

 

La Nuit de la lecture est un évènement national qui fêtera les nuits des 19 et 20 janvier sa seconde édition. En 2017, les bibliothèques du réseau s'étaient déjà prêtées au jeu... 

Pour cet anniversaire, plusieurs bibliothèques du département vous proposent de les retrouver pour des rendez-vous un peu spéciaux, le temps d’un soir !

 

Vendredi 19 janvier :

17 h 30–19 h 30 : Lectures frissons – Bibliothèque d’Esparros

19 h–22 h : La bibli en pyjama – Médiathèque de Batsurguère

 

Samedi 20 janvier :

17 h–18 h 30 : Au-delà du cercle polaire – heure du conte – Médiathèque de Vic-en-Bigorre

18 h–21 h : Princesses et chevaliers – Bibliothèque municipale de Rabastens-de-Bigorre

 

Le programme complet est disponible sur le site national.

 

 

Bonne nuit de la lecture à tous !

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Merci à tous de votre participation et vivement l'année prochaine !

 

Le mois du film documentaire 2016 c'etait :

 

5 films, 14 projections, 13 lieux dont 12 bibliothèques et la Centrale de Lannemezan, 2 intervenants invités par la MD65, 9 intervenants à titre gratuit ou invités par nos partenaires du 05 au 26 novembre 2016.

 

Retrouvez ici un carroussel de photos des projections

 

 

Retrouvez ici tous les articles du mois du film documentaire 2016.oa

 

 

 

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Annoncée lors de l'ouverture du Salon du livre jeunesse de Montreuil, une "Nuit de la lecture" aura bien lieu dans toute la France le samedi 14 janvier 2017.

 

Cet évènement festif et grand public, associant tous les professionnels du livre, invite les bibliothèques et librairies à ouvrir leurs portes hors des horaires habituels pour accueillir tous ceux qui souhaitent partager, de manière ludique, le livre et la lecture.

 

 

Dans les Hautes-Pyrénées, deux bibliothèques ont réagi rapidement à cette annonce et vous proposeront :

 

- Bibliothèque municipale de Cauterets - de 17h30 à 19h - "Lecture à la demande". Une bibliothécaire vous lira la première page de votre livre préféré, livre découverte, livre de votre choix,... dès la tombée de la nuit (pour enfants et adultes).

Et durant toute la journée, retrouvez une sélection d'ouvrages mis en valeur par toute l'équipe de la bibliothèque sur le thème de "La nuit et les étoiles".

 

 

 

 - Bibliothèque municipale de Rabastens - de 18h à 21h - "Lectures et gourmandises sous la lune". Masqués d'un loup sur le visage, dans le noir, les curieux sont invités à venir écouter des histoires de loup et à frissonner de plaisir avant de partager la galette des rois. Les plus chanceux qui auront trouvé la fève se verront offrir un livre !

 

 

 

Nous vous invitons bien évidemment à pousser la porte de ces bibliothèques mais aussi de toutes celles en France qui seront ouvertes pour ce rendez-vous : programme complet.

 

 

 

 

Dario bis

Le documentaire "El grill de Cesar" de Dario Aguirre a captivé un public venu nombreux à Arras.

       

moisdocÀ Vic-en-Bigorre, dans le cadre du "Mois du film documentaire", deux documentaires seront projetés en partenariat avec la Médiathèque départementale de Tarbes, la Médiathèque intercommunale de Vic-Montaner et le CinéVic.

 

 

Brianti voyage sans son atelier

 

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Jeudi 12 novembre à 20 H 30.

Entrée gratuite. Places limitées.

Argane prod., 2013. Durée 1 h 26.

En présence du réalisateur Jacky Tujague et de Jaqcues Brianti

 

Pour peindre, Jacques Brianti voyage… au fond de son jardin et de temps en temps au bout du monde, attentif à toutes les vibrations, pour nous livrer ensuite un regard singulier sur notre univers complexe et insaisissable.

Comment naissent ses visions, émergent ses gestes, s’élabore son œuvre ? Comment s’opère la transmission… et avec quelles chances de nous troubler et de fragiliser nos certitudes ?

Suivons Brianti, chez lui mais aussi en Slovaquie ou en Italie où il a pris rendez-vous avec l’inattendu, dans les rues où il s’attarde, dans les musées où il aime à redécouvrir des œuvres  oubliées ou « autrement » vues. 

 

 

 

El grill de César

 

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Jeudi 19 novembre à 10 h.

Entrée gratuite. Dans la limite des places disponibles.

Filmtank, 2013. Durée 1 h 28.

En présence du réalisateur Dario Aguirre.

 

« El grill de César » de Dario AGUIRRE a été primé plusieurs fois au festival Cinélatino de Toulouse en 2014 : Prix Documentaire Rencontres de Toulouse, Prix Signis du Documentaire, Prix Lycéen du Documentaire, et d’autres prix en Equateur et en Allemagne.

 C’est un film très émouvant, drôle, qui raconte la transmission entre un père et un fils avec beaucoup d’humour.

 

 

 

 

 

l film doc 2Du 12 au 24 novembre 2015, le cinéma de la maison du Parc national et de la vallée participe à l'évènement national du Mois du film documentaire.

Pendant ces quelques jours, elle vous propose une séléction de documentaires variès et passionnants avec des rencontres lors de deux de ces quatre rendez-vous.

 

Le 12 novembre retrouvez Bernard Cabarrou animateur à la Maison du Savoir de St Laurent-de-Neste pour un débat autour du film "Un œil sur vous, citoyens sous surveillance"

Aujourd'hui, 70 % de nos appels téléphoniques sont enregistrés, et Google garde en mémoire durant cinq ans nos recherches effectuées sur Internet. Au fil des années, la surveillance ciblée s'est transformée en contrôle de masse à l'échelle planétaire. Pendant deux ans, en Europe et en Amérique, le réalisateur a enquêté sur ses enjeux et scandales. Un document rythmé et très fouillé, qui soulève de nombreuses interrogations et pousse à la réflexion. Une production Arte.

 

12 novembre à 18h30 à la Mison du Parc National et de la Vallée.

Entrée libre

 

oeilProjection du documentaire "Un oeil sur vous : citoyens sous surveillance" d'Alexandre Valenti.

 

Celle-ci sera suivie d'un débat avec un animateur de la Cyber Base de Maubourguet et un agent de la Gendarmerie Nationale (sous réserve).

 

le vendredi 13 novembre à 14 h au Centre culturel Jean Glavany

Entrée gratuite, libre et ouverte à tous.

 

Accès piétons par les Allées Larbanès, derrière l'Office de Tourisme.

Accès parking du centre culturel : Rue Jean Clos Pucheu.

Rens : médiathèque de Maubourguet : 05 62 96 49 08

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